Archives pour la catégorie Rencontres

PROGRAMME DU MEETING du 16 Octobre 2016

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ENFANCE EFFACÉE ..? RÉSISTER, INVENTER 

MEETING POÉTIQUE ET POLITIQUE

organisé par le groupe  Enfance du Collectif des 39

Dimanche 16 octobre 2016 de 9h à 18h

à  la PAROLE ERRANTE à Montreuil, 9 rue François Debergue,

M° Croix de Chavaux

Interventions poétiques et artistiques tout au long de la journée avec Hélène Bouchaud (actrice), Aurélien Chaussade (acteur),                     Martine Irzenski (actrice), Tolten (rimailleur) Continuer la lecture de PROGRAMME DU MEETING du 16 Octobre 2016

« ON NE PEUT PAS PARLER D’AMOUR DANS UNE LANGUE MORTE »

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« ON NE PEUT PAS PARLER D’AMOUR DANS UNE LANGUE MORTE »

Psychose, transfert et institution

Prochaine rencontre

Vendredi 5 février 2016 – Mairie de Magrin (81) 19h 30        
Avec la participation de Patrick Faugeras, psychanalyste   

« Je ne me souviens pas de mon avenir » dit-elle, avant de se reprendre et de corriger avec, à la fois, lassitude et empressement : « heu…de mon passé. » Du bout des doigts, elle effleure légèrement soucieuse le bord de ses lèvres comme pour retenir les mots qu’une bouche indisciplinée peine à contraindre…

…Vacarme ou bruissement, un fond chiné de mots d’ordre, double et accompagne ses gestes quotidiens, les commente ou les déprécie, la juge et la condamne.                                                                                                                  De multiples voix, aigües et menaçantes, blessent, dès sa naissance, la moindre pensée, suspendent le plus léger mouvement qu’aucune nécessité n’exige, annulent la promesse du plus modeste des plaisirs. Continuer la lecture de « ON NE PEUT PAS PARLER D’AMOUR DANS UNE LANGUE MORTE »

> COLLOQUE AU SENAT 9/09/2015 – COMPLET

Il n’y a pas de places pour cet après-midi. C’est une rencontre pour s’adresser aux sénateurs et parlementaires dans le cadre de la loi qui est discutée. Ce n’est pas un meeting.  Nous rendrons compte au plus vite et des textes des interventions seront mis sur le site , vous pourrez ainsi en prendre connaissance.

COLLOQUE AU SENAT

                                                                             » 39 ALERTE »

                                                                                      Salle Gaston Monnerville

                                                                                         Mercredi 9 septembre 2015

 ORGANISÉ PAR LE COLLECTIF DES 39,

en collaboration avec

L’association HUMAPSY ET le Collectif LE FIL CONDUCTEUR

sous le parrainage de Madame Aline ARCHIMBAUD

Sénatrice de Seine Saint Denis.

13h30  – Accueil

13H45  – Introduction : Philippe Bichon, Psychiatre, (Cour-Cheverny)

14H – Alerte : un enfant risque de ne plus être soigné ?  

Nous voulons alerter les élus sur la dégradation progressive de l’accueil et de la prise en charge de la souffrance psychique des enfants. Comment et pourquoi la sur-médication croissante ? Comment et pourquoi la généralisation du handicap ? Comment et pourquoi la destruction des structures de soin ? Comment et pourquoi la sur-administration des méthodes de soins elles-mêmes ?

Animé par Philippe Rassat, Pédopsychiatre, (Cognac 16-Mussidan 24) avec Sandrine Deloche, Pédopsychiatre, (Paris), Carlos Parada, Pédopsychiatre (Fontenay sous bois),  François Gonon, Neurobiologiste, directeur de recherche émérite CNRS (Bordeaux)Mireille Battut, Présidente de l’association La main à l’oreille (Paris)

15H15 Pour l’hospitalité de la folie, non à la contention !

Comment lutter contre la banalisation des pratiques de contention ? De quoi sont-elles le signe ? Quelles propositions et quelles alternatives sont à soutenir en solidarité avec les équipes soignantes pour construire une autre psychiatrie accueillante pour la folie ?

Animé par Alexandra de Seguin, Psychiatre ( Longjumeau 91), avec Hervé Bokobza, Psychiatre ( Montpellier ) Christian Lamotte, membre du Collectif Le Fil Conducteur, Thierry Najman, Psychiatre, chef de pôle (Moisselles 95),  Guy Dana, Psychiatre- Psychanalyste, chef de service (Longjumeau 91), Serge Klopp, Cadre de santé (Neuilly sur Marne 93), Yves Gigou, Cadre Infirmier, 94, Jacques Mairesse,Psychiatre (Paris), Dominique Besnard, Psychologue Clinicien, (Quimper), Un membre  de l’association HumaPsy

16H30     Quels espaces citoyens pour les patients dans les établissements du sanitaire et du médicosocial ?

La discontinuité des soins et des accompagnements, la rupture de l’alliance thérapeutique sont-elles les causes de la contrainte et de la contention abusive ? D’autres alternatives sont possibles si on garde des secteurs de taille humaine avec une place possible pour les associations ouvertes à la parole des patients et des soignants.

Animé par Paul Machto Psychiatre – Psychanalyste (Montfermeil 93), avec Victoire Mabit, Membre du Collectif Le Fil Conducteur, Jean-Michel de Chaise Martin, Psychiatre, Chef de service (Landerneau 29), Matthieu Dissert, Président de l’association HumaPsy,  Patrick Chemla, Psychiatre – Psychanalyste, Chef de service, (Reims)

 17H45 – Conclusion :  Hervé Bokobza, Psychiatre (Montpellier)

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> St ALBAN suite

Association-culturelle-St-alban-C-7f6a1b9e5bb981210444bb19475f4ab7St Alban suite…ça sonne comme un thème de jazz, l’époque que nous vivons doit nous imposer des improvisations.

Le texte de l allocution de Celine Pascual à St Alban (juin 2015)

Elle donne le ton des journées qui ont été d une grande qualité avec des équipes qui dans leurs interventions  ont montre leur créativité  leur inventivité malgré des réalités parfois très difficiles.

« Le sommeil des hommes est plus sacré que la vie pour les pestiférés. On ne doit pas empêcher les braves gens de dormir. Il y faudrait du mauvais goût, et le goût consiste à ne pas insister, tout le monde sait ça… Le mauvais goût m’est resté dans la bouche et je n’ai pas cessé d’insister, c’est-à-dire d’y penser. »

C’est donc sur ces mots extraits de « La peste » d’Albert Camus que l’Association Culturelle du Personnel de St Alban vous souhaite la bienvenue.

Bienvenue donc, à vous qui ne faites pas l’économie de votre pensée,

A vous, qui considérez que la participation au débat public est une activité sérieuse,

A vous, qui savez que les victoires ne sont que provisoires, mais qui ne cessez lutter pour autant,

A vous, qui parfois les yeux baissés et l’œil si ennuyé, avez l’impression d’être dans une salle d’attente,

A vous qui pensez tout comme nous que la vie associative reste un des remparts les plus sûr contre l’uniformisation.

Bienvenue à vous tous.

François Tosquelles dans « Le travail thérapeutique en psychiatrie » nous disait déjà qu’ « il est toutefois prudent de ne pas trop se faire d’illusion sur l’histoire, compte tenu de la tendance que nous avons tous à faire bonne mine devant toute suggestion concernant les paradis perdus ».

Tout ceci ne nous empêche pas de puiser dans l’histoire les ressources suffisantes pour éclairer notre présent.

Car nous avons bien conscience de l’impact, du côté irréversible de cette histoire qui a commencé ici, de cette expérience singulière qui a transformé le monde de la psychiatrie française et de la vie asilaire, en nouant d’une part, une certaine conception de la folie « en tant que phénomène humain » (F.T) et d’autre part, l’analyse du traitement social qui lui est réservé.

Le traitement institutionnel des psychoses qui voit alors le jour, les effets et conséquences qui s’en suivent, constituent à ce jour un outil thérapeutique d’une grande pertinence.

Cet échafaudage d’une grande complexité, dont nous ne pourrions répertorier toutes les inventions, les avancées théoriques, l’ambiance effervescente de ce souffle novateur qui a pris le nom de psychothérapie institutionnelle, et qui aujourd’hui, ici, est démonté.

Car à St Alban, c’est un formidable travail d’oubli qui s’est opéré, ce qui n’est pas sans poser un certain nombre de questions … que nous laisserons pour l’instant sous forme de suspension…

Trèves de bavardage, nous ne sommes pas là pour pleurer sur ce qui a disparu, mais plutôt regarder ce qui apparaît.

Cela fait des années que nous taisons cette énormité insidieuse et vérifions que la porte soit bien fermée pour l’empêcher de se répandre dans les couloirs. C’est sans concession que nous disons qu’il est plus facile de mettre l’accent sur la résistance pour masquer la honte de la collaboration. A examiner les soins sous le même angle que les statistiques, nous acceptons maintenant la confusion.

Nous avons adopté le langage de tout le monde : « combien de patients ?…, quel budget ?…, combien de personnel ?…, y’a un médecin chez vous ? »

Cette organisation rationnelle, managériale est aussi appelée : modernisation de la psychiatrie et du soin… psychiatrie spécialisée.

Tellement spécialisée qu’à St Alban, c’est en rondelle de symptôme que nous découpons le sujet, pour mieux le disséquer, formule estampillée modèle scientifique, qui rappelons-le ne prévaut que parce qu’il est reproductible, pour ne pas dire répétitif…

Tellement spécialisée que la camisole chimique semble la seule réponse possible, y compris pour certains enfants.

Tellement spécialisée que nous excluons le fou par le biais des courts séjours sans ancrage possible dans le passé ou l’avenir, mais aussi par le biais de la mise en place d’un soin très éloigné de ceux développés à l’intention des états psychotiques, notamment en CMP, où la rue, les associations de réinsertion, voire la prison deviennent refuge.

Tellement spécialisée que les patients sont ouvertement sélectionnés, triés en fonction de leur âge, de leur pathologie, de leurs symptômes… Il y a comme une odeur nauséabonde, un relent d’écœurement.

Pour les « agités », c’est la chambre d’isolement, dite chambre d’apaisement ou direct en UMD. Ces personnes peuvent aussi avoir droit à des séjours de rupture à « La maison des sources » (établissement temporaire d’accueil et d’urgence appartenant au Clos du Nid).

C’est dans ce va et vient incessant, lancinant que l’obscène s’installe…

Cette modernité répond à un certain nombre de critères de rentabilité.

St Alban doit maintenir voire améliorer son taux d’activité, tout en devant réaliser une performance financière : 900 000 euros d’économie pour la seule année 2015(des éclaircissements ont été demandés par le conseil de surveillance).

Mais pris en otage par cet « endettement », l’hôpital doit dégorger du « cash » ; et le « cash » aujourd’hui, pour un hôpital psychiatrique c’est les soignants : non renouvellement des départs à la retraite, récupération de 23 équivalents temps pleins…

L’équation est simple : diminuer le nombre d’employés, amoindrir les dépenses et donc augmenter le profit.

Dans cet hôpital psychiatrique, « entreprise comme les autres », les soignants ne sont que des pantins de dernier recours, l’équation d’une transaction ponctuelle d’humain.

Colmater le manque, remplir le vide, mutualiser les moyens humains, comprimer les effectifs, ce qui ne stoppe en rien l’hémorragie, mais qui sous l’égide de l’économie financière donne une impression d’unité.

Cette impression d’unité nous conduit à un consentement impensé, une acceptation du monde tel qu’il est, sans horizon ni extériorité.

D’autant plus que notre département ne facilite en rien cette politique… Petit extrait du quotidien : ici, c’est en temps que nous évaluons les distances kilométriques,

–        Marvejols à 35 min de St Alban

–        Florac à 1h30 de St Alban

–        Langogne à 1h de St Alban

–        St Chély à 16 min de St Alban

–        Mende à 45 min de St Alban.

Une sorte d’inertie structurelle s’en dégage.

Cette unité se transforme aussi en amas uniforme, conforme et concentré dans lesquels on piétine à défaut de se rencontrer ; c’est l’éclosion de nouveaux bâtiments à l’architecture entassée, voire grillagée.

Nous nous installons dans le présent, évinçant toute mémoire, écartant tout espoir. Bien loin de l’idée de Tosquelles que « Lorsque nous avons l’impression de voir loin, c’est que nous sommes assis sur les épaules de nos pères ».

C’est à l’apogée de « l’instant » que nous avons à faire.

Nous sommes dans l’ici, le maintenant, le tout de suite… Véritable colonisation de l’institution de soin.

Le temps semble aux mains d’un Chronos pressé, qui s’infiltre dans toutes les strates, où nous recevons des demandes de consultation afin de traiter rapidement des problématiques singulières, familiales, parfois bien complexes.

Nous sommes comme impatient de notre présent.

Nous avançons à l’aveugle avec pour directive de conduire des entretiens, de conduire des ateliers thérapeutiques, de gérer des patients, d’évaluer les risques… Entassement de protocoles et de personnes, sans aucun travail de continuité.

Ce n’est peut-être pas un diplôme que nous aurions dû passer, mais un permis.

Permis d’oublier que nous avions quelqu’un en face de nous !

Nous nous trouvons bel et bien dans une logique commune, un modèle paradoxal où tout se trouve standardisé, nous sommes dans le « tout normé », il faut « séquencer » les opérations de travail tout en proposant un service exclusif devant respecter la singularité de chacun.

Nous sommes dans l’antichambre de notre propre liquidation.

C’est la fabrique d’individus dépourvus, sans opinion et interchangeables, commençant à s’emplir d’indifférence.

C’est un désenchantement qui suit le cours de la passivité ; un décharnement qui brise nos entrailles de soignants.

Exacerbation du sentiment de notre impuissance la plus grande, sous une pluie d’injonctions verticales et intempestives, auxquelles nous ne pouvons réchapper, auxquelles nous réagissons parfois, souvent de manière parfaitement prévisible.

Ce modèle rend les hommes superflus, appartenant ainsi à une humanité indistincte… On élimine l’individu au profit de l’espèce comme dirait Hannah Arendt.

Nous sommes alors en proie à une réelle solitude intellectuelle, c’est la situation du soignant réduit à une dimension de producteur, qui n’a plus la capacité de s’adresser aux autres et qui n’intéresse plus personne.

Les hommes ainsi isolés, sont sans pouvoir ; et l’isolement a un sens politique.

Mais à l’heure où la politique n’est plus que travail de spécialistes, où chacun se contente d’alimenter dans son coin cette dérision généralisée, et où, le politique se réduit à des responsabilités juridiques, nous sommes dépourvus de repères et devenons la proie à de faciles manipulations.

C’est ainsi que la direction assénant un discours et un vocabulaire de management, trouve des services qui « descendent » d’autres services, collaborant par là même au démembrement de l’hôpital.

Que chaque salarié doit alors proposer des idées pour améliorer son poste, chaque unité des idées pour améliorer son service ; sa méthode pour organiser sa douce agonie, en tout cas silencieuse.

Il serait donc illusoire de penser que nous résistons à un monstre diabolique, tout comme il serait illusoire d’attendre un sauveur.

Mais ne nous laissons pas envahir par une espèce de culpabilité collective et confuse, ne croyons pas que si tout le monde ou presque est coupable, personne ne l’est, car si chaque individu, chaque soignant est aussi le produit de son temps, il n’en reste pas moins que nous devons assumer nos actes, car nous en sommes responsables.

Or c’est dans les failles de ce système institutionnel, que nous rencontrons de lumineuses leçon d’éthique qui ne seraient pas apparues dans tout autre contexte, ainsi nous formulons l’hypothèse que tout n’était pas sympathique avant et que tout n’est pas abominable aujourd’hui.

Nous vous invitons donc, à « un renversement de l’ordre du silence ».

Et puis, il est bon de se rappeler, comme le disait Hannah Arendt, que « Tant que nous souffrons, dans les conditions du désert, nous sommes encore humains, encore intact. »

Alors,

Comment se mobiliser pour résister à cette machine infernale ?

Qu’en est-il de notre socle commun, de nos valeurs éthiques et politiques ?

Qu’en est-il de la valeur humaine de la folie ?

« Où commence et où finit la clinique ? »

L’ Association Culturelle du Personnel de St Alban.

 

 

> 14èmes journées de Printemps: « Et si nous racontions nos mythes ? »

« Et si nous racontions nos mythes ? »

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Le mythe est récit, aux confins de nos origines, inscrit dans l’Histoire et la modelant du même trait. Ecrit, chanté, sculpté, joué, mis en musique, toujours interprété, il invente la vérité sans prétendre la dire. La fiction, la croyance, le roman familial ne tiennent-ils pas de la construction voire du malentendu qui fonde le sujet dans son rapport au monde ? Le mythe est-il un opérateur psychique ? Est-il confisqué par la modernité ? Peut-il consister en un outil statistique ? Du « divin marché » au culte de la personnalité, de l’individualisme à l’auto-entreprise de soi-même, n’y a-t-il pas émergence de nouveaux mythes ? Socle, cadre, origine, nos pratiques ne répondent-elles pas à des exigences mythiques ? Savent-elles s’y insérer et faire ce pas de côté qui permette de le réinventer ? Et si nous racontions nos mythes?

Vendredi 22 Mai 14h00 : Accueil-café

14h30 : Lionel RAUFAST et Marie EICHELLBRENNER du Collectif PANDORA, Création de Performance – Poésie sonore « Contre (Winnicott) » Pause

16h00 : Jean-Daniel CAUSSE : Psychanalyste, Professeur des Universités au département de Psychanalyse Montpellier 3 « Quelle est la vérité du mythe ? »

17h00 : Véronique ALBEROLA : Directrice St Martin de Vignogoul « L’impression d’un mythe »

17h45 : Philippe ANDRE : Psychiatre St Martin de Vignogoul « Entre Apollon et Dionysos »

19h00 : Apéritif Dînatoire

Samedi 23 Mai 08h30 : Accueil-café

09h00 : Joseph MORNET : Psychologue, Secrétaire national de la FASM Croix Marine « La Psychothérapie Institutionnelle : un mythe à l’épreuve du temps »

09h30 : Philippe BICHON : Psychiatre Clinique de Laborde « Le mythe labordien » Pause

11h00 : Roger BRUNO : Philosophe, Membre de l’Association Henri Maldiney « Des fondements du mythe »

12h00 : Richard PETIT : Photographe et Enseignant « Les chevaux du vent : l’élaboration d’un projet artistique »

13h00 : Déjeuner pris sur place

15h00 : Mohamed BELHADJ : Psychologue clinicien au CESAM Migration santé Languedoc, CMPP Marcel Foucault « Figures du père maghrébin : de la tradition à la modernité » Pause

16h15 : Table ronde animée par Patrice CHARBIT Psychiatre St Martin de Vignogoul Autour des équipes du Transfo (CATTP Uzès), de la Clinique St Paul (St Rémy de Provence), et du Centre St Martin de Vignogoul s’organise un collectif d’Institutions qui se soucient du soin. « Naissance d’un mythe ? »

ISADORA Association de recherche et de formation sur la psychose

14èmes journées de Printemps Vendredi 22 et Samedi 23 Mai 2015 Au Centre Psychothérapique Saint Martin de Vignogoul

34570 PIGNAN

Pour tous renseignements : S’adresser à Michèle BLANC Secrétaire du Colloque Centre Psychothérapique St Martin de Vignogoul – 34570 PIGNAN Tel : 04 67 07 86 86 / Fax : 04 67 07 86 99 asso.isadora@gmail.com / secretariat.vignogoul@wanadoo.fr

Intervention pour la journée de STOP DSM, le 22 novembre 2014

J’interviens ici comme représentant du Collectif des 39, mais je parle aussi bien entendu en mon nom propre. Ce collectif a été fondé à l’initiative d’Hervé Bokobza au lendemain du discours de Nicolas Sarkozy  à Antony en décembre 2008, discours  qui voulait criminaliser les prétendus « schizophrènes dangereux », et qui maintenant rassemble familles, patients et soignants.

 J’ai rejoint aussitôt ce collectif d’autant plus que j’avais été à la fondation de la Criée à Reims voici 28 ans : lieu d’une critique radicale de la psychiatrie normative, et de la volonté déjà d’une évaluation lancée à l’époque par un psychanalyste qui croyait mesurer ainsi la pertinence de son orientation.

 Nous avons aussi au niveau du collectif des 39, également remis en cause d’entrée de jeu la conception de la folie qui sous-tendait le discours sarkozyste, concrétisé d’ailleurs par des mesures rapides aggravant l’enfermement dans les HP, et  se cristallisant dans la promulgation d’une nouvelle loi le 5 juillet 2011, étendant la contrainte jusqu’au domicile du patient. Loi à l’époque récusée par l’ensemble de la gauche, et depuis entérinée et tout juste toilettée par le nouveau gouvernement. Dès notre premier meeting, nous avons avancé une critique radicale de la dégradation de la clinique psychiatrique promue par le DSM. Le souci proclamé, comme chacun sait, était celui d’une langue partagée entre les cliniciens et les chercheurs pour améliorer les échanges scientifiques et la recherche. La réalité est tout autre, se concrétisant par l’appauvrissement du regard et de l’écoute du psychiatre et des soignants, la réduction du patient à une sommation de signes, ce qui ferait renoncer à toute recherche de sens au symptôme et au délire qui affecte un sujet parlant. Nous n’avons pas varié dans cette critique de la « clinique du DSM » qui transforme le psychiatre en gestionnaire de populations à risques, instrument du biopouvoir, exécuteur zélé de protocoles de soins basés sur les recommandations de la HAS, lesquelles sont elles-mêmes construites par des experts issus d’une caste où l’on retrouve les PUPH de psychiatrie générale, les laboratoires pharmaceutiques et les lobbies  comme Fondamental. Ce lobby construit par des hommes politiques de droite, des patrons et des psychiatres aux options scientistes clairement réductionnistes, aura  depuis sa création profondément infiltré tous les rouages de l’Etat et de l’actuel gouvernement. Le plan psychiatrie élaboré par Edouard Couty était ainsi effectué sur des transparents marqués du monogramme de Fondamental. Une signature que l’on retrouve au carrefour de toutes les volontés actuelles de détruire l’utopie de la politique de secteur dans ce qu’elle avait de plus riche : une approche du sujet dans sa complexité multidimensionnelle, ce qui inclut de mon point de vue la « double aliénation » avancée par Oury. Une aliénation psychopathologique ou transcendantale, qui s’articule mais ne saurait se confondre avec l’aliénation sociopolitique. Il est clair que la prétention a-théorique et anhistorique du DSM en est l’exact contraire, et aplatit ce qu’il s’agit au contraire de déployer et de complexifier quand nous prenons en charge un patient, et que s’engage avec lui une relation thérapeutique. Cela m’évoque immédiatement plusieurs registres : celui en premier lieu de l’instant de voir, et c’est le « Praecox Gefühl » avancé par Oury ;  Oury qui soutenait que celui qui n’était pas capable de faire un diagnostic en quelques minutes lorsqu’un patient entrait dans son bureau aurait bien fait de changer de métier !

Il ne s’agit pas seulement du regard pour une exigence aussi radicale qui prend en compte en premier lieu le pathique, la sensation et la présence de « l’autre en apparition »: autant dire une approche phénoménologique très précieuse, qu’il s’agit d’articuler avec l’écoute du sujet parlant y compris quand il fait silence. Dans les situations et les moments de transfert psychotique, c’est avant tout dans ce registre sensible du pathique que nous tentons de rentrer en contact avec l’autre pris dans ses empêchements à exister. 

Abord phénoménologique, et écoute fondée en raison sur la psychanalyse, qui ne contredisent en aucune manière un usage bien tempéré des médicaments et de la sociothérapie. J’entends par ce terme la construction avec les patients de lieux de socialisation qui leur permettent progressivement de reprendre leur vie en mains par le biais d’une construction partagée de l’espace thérapeutique.

C’est ainsi qu’à Reims, j’ai cru inventer le club thérapeutique avec les patients dès 1980, avant de découvrir que cette trouvaille avait été faite et théorisée par Tosquelles dès 1943. Cela fait partie des paradoxes de la transmission, que de découvrir en cours de route que nous marchons sur les traces presqu’effacées de nos prédécesseurs, manière de dissiper l’illusion de l’auto-engendrement et de l’anhistoricité, quand rien ne nous a été transmis de l’histoire ou même que celle-ci se trouve silenciée. Ceci dit, j’ai été stupéfait des effets de seuil et de remaniement qu’un tel dispositif produisait, pour peu qu’on y fasse jouer « la fonction moins 1 », autrement dit une analyse institutionnelle permanente qui ne se contente pas de l’écoute du signifiant, mais qui l’articule avec la dimension du lieu et des liens qui s’y nouent.  Ainsi j’ai vu avec étonnement ce que je n’attendais pas,  alors que j’étais encore pris dans des idéaux de resocialisation,  à savoir que des patients psychotiques pouvaient, en quelque sorte, abandonner un temps leur délire et leur apragmatisme au vestiaire pour, quelquefois les retrouver à la sortie, mais que ce temps de suspension pouvait permettre l’apparition ou le surgissement d’un sujet potentiel.

Notons au passage qu’une telle variabilité suppose un repérage diagnostique permanent dans la relation transférentielle, ce qu’il nous faut distinguer soigneusement de l’étiquetage DSM ou autre, où le sujet serait nommé par son regroupement de signes, par son syndrome, ou par sa maladie. Il s’agit pour nous d’un diagnostic dynamique nécessaire dans le repérage à l’autre du transfert, et qui peut d’ailleurs être fort différent d’un « diagnostic de structure ». On sait combien ce type de diagnostic a pu paraitre séduisant à beaucoup, qui nous invitent au retour nostalgique à une ère pré-DSM. Je ne partage pas ce point de vue, même s’il m’arrive aussi d’être tenté par ce type de repérage à l’autre. Le risque est toujours celui de fixer l’autre et la situation thérapeutique, qui ne saurait se confondre avec une « présentation de malades », où il s’agit de faire ressortir le maximum de signes ou de signifiants qui viendraient signer la forclusion ou autres… Dans ce théâtre de la folie directement issu de l’héritage asilaire, le psychiatre même s’il est averti du registre inconscient, travaille hors transfert,  et vient chercher une confirmation de  ses hypothèses théoriques antérieures. Cela peut avoir un intérêt dans la formation en termes d’apprentissage d’un savoir, mais ce savoir qu’on extrait du discours du patient ne peut revenir à celui-ci dans la dynamique d’une cure ou d’une prise en charge. De plus cela interdit de parler de « moments de transfert psychotique » chez un sujet qui n’est pas psychotique à proprement parler, mais peut traverser des moments de folie. J’évoque ici l’enseignement de Françoise Davoine, les livres qu’elle a publiés avec JM Gaudillière à partir de leur pratique hétérodoxe, en prise directe avec leur travail en institution et en cabinet (cf aussi le numéro 9 de Che Vuoi ? « Moments psychotiques dans la cure »). La rencontre avec « la folie Wittgenstein » en 2001 aura marqué pour moi un tournant : ainsi il y avait des collègues qui pouvaient témoigner d’une pratique de la thérapie des psychoses certes issue du lacanisme, mais élaborée aussi dans la rencontre avec des psychanalystes américains et des chamans amérindiens, successeurs de ceux que Devereux avait étudiés en son temps. Et je passe sur l’érudition et la multitude d’autres apports littéraires et historiques qui marquent une pratique soucieuse d’une prise d’une « clinique du transfert » dans la grande Histoire. D’entrée de jeu je me suis reconnu avec eux dans une fraternité de parcours avec la dynamique de la clinique que je découvrais au centre Artaud, mais aussi  dans mon cabinet. Il me semble que nous aurions à déblayer sérieusement, en nous aidant de leurs apports, le terrain encore occupé par une orthodoxie qui nous est de bien peu de secours dans les conditions actuelles de la pratique, et qui du coup ouvre un boulevard aux théories pragmatistes et utilitaristes de réduction des symptômes.  Dans les entretiens et les échanges que je peux avoir avec des patients après 10 ou 15 ans de thérapie analytique en institution, il serait vraiment difficile et même indécent d’aller rechercher les « stigmates » de la structure psychotique. D’entrée de jeu je me suis préoccupé d’aider mes patients, et de les aider à sortir de la folie s’ils pouvaient se le permettre. Je me suis étayé, et je continue à le faire avec le concept de « guérison psychanalytique » forgé par Nathalie Zaltzman dans son texte « la pulsion anarchiste », autrement dit un remaniement psychique du sujet qui n’a rien à voir avec la perspective de suppression des symptômes. J’y rajoute la proposition  winnicottienne : que serait une analyse si elle n’avait pas comme enjeu, je ne dis pas comme projet, l’idée que le sujet puisse se construire ou se reconstruire une vie qui vaille la peine d’être vécue ?

Le terme de rétablissement nous vient du monde anglo-saxon et il est issu de la mouvance post-DSM, d’une mouvance qui a souvent connu le pire de la psychiatrie DSM, et qui a choisi à juste titre de la récuser radicalement. Mais cela fait longtemps, on l’aura compris, que je raisonne avec ce registre du rétablissement, quand bien même j’avais du mal à lui trouver un nom partageable.

Certes chaque concept a une histoire, mais il n’est pas interdit d’opérer des recouvrements lorsqu’ils nous apparaissent opératoires. Et je pense que le rétablissement peut aussi être une visée dans une clinique du sujet, sensible à l’inconscient freudien et aux effets de retournement : à maintes reprises il arrive qu’un sujet qui semble toucher le fond opère une sorte de rebond. On pourrait d’ailleurs le formuler en terme lacaniens : lorsque le sujet psychotique, objet jusque-alors du désir d’un Autre trompeur et diabolique, chute et risque l’effondrement, il peut se produire un rebond où il décide de reprendre sa vie en mains. Cela peut se produire hors transfert et en dehors de toute relation thérapeutique qui peut être violemment rejetée et vomie, et ce point de rebroussement peut constituer le point d’auto- fondation d’un sujet. Lors du meeting des 39 le 1° Novembre, tout le monde aura pu entendre ces patients militants qui s’en sont sortis par le militantisme antipsychiatrique, et recherchent  aujourd’hui l’alliance avec nous. Ce mouvement de retournement peut aussi se produire dans un travail thérapeutique et être entendu comme « une construction dans l’analyse » au sens freudien de ce terme. Mais je pense également important de relier cette approche freudienne avec la recherche d’un pouvoir instituant pour les patients que permet « la fonction club » quand elle ne se limite pas à un local ou à un dispositif, mais qu’elle constitue le soubassement d’une praxis dans un collectif de soins.

Dans les mobilisations que le Collectif des 39 relance contre la prochaine loi de santé et auxquelles je l’espère STOP DSM continuera à s’associer, d’où l’importance de signer l’appel des 39 et de le diffuser, il me semble essentiel de ne pas nous en tenir à un registre purement idéologique de dénonciation d’une loi biopolitique. Il s’agit de nous appuyer en premier lieu sur nos pratiques instituantes, sur leur valeur inestimable incompatible avec toute évaluation comptable, et sur les pratiques à venir respectueuses d’une éthique du soin psychique, qui ne peuvent se définir autrement que post DSM !

http://www.hospitalite-collectif39.org/?CA-SUFFIT

Patrick Chemla, pour le Collectif des 39

Meeting du Collectif des 39 – le 1er novembre – FÉDÉRER LES RÉSISTANCES POUR UNE HOSPITALITÉ SUFFISAMMENT BONNE POUR LA FOLIE

MEETING DU COLLECTIF des 39
le 1er NOVEMBRE 2014
à la Maison de l’Arbre
9 rue de François Debergue à Montreuil

 

FÉDÉRER LES RÉSISTANCES
POUR UNE HOSPITALITÉ SUFFISAMMENT
BONNE POUR LA FOLIE

39

PROGRAMME

9h :   Accueil

 

9h15 :  PRÉSENTATION de la journée

Philipe  Bichon, Thierry Najman,  Alexandra   De  Seguin, 

Catherine Skiredj-Hahn

 10h :   TABLE RONDE  Enjeux et réalités

avec la participation

d’Humapsy,  du Collectif  Alternatif  Formation,  du Fil Conducteur,

de Stop DSM, de l’Appel des Appels, de Serge Portelli, 

de Mireille  Battut

animée par Patrick Chemla, Bruno Tournaire-Bacchini, Monique

Vincent, Pedro Serra

Palette graphique : Pierre Sadoul,  

Intermèdes : Toltem

 

12h :  Pause repas avec  projection vidéo et fanfare ARTOS

13h –15h: FORUMS

 

  1.  Fonction Soignante et Pratiques du Collectif

  2. Hospitalité à la souffrance de l’enfant

  3. Continuité de la relation et du lien dans le sanitaire et le

médicosocial

Chaque forum sera un espace de discussion publique entre les personnes présentes.

15h-17h :  PROPOSITIONS D’ACTIONS et CONCLUSION

          

avec Hervé Bokobza, Paul Machto, Philippe Bichon, Serge Klopp

  1. les attaques contenues dans le nouveau projet de loi
  2. Retours des forums sous forme de brèves
  3.  Motion du collectif des 39
  4.  Prise de position des différents représentants des organisations professionnelles, syndicales, politiques et citoyennes qui ont répondu à ce jour.

 

 Meeting pensé et organisé : 

par le groupe de travail du collectif des 39 :

Madeleine Alapetite, Yacine  Amhis , Selma Benchelah, Dominique  Besnard, Philippe  Bichon ,Hervé Bokobza, Jean- Michel Carbunar, Marie Cathelineau ,

Patrice Charbit, Franck Chaumon, Patrick Chemla , Dominique  Damour,  Guy Dana, Alexandra De Seguin, Mathieu Disert,  Roger Ferreri , Yves Gigou, Olivia Gili,

Christian Guibert, Liliane  Irzenski, Serge Klopp, Françoise Labes, Annick  Lair , Catherine Lemoine, Aurore Lenail, Émile Lumbroso, Victoire  Mabit,  Paul Machto, Jacques Mairesse, Bénédicte Maurin, , Simone  Molina, Thierry Najman,

Françoise Nielsen, Frédérique Niquet, Carlos Parada,  Martin Pavelka, Sylvie Prieur, Philippe Rassat, Benjamin  Royer, Pierre Sadoul, Pedro  Serra,

Catherine Skiredj-Hahn, Bruno Tournaire-Bacchini, Monique Vincent, 

Anne-Marie Von der Heyden, Brigitte Voyard, Elie Winter.

Avec le fil Conducteur

Avec Humapsy

Avec le Collectif Alternatif Formation

 

Invités participants aux débats :

Laurence  Cohen Jean-Pierre Drapier, Sandrine  Deloche, Yann Diener, Jérome Guedj, Serge  Portelli,, Patrick Landmann, Denys Robiliard, Muriel Theuring, Ariale Lulu,

Jean-Luc  Gibelin, Nathalie Gamiichipi,  Alain Abelhauser, Fréderique Gaillard, Yannick Lartigue, Jean Claude Chaise, Bernard Odier, Patients du « Collectif Artaud » et du club de La Borde, les Psycausent,…..

le programme – pdf :  2014-11-01 meeting 39 V4

« Continuité des soins et de la relation, articulée avec le sanitaire et le médico-social » au Meeting du 1er Novembre

Nous, « le Fil conducteur »*, collectif de réflexion et de propositions sur la prise en charge de la maladie psychique, invitons à participer au meeting organisé à l’initiative du Collectif des 39 le 1 er novembre 2014 à Montreuil.
Extrêmement préoccupés, inquiets, voire même révoltés par l’évolution actuelle de la prise en charge de la maladie psychique, nous considérons qu’à côté des professionnels, des représentants institutionnels ou institutionnalisés, une autre voix doit se faire entendre (cf. le Manifeste du Fil conducteur).
Le constat actuel du fonctionnement de la prise en charge des malades psychiques est plus qu’inquiétant.
Les familles, plongées brutalement dans l’univers de la psychiatrie lors d’une hospitalisation pour le moins traumatisante d’un enfant ou d’un être cher, ne trouvent le plus souvent ni soutien ni interlocuteur. Tenues à l’écart, sans explications aucune sur ce qu’est une maladie psychique, ses conséquences, qui le plus souvent sont lourdes, sur l’évolution possible, sur la manière dont elles peuvent accompagner la personne malade, elles se trouvent isolées, écartées, alors que leur proche vit une souffrance incompréhensible, insupportable. Leurs questions restent sans réponses, un diagnostic peut tomber brutalement, ou n’est pas donné, l’absence d’accompagnement ou d’écoute accroît leur angoisse légitime. Elles assistent, impuissantes, à l’enfermement et à l’isolement de leur proche, puis au parcours décousu et chaotique de soins multipliant les soignants dans les structures diverses (hôpital, hôpital de jour, foyer de nuit, maison de postcure, CMP…). Un lien thérapeutique, nécessaire pour soigner, ne peut être construit dans de telles conditions alors que la relation devrait être au centre du soin.
Le renvoi vers un statut d’aidant familial est paradoxal dans un contexte de déni de la souffrance de la famille, et des fratries, le plus souvent oubliées. Le statut d’aidant familial, qui voudrait donner aux familles l’illusion de devenir « tout à coup » compétentes alors que leurs difficultés ne sont toujours pas reconnues par la société et par un certain nombre de professionnels, est un leurre proposé au service des restrictions budgétaires qui affectent le champ du soin.
Les personnes malades vivent dans une absence de structures coordonnées des soins, qui relèvent d’un secteur psychiatrique démuni ou démotivé. Elles se plaignent aussi de ne pas être écoutées, ni entendues par les équipes soignantes.
On ne peut que s’étonner, dans ce contexte où l’obligation de soins est inscrite dans la loi, que l’absence de reconnaissance de la fonction thérapeutique préventive et curative de la relation, de l’écoute et la parole, soit absente des projets actuels de la future loi Santé.
La volonté de normalisation de la maladie psychique, présentée essentiellement comme une maladie organique dans une conception exclusivement biologique ou génétique qui reste plus que spéculative, nous inquiète par ce qu’elle pourrait entraîner de perte d’humanité dans la prise en charge. Nous maintenons la nécessité d’une complémentarité des approches dans les soins, utilisant ainsi tous les moyens possibles pour lutter contre une souffrance insensée. Nous ne voulons pas d’un parcours de soins exclusivement réduit au trio contention-isolement-médication.
Le recours à la contention, qui est un véritable traumatisme pour les patients, devient une pratique courante non questionnée et banalisée. Pire, protocolisée. Une réflexion sur le désarroi des personnels peu ou pas formés face à la maladie psychique et les situations difficiles serait probablement au moins aussi nécessaire.
Dans le contexte social actuel le manque de structures adaptées d’accueil et de soins revient à une non-assistance à personnes en danger avérée vis-à-vis de personnes fragiles.
Les difficultés sociales des patients et l’absence de réponse à leurs demandes, telles que le désir d’un lieu d’accueil, d’un logement, ou encore d’un travail, mettent les professionnels en difficulté et peut avoir des conséquences dramatiques pour les personnes malades et leur famille. Pour les malades au long cours, le manque de lieux de soins de longue durée se fait cruellement sentir.
Pour débattre de toutes ces questions, nous vous invitons à participer au forum « Continuité des soins et de la relation, articulée avec le sanitaire et le médico-social ».

*Le Fil conducteur associe des familles et proches de malades psychiques, des patients et des professionnels de santé, tous concernés par la place des familles dans l’accompagnement et la prise en charge de la personne malade. C’est un espace de parole émanant de l’atelier « familles » des Assises citoyennes, ou l’Hospitalité en psychiatrie et dans le médicosocial, qui ont eu lieu à Villejuif les 31 mai et 1er juin 2013.
Adresse mail : lefilconducteur.collectif39@gmail.com

le programme – pdf :  2014-11-01 meeting 39 V4