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« Continuité des soins et de la relation, articulée avec le sanitaire et le médico-social » au Meeting du 1er Novembre

Nous, « le Fil conducteur »*, collectif de réflexion et de propositions sur la prise en charge de la maladie psychique, invitons à participer au meeting organisé à l’initiative du Collectif des 39 le 1 er novembre 2014 à Montreuil.
Extrêmement préoccupés, inquiets, voire même révoltés par l’évolution actuelle de la prise en charge de la maladie psychique, nous considérons qu’à côté des professionnels, des représentants institutionnels ou institutionnalisés, une autre voix doit se faire entendre (cf. le Manifeste du Fil conducteur).
Le constat actuel du fonctionnement de la prise en charge des malades psychiques est plus qu’inquiétant.
Les familles, plongées brutalement dans l’univers de la psychiatrie lors d’une hospitalisation pour le moins traumatisante d’un enfant ou d’un être cher, ne trouvent le plus souvent ni soutien ni interlocuteur. Tenues à l’écart, sans explications aucune sur ce qu’est une maladie psychique, ses conséquences, qui le plus souvent sont lourdes, sur l’évolution possible, sur la manière dont elles peuvent accompagner la personne malade, elles se trouvent isolées, écartées, alors que leur proche vit une souffrance incompréhensible, insupportable. Leurs questions restent sans réponses, un diagnostic peut tomber brutalement, ou n’est pas donné, l’absence d’accompagnement ou d’écoute accroît leur angoisse légitime. Elles assistent, impuissantes, à l’enfermement et à l’isolement de leur proche, puis au parcours décousu et chaotique de soins multipliant les soignants dans les structures diverses (hôpital, hôpital de jour, foyer de nuit, maison de postcure, CMP…). Un lien thérapeutique, nécessaire pour soigner, ne peut être construit dans de telles conditions alors que la relation devrait être au centre du soin.
Le renvoi vers un statut d’aidant familial est paradoxal dans un contexte de déni de la souffrance de la famille, et des fratries, le plus souvent oubliées. Le statut d’aidant familial, qui voudrait donner aux familles l’illusion de devenir « tout à coup » compétentes alors que leurs difficultés ne sont toujours pas reconnues par la société et par un certain nombre de professionnels, est un leurre proposé au service des restrictions budgétaires qui affectent le champ du soin.
Les personnes malades vivent dans une absence de structures coordonnées des soins, qui relèvent d’un secteur psychiatrique démuni ou démotivé. Elles se plaignent aussi de ne pas être écoutées, ni entendues par les équipes soignantes.
On ne peut que s’étonner, dans ce contexte où l’obligation de soins est inscrite dans la loi, que l’absence de reconnaissance de la fonction thérapeutique préventive et curative de la relation, de l’écoute et la parole, soit absente des projets actuels de la future loi Santé.
La volonté de normalisation de la maladie psychique, présentée essentiellement comme une maladie organique dans une conception exclusivement biologique ou génétique qui reste plus que spéculative, nous inquiète par ce qu’elle pourrait entraîner de perte d’humanité dans la prise en charge. Nous maintenons la nécessité d’une complémentarité des approches dans les soins, utilisant ainsi tous les moyens possibles pour lutter contre une souffrance insensée. Nous ne voulons pas d’un parcours de soins exclusivement réduit au trio contention-isolement-médication.
Le recours à la contention, qui est un véritable traumatisme pour les patients, devient une pratique courante non questionnée et banalisée. Pire, protocolisée. Une réflexion sur le désarroi des personnels peu ou pas formés face à la maladie psychique et les situations difficiles serait probablement au moins aussi nécessaire.
Dans le contexte social actuel le manque de structures adaptées d’accueil et de soins revient à une non-assistance à personnes en danger avérée vis-à-vis de personnes fragiles.
Les difficultés sociales des patients et l’absence de réponse à leurs demandes, telles que le désir d’un lieu d’accueil, d’un logement, ou encore d’un travail, mettent les professionnels en difficulté et peut avoir des conséquences dramatiques pour les personnes malades et leur famille. Pour les malades au long cours, le manque de lieux de soins de longue durée se fait cruellement sentir.
Pour débattre de toutes ces questions, nous vous invitons à participer au forum « Continuité des soins et de la relation, articulée avec le sanitaire et le médico-social ».

*Le Fil conducteur associe des familles et proches de malades psychiques, des patients et des professionnels de santé, tous concernés par la place des familles dans l’accompagnement et la prise en charge de la personne malade. C’est un espace de parole émanant de l’atelier « familles » des Assises citoyennes, ou l’Hospitalité en psychiatrie et dans le médicosocial, qui ont eu lieu à Villejuif les 31 mai et 1er juin 2013.
Adresse mail : lefilconducteur.collectif39@gmail.com

le programme – pdf :  2014-11-01 meeting 39 V4

 

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Fonction soignante et Pratiques du Collectif lors du Meeting du 1er Novembre

« Patient et soignant sont tous deux des humains. Ils arpentent tous deux la route dangereuse, imprévisible et finie de la vie. Peu de chose, symboliquement, les différencient. En pratique, ce qui les sépare est leur situation. Le patient est un humain tombé dans un fossé (un ravin, un gouffre) et souffre. Il demande de l’aide à ses proches et, parfois, à un soignant. Le soignant est un humain qui dispense des soins. Parfois c’est un geste spontané, désintéressé ; parfois, c’est un métier choisi et il en vit. Dans un cas comme dans l’autre, c’est son attitude qui fait de lui un soignant, et non son statut. » Ces paroles de M. Winckler lors de la Conférence d’éthique clinique à Paris en avril 2014, situent d’emblée les enjeux de ce qui nous rassemble : notre humanité commune (patients et soignants) et l’hospitalité nécessaire à la souffrance psychique.
Pour nous, la relation est première dans toute démarche de soin. Seule garantie d’une prise en charge cohérente, elle repose sur l’existence d’espaces de travail et d’élaboration collectifs dans lesquels chacun s’engage, s’appuyant sur ce collectif dans les difficultés auxquelles le travail le confronte. Pour nous, ceci est nécessaire aussi bien dans le secteur public que dans le secteur privé (libéral et institutionnel. Car, l’existence d’une fonction soignante ne va pas de soi, elle doit être remise en cause chaque jour pour chaque patient. Pas de recette à priori, mais une élaboration des expériences du quotidien, tant dans leur banalité que dans leurs impasses, et de façon régulière avec d’autres soignants.

On constate de plus en plus un manque d’attention à l’égard des patients et des familles, des contraintes pour imposer aux patients une continuité de ce qui ne peut plus avoir le nom de « soin ». Car le soin consiste avant tout à travailler la qualité du lien thérapeutique, ce qui est le contraire de la démarche qualité qu’on nous impose aujourd’hui. En effet, le soin ne peut être de qualité que si est pris en compte le lien des soignants avec les patients, leur famille, leur environnement ainsi que le lien des patients entre eux et celui des soignants dans l’institution qui les abrite.
Or il n’y a plus d’abri pour le soin aujourd’hui.

Comment en est-on arrivé là ?
Depuis 2007, avec la Révision Générale des Politiques Publiques, puis avec la Loi Hôpital, Patients, Santé et Territoires (HPST), suivie en 2012 par la Modernisation de l’Action Publique (MAP), les gouvernements successifs n’ont eu de cesse de transformer le Secteur et le Médicosocial en entreprises soumises à la concurrence du privé dans des missions de service public. Ils ont ainsi transformé ceux qui se trouvent sur une route difficile, du fait de multiples facteurs autant subjectifs que sociétaux, en simples clients auxquels est faite l’offre d’un panel de réponses codifiées : le modèle hégémonique proposé est celui d’un homme dont la vie et l’existence sont réduites à un ensemble de neurones à médiciner et de comportements à rééduquer, réduisant les professionnels de la santé et du médicosocial à n’être que de simples « techniciens ».
La Haute Autorité de Santé (HAS), avec son volet «Psychiatrie» dont nous demandons la suppression, est une machine qui produit en continu des normes et des techniques qui n’ont rien à voir avec le lien thérapeutique tel que nous l’entendons, patients, familles et soignants réunis dans le Collectif des 39. La notion de « profession » et celle de « soin » sont abolies dans cette orientation.

Sur le terrain chacun assiste à un mépris du travail quotidien, de la notion d’équipe, et des professionnels. « Est-ce que la psychiatrie est là pour apprendre la tarte aux pommes ? », répondait à la délégation d’Inter-Collège des psychologues d’Ile-de-France une représentante de la Direction Générale de l’Organisation des Soins. Ou encore « Les patients ne sont pas là pour prendre du plaisir mais pour se faire soigner » entend-on ailleurs. Comme si l’objectif du soin n’était pas « avant tout, le mieux-être (ou le moins-mal-être) du patient » ! Mais alors quel serait-il ?
Ainsi, dans cette orientation que nous contestons, le socle commun des sciences humaines – qui s’associait jusque là au médical – est abandonné au profit de l’application de ces procédures opératoires et de gestes techniques qui nient l’histoire de chacune des personnes accueillies, nient sa parole et empêchent toute construction subjective.

Quel est le socle commun de ces formations obligatoires ?
Le Néolibéralisme triomphant a besoin de techniciens et non pas d’humains qui pensent et réfléchissent collectivement. La compétition encouragée, toute démarche collective devient impossible voire dangereuse. Aussi sous couvert de (DPC) Développement Professionnel Continu, aussi bien dans le secteur public que dans le secteur privé, sont appliquées comme dans l’industrie agro-alimentaire, une « traçabilité » et une « transparence », qui fusionnent dans un concept commun l’évaluation des pratiques et une formation continue obligatoire, au lieu d’une dialectique entre savoirs acquis et expériences de terrain.
C’est ainsi que nous analysons la souffrance des professionnels qui ne trouvent plus de sens à leurs actions et se replient dans des actes techniques ou administratifs, abandonnant les patients, les « usagers ».

C’est ainsi que nous comprenons la gravité, parmi d’autres, des faits suivants :
– l’apparition dans le secteur médico-social de techniques de management qui font fi, comme à l’hôpital, du « prendre soin » des personnes accueillies,
– Le DSM comme seule théorie de la souffrance psychique,
-le refus de formations liées à la psychanalyse (cf. le CMPP d’Orly) par des acteurs qui vont, par collaboration ou soumission volontaire, encore plus loin que les préconisations de la HAS,
-le refus de la spécificité d’une formation infirmière,
-la mise à mal des services qui pratiquent la psychothérapie institutionnelle avec suppression de postes d’internes,
– « l’oubli » de la présence des psychologues à l’hôpital dans le projet de loi de santé de septembre 2014, qui est un acte symbolique fort que nous adresse le Ministère.

Pourtant des pratiques de subversion et de résistance se font connaître à l’Hôpital, dans les Secteurs, dans le Médicosocial : elles se sont forgées au cours des années, en même temps que la logique de ces attaques était analysée et devenait plus lisible.

C’est pourquoi, nous souhaitons, dans ce Forum « Fonction soignante et Pratiques du Collectif », donner parole à tous ceux qui voudraient bien partager leurs expériences de terrain et de lutte pour récuser une telle dérive destructrice.

Venez nombreux le 1er novembre à Montreuil à La Maison de l’arbre ! www.collectifpsychiatrie.fr

Pour une hospitalité à la souffrance de l’enfant, lors du meeting du 1er novembre 2014

Affiche Rouleau 39 JPEG

«TOUS LES HOMMES NAISSENT FOUS, LIBRES ET ÉGAUX EN DROIT »

Depuis l’arrivée du DSM III, le champ de l’enfance et de l’adolescence n’a cessé d’être l’objet d’expérimentation d’une psychiatrie évaluatrice, médicamenteuse et rééducative. Le plan Autisme, les recommandations de l’HAS et les attaques contre la psychanalyse ne sont que les branches d’un même arbre qui cache bien mal la volonté de démanteler tout accueil de la singularité .
D’après certains démographes de la santé, la demande de consultations se serait multipliée par dix en quelques années. Il est de notre devoir de nous interroger sur cette demande – ses causes et ses conséquences – que la société adresse avec ses enfants.
En France, la loi du 2 janvier 2002 a ouvert le champ du médico-social (c’est à dire une immense part de la souffrance enfantine) et de la pédopsychiatrie à la logique du marché :
A) Par la réification d’un « usager » (parents et enfants indistinctement) et l’élimination du symptôme derrière le handicap, c’est à dire par l’escamotage de la subjectivité. B) Par l’instauration de la « démarche qualité » qui prétend évaluer les prestations délivrées en regard de recommandations de « bonnes pratiques » professionnelles déterminées arbitrairement par l’ANESM (médico-social) et l’HAS. Une évaluation scandaleusement privatisée représentant un marché plus qu’attractif qu’il serait temps de dénoncer. C) Par l’instauration manifeste ou dissimulée d’un champ « hors-soins » que ce soit dans le cadre du sanitaire ou du médico-social.
La loi de 2005 instituant la MDPH est une prolongation de la précédente. La politique du handicap, malgré quelques rares avancées sociales, produit des effets pervers majeurs. Actuellement nous vivons un double paradoxe : les enfants en grande souffrance sont moins soignés, pendant qu’une foule de simples « déviants » du système scolaire sont stigmatisés en handicapés, à coup de certificats médicaux et de diagnostics psychiatriques, pour pouvoir bénéficier de renforts purement pédagogiques (type AVS, ou classes à effectif réduit). L’école, publique et privée, scolarise plus de 220 000 élèves considérés comme en situation de handicap (chiffres du rapport de la CNSA-MDPH 2012). En 2012 on comptait 88 000 « prescriptions » de AVS. L’immense majorité de ses dossiers se justifieraient pour des difficultés psychiques !
Les agités, les redoublants, les insoumis, les peu concernés par l’apprentissage – le plus souvent issus des populations les plus précaires – se voient ainsi « psychiatrisés » par la voie du handicap. Par la production de certificats médicaux pour la MDPH, les cliniciens se trouvent souvent dans l’injonction anti-éthique et liberticide d’être simultanément experts et soignants. Les rouages de l’intégration scolaire proposée par l’actuelle loi sont un formidable processus d’aliénation de chacun: où plus personne ne décide directement, où plus personne n’est concerné par les décisions et où plus personne n’est responsable.
La pédopsychiatrie doit rester le lieu d’accueil de la souffrance psychique enfantine, quand elle ne peut plus être entendue pour ce qu’elle est : un moyen désespéré, par le corps, par le comportement, par la parole abimée, de faire entendre que « ça ne va pas ». Il nous faut nous opposer ensemble aux connivences et aux renoncements qui détruisent notre raison d’être soignante et qui parfois, il faut bien le dire, viennent cacher la misère de la clinique.
La conjonction de ces trois références (DSM, marché, handicap) en produit une quatrième : la prescription médicamenteuse dès le plus jeune âge (amphétamines, neuroleptiques, etc.) et la surmédicalisation scientiste qui l’accompagne (imagerie médicale, génétique, investigation électro-numérique, diagnostiques biologiques de Dys- -lexies,-calculies,-praxies,etc.) le plus souvent très éloignée des réalités quotidiennes des enfants.
C’est pourquoi, le Premier Novembre, le Collectif des 39 propose de rassembler nos forces, d’échanger nos expériences, de rompre l’isolement des acteurs – infirmiers, éducateurs, rééducateurs, psychologues, pédopsychiatres, enseignants, cadres administratifs et parents – concernés par la situation de la souffrance psychique de l’enfance et de l’adolescence.
— Pour un front uni du service public, sanitaire et médico-social et pour la continuité des soins.
— Pour la pérennisation des moyens des inter-secteurs de pédopsychiatrie.
— Contre la privatisation à but lucratif de des prises en charge en pédopsychiatrie.
— Contre la récupération de la clinique par une politique du handicap quand elle transforme les marges en anormaux.
— Contre une pensée unique, pseudo-experte et bureaucratique. Contre le DSM5, la CIM10 et la pensée classificatoire appliquée aux enfants et aux adolescents
— Contre la médicalisation et la médication outrancière des enfants par les psychotropes.
— Pour une remise à plat démocratique de l’arsenal législatif concernant l’enfance : Loi de 2 janvier 2002, loi de 2005, loi de 2007.

A la Maison de l’Arbre
9, Rue François Debergue
93100 – Montreuil

> Fédérons nos rêves pour résister à l'occupation de nos libertés de conscience.

Le collectif des 39 organise un rassemblement – Le SAMEDI 1er NOVEMBRE 2014

La Parole errante à la Maison de l’arbre

9, rue François Debergue – 93100 Montreuil

Fédérons nos rêves pour résister à l’occupation de nos libertés de conscience.

Nous nous sommes réunis et levés une première fois contre l’anathème, en provenance de la plus haute autorité de l’État, frappé à l’encontre de la folie. Paroles prononcées dans l’enceinte même d’un service de soin et dont nous espérions qu’elles ne relevaient que d’un accident de la démocratie en acte : un président élu par le peuple distillait la peur, installait un climat sécuritaire espérant ainsi incarner la figure du protecteur de ce peuple qu’il lui fallait créer à la mesure de ses petits accès d’agitation despotique.

39 nous étions ce vendredi-là, 39 alertés par l’insupportable, unis par le nombre, sans règlement associatif, parce qu’un nombre représente la multitude, nous étions nombreux ce soir-là à nous élever « contre la nuit sécuritaire » de plus en plus nombreux et multiple, déjà portés par cette hétérogénéité des disciplines et des parcours.
Mais il n’y a pas de pente despotique possible sans servitude volontaire, et au plus près de nos pratiques nous avons dû faire front, non sans difficultés, contre le déplacement en miroir de la figure de la folie dangereuse vers sa résolution en obéissance servile, soit de la schizophrénie dangereuse à l’autisme rééduqué.

Et puis le personnage en haut de l’État sous la pression populaire a changé. Nouvel élu qui s’était présenté comme celui du changement.

Issus du contexte, nous en avons tenu compte, nous avons déplacé en partie nos énergies vers l’accueil de la différence et de la folie. Nous avons œuvré par le débat, les rencontres, le soutien, les pétitions… pour que l’accueil et le soin n’interdisent pas aux plus engagés de tenter de concilier, chacun au plus près de ses œuvres, de ses constructions, de ses pratiques institutionnelles, la question toujours à renouveler entre demandes sociales et aspirations individuelles et cela avec l’aide de la multiplicité du nombre.
Nos salutaires divergences et origines à l’intérieur de notre multitude ont soutenu l’hétérogénéité nécessaire pour maintenir les questions contre l’aveuglement toujours présent au sein de la réassurance par le dogme.

Nous n’avons jamais proposé l’uniformisation des pratiques sous couvert d’une théorie de la vérité institutionnelle ou psychique, que cela ait pu l’espace d’un instant, d’un espoir, d’une fougue traverser l’un d’entre nous, voire un groupe, ne fait que témoigner de la complexité du politique, ce dont la multitude qui est nôtre, nous a, en fin de compte, protégés.
Cette hétérogénéité n’empêche pas l’implication, les croyances, le combat, au contraire même elle permet d’en promouvoir le dynamisme en refusant d’imposer de l’extérieur un modèle à qui que soit qui ne s’en saisirait pas à sa façon, à sa mesure, redonnant aux espaces de travail leur index de liberté, de création, d’œuvre humaine.

L’idée d’une alternance politique, présente depuis quelques décennies, avec son vécu différent selon les uns et les autres avait peut-être créée une petite respiration limitant l’installation en continu de ce qu’on pourrait désigner d’une politique du pire, soit une politique où le peuple ne serait que la somme algébrique d’éléments à gérer comme de simples objets interchangeables. Force est de constater que cette alternance n’a pas eu lieu et l’air est devenu un peu plus irrespirable.
Assez rapidement, dans la suite de la mise en scène de l’inconsistance de la valeur des mots par l’État, en tant qu’ils permettent d’ouvrir au débat politique, au partage de la quête de sens, et cela sous couvert d’une supposée vérité venue d’ailleurs et indiscutable, le corps des surveillants en tous genres s’est majoritairement ( certains ont démissionné, refusé…) libéré de toute éthique.

La gestiocratie a été promue aux commandes, elle s’avance sans retenue parée de la monstruosité des experts en gestion humaine, notre vie serait prescrite, encadrée, évaluée, bref comportementalisée.
Depuis un peu plus d’un an, l’assurance de la non-alternance a libéré les contrôleurs du désir humain, les petits jouisseurs de la destruction de la vie et des rêves des hommes. Le petit nombre impliqué dans les pratiques, pas plus nombreux que ceux qui s’étaient battus contre la monstruosité asilaire, que ce soit dans le public ou dans le privé, avait non sans quelques difficultés, pu depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, dans la suite du Conseil national de la résistance, construire leurs alternatives.
Extrême importance de cette possibilité qui empêchait la grande masse de s’endormir trop tranquillement dans ses routines aliénantes.
Depuis un peu plus d’un an, la haine encore retenue par la lâcheté de la servilité des officiants textuels, s’est sentie autorisée à coloniser tout ce qui s’était construit au nom d’une profonde implication envers l’accueil de la différence et plus largement contre tout ce qui échappait au moule d’une science et d’une morale d’État. La collusion entre les restrictions budgétaires et les recommandations de l’HAS, dans ce contexte de déficit démocratique revendiqué, donne toute son ampleur aux passages à l’acte de la horde des bureaucrates qui nous dicte nos conduites humaines.
Le temps de la promotion des médiocres, des jalousies, des rancœurs bat son plein, les techniciens de l’évaluation, de la recommandation autoritaire, peuvent faire œuvre de normalisation comme cela fut à l’acmé du totalitarisme soviétique.

La haute autorité de santé est le centre organisateur du mouvement des troupes d’occupation qui organisent le contrôle et commencent à imposer ses interdits dans notre territoire des libertés de penser et de faire.
Un de nos proches a heureusement combattu et donné l’alerte quand dans son CMPP à Orly ,une formation a été refusée par l’ARS parce que hors recommandation.
Ne nous y trompons pas cet acte est d’une extrême gravité, il témoigne d’une bascule de la question démocratique vers une vérité scientifique permettant de gérer les hommes, bien évidemment pour leur bien, foi d’expert ! Ces mêmes experts dont Cornelius Castoriadis disait d’eux qu’ils étaient appelés à en dire toujours plus à partir de toujours moins. Ils proposent l’uniformisation des réponses, qui plus est, ils confondent soin et éducation et limite cette dernière à des techniques désuètes d’obéissance aux ordres, ils osent appeler cela l’égalité. Le voile noir d’une hétéronomie, d’un hétéro nomos, de lois supérieures qui nous gouverneraient et sur lesquelles nous n’aurions plus rien à dire, commence à recouvrir les institutions concernées par les œuvres solidaires, à la mesure des lois économiques qui, sur ce même mode, s’imposeraient à nous.

Ce voile noir dans son effectivité porte un nom, celui qu’Hannah Arendt a révélé : « La banalité du mal ». Ce concept, s’il a été énoncé par rapport à un contexte bien précis, trouve une actualité contemporaine dans l’inhumanité en extension, les haines de l’altérité qui s’installent. Car en effet, tel est l’œuvre des bureaucrates et technocrates appliquant sans sourciller des « recommandations » sous couvert de « bonnes pratiques » homogènes et uniformisantes. Si nous n’y prenons garde, c’est de fait ce qui est en train de s’instaurer dans le champ des soins en psychiatrie et dans le champ social.

Nous devons compter plus que jamais sur la force de nos rêves, sur ce que Gaston Bachelard appelait le surrationalisme, la question de l’homme, du commun, de l’homme dans ses rêves d’humanité qui ne saurait exister sans l’enseignement infini des questions posées par la folie.

Nous devons fédérer nos rêves pour résister à l’occupation de nos libertés de conscience.

Nos prochaines journées, si nous voulons continuer de rêver et d’exister, ne pourront être que de combat.

> Le 1er novembre 2014 un meeting de résistance

Le 1er novembre 2014
Maison de l’arbre à Montreuil 93

les 39 organisent un meeting de résistance

Nous continuons d’affirmer que ceux qui souffrent de graves maladies psychiques ont et auront besoin à des moments de leur existence de recourir à des lieux d’accueil. Lieux où les rencontres nécessaires à tout soin qui se réclame « humain » ne sont pas dictées par des protocoles aliénants. Lieux où les règlements ne sont pas l’unique proposition « contenante », lieux où prendre du temps est possible et reconnu comme nécessaire, avec une écoute de ce que les personnes en souffrance psychique reconnues dans leur singularité ont elles-mêmes à nous apprendre. Lieux où les psychiatres et les équipes soignantes s’engagent dans un accompagnement au long cours.

Or depuis deux ou trois décennies toutes les conditions nécessaires à cet accueil se dégradent progressivement pour atteindre un niveau insupportable. Les moyens diminuent, la formation est scandaleusement pauvre et inadaptée, les théories s’étiolent, se rigidifient, perdent le caractère complexe indispensable à la pratique soignante. Toute une expérience soignante, toute une histoire collective de la psychiatrie française risque de disparaître.
Lors des Assises de la psychiatrie et du médico-social, les témoignages de patients, de familles et de professionnels ont fait apparaître que de nombreuses équipes, en l’absence de réflexions institutionnelles et micropolitiques, utilisaient des méthodes coercitives s’appuyant sur des théories réductrices de la folie. De plus, l’abandon des principes de base du secteur et du développement du potentiel soignant des patients au sein des clubs thérapeutiques favorise la démission et le désinvestissement des travailleurs en psychiatrie devant la perte du coeur de leur métier et renforce les mauvaises conditions d’hospitalité et de soins aux patients ainsi que l’accueil défaillant des familles.

Hélas la future « Loi de santé publique » risque d’aggraver ce processus : Du Secteur fondé sur le principe de continuité des soins préventifs, curatifs et de postcure par la même équipe, sur une base territoriale, le projet de Loi ne retient que la notion de territoire, pour en faire un quadrillage de la population. Territoire dans lequel devrait s’organiser le parcours du patient entre psychiatrie (qui ne s’occuperait dorénavant que de la phase aiguë), médecin généraliste (qui assurerait le soin en phase de stabilité), psychiatre libéral (qui serait intégré sans en avoir la vocation ) et médicosocial (qui assurerait les éventuels besoins d’hébergement et l’offre d’activités sur la journée).

Le pouvoir politique continue de s’appuyer sur les forces bureaucratiques pour soutenir la “démarche qualité” et la segmentation des “prises en charges” où l’illusion d’une continuité s’appuie sur le dossier médical informatisé partagé sans limite avec rupture du secret médical.

Le Collectif des 39 invite tous les citoyens, les soignants, les patients, les familles qui résistent individuellement, toutes les forces associatives de soignants, de patients, de familles, toutes les forces syndicales et politiques , pour amplifier notre mouvement afin de stopper toutes ces dérives. Une mobilisation de grande envergure qui soit force de proposition pour que dans la future « loi de santé publique » prévue à la fin de l’année, la psychiatrie soit reconsidérée sous l’angle d’une hospitalité pour la folie et d’une continuité humaine et non pas administrative des soins.

Venez au meeting, ouvert à tous, le 1er novembre, à « La maison de l’arbre » à Montreuil, pour unifier tous ceux qui souhaitent sortir de la servitude volontaire, et poser par là un acte de résistance au nouveau déploiement de cette psychiatrie technocratique et bureaucratique.

www.collectifpsychiatrie.fr

Mobilisation des salariés de l’A.P.S.I. pour une préservation de la qualité des soins

Nous sommes 300 salariés dont une soixantaine de psychologues de l’APSI (Association de Prévention Soins et Insertion), association du secteur médicosocial œuvrant dans le champ de la pédopsychiatrie et du handicap psychique, située dans le Val de Marne et regroupant 13 CMPP, 2 CMP, 1 ITEP, 2 SESSAD, 1 ESAT, 1 FAM, 1 SAS, 1 SAVS, des Maisons-Relais et 1 foyer mèresenfants.
Nous sommes mobilisés, toutes catégories professionnelles confondues, pour lutter contre des décisions de notre direction générale qui auraient pour conséquences la dégradation de la qualité des soins, reconnue depuis plus de 40 ans par nos partenaires sur le département.
Notre activité clinique constituée d’abord d’un certain nombre d’actes effectués en présence des patients ou usagers et de leurs familles, ou en implication institutionnelle directe, nécessite également un travail continu de rédaction, de réflexion, d’élaboration, de recherche et de supervision (à la charge financière des cliniciens), parfois même en dehors de l’institution. Ce temps – qui nous était jusqu’ici reconnu par un accord d’entreprise aujourd’hui dénoncé   est contesté par notre direction sous couvert d’économies budgétaires et d’hypothétiques embauches.
Sans ce temps DIRES (Documentation, Information, Recherche, Elaboration, Supervision), élément fondamental de notre fonction clinique, notre travail perdrait toute dimension thérapeutique ; il deviendrait un simple « travail à la chaine » à visée adaptative, sans souci qualitatif ni respect du sujet souffrant et de sa famille.
Nous refusons ces dérives gestionnaires administratives et technocratiques, méconnaissant totalement le soin psychique et qui mettent en péril une clinique respectueuse du sujet, pour le maintien de laquelle nous sommes aujourd’hui engagés.

> micro résistance locale en préparation du meeting du 1er novembre

Au centre Antonin-Artaud, «on met sur un pied d’égalité psy et patient»
PUBLIÉ LE 17/09/2014 dans le journal L’Union
http://www.lunion.presse.fr/region/au-centre-antonin-artaud-on-met-sur-un-pied-ia3b24n409241
Par Mathieu Livoreil

REIMS (51). Depuis sa création en 1985, ce centre propose une vision humaniste de la psychiatrie. Avec toujours cette question essentielle : quelle place pour les fous dans notre société ?

Ce matin-là, c’est jour d’assemblée générale à Antonin-Artaud, dans les locaux de la rue Talleyrand, en plein centre-ville. Dans une salle, une quarantaine de personnes ont pris place. Patients, psychiatre, infirmiers, éducateurs et stagiaires. Ici, il n’y a ni blouse blanche ni pyjama. Les projets des semaines à venir sont évoqués : journée de la solidarité, fête de la Salamandre, sortie en Alsace, etc. Une femme lève la main : « Et on ne pourrait pas faire une sortie au quai Branly ? » Patrick Chemla, fondateur du centre Antonin-Artaud, répond : « Oui, pourquoi pas ? Il faudra voir qui est intéressé… » Des personnes acquiescent déjà en silence. Ce qui frappe, c’est la qualité d’écoute. Est ensuite abordé le meeting qui se tiendra le 1er novembre, à Montreuil, avec le Collectif des 39 contre la nuit sécuritaire.
Au programme : les enjeux actuels de la psychiatrie, et dénoncer le projet de loi de la ministre de la santé Marysol Touraine « qui nous inquiète », commente M. Chemla. « La conséquence possible, c’est qu’on risque fort de se retrouver avec une absence de liberté et d’indépendance par rapport à ce que nous faisons. » Le projet de loi ne prévoit « rien de moins qu’une uniformisation » des pratiques psychiatriques. « Une homogénéisation qui se fait de manière extrêmement normative, avec toujours plus d’administratif, etc. On est mesurés sur notre capacité à appliquer le protocole. », nous détaillait quelques jours plus tôt M. Chemla. Lorsque nous avions démarré dans les années 80, on était presque des illégaux. On est passé de la tolérance à l’institutionnalisation. Et avec l’institutionnalisation est venu la normalisation. »
Retour à l’AG. Une femme au regard révolté propose une « grande pétition parce qu’un meeting, franchement je sais pas, les médias de toute façon, ils ne montrent que la guerre !» Clément, qui semble avoir un goût prononcé pour les horaires de train, se lance à son tour : « C’est peut-être utopique mais pourquoi on n’uniformiserait pas à notre manière ? » Sourires dans l’assemblée. «Les gens travaillent comme ils le souhaitent », lui répond doucement un autre psychiatre.
Ainsi va la vie au centre Antonin-Artaud, que certains sceptiques ont depuis longtemps rebaptisé « centre Antonin-Marteau », rit M. Chemla. L’idée de départ était celle du « club thérapeutique (…) On met sur un pied d’égalité psy et patients dans la prise en charge. La relation n’est pas hiérarchisée. Quand je vois un patient pour la première fois, je demande toujours : Qu’est-ce que vous voulez faire ? » Le choix des médicaments, s’ils sont jugés nécessaires, est débattu. Surtout, le médicament n’est qu’un élément de la thérapie proposée par l’équipe de M. Chemla. Pas question donc, de « mettre les gens dans des cases » mais au contraire de « responsabiliser » le patient, considéré « comme une personne. » Bien sûr, celui-ci, à Antonin-Artaud comme ailleurs, les rechutes sont possibles et certains patients peuvent par moments se retrouver davantage rassurés par un cadre hospitalier que par un centre de jour libre et ouvert. « Tout ce qu’on tente ne réussit pas forcément, bien sûr ! », rappelle en guise d’évidence M. Chemla.
Offre de soins plurielle
Comment arrive-t-on à ce centre d’accueil thérapeutique à temps partiel (CATTP) ? « Les patients viennent librement, peuvent être envoyés par leurs familles, par des psy ; il est aussi arrivé qu’un patient se soit vu recommander le centre par un autre patient», résume Gérard Rodriguez, cadre santé à Antonin-Artaud.
Centre de jour mais aussi appartements thérapeutiques, centre d’accueil rural et hôpital psychiatrique : l’offre de soins est plurielle. 90 % des patients sont suivis en ambulatoire, contre 10 % en HP. Entretiens, groupes d’entraide mutuelle (Gem), ateliers d’art ou discussion informelle autour d’un café, etc. : les soins, « basés sur la psychothérapie institutionnelle, avec une orientation psychanalytique», revêtent de multiples formes. Mais pour combien de temps encore ?
Au début des années 1980, il exista dans le pays, selon les souvenirs émus des psychiatres rencontrés, jusqu’à « une centaine de structures comparables » au centre Antonin-Artaud. « Là, on est les derniers dans la région, sûr. Et on ne doit pas être plus de dix en France. » Le volet psychanalytique de la formation des psychiatres a été réduit en poussières depuis une quinzaine d’années, et la spécialité psychiatrie s’est retrouvée supprimée.

> La fin de la confidentialité dans les hôpitaux?

Projet de loi relatif à la santé: la fin de la confidentialité dans les hôpitaux?
Dr Claire GEKIERE, psychiatre, praticien hospitalier, août 2014

L’avant projet de loi « relatif à la santé »(NOR: AFSX1418355L/Rose-1) doit être présenté en septembre en conseil des ministres et passer au Parlement en 2015.
Il y est question dans plusieurs articles des données de santé, personnelles nominatives, ou agrégées et anonymisées.

I-Je voudrais d’abord attirer l’attention sur un risque majeur pour la confidentialité des données de santé personnelles nominatives, avant de passer en revue tous les articles concernés par ce sujet.

L’article 26 du projet de loi traite des « groupements hospitaliers de territoire » (GHT), qui obligeront désormais plusieurs établissements publics à se regrouper, à faire un projet médical unique, et à avoir un DIM (département d’information médical) commun, géré par « l’établissement support ». Le 1° de l’article L.6132-4 énonce que « l’établissement support » assure : «La gestion d’un système d’information hospitalier et d’un département de l’information médicale uniques. A ce titre, par dérogation de l’article L.1110-4, les informations concernant une personne prise en charge par un établissement public de santé membres du groupement sont réputées confiées par la personne au groupement. Par dérogation aux dispositions de l’article L.6113-7, le responsable de l’information médicale de l’établissement support procède à l’analyse et à la facturation de l’activité de l’ensemble des membres du groupement et reçoit à cette fin les données médicales nominatives nécessaires à l’analyse de l’activité et à la facturation transmises par les praticiens exerçant dans les établissements membres. »

l’article L.1110-4 date de la loi du 4 mars 2002, dite loi Kouchner, sur le droit des malades, et il définit actuellement dans sa première partie le secret partagé d’une façon précise et limitée:
« Toute personne prise en charge par un professionnel, un établissement , un réseau de santé ou tout autre organisme participant à la prévention et aux soins a droit au respect de sa vie privée et du secret des informations la concernant.
Excepté dans les cas de dérogation, expressément prévus par la loi, ce secret couvre l’ensemble des informations concernant la personne venues à la connaissance du professionnel de santé, de tout membre du personnel de ces établissements ou organismes et de toute autre personne en relation, de par ses activités, avec ces établissements ou organismes. Il s’impose à tout professionnel de santé, ainsi qu’à tous les professionnels intervenant dans le système de santé.
Deux ou plusieurs professionnels de santé peuvent toutefois, sauf opposition de la personne dûment avertie, échanger des informations relatives à une même personne prise en charge, afin d’assurer la continuité des soins ou de déterminer la meilleure prise en charge sanitaire possible. Lorsque la personne est prise en charge par une équipe de soins dans un établissement de santé, les informations la concernant sont réputées confiées par le malade à l’ensemble de l’équipe. »

Dans la pratique, cet article n’est pas toujours bien respecté, par exemple lorsque un courrier de sortie est envoyé systématiquement au médecin traitant sans se préoccuper de l’accord du patient, ou encore lorsqu’un professionnel de santé qui ne s’occupe pas du patient consulte son dossier. Mais il est très clair: hormis lors de soins dispensés dans une équipe, il faut l’accord du patient pour transmettre les informations le concernant à un autre professionnel de santé, et ce pour le seul motif, restrictif, d’assurer les meilleurs soins possibles.

Dans son article 24 qui traite aussi du DMP (dossier médical partagé et non plus personnel, voir plus bas), il est prévu de modifier l’article L1110-4 en remplaçant son troisième alinéa par:
« Un professionnel peut échanger avec un ou plusieurs professionnels identifiés des informations relatives des informations relatives à une même personne prise en charge à condition qu’ils participent tous à la prise en charge du patient et que ces informations soient strictement nécessaires à la coordination ou à la continuité des soins ou de son suivi médico-social et social. La personne dûment informée peut exercer à tout moment son droit d’opposition à l’échange d’informations la concernant.
Lorsque les professionnels appartiennent à la même équipe au sens de l’article L.1110-12, ils peuvent partager les informations concernant une même personne prise en charge, strictement nécessaires à la coordination ou à la continuité des soins ou de son suivi médico-social et social. Ces informations sont réputées confiées par le patient à l’ensemble de l’équipe. La personne dûment informée peut exercer à tout moment son droit d’opposition au partage d’informations la concernant.
Le partage d’informations, entre des professionnels ne faisant pas partie de la même équipe de soins, d’informations nécessaires à la prise en charge d’une personne requiert son consentement préalable, recueilli par tous moyens, y compris de façon dématérialisée.
Les conditions et les modalités de mise en oeuvre du présent article pour ce qui concerne l’échange et le partage d’informations entre professionnels de santé et non professionnels de santé du champ social et médico-social, sont définies par décret en Conseil d’Etat, pris après avis de la Commission nationale de l’informatique et des libertés ».
Cela élargit considérablement, voire dénature, le secret partagé puisque l’on passe des seuls soins à un patient au « suivi médico-social et social », vaste ensemble flou. Toujours cette croyance aux bienfaits de la transparence et de l’exhaustivité réunies, qui professe qu’en mettant en commun le plus d’informations possibles, en les accumulant, on prendra mieux quelqu’un en charge, sans tenir compte des risques majeurs d’atteinte à l’intimité et à la vie privée, et à leurs conséquences, souvent très stigmatisantes.
Mais il y reste néanmoins une définition du partage d’information, sur laquelle un patient est censé pouvoir de plus exercer un contrôle.

Du coup, présenter dans l’article 26 du projet de loi comme une « dérogation » la disposition qui permettrait qu’une information confiée au maximum à une équipe de soins soit dorénavant « réputée confiée par la personne au groupement » est soit une grossière erreur de rédaction ( soyons optimiste), soit la volonté d’un changement majeur en matière de confidentialité des données de santé, camouflée sous ce terme.
En effet, tel qu’il est rédigé, cet alinéa renvoie aux informations confiées par le patient, et non aux données traitées par le DIM, extraites de ces informations, le médecin DIM (et non les informaticiens du système d’information) faisant partie des médecins ne participant pas aux soins qui ont accès, par dérogation, aux informations médicales nominatives des patients.
Concrètement cela permettrait au personnel soignant de chaque établissement du groupement d’avoir accès aux informations d’un patient soigné dans un quelconque point de ce groupement…

II-Autres articles traitant des données de santé

1-L’article 21 traite de l’expérimentation de projets d’accompagnement de personnes, souffrant de maladies chroniques ou « particulièrement exposées au risque de maladie chronique » (vaste ensemble là aussi). Pour cela il est prévu là aussi une dérogation à l’article L.110-4 qui considère que les professionnels engagés dans cet accompagnement constituent une équipe, ce qui permet alors le partage des informations entre eux. Comme le champ est large, et qu’il y est notamment question «d’éducation thérapeutique » et de formation, la vigilance s’impose vis à vis des firmes pharmaceutiques dont on connaît l’intérêt pour ces sujets.
Le même article prévoit d’utiliser les données « sous réserve d’anonymat » pour des évaluations de ces expérimentations.
.
2-L’article 24 prévoit la refondation du DMP (dossier médical personnel), qui devient … le DMP (dossier médical partagé), dont s’occupera la CNAM. Ce DMP est « créé sous réserve du consentement exprès de la personne ».
Cette appellation a le mérite de la clarté, puisque le but du DMP est le partage des informations de santé d’une personne entre plusieurs professionnels de santé qui la suivent.
Que devient la question du masquage des données? L’article L1111-21, qui prévoyait en 2009 un décret en Conseil d’Etat pour fixer les conditions du masquage des données par le titulaire du DMP, est modifié. Le nouvel article prévoit lui aussi un décret en Conseil d’Etat, mais sans mentionner explicitement que certaines informations « peuvent être rendues inaccessibles par le titulaire du dossier », ni « les modalités selon lesquelles le professionnel de santé accédant au dossier médical personnel a connaissance de l’inscription au dossier d’informations rendues inaccessibles par son titulaire ou son représentant légal » (article actuel).

En conclusion

Ce projet de loi, au nom de l’efficience de la prévention et des soins, organise la diminution, voire la disparition de la confidentialité des données de santé, données pourtant hautement sensibles, dont le partage élargi porte alors atteinte à l’intimité et au respect de la vie privée.
Il faut faire évoluer ce texte avant son adoption en demandant notamment:

-le maintien de l’article 1110-4 dans sa forme actuelle,
-la mention explicite dès le texte de loi des possibilités de masquage par le titulaire du DMP
-la modification de l’article 26 sur les données de santé dans les GHT (si tant est que ces groupements soit une bonne chose pour les hôpitaux publics, au moment ou nombre de superstructures, y compris les CHT actuelles, font preuve de leur inefficacité liée aux complications de leur trop grande taille)
-des garanties sur les intervenants pour les expérimentations prévues à l’article 21, excluant explicitement la participation des firmes pharmaceutiques

> Innover, créer, inventer, s’adapter ? Sans aucun doute…

Vendredi 5 septembre 2014 Centre équestre « Les Cavaliers du Pays Cathare » à Magrin (81) 20 heures
Réformer, changer… pourquoi pas. Mais alors pour quels modèles ?
Innover, créer, inventer, s’adapter ? Sans aucun doute…

Serions nous rentrés dans une aire de lutte contre le singulier,de la mise au pas ? Une aire de l’évitement du conflit psychique, voirede sa négation ? Qu’en est il en psychiatrie ou dans le médicosocial, que constatons nous ? Que pouvons nous proposer comme initiatives ?
Comment prendre en charge la psychose, comment prendre en compte cette « existence psychotique » ?

Guy DANA nous propose des pistes ou plus exactement un antidote, une bouffée d’air frais.
Pour éviter l’asphyxie ?
Partageons son expérience clinique, professionnelle, de terrain, comme la création d’un hôtel
thérapeutique nommé « L’inattendu »…

Comment penser des espaces psychiques pour soigner la maladie mentale en proposant des espaces
hétérogènes ? Quels outils nous restent ils ?
Tentons de construire un lien possible avec l’Autre, un lien construit sur la présence et l’hospitalité.
Elaborons une clinique de l’accompagnement dans des lieux novateurs.

Ré inventer l’hospitalité !

Finalement participons à la (re) conquête des espaces, pour une libre circulation psychique…
06 14 38 06 90 Mail : lespsycausent@gmail.com
Site: http://lespsy-causent.over-blog.fr/
Avec la participation de Guy DANA,auteur de  » Vendredi 5 septembre 2014 Centre
équestre « Les Cavaliers du Pays Cathare »
à Magrin (81) 20 heures
Réformer, changer… pourquoi pas. Mais alors pour quels modèles ?
Innover, créer, inventer, s’adapter ? Sans aucun doute…
Serions nous rentrés dans une aire de lutte contre le singulier,
de la mise au pas ? Une aire de l’évitement du conflit psychique, voire
de sa négation ? Qu’en est il en psychiatrie ou dans le médicosocial, que
constatons nous ? Que pouvons nous proposer comme initiatives ?
Comment prendre en charge la psychose, comment prendre en compte cette « existence
psychotique » ?
Guy DANA nous propose des pistes ou plus exactement un antidote, une bouffée d’air frais.
Pour éviter l’asphyxie ?
Partageons son expérience clinique, professionnelle, de terrain, comme la création d’un hôtel
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Comment penser des espaces psychiques pour soigner la maladie mentale en proposant des espaces
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Tentons de construire un lien possible avec l’Autre, un lien construit sur la présence et l’hospitalité.
Elaborons une clinique de l’accompagnement dans des lieux novateurs.
Ré inventer l’hospitalité !
Finalement participons à la (re) conquête des espaces, pour une libre circulation psychique…
06 14 38 06 90 Mail : lespsycausent@gmail.com
Site: http://lespsy-causent.over-blog.fr/
Avec la participation de Guy DANA,Vendredi 5 septembre 2014 Centre
équestre « Les Cavaliers du Pays Cathare »
à Magrin (81) 20 heures
Réformer, changer… pourquoi pas. Mais alors pour quels modèles ?
Innover, créer, inventer, s’adapter ? Sans aucun doute…
Serions nous rentrés dans une aire de lutte contre le singulier,
de la mise au pas ? Une aire de l’évitement du conflit psychique, voire
de sa négation ? Qu’en est il en psychiatrie ou dans le médicosocial, que
constatons nous ? Que pouvons nous proposer comme initiatives ?
Comment prendre en charge la psychose, comment prendre en compte cette « existence
psychotique » ?
Guy DANA nous propose des pistes ou plus exactement un antidote, une bouffée d’air frais.
Pour éviter l’asphyxie ?
Partageons son expérience clinique, professionnelle, de terrain, comme la création d’un hôtel
thérapeutique nommé « L’inattendu »…
Comment penser des espaces psychiques pour soigner la maladie mentale en proposant des espaces
hétérogènes ? Quels outils nous restent ils ?
Tentons de construire un lien possible avec l’Autre, un lien construit sur la présence et l’hospitalité.
Elaborons une clinique de l’accompagnement dans des lieux novateurs.
Ré inventer l’hospitalité !
Finalement participons à la (re) conquête des espaces, pour une libre circulation psychique…

06 14 38 06 90 Mail : lespsycausent@gmail.com
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Avec la participation de Guy DANA,auteur de  » Quelle politique pour la folie ? : le suspense de Freud  »
éd érès 2011
Psychiatre, Psychanalyste, Chef de Service à
l’EPS Barthélémy DURAND à ETAMPES

PS : Pas question d’évitement ni de mise en ordre…
de tes plats ou bouteilles, juste une pensée unique : les
partager, ensemble !
RÉ-INVENTER L’HOSPITALITÉ !
Entrée libre… et sortez libre !

Psychiatre, Psychanalyste, Chef de Service à
l’EPS Barthélémy DURAND à ETAMPES
PS : Pas question d’évitement ni de mise en ordre…
de tes plats ou bouteilles, juste une pensée unique : les
partager, ensemble !
RÉ-INVENTER L’HOSPITALITÉ !
Entrée libre… et sortez libre !

> internement abusif au CH Sainte-Marie de Nice …

Médiapart -Édition : Contes de la folie ordinaire

Audience publique devant la Cour d’appel d’Aix-en-Provence jeudi 24 juillet, sur un internement abusif au CH Sainte-Marie de Nice
21 JUILLET 2014 | PAR ANDRÉ BITTON

La Cour d’appel d’Aix-en-Provence mettra-t-elle fin au clavaire que vit depuis le 9 janvier 2014 un jeune étudiant gabonais de 26 ans, hospitalisé sous contrainte au CH Sainte-Marie de Nice, sur fond de persécutions racistes sur le campus de Polytech-Nice Sophia Antipolis ?

l’article en suivant le lien ci-dessous:

http://blogs.mediapart.fr/edition/contes-de-la-folie-ordinaire/article/210714/audience-publique-devant-la-cour-dappel-daix-en-provence-jeudi-24-juill