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Festival Divers d’hiver divergents

Corpus Fabrique

est heureux de vous inviter au Festival Divers d’hiver divergents

Bricolages et expériences singulières en psychiatrie

« Corpus Fabrique accueille et présente des films issus de diverses expériences singulières et de toutes sortes de bricolages filmiques autour de la psychiatrie. »

Vendredi 24 et Samedi 25 février 2017

de 13h30 à 23h

au Pavillon Chaslin de l’hôpital psychiatrique de Ville-Evrard,

à Neuilly-sur-Marne (93).

Vous trouverez ci-joint le programme du Festival

programme festival mail

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Communiqué de presse Collectif des 39 – Groupe Enfance –

Le Collectif des 39 est inquiet et en colère face à l’évolution de nos sociétés, avec l’affaissement permanent des systèmes de solidarité publiques.

Le groupe Enfance de ce collectif organise un meeting poétique et politique intitulé   « Enfance effacée..? Résister, Inventer! ».

Ce meeting aura lieu le dimanche 16 octobre 2016 de 9h à 18h à la Parole Errante à Montreuil, 9, rue François Debergue (Métro Croix de Chavaux).

L’entrée est libre et gratuite.

L’objet de cette journée est de dénoncer la logique gestionnaire qui entame la liberté de penser et d’agir, particulièrement dans le champ de l’enfance. Nous apporterons aussi le témoignage de la force, de la beauté et de l’intelligence d’autres pratiques qui respectent l’imaginaire et le temps de l’enfance.

Avec ce meeting nous voulons amplifier les solidarités, tisser des liens entre les mouvements individuels de résistance à la mise à mal de nos métiers, à la disparition tendancielle, dans les eaux glacées du calcul égoïste, de ce qui construit l’humain.

OFFENSIVE CONTRE L’ASSOCIATION TRAIT D’UNION

L’association Le Trait d’Union, lié au Centre psychothérapique de St Martin de Vignogoul, voit sa subvention de fonctionnement supprimée par l’ARS Languedoc Roussillon d’ici la fin de l’année.
Cette association créée en 1981,  gère 2 appartements communautaires, 3 studios et un CATTP et emploie 5 salariés. Le CATTP a un file active de 90 patients, et il y a 11 places en appartements. 
 Les appartements sont appelés à être transformés en SAMSAH rattachés à une autre structure. Le CATTP est purement fermé et 90 personnes en demande d’accompagnement et d’aide psychiques se retrouvent à la rue, l’ARS leur proposant les GEM comme solution alternative. 
Quant aux salariés, ceux du CATTP sont licenciés, les autres restent dans l’incertitude de leur avenir.
 Ces décisions scandaleuses de l’ARS Languedoc Roussillon, vient :
-1 Mettre en péril le suivi thérapeutique et l’accompagnement soignant de très nombreuses personnes en grande difficulté psychique et qui sont dans une amélioration et une stabilisation de leurs difficultés
– 2 renforcer l’opposition entre une structure de soin et une association de type GEM, alors que leurs projets sont différents et complémentaires
 Pour signer la pétition il faut cliquer sur le lien ci-dessous

> Le métier de psychologue menacé..!

Collectif des 39

Le métier de psychologue menacé..!

Depuis près d’un mois les psychologues de l’association CIDE qui regroupe trois établissements thérapeutiques des Hauts de Seine (l’Hôpital de Jour pour adolescents, CMPP de Ville d’Avray, CSAPA Chimène à Issy les Moulineaux) sont en grève pour défendre le libre et plein exercice de la fonction DIRES dans leurs établissements et la qualité des conditions de travail.
!
Les psychologues hospitaliers sont confrontés aux mêmes difficultés au sein de leurs établissements. Qu’ils soient du public ou du privé, ils sont aujourd’hui une variable d’ajustement économique, au mépris de leur activité clinique et institutionnelle qu’ils ont mission d’accomplir auprès des collectivités soignantes.
Ils doivent pouvoir en effet évaluer leur travail selon les moyens qu’ils choisissent (supervision, analyse des pratiques …), se former et concevoir leurs recherches selon les besoins de leur pratique. La fonction FIR (formation, information, recherche) dans le secteur public ou DIRES (documentation, information, recherche, élaboration, supervision) qui répond mal à une comptabilité étroite du temps de travail, fait naître des soupçons chez les gestionnaires des ressources humaines. Ainsi au nom de la transparence et du contrôle, l’administration tend à réduire cette fonction à un temps mesurable. Il est évident qu’elle ne peut pas être réduite à un acte chiffré, qui viendrait faire preuve de l’acquisition de savoirs.
Lorsque cette fonction est remise en question, voire supprimée, le travail du psychologue est rendu impossible La fonction clinique et la fonction FIR ou DIRES sont intriquées et indissociables.
L’attaquer, c’est attaquer la pensée et le temps nécessaire à l’élaboration et à la recherche. Il faudrait penser plus vite, surtout ne plus prendre le temps de penser.
Nous qui luttons pour le maintien de l’accueil, de la rencontre singulière et du travail institutionnel, nous insurgeons contre de telles dérives dommageables avant tout pour les patients. !
Nous, soignants, patients, familles, citoyens, soutenons les psychologues dans ce combat légitime et essentiel.

> Démocratie sanitaire en psychiatrie : soigner d'abord la démocratie ?

COMMUNIQUE DE PRESSE
concernant le
Rapport de la Mission d’information sur la santé mentale et l’avenir de la psychiatrie 1 (MISMAP)

Démocratie sanitaire en psychiatrie : soigner d’abord la démocratie ?

Le 8 janvier prochain, le rapport de la MISMAP sera présenté à Marisol Touraine, ministre des affaires sociales et de la santé. Fruit d’une large consultation de l’ensemble des acteurs de la psychiatrie, le rapport Robiliard élabore trente propositions pour tenter de trouver un consensus au sein du champ psychiatrique, certaines avancées existent.

A la différence des rapports précédents 2 , celui de la MISMAP réaffirme la place du secteur psychiatrique comme étant l’organisation la plus pertinente sur le plan clinique et en termes de maillage du territoire et d’accès aux soins 3. Que le service public soit à la disposition de tous et que son accès soit facilité nécessite des professionnels correctement formés, des moyens humains et financiers nécessaires afin que son rôle ne se résume pas à un traitement normatif de la population centrées sur des approches réductrices des problématiques psychiques. Ce qui s’illustre, depuis dix ans, par un certains parti pris concernant la clinique et la recherche qui tend à considérer les pathologies psychiatriques comme des pathologies cérébrales plus proches des pathologies neurologiques que des problématiques psychiques 4 .

Co-organisées par le collectif des 39 et les CEMEA, les Assises pour l’Hospitalité en psychiatrie et dans le médico-social se sont tenues à Villejuif les 31 mai et 1er juin dernier. Elles ont réuni un millier de personnes et plusieurs axes se sont dégagés. Tout d’abord, pour le soin et l’accompagnement, la nécessité d’une articulation entre le sanitaire, le social et le médico-social était partagée par tous. Cependant, cette articulation doit d’abord se fonder au niveau local en s’appuyant sur la clinique et non sur une nécessité gestionnaire exclusive visant à rationaliser l’offre des soins 5.

Ce qui invite à nuancer la promotion des conseils locaux de santé mentale (CLSM). Si leur usage peut permettre que les personnes et les institutions se rencontrent pour échanger et élaborer ensemble l’accueil et la prise en charge des personnes en souffrance psychique dans la cité, ils peuvent également être des outils de normalisation, tant des pratiques que des personnes. Les conseils locaux de santé mentale ne sont pas une fin en soi. Cet outil de « la démocratie sanitaire » avec sa méthode prédéfinie par avance ne peut à lui seul instaurer une dynamique de travail 6 . Sur le terrain, si la participation de l’ensemble des personnes concernées est nécessaire 7 -usagers, professionnels, familles, politiques-, il faut également permettre les initiatives d’organisation échappant au cadre fixé, et parfois lourd, du conseil local de santé mentale.

Point central lors des Assises, la question des pratiques avaient été l’occasion d’un terrible constat sur leurs évolutions sécuritaires et protocolisées qui s’effectuent au détriment de la relation humaine et souvent en dépit du bon sens. L’ensemble des participants, qu’ils fussent usagers, familles, professionnels et citoyens, témoignaient de nombreuses dérives dans les services qui n’étaient même plus perçues comme telles. Nous confirmons le recours accrus aux moyens de contraintes, avec les infractions aux libertés fondamentales exigées par une démocratie 8 . Pour autant, à l’instar des protocoles de mises en chambre d’isolement et de contentions physiques, nous ne pensons pas que la mise en place d’un registre consignant ces pratiques suffisent à les limiter voire à les abolir. Il s’agit plutôt de repenser le soin psychique, la formation, la recherche et les moyens à l’aune de ce qu’il se passe concrètement sur le terrain.

Néanmoins, les participants des Assises témoignaient des possibilités d’inventivité sur le terrain, de créativité dans l’organisation locale et dans les modèles de soins, ce qui va souvent à rebours du formatage des pratiques telles qu’envisagées par les tutelles. Constat avait été fait que les services travaillant avec les outils de la psychothérapie institutionnelle, de la psychanalyse et du désaliénisme avaient des pratiques du soin psychique se fondant sur le respect des libertés démocratiques fondamentales. En ce sens, le recours aux recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS) est problématique et présente de nombreuses limites dans le champ psychiatrique : ce sont ces mêmes pratiques qui se trouvent désavouées dans certaines recommandations par cette instance de normalisation.

Concernant la surspécialisation du champ psychiatrique, telle qu’elle est recommandée dans le rapport 9, force est de constater qu’elle est une des causes du morcellement des prises en charge. Sous couvert d’une expertise plus grande, la parcellisation des soins est accrue. Plutôt que de soutenir la mise en place d’équipes mobiles aux objectifs toujours plus larges (précarité, géronto-psychiatrie, addictologie…), il serait plus aviser de soutenir les interventions généralistes et globales centrées sur la personnes et non sur des troubles ou sur des problématiques spécifiques.

Ce modèle, qu’encouragent les centres de références par pathologies, n’est pas fondé en psychiatrie, d’autant plus que de tels centres n’assurent jamais le suivi dans l’urgence puis au long cours, une fois leurs recommandations établies. De plus, un tel modèle d’organisation des soins se fonde sur l’assimilation de la psychiatrie à une spécialité médicale comme les autres, ce qui concoure à des erreurs quant à la spécificité de la psychiatrie, du soin psychique, de l’accompagnement dans le temps et du travail à partir du milieu de vie des personnes et de leurs proches.

S’il est opportun de lutter pour le droit au logement et la signature de convention avec les bailleurs, avoir un toit ne suffit pas à soigner et prendre soin. Le recours au « housing first » 10 est une vitrine qui ne doit pas se substituer à une approche thérapeutique préalable, dans la durée.

Par ailleurs, que le rapport se penche sur des populations souvent oubliées et toujours marginalisées comme les détenus est une bonne orientation. (propositions 21,22,23,24).

Pour les professionnels, nous tenons à saluer le rappel qui est fait concernant l’importance du rôle des psychologues cliniciens dans la pratique quotidienne 11 alors qu’ils constituent sur le terrain les premières variables d’ajustement dans le budget des hôpitaux. La réarticulation des compétences des professionnels ne doit pas rimer avec dégradation de soins de qualité et avec l’acceptation du cadre construit et accepté de la pénurie des professionnels (psychiatres comme infirmiers). Une volonté politique est ici nécessaire. Dans cette perspective, la formation initiale des différents professionnels se doit d’être ambitieuse et prenant la personne souffrante dans sa globalité, là où les modèles de formation par compétence, tels que promus actuellement, tendent à la segmenter.

Pour la formation continue, la réforme sur le développement professionnel continu (DPC) n’est pas abordée alors qu’elle nous semble l’un des enjeux centraux concernant la normalisation du champ psychiatrique. La spécificité de la psychiatrie est celle du travail collectif d’une équipe pluridisciplinaire dans la durée. C’est le partage des approches et l’inventivité des réponses qui priment dans l’adéquation des soins. La formation permanente est un lieu indispensable de la prise en considération des patients dans le respect de leur souffrance et elle a toujours été présente depuis l’origine de la psychiatrie de secteur. La seule condition de sens de cet espace, c’est qu’il demeure un lieu de recherche et d’élaboration, ce que ne garantit en aucune façon le DPC.

En conclusion, si ce rapport présente des avancées dans l’attention du politiques aux affaires psychiatriques, ce travail devrait se poursuivre pour qu’une loi de santé mentale, à défaut un volet spécifique dans une loi de santé publique, soit le reflet des exigences réelles du terrain.

Enfin, concernant la déclaration relative à l’inertie présente dans le champ de la psychiatrie, elle n’est pas l’apanage des seuls professionnels et mérite une volonté politique puissante qui ne s’appuierait pas uniquement sur la ségrégation – comme l’a fait le précédent gouvernement – ou des logiques gestionnaires exclusives telles qu’elles sont mises en place depuis la fin des années 1990. Un signe de cette volonté politique pourrait être, par exemple, la création de places dans des structures de soins et d’accompagnement en France afin de cesser la délocalisation de milliers d’usagers, enfants et adultes, en Belgique .

1- http://www.assemblee-nationale.fr/14/pdf/rap-info/i1662.pdf
2- Notamment le rapport Couty et le rapport de l’OPEPS qui prévoyait l’organisation de la psychiatrie en trois niveaux et confortait l’hospitalo-centrisme
3- Propositions 1,2,3,4,6,7,8,9,13
4- Propositions 27,28
5- Proposition 7,8
6- Propositions 16,17,18
7- Proposition 19,20
8- Propositions 14,15,16
9- Proposition 12
10- Proposition 11
11- Proposition 25

www.collectifpsychiatrie.fr

Contact presse : mathieu.bell@gmail.com

> L’au-delà de la Révolte

Texte pour le colloque La Révolte, Bruxelles 23 et 24 Novembre 2013

L’au-delà de la Révolte

D’où me vient ce gout, cette nécessité intime de la révolte et mon irritation, mon étonnement sans cesse renouvelé devant l’acceptation conformiste de ceux que Freud désignait comme la majorité compacte ? On sait que Freud pressentait que sa condition de minoritaire, et je préciserai doublement minoritaire en tant que « juif et juif infidèle » le rendait insupportable pour les antisémites mais aussi pour les religieux.
Les religieux des trois monothéismes d’ailleurs, car je dois à Fethi Benslama d’avoir appris le rejet par le journal égyptien Al Arham des hypothèses freudiennes sur l’homme Moise. L’idée qu’il fut égyptien était donc insupportable, y compris pour des égyptiens qui auraient pu y trouver un signe de fierté nationale, s’ils n’avaient pas été aveuglés par leur fidélité au Coran, qui reprend comme on le sait la tradition de la Torah, et donc le camouflage textuel du meurtre par les juifs, de cet « homme Moise » que Freud appelle le « Grand Etranger »…
Je dois dire que je me replonge dans ce grand texte freudien (L’homme Moise et le Monothéisme) de façon symptomatique à chaque fois que l’enjeu de la transmission me revient de façon toujours plus inquiète.
Sans doute dans la mesure où j’y trouve l’infini courage de l’homme Freud, qui au seuil de la mort, ne peut renoncer à son travail de recherche malgré la maladie, les menaces qui rodent sur l’avenir de la psychanalyse, l’existence même du peuple Juif et l’avenir même de l’humanité. L’inquiétude de la trahison/au peuple juif plane sur ce texte qui est pourtant l’exemple même d’une tentative de transmission in fine d’une posture très particulière : celle d’un juif qui ne renie en rien sa judaïté sans pourtant arriver à en préciser la teneur, mais qui ne lâche rien sur sa critique du monothéisme et de l’aliénation religieuse.
A l’inverse de nombre d’analystes qui ont opéré de nos jours un retour au religieux, en même temps d’ailleurs qu’ils s’écartaient du Politique, je soutiendrais que cette posture de juif infidèle que nous pourrions décliner sous toutes ses versions dont celle de musulman infidèle, serait un des biens les plus précieux que Freud nous aurait légué en héritage. Un héritage qu’il ne s’agit en aucune manière de faire fructifier sur le mode capitaliste, mais qu’il s’agit de transmettre, c’est-à-dire à réinventer sans cesse.
Il y a bien sur une somme d’ailleurs hétérogène du savoir freudien, et de même pour les œuvres de ses continuateurs Winnicott, Lacan, Mélanie Klein, Oury etc…
Et il est très important d’accueillir par le biais du transfert les élaborations et les trouvailles de tous ceux qui nous ont précédés. Mais en même temps comment réduire autant que faire se peut le rapport religieux à ces textes que l’amour de transfert peut nous amener à sacraliser ? Car l’amour comme la nostalgie peuvent pour citer Jankelevitch fabriquer des lieux saints (dans l’irréversible et la nostalgie).
Nous nous trouvons ainsi devant un paradoxe qu’il nous faut garder comme paradoxe, pour le dire comme Winnicott :
Nous devons en passer par le transfert pour accueillir et transmettre le vif de la psychanalyse ; or le transfert qui est de l’amour véritable peut nous maintenir dans l’assujettissement amoureux, voire dans l’emprise. Et quand l’analyste s’avère avoir été un maitre il semble bien difficile de se dégager de cette emprise au discours du maitre !
Mais plutôt que de généralités sur la question, je préfère maintenant parler en terme d’expérience, sans doute parce que je me méfie des théories édifiantes réglant les difficultés par avance…
Je me suis ainsi engagé dans l’analyse dès mon entrée en psychiatrie en 1975, préalablement touché à l’adolescence par Freud pour des raisons sur lesquelles je reviendrai en partie, mais absolument irrité, j’allais dire révolté par le psittacisme des élèves de Lacan, leur façon de répéter les aphorismes de leur maitre : tout cela me rappelait la synagogue, et me paraissait bien loin de la révolte freudienne qui m’avait touché à la première lecture. J’étais il est vrai à l’époque très engagé dans la révolte politique post 68, et si j’ai quitté une organisation politique d’extrême-gauche quand j’ai cessé de croire à l’horizon messianique qu’elle promettait, je n’ai jamais quitté cet engagement de révolte contre un système de domination et d’oppression. J’ai choisi par contre une manière de mettre en acte une utopie concrète qui se passerait de la promesse du paradis sur terre, car entre temps j’avais lu Malaise dans la Culture avec la critique freudienne vigoureuse et extralucide de « la bonne promesse bolcheviste ». Surtout j’avais traversé une longue analyse et j’avais aussi découvert chemin faisant que les associations d’analystes, y compris le Cercle Freudien où je m’étais inscrit, n’échappaient en rien à l’aliénation groupale que je rencontrais à l’Hôpital Psychiatrique, cette aliénation au moi idéal du meneur que Freud décrit dans Massenpsychologie.

L’entrée dans le transfert suppose une attente croyante qui nécessairement impliquera de l’amour et peut-être aussi de la haine pour l’analyste, avec le passage nécessaire par une position infantile, voire une régression où l’analysant peut se trouver totalement dépendant de l’analyste et de la situation analytique. On dira que c’est l’enjeu même d’une analyse que de se dégager d’un tel assujettissement, voire de liquider le transfert, expression que j’ai toujours trouvé meurtrière et inquiétante. Car pourquoi aurait-on envie de tuer l’expérience qui vous a permis de vous dégager un peu de l’assujettissement à la jouissance du symptôme ? En tout cas l’expérience montre que ce n’est pas si simple, et que le monde analytique ne brille pas d’individus originaux et révoltés, ayant trouvé leur propre style.
Au contraire j’ai plutôt l’impression que nous avons assisté à un recul dans les trente dernières années. J’ai relu dans le cadre d’un séminaire de la Criée (le Collectif de travail que nous avons fondé à Reims en 1985 sur le bord du Centre Antonin Artaud) les positions tenues par les grands analystes de l’Ecole Freudienne qui s’exprimaient dans Enfance aliénée, colloque tenu en 1967, donc un an avant Mai 68, où Maud Mannoni avait invité Laing et Cooper, colloque où chacun surenchérissait dans la radicalité en misant sur le nom et la doctrine de Lacan comme subversion de l’ordre psychiatrique mais aussi de l’ordre social. Quand on effectue cette relecture et qu’on la compare aux positions d’aujourd’hui de la plupart des analystes, on ne peut que constater un écart assez vertigineux. Sans doute était-il déraisonnable de miser sur une doctrine analytique, et sur le nom d’un maître fut-il génial, comme instrument de subversion ? On me dira que les doctrines de subversion politique ont produit bien pire, et c’est hélas tout à fait vrai, d’où le double constat que Freud aura raté la trouvaille de l’analyse marxiste en ne voyant de façon extralucide que la dérive stalinienne, et que Marx bien entendu n’a rien perçu de la logique de l’inconscient freudien. J’ai l’air d’énoncer des évidences, mais il faut rappeler cette double impasse, car il y eut la tentative ratée du freudo-marxisme, et que nous pourrions croire que le seul horizon de la révolte aujourd’hui serait celui d’une subversion intime comme l’écrit Julia Kristeva dans le beau texte que Pascale Champagne nous a donné à lire.
Je dirais de cet horizon proposé par Juila Kristeva, qu’il constitue l’abri actuel de nombre de ceux qui ont théorisé leurs déceptions et ont renoncé aux révoltes collectives et politiques en acceptant de fait le monde néolibéral tel qu’il est.
Je ne saurais pour ma part m’en contenter, alors que ce monde est celui d’une guerre sociale et d’une violence des processus de domination et de ségrégation, où les discours nationaux populistes, ne cessent de progresser y compris dans le discours de la gauche de pouvoir ! Il m’est insupportable d’entendre le discours de Valls sur les Rom, et surtout l’assentiment qu’il rencontre chez une majorité de français. Il m’est insupportable que des propos « racistes décomplexés » se libèrent, et que des forces néonazies s’expriment ouvertement de partout en Europe et en particulier en Grèce.
Et ce n’est pas Wassila Tamzali et Fethi Benslama présents dans ce colloque qui me contrediront si j’affirme que la tolérance bienveillante en Europe envers les islamistes dits modérés est franchement inquiétante. Car à l’heure de la mondialisation, ce qui se passe en Europe a des effets immédiats dans le monde arabe et en particulier maghrébin. Que le néofascisme de Marine Le Pen s’alimente de l’islamisme fascisant, devrait nous mettre en alerte et nous éviter de nous contenter d’une subversion du sujet restreinte à l’espace de la logique de l’inconscient. Certes cette proposition est vraie sous tous les régimes démocratiques, mais précisément nous sommes en recul sur la démocratie.
Une interview récente (in larevuedesressources.org) de Giorgio Agamben par Dirk Schümer intitulée : la crise sans fin comme instrument de pouvoir, précise ce déficit démocratique, en revenant sur un article précédent que la rédaction de Libé avait titré de façon provocatrice : Que l’empire latin contre-attaque ! Evidemment ce titre ne devait rien à Agamben qui n’est pas devenu nationaliste et chauvin alors qu’il insiste depuis toujours sur l’universalité de la Culture. Mais il remarque l’absence de légitimité populaire de la Constitution européenne et surtout la muséification du passé qui est le corollaire d’un appauvrissement de la culture de chacun des pays. Alors qu’il s’agit pour lui de soutenir l’hétérogénéité des cultures européennes dans leur rapport dialectique avec l’histoire et le présent contre l’homogénéisation du monde néolibéral. Je rajouterai que de telles propositions, de tels enjeux ne sauraient s’arrêter aux frontières d’une Europe latine et chrétienne. Mais au contraire constituer la base d’un cosmopolitisme qui est le seul horizon souhaitable du monde arabe en proie actuellement aux tourments de l’origine et à la violence de l’homogénéisation islamiste.
Remarquons d’ailleurs que cette homogénéisation qui s’attaque aux femmes, mais aussi aux intellectuels et à tous les laïques, aura constitué le contrecoup des indépendances, avec le départ des minoritaires, et en particulier des juifs, même si aujourd’hui, c’est le sort des chrétiens lorsqu’ils sont encore présents, qui est en jeu.
Cet enjeu du minoritaire fut le mien d’une manière insue, car le refoulement politique produisit l’illusion fallacieuse que les juifs d’Algérie avaient toujours été français, alors qu’ils furent longtemps considérés comme des indigènes par le colonisateur, comme des dhimmi par les musulmans. Le beau livre de Jacques Derrida « le monolinguisme de l’Autre » m’ouvrit, lorsqu’il parut, les yeux et les oreilles, et me permit de m’inscrire dans un récit collectif, celui de l’exil/bannissement d’une communauté abandonnant rapidement la langue arabe pour parler français mieux que « les français de France ». En trois générations une acculturation, une assimilation forcenée se produisit dans un violent silence, ainsi que le refoulement de la langue arabe par toute une communauté : il y avait d’un côté l’idéalisation des indépendances et la critique justifiée du colonialisme ; et de l’autre la vive aspiration vers la France, perçue uniquement comme le pays des Lumières et de la liberté. N’oublions pas d’ailleurs que ce sont ces idéaux qui animèrent aussi nombre des militants anticoloniaux alors qu’ils se confrontaient à un racisme qui excluait des droits de l’homme les populations dites indigènes. Et que ce sont toujours ces mêmes idéaux qui ont porté les révolutions arabes actuelles !
Cette violence symbolique et réelle, cette bataille entre les langues, le refoulement de la langue et de la culture arabe pour les juifs d’Algérie, toute cette constellation complexe constitua le déchirement intime et le soubassement probable de tous mes engagements ultérieurs : révolte contre le fait colonial très tôt perçu dans l’enfance, révolte contre l’enfermement religieux et communautariste, mais refoulement massif de l’acculturation qui me fit adhérer à une vision universaliste marxiste qui aurait aboli toutes les frontières. La levée dans l’analyse de ce refoulement sur le trauma de l’exil me fit d’ailleurs retourner sur les lieux de mon enfance pour en quelque sorte me confronter à la vérité subjective des constructions dans l’analyse, mais aussi à une perte irrémédiable. Il n’y aurait pas de retour possible, et au-delà de la douleur de ce sentiment, la conviction troublante du soulagement, du bonheur quasi inavouable de ce bannissement et de l’accès à la modernité. Le rêve explicite et souvent inavouable de nombre d’algériens, y compris de ceux qui ont partagé les combats anticoloniaux, mais envoient leurs enfants à l’étranger et en particulier en France dès qu’ils le peuvent.
Habiter cet exil intime, en faire autre chose que du dolorisme, sans pour autant dénier non plus la perte et la nostalgie inévitables, m’apparait aujourd’hui comme ce que nous pourrions mettre en partage au-delà de nos existences et de nos trajets particuliers.
Il y aurait une énergie que nous pouvons puiser dans le trauma historique comme subjectif, à condition de retourner la pulsion de mort contre elle-même, d’en faire autre chose que de la destructivité ou de la silenciation. A une époque j’ai appelé cette énergie, énergie du désespoir, et il est vrai qu’elle peut revêtir cette forme. Aujourd’hui je la pense protéiforme et bouillonnante, et quand je me retourne sur mon parcours dans la politique, la psychiatrie et la psychanalyse, je ne peux que prendre acte de cette énergie à l’œuvre dans ce que j’ai entrepris. C’est sans doute ce qui m’a permis de surmonter assez facilement le deuil du grand soir sans sombrer dans l’apolitisme et le cynisme désabusés ce ceux qui sont revenus de tout.
Construire l’utopie concrète d’une institution accueillant la folie, et ceci depuis plus de 30 ans suppose un au-delà de la révolte, ce qui ne signifie pas son extinction mais sa mise au travail, ainsi qu’un renoncement à toute idéologie de bonne promesse fut-elle fondée sur la psychanalyse. Car nous avons traversé aussi une époque où la psychanalyse ou plutôt son idéologie-le Psychanalysme (Robert Castel)- a tenu cette place dans les institutions.
J’en ai raconté récemment pour le colloque de l’AMPI (Association méditerranéenne de Psychothérapie Institutionnelle) un épisode fondateur que je vais me permettre de reprendre pour vous. J’étais alors animé de la foi du charbonnier dans l’antipsychiatrie, la rage de détruire l’asile, mais aussi de promouvoir des lieux d’accueil pour les patients. Déjà en analyse depuis plusieurs années, j’étais encore prisonnier d’un clivage et d’une idéalisation. Clivage entre la psychiatrie qui aurait été l’enjeu d’une lutte politique, et la psychanalyse en cabinet, pure de préférence. Je voudrais évoquer une fois de plus ce patient psychotique chronique, mon premier maitre en psychiatrie, que je croyais avoir libéré de ses chaines asilaires en le faisant sortir en appartement thérapeutique, et qui pourtant ne cessait de me demander le retour dans son « paradis perdu », puisque c’est ainsi qu’il appelait l’HP à mon grand désarroi. Il fallut qu’il insiste vraiment beaucoup et que son état s’aggrave fortement pour que j’accepte de le réhospitaliser pour un temps nécessaire. Le chèque d’1 million de dollars qu’il me donna alors, je ne cesse de l’encaisser psychiquement depuis ! J’eus d’abord une impression de sidération, que je traversais en m’écartant lentement mais irrémédiablement de l’idéologie du rejet destructeur de l’hospitalisation, comme de la conviction de l’absence de transfert analytique en dehors du cabinet du psychanalyste. Je rappelle que ces idées étaient alors dominantes et peut-être le sont-elles toujours aujourd’hui, quand bien même nous serions moins nombreux à nous soucier du transfert dans nos pratiques psychiatriques. Mais la Résistance de la psychanalyse à son propre déploiement persiste bien sûr comme l’avait finement analysé Derrida dans son livre Résistances de la Psychanalyse.
En tout cas cette perte, cette castration symbolique pour appeler les choses par leur nom, provoqua ce gain très particulier de me mettre au travail en m’inscrivant peu ou prou dans le mouvement de Psychothérapie Institutionnelle. Point besoin d’être analyste pour constater ce premier paradoxe fondateur d’une sorte de discours de la méthode qu’il nous faudrait garder comme principe directeur.

La psychose, ou plutôt le psychotique peut, à certaines conditions, être à la source de l’invention et de la création. Cela vaut pour le délire qui n’est rien d’autre si nous suivons le frayage freudien qu’une tentative de guérison. Que cette tentative puisse rater et amener le sujet en question à devoir chercher de l’aide est une autre question …
Ce qui me permet de revenir à cet « enseignement de la folie » titre d’un livre de François Tosquelles que je reprends comme un mot d’ordre. Soutenir cette proposition constitue un enjeu clinique, celui de se tenir au transfert, mais également un enjeu politique crucial, qui devrait nous dégager de la conception de la folie comme handicap et déficit, y compris déficit d’un signifiant des noms du père ! C’est d’ailleurs en cela que j’ai d’une certaine manière retrouvé en les remaniant les idéaux de l’antipsychiatrie. A condition de se sortir de la pente idéalisante et esthétisante de la folie, ce mouvement comme le surréalisme précédemment, avait fait valoir la vérité dont vient témoigner le psychotique à condition qu’il puisse trouver un lieu d’adresse ou-autre possibilité non contradictoire- qu’il puisse faire œuvre de son délire. Encore faut-il pouvoir l’aider à déchiffrer ce qui ne peut se dire et vient se montrer sur le mode d’une « définition ostensive ». Je reprends là le concept que Françoise Davoine a fait dériver de la logique de Wittgenstein, pour construire une clinique dynamique du transfert psychotique. Il me parait important de souligner la différence radicale de positionnement que Françoise Davoine, comme tous les thérapeutes de psychotiques, chacun à sa manière, fait opérer par rapport à une clinique psychiatrique ou psychanalytique qui resterait fondée sur l’objectivation du patient et de ses symptômes, comme dans les présentations de malades. Il est clair qu’une telle posture hors-transfert ne peut produire qu’une théorie édifiante qu’il s’agirait ensuite d’appliquer. Ce qui bien sûr s’avère impossible et provoque inévitablement de la déception. C’est tout l’enjeu d’une fétichisation de la « structure » qui en vient à récuser les progrès de la clinique. Comment ne pas trouver révoltante la critique itérative à chaque fois qu’un psychotique s’en sort, et que nous transmettons la réussite d’une psychothérapie analytique ? A chaque fois il se trouvera quelqu’un pour objecter que le patient ne devait pas être psychotique au départ et qu’il s’agissait d’une erreur diagnostique…
Il faudrait en quelque sorte que la clinique vérifie la théorie, alors que nous aurions à produire au contraire une théorisation à partir de l’expérience clinique et institutionnelle, expérience du transfert que l’on ne peut penser qu’en la traversant : c’est ce mouvement que je qualifierai d’itinéraire de formation.
Nécessairement nous allons nous heurter à toutes les vérités préétablies, à tous les préjugés et en premier lieu les nôtres, bien entendu ! Quelle surprise quand j’ai pu constater que des patients psychotiques pouvaient à certaines conditions transférentielles être supports de transfert pour d’autres patients ? Ou arriver à nouer des relations amoureuses et à engendrer sans pour autant se mettre à délirer ? Ce qui rencontre pourtant leurs zones de fragilité et les met à l’épreuve, un peu plus que les névrosés sans doute, sans pour autant rencontrer la fixité systématique d’une impossibilité de structure. Cela suppose de soutenir dans le Collectif et dans chaque thérapie la fonction phorique, pour reprendre le concept que Pierre Delion a proposé comme équivalent au holding winnicottien. Encore faut-il imaginer une première strate d’hospitalité inconditionnelle, celle dont parle Derrida à la suite de Levinas, une bejahung, une affirmation primordiale, qui ouvre un espace de possibilisation du transfert. Et que cet espace que je mets en rapport avec la « fabrique du pré » dont parle Oury dans Création et Schizophrénie soit un lieu dont la vivance soit sans cesse relancée.
Il est sensible dans le travail que nous faisons d’avoir la sensation de pratiquer de façon répétitive une véritable réanimation du Collectif. D’où l’épuisement parfois éprouvé puisque nous luttons contre les forces de mort et de silenciation que j’ai évoquées précédemment.
Des forces qu’on aurait tort d’attribuer seulement à la psychose des patients projetant sur les soignants leurs pulsions et affects destructeurs. Ce bombardement est indéniable, mais la vraie difficulté consiste à supporter et à traverser les forces d’anéantissement intrinsèques à tout Collectif.
Depuis que la Psychothérapie Institutionnelle existe, elle a pris acte de ces phénomènes et inventé des outils et des opérateurs concrets : groupes, réunions, travail de constellation, et surtout clubs thérapeutiques : autant d’espaces partagés où chacun se trouve invité à construire la vie quotidienne.
C’est ainsi que depuis 33 ans nous avons créé à Reims un Club thérapeutique fondé d’ailleurs avec ce patient dont j’ai parlé, et qui continue à accompagner nos initiatives à la mesure de ses possibilités vieillissantes. Le Club est le fil conducteur du Centre Antonin Artaud, et l’un des supports essentiels du service, d’abord dans l’ambulatoire, à une époque où la situation était verrouillée dans l’hôpital, puis peu à peu dans chacun des lieux d’accueil avec création d’un club fédérant les cinq clubs du service, la création d’un GEM articulé étroitement au club etc…
Nous touchons là un des points cruciaux de mon propos, car le simple acte d’articuler étroitement le GEM et les clubs constitue une transgression par rapport aux clivages administratifs en vigueur : les GEM reprennent le signifiant fondateur des clubs : « l’entraide mutuelle » mais ne doivent pas s’articuler à la fonction soignante. Ce qui est une absurdité ! C’est l’exemple même de la fragmentation d’espaces du néolibéralisme, de même que l’éclatement entre le soin et le médicosocial etc…
Si nous obéissions à de tels commandements, nous renforcerions le clivage et l’éclatement schizophrénique : tout le contraire du travail incessant de rassemblement que notre expérience nous enseigne pour prendre soin du psychotique ! Ce qui est une manière d’imager cet au-delà de la révolte en question : tenir le cap nécessaire à la pratique clinique, sans se soumettre à des impératifs absurdes. Encore faut-il que cette insoumission nécessaire trouve des lieux de métaphorisation et de mise en commun politique !
Sans doute faut-il que je vous parle pour conclure du climat, de l’ambiance subversive qui s’est créée depuis 5 ans. Il faut bien reconnaitre notre dette à l’égard de Nicolas Sarkozy dont le discours haineux a provoqué un sursaut chez certains dont j’étais, qui en sont venus à fonder le Collectif des 39 à l’initiative d’Hervé Bokobza , et un questionnement des patients à notre égard dans ces espaces partagés : clubs et surtout l’AG mensuelle du centre Artaud où nous construisons ensemble l’espace institutionnel. Un lieu où les patients peuvent mettre à l’épreuve la fiabilité de soignants à prendre réellement en compte leur parole, à mettre en acte leur dire et à ne pas « se payer de mots ». Le fait de ne pas se dérober, et même de s’offrir à la discussion, malgré quelquefois l’envahissement du délire de chacun, nous a permis d’accueillir une demande que je n’aurais probablement pas pu supporter auparavant. Les patients ont demandé à venir aux mobilisations des 39, aux meetings où ils ont pris la parole. Quelquefois de façon brillante, toujours de façon sensible émouvante et courageuse. Vous savez que dans ce mouvement ils en sont venus pour quelques-uns à créer une association indépendante « HUMAPSY » qui se réunit régulièrement, est invitée à faire des conférences dans IRTS, des facs de psycho, autrement dit dans une position de formateurs pour des soignants etc… Vous pourrez trouver leur blog sur internet. Ils défendent leur point de vue, et très logiquement la Psychothérapie Institutionnelle et la psychanalyse puisqu’ils en ont fait l’expérience, et sont nos meilleurs ambassadeurs auprès des autres soignants, et des collectifs de patients qui étaient jusqu’alors résolument hostiles à la psychiatrie et à la psychanalyse. Nous sommes au contraire maintenant dans un rassemblement inédit lors des auditions à l’Assemblée nationale et au Sénat…
Cette émergence me parait bien sûr tributaire du transfert, des transferts multiples, mais aussi des franchissements de frontières qui jusqu’alors paraissaient infranchissables. Il n’est pas simple du tout de créer des lieux de combats partagés qui ne dénient pas pour autant les liens complexes de transfert et d’amitié. Chacun se trouve poussé hors de ses retranchements, ce qui peut être angoissant pour les thérapeutes, quelquefois utilisés comme moi auxiliaire, et bien souvent malmenés dans des situations limites, mais aussi pour les patients qui utilisent des sortes d’extension du transfert pour se recréer des espaces habitables, en combattant un monde qui les exclue à tous points de vue. Il est très émouvant de constater qu’ils revendiquent alors cette part d’humanité qui leur est déniée et que leur révolte prend alors les chemins inédits de la subversion des mots et des représentations. Chaque année nous préparons ainsi avec eux, dans le cadre d’une réunion hebdomadaire, la bien-pensante semaine de santé mentale rebaptisée « semaine de la folie ordinaire». L’ensemble négocié pied à pied avec les officiels, donnant lieu chaque année à une célébration festive, joyeuse et émouvante où les prises de parole, les sketches drolatiques, et les discours politiques s’entrecroisent pour un public d’amis et de proches. Ces franchissements sensibles s’effectuent et construisent ainsi une sorte d’accumulation d’expériences collectives et singulières, dans la construction d’une contre-culture s’affirmant dans le monde.
Je n’en prône pas pour autant l’euphorie du collectif et l’abolition naïve des frontières, mais bien plutôt la posture revendiquée de se situer à la frontière comme passeurs et contrebandiers. Dans le contexte de plus en plus difficile que nous connaissons d’hypercontrôle et de certification, d’aliénation massive aux protocoles qui sévissent de partout, je remarque que notre travail n’a jamais été aussi vivant. Cela ne signifie aucunement la trouvaille mensongère d’une harmonie, mais l’efficace de la méthode analytique, celle de la Psychothérapie Institutionnelle qui en est tributaire, et la nécessité de la confiance dans le transfert pour surmonter les moments de crise inévitables, les passages à l’acte que nous tentons d’accueillir pour qu’ils deviennent des acting out…

Je suis persuadé que cette méthode clinique et cette éthique s’effondreraient rapidement sans cette posture insurgée et militante qui a construit la psychiatrie pendant la seconde guerre mondiale, le moment politique de St Alban, et qui aura été le ferment de toutes les créations institutionnelles et transférentielles que l’Etat néolibéral veut enterrer aujourd’hui parce qu’elles vont à l’encontre de sa logique biopolitique.
Encore s’agit-il de la transmettre, et de former dans et par le transfert les jeunes qui arrivent et se risquent à la rencontre. Cela suppose une volonté, une construction de dispositifs de formation, par exemple les stages que nous avons développé au Centre Artaud, mais en premier lieu un dessaisissement pour laisser la possibilité d’une réappropriation qui pourra en passer par des moments d’opposition créative qu’il s’agira d’accueillir et de dialectiser.
Cela suppose aussi des lieux de métaphorisation dont ce colloque pourrait être partie prenante, pour donner support à une transmission qui ne saurait se passer de la fondation freudienne, mais devrait en même temps récuser le culte des ancêtres idolâtrés et retrouver enfin les chemins toujours inédits d’une confrontation au Politique.
Patrick Chemla

> AUDITION des 39 au SENAT le 9 SEPTEMBRE 2013

NOTES POUR L’AUDITION AU SENAT DU 9 SEPTEMBRE

Je vous remercie au nom du Collectif des 39 de nous auditionner dans le cadre de la révision de la loi du 5 juillet 2011. Nous allons d’une certaine manière vous redire ce que nous avions avancé lorsque monsieur Denys Robillard nous avait auditionné le 9 Juillet dernier avant que son rapport d’étape soit soumis à la discussion parlementaire.

D’entrée de jeu, 2 points :

Il eut mieux valu abroger carrément une loi scélérate que de vouloir l’amender

En même temps nous ne pouvons que saluer le très important travail mené par la commission parlementaire menée par Denys Robillard qui a été réellement à l’écoute des acteurs de terrain : des psychiatres, mais aussi des usagers : familles et patients ; cela pour aboutir à un compromis qu’il considérait lui-même comme provisoire.
Ce compromis voudrait en quelque sorte adoucir le sécuritaire par la médicalisation. Ce qui nous fait aboutir à des paradoxes logiques et très concrets comme les soins sous contrainte en ambulatoire, rebaptisés entre temps programmes de soins. Et qui sont le cœur même de la loi du 5 Juillet. C’est en généralisant l’espace de la contrainte que cette loi nous a paru scandaleuse quand elle fut promulguée et cet aspect demeure dans l’actuel projet.
Il eut mieux valu procéder à une abrogation préalable comme promis avant les présidentielles, pour repenser une nouvelle loi cadre sur la psychiatrie qui aurait commencé par affirmer la primauté des soins libres, et qui aurait réaffirmé et réactualisé la politique de Secteur.
Et même dans le projet actuel, il ne semble pas suffisant d’affirmer que le reste des enjeux de la psychiatrie sera envisagé plus tard ! Il faudrait insister d’emblée sur une politique incitative qui fasse de la contrainte une exception, alors que nous savons que les mesures d’internement n’ont cessé d’augmenter de façon exponentielle avant même la loi du 5 Juillet !
Même si nous manquons de chiffres, nous savons que dans le même établissement les mesures de contrainte aux soins peuvent varier de 1 à 10.
Et que certains multiplient les programmes de soins alors que d’autres dont je fais partie n’en ont aucunement besoin, bien au contraire pour promouvoir des soins libres !
Il s’agirait d’inverser cette tendance lourde et rétrograde pour promouvoir une psychiatrie fondée sur l’accueil et l’hospitalité, recherchant la confiance entre patients, soignants et familles.
A quoi servent ces soins sous contrainte en ambulatoire, qui ne peuvent désormais plus être exécutés de force, et qui nécessitent une relance complète de l’hospitalisation sous contrainte en cas de refus, comme l’a rappelé le Conseil Constitutionnel ?
– A rassurer de façon illusoire les familles qui vont croire que leur proche sera ainsi soigné par des équipes placées sous contrainte de la loi ?
-A rassurer des équipes qui voudraient faire l’économie d’un travail de construction d’un espace de confiance préalable à toute possibilité de thérapeutique ?
-A continuer à faire peur à des patients récalcitrants qui refuseraient de prendre leur traitement ?
Nous le réaffirmons avec insistance : ce sont là de très mauvaises raisons, et il vaudrait mieux purement et simplement abolir ces mesures : un internement peut se faire sous la contrainte, pas un soin psychique !
Il eut mieux valu maintenir les termes de « placement » comme Denys Robillard l’avait préalablement envisagé « pour appeler un chat un chat », et réserver le terme de soin à un registre contractuel, négocié et renégocié autant que de besoin tout au long d’une prise en charge.
Cela constitue le quotidien de nombreuses équipes qui se passent de tout « programme de soins », ou qui ne les utilisent que dans les très rares situations cliniques que la loi de 90 encadrait déjà en terme de sorties à l’essai. Pourquoi réintroduire ces sorties à l’essai pour les limiter à seulement 48 H ? Nous pourrions évoquer les longs week-ends et tenter de négocier leur durée, mais surtout imaginer qu’elles pourraient venir en lieu et place des programmes de soins qui n’introduisent que de la confusion et une sécurité illusoire.
Ainsi l’hôpital retrouverait une fonction contenante dans le bon sens de ce terme , à charge pour des équipes relancées par le législateur de faire que ces lieux d’hospitalisation retrouvent ou réinventent leur fonction thérapeutique, sans laisser croire à une pseudo accélération de la « guérison » par la mise en isolement, la contention et l’administration de traitements à forte doses sans cesse présentés comme des panacées ou pire des avancées de la science !
Le tout à marche forcée aboutissant à rejeter de l’hôpital et souvent sans concertation avec les proches des patients gavés de traitements qu’ils s’empressent de rejeter.
Nous l’avons déjà dit à Denys Robillard : ces pratiques barbares ne cessent de progresser dans les établissements (enfermement et contention) et leur protocolisation ne fait malheureusement que les cautionner !
Du coup l’hospitalisation devient l’exact contraire d’un temps fort quelquefois nécessaire pour qu’un patient puisse se rassembler, réduire les excès de son délire quand celui-ci l’empêche de vivre, et se préparer à la sortie avec le soutien d’une équipe ambulatoire. Puisque c’est dans l’ambulatoire et l’espace de la cité que des soins peuvent être prodigués au long cours lorsqu’ils sont nécessaires et négociés entre les uns et les autres.
Et que ces soins libres devraient constituer la base même d’une politique de secteur à refonder dans un contexte difficile.
En conséquence, à défaut d’une abrogation pure et simple de la loi du 5 juillet, nous demandons la suppression pure et simple des soins sans consentement en ambulatoire pour les remplacer par des sorties à l’essai qui devraient rester marginales et permettre la réinsertion dans la cité.
Un tel changement ne prendrait de valeur qu’à la faveur d’une relance politique d’une psychiatrie fondée sur l’accueil et des valeurs humanistes de solidarité.
Cette politique pourrait aussi se fonder sur les nouvelles convergences qui ont pu se construire entre des collectifs d’usagers, de familles et de soignants qui ont trouvé récemment, les 31 mai et 1° juin, l’expression de leur rassemblement massif dans les Assises citoyennes pour l’hospitalité en psychiatrie et dans le médicosocial appelées par le Collectif des 39.

Pour le Collectif des 39
Dr Patrick Chemla
Psychiatre chef de pôle Reims, Centre de jour Antonin Artaud

Intervention lors de l’audition de la commission des affaires sociales du Sénat le 9 septembre 2013 (Serge Klopp)

Dès 2010 nous nous sommes opposés au projet de révision de la loi de 1990
Notamment en ce qui concernait le projet liberticide des soins ambulatoires sous contrainte.
Certes, certaines dérives du régime des sorties d’essai posaient question. C’est la raison pour laquelle, certaines associations d’usagers étaient favorable à la révision de la loi de 1990.
Mais cela ne justifiait pas l’instauration de cette extension liberticide de l’internement.
Je rappelle qu’en 2011, l’ensemble des parlementaires de gauche se sont opposés à ce projet en le qualifiant expressément de « sécuritaire » et de « liberticide ».
D’autant que cette forme de contrainte, non seulement échappe au contrôle du JLD, mais en plus entraîne chez les soignants une banalisation de l’internement – fut-il à domicile.
Nous parlons d’internement, parce qu’il s’agit bien d’une mesure de droit d’exception entraînant une privation de certains droits fondamentaux, qui ne dit plus son nom.

Etant donné que les sorties et permissions d’essai sont réintroduites dans le projet actuel, et de ce fait soumises au contrôle du JLD, nous considérons qu’il n’y a plus lieu de maintenir les soins ambulatoires sous contraintes. C’est pourquoi nous proposons leur abrogation.
Ce qui remettrai l’accent sur le caractère d’exception de ces mesures.

Au-delà se pose la question plus globale des enjeux politiques de la psychiatrie.
Certes, les politiques n’ont pas à définir les bonnes pratiques en psychiatrie. Mais la définition des missions et du soin en psychiatrie les concerne.
La psychiatrie n’aurait-elle pour mission que de traiter des troubles et des symptômes (comme le préconisaient les rapports Cléry Mélin en 2003 et Couty en 2009), ou de normaliser et contrôler les populations ?
La psychiatrie n’a-t-elle pas, avant tout, à soulager la souffrance d’un sujet ? Ce qui implique une clinique qui repose sur la relation et la confiance. Ce qui se construit avec la personne.

Or la banalisation de la contrainte vient structurer une culture soignante, où ce n’est plus au soignant de faire l’effort d’aller vers le patient et d’établir un lien thérapeutique de confiance. Puisque le patient est obligé de venir. Les soignants considérant dans ce cas là que cela suffit !
Maintenir les soins ambulatoires sous contrainte et leur banalisation revient donc à définir la psychiatrie avant tout comme outil de contrôle et non comme système de soins chargé de soulager la souffrance de nos concitoyens.
Nous récusons cette conception et c’est pourquoi nous insistons sur la nécessité de l’instauration d’une grande loi sanitaire redéfinissant les missions humanistes de la psychiatrie.

> Regards croisés sur la loi du 5 juillet 2011

Vendredi 4 octobre 2013
Centre équestre « Les Cavaliers du Pays Cathare » à Magrin (81) 20 heures

RESPECTER LES DROITS, CONTROLER, JUGER, CONTRAINDRE …PSYCHIATRIE SOUS SURVEILLANCE ?

« Le fou n’est coupable de rien. La folie n’est pas une infraction » Serge PORTELLI
La loi du 5 juillet 2011 s’inscrit dans un contexte sécuritaire et une politique illusoire du risque zéro qui conduit à faire du soin psychiatrique un outil au service de l’ordre public et de la sécurité.
Cela rend de fait, le soignant acteur et comptable de cette mission.
Prévenir, protéger, soigner sont-ils des concepts dépassés ?

Comment analyser la loi du 5 juillet 2011 réformant les modalités d’hospitalisations sans consentement en psychiatrie ?

Que penser de la judiciarisation des patients ? De la psychiatrisation de la justice ?
Quel bilan peut-on dresser de l’intervention du Juge des Libertés et de la Détention, du respect des droits des patients, des convocations au tribunal, des possibles amalgames folie/délinquance ou encore des programmes de soin, des soins contraints à domicile…

Quelles répercussions sur les patients, les familles et les équipes concernées ?
La Psychiatrie n’est pas là pour surveiller ou contrôler, elle est là pour prendre soin.
Mais alors quel rôle et quelle place pour la justice ?
Dans le cadre de la contrainte aux soins psychiatriques, comment concevoir, imaginer, mettre en œuvre cette dualité Psychiatrie/ Justice. Une fusion, une union ! Pour le meilleur…

Nous vous proposons ce soir un débat intitulé : « Regards croisés sur la loi du 5 juillet 2011 »

Avec la participation de Serge PORTELLI , Président de chambre à la Cour d’Appel de Versailles
et Thierry NAJMAN, Psychiatre, Psychanalyste, Chef de Pôle.

06 87 28 08 05 Mail : lespsycausent@gmail.com
Site: http://lespsy-causent.over-blog.fr/
Entrée libre – PS : Les plats ou boissons que tu apporteras seront partagés…avec justice et sans contrainte !

> La psychiatrie en contrebande

Pourparlers en Picardie et l’ICSMP vous invitent à une rencontre avec

Patrick Chemla

Psychiatre, Psychanalyste, Chef de service au Centre Antonin Artaud à Reims, Membre du Collectif des 39,
Auteur de Expériences de la folie, Erès 2010, La fabrique du soin, Erès 2012, etc

La psychiatrie en contrebande

Le mercredi 25 septembre 2013 à 20 h 30
Amphi Jean Cavaillès, 3 place Dewailly, 80000 Amiens

Il sera ici question d’une certaine psychiatrie, qui, prenant appui sur la psychanalyse, a inventé depuis la 2°
guerre mondiale la Psychothérapie Institutionnelle et le Secteur.
Cette psychiatrie recouvre un ensemble hétérogène qu’il est difficile de nommer, en tout cas pour le
moment. Entre la destruction de l’ordre asilaire ancien produisant le mouvement du Secteur et le lent déclin
des pratiques respectueuses de l’humain, nous avons traversé le plus souvent à notre insu une période
politique qu’il nous faudra caractériser : régression ? Ou marche en avant d’un néolibéralisme articulé avec
toutes les techniques d’instrumentalisation de l’humain ?
Dans cette situation la psychiatrie est redevenue un enjeu politique crucial, mettant en évidence et
condensant tous les processus de destruction des collectifs, de ravalement de l’éthique et de formatage des
subjectivités.
La question peut se poser en termes de résistance, qu’il faudrait articuler avec la construction de lieux de
production d’une contre-culture, où d’autres rapports sociaux s’inventent entre patients et soignants, où une
autre langue se dégage des enjeux de la production marchande et de la démarche qualité.
Nous avons besoin dans ce contexte d’un incessant mouvement de rassemblement de tous ceux qui se
refusent à cette « Nouvelle raison du Monde » (cf Dardot et Laval). Il est également certain que sur le
terrain, dans les institutions, la praxis politique et clinique en passe déjà par l’usage de la ruse (la metis
d’Ulysse) pour tenir bon et transmettre l’essentiel : l’ambiance, le souci de l’autre, l’humour, l’hospitalité au
tout autre et à l’énigme du désir inconscient.

Soirée co-organisée par l’Association Pourparlers en Picardie, 93 rue Vulfran Warmé,80000 Amiens et l’Institut Collégial pour la santé mentale en Picardie (ICSMP), hôpital de jour la Marelle, 18 boulevard Carnot, 80000 AMIENS.

Contact et infos :
jeanwattiau@gmail.com
contact@icsmp.fr
http://pourparlersenpicardie.jimdo.com/
http://www.icsmp.fr/
Entrée gratuite pour les adhérents Pourparlers en Picardie et ICSMP
Non adhérents : entrée 5 euros (tarif plein) /ou 3 euros (étudiants ou demandeurs d’emploi).

Le collectif est à Jazz in Marciac

AVEC LA LIGUE DE L’ENSEIGNEMENT DU GERS ET LES 39
Dimanche 4 août 2013
à 14h30

Salle des arènes
(Chemin de ronde, à proximité des arènes)

Projection-débat

organisé par le Collectif des 39

« Création artistique et soins psychique, est-ce encore possible ? »

Projection du film

« Le dernier voyage de l’Arbre Rose »

de Philippe Borel et Suzanne Allant

24 min

* * *

Ce film est un témoignage de l’atelier d’expression libre « l’Arbre Rose » qui après 35 ans d’existence a du fermer ses portes en décembre dernier.

A l’heure où la santé mentale est médicalisée et où les hôpitaux ont d’autres priorité, comment réagir quant eu devenir incertain des ateliers d’expression intra-hospitaliers, qui ferment les uns après les autres au départ en retraite de leurs animateurs .

Débat en présence de Jean-Bernard Couzinet, plasticien ; animé par Simone Molina, psychanalyste et Sylvie Prieur, psychologue clinicienne, membre du collectif des 39.

Lundi 5 août 2013
à 14h30

Au Cinéma
(place du Chevalier d’Antras)

Projection-débat

organisé par le Collectif des 39

« Où en est l’accueil en psychiatrie ?»

« 15 jours ailleurs »

Réalisation Didier BIVEL, Productrice Elisabeth ARNAC

Acteurs : Didier BOURDON, Judith CHEMLA, Agathe DRONN, Bernard VERLEY

Laurent BATEAU, Camille PANONACLE

90 min

* * *

Vincent fait un burn out au bureau. Il est hospitalisé « sous contrainte » par sa femme en unité psychiatrique. Lors de ce séjour, Vincent se lie d’amitié avec une jeune psychotique, Hélène, qui veut absolument sortir pour revoir son enfant. Elle convainc Vincent de fuguer avec elle.

Ce court voyage va les amener au delà de leur destination.

Débat en présence de la productrice, Elisabeth Arnac, animé par Paul Machto, psychiatre, membre du collectif des 39 et un représentant de l’UNAFAM

Mardi 6 août 2013
à 14h30

Salle des arènes
(Chemin de ronde, à proximité des arènes)

Projection-débat

organisé par le Collectif des 39

« Un parcours singulier en psychiatrie, un exemple africain »

Projection du film

« Les enchaînés»

réalisé par Alexis Duclos

* * *

En Afrique, une réalité existe à propos des malades mentaux : trop nombreux d’entre eux sont « condamnés » à l’errance ou à être enchaînés parfois pendant longtemps faute de lieux de soins et de soignants.

Ce film retrace le parcours d’un homme qui, après avoir lui même traversé une période de désarroi, s’est révolté contre cette situation et s’est engagé pour développer un accueil humain et des soins dignes. Sans aucune formation il a œuvré avec d’autres pour créer des centres de soins en Côte d’Ivoire et au Benin.

Cela pose des questions très actuelles qui concernent aussi la situation française où l’on assiste au retour des pratiques de contention. Quel accueil pour la folie ? Quelle implication et quelles alliances possible entre professionnels, les usagers et leurs familles ? C’est aussi une question centrale qui concerne une société dans son ensemble : quelle place pour l’humain, dans notre monde actuel ?

Débat animé par Bénédicte Maurin, éducatrice et Philippe Bichon, psychiatre, membre du collectif des 39

Notez aussi que le mardi 6 août à 18 h -la pièce de Rosemonde Cathala à la salle des fêtes, Gerschwin, l’esprit du Jazz, à propos de Thélonious Monk. Il y aura un quartet qui jouera la musique créée par Emile Parisien.

« L’ESPRIT DU JAZZ – GERSHWIN » 3 au 10 AOUT

Une rencontre inédite entre Thelonious Monk et Louis Armstrong autour d’un enregistrement devenu célèbre : « The man I love » dans la chanson de Gershwin avec Miles Davis. Pour Monk, ce jour là Miles a tué le plus grand moment du Jazz en brisant son solo. Il n’a pas compris que Monk allait atteindre le son pur juste après le silence… Créé en 2008 à Jazz In Marciac, ce spectacle revient cette année dans une ultime version ! (conseillé à partir de 12 ans) Spectacle théâtral et musical (publié aux ed. E.T.G.S.O. vol.13 : www.etgso.com/)