Archives de catégorie : Communiqués de presse

> STOP DSM

Communiqué de STOP DSM :

COMMUNIQUE du Collectif Initiative pour une Clinique du Sujet STOP DSM :

Jean-Claude Aguerre, Guy Dana, Marielle David, Olivier Douville, Francis Drossart, Tristan Garcia Fons, Nicolas Gougoulis, François Kammerer, Patrick Landman, Claude Léger, François Leguil, Geneviève Nusinovici, Bernard Odier, Michel Patris, Frédéric Pellion, Gérard Pommier, Louis Sciarra, Jacques Sédat, Jean-François Solal, Dominique Tourrès Landman, Jean-Jacques Tyszler, Alain Vanier

Au moment où le DSM 5 est publié en français nous tenons à réaffirmer notre opposition radicale aux fondements et à l’utilisation de ce manuel.Depuis plus de trente ans, le DSM a imposé sa domination sur la psychiatrie mondiale. Conçu comme un instrument statistique pour la recherche épidémiologique et pharmacologique, il a, petit à petit, envahi l’ensemble des domaines de la psychiatrie et, en particulier, l’enseignement aux différents acteurs de la santé mentale, ainsi que la pratique clinique.Se voulant un instrument de renouvellement et de modernisation de la démarche diagnostique et de sa fiabilité, il a échoué : les diagnostics qu’il répertorie ne sont ni fiables, ni valides, comme le prouvent la généralisation des comorbidités.

Qui plus est, ils ne sont pas vraiment utiles pour la recherche scientifique. Le DSM a contribué à détruire les bases de la clinique traditionnelle au nom d’un espoir dans l’arrivée prochaine de marqueurs biologiques, qui ne sont pas au rendez vous. Il a ainsi, en soutenant cette croyance, fait le lit du pire réductionnisme scientiste en privilégiant le modèle biologique et médical, au détriment de l’environnement social et de la réalité psychique. Sa démarche, fondée sur une mise en coupe réglée, comportementale, des troubles mentaux, a brouillé la ligne de partage entre le normal et le pathologique, entraînant des fausse épidémies, l’invention de chimères, une surpathologisation des émotions et des comportements, jusqu’aux excès qui font partie de la vie, avec des surdiagnostics, en particulier chez les enfants.

En isolant les troubles mentaux de leur contexte d ‘apparition, il en a fait des cibles privilégiées pour les médicaments et a favorisé la surprescription en abaissant les seuils d’inclusion.Le DSM, qui n’a aucun fondement scientifique solide, s’est imposé néanmoins comme instrument de référence de l’économie de la santé et des pratiques d’évaluation des administrations sanitaires. Il a permis le développement d’une pensée unique, d’une novlangue, ruinant les conditions d’un débat scientifique honnête dans le champ de la santé mentale d’autant que les conflits d’intérêts qui ont émaillé son histoire, ont créé une grave crise de confiance, de légitimité et de fiabilité au sein de la psychiatrie mondiale.

Pour toutes ces raisons cliniques, éthiques, scientifiques et de santé publique, nous appelons à récuser la référence au DSM 5, à utiliser préférentiellement la CFTMEA (la Classification française des Troubles Mentaux de l’Enfant et de L’Adolescent) et la future CFTMA(classification Française des Troubles Mentaux de l’Adulte) qui va paraître à la fin de l’année 2015 , et à ouvrir un large débat sur les classifications.

OFFICIAL STATEMENT of The Collective Initiative for the Clinic of the Subject STOP DSM:
On the occasion of the publication of the French version of the DSM 5 (fifth edition of the Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders), we wish to reaffirm our radical opposition to the foundations and use of the Manual. For more than thirty years, DSM has dominated the world’s psychiatric community. Originally a statistical tool intended to serve epidemiological and pharmacological research, it progressively invaded the entire field of psychiatry and especially its teaching to the different mental health actors, as well as its clinical practice. The DSM has failed in its effort to renew and modernize the diagnostic procedure and its reliability: the diagnostic categories listed in it are neither reliable nor valid, as the generalization of comorbid disorders clearly shows. Moreover, their usefulness for scientific research is equally dubious. The DSM has helped destroy the foundations of traditional clinical psychiatry, in the name of a hope for a soon-to-come discovery of biological markers, a hope that has failed to materialize. In supporting this belief, it has created a fertile ground for the worst kind of scientific reductionism, favoring the biological and medical model over the social environment and psychic reality. Its approach, based on the systematic behaviorist exploitation of mental disorders, has blurred the lines between the normal and the pathological, giving rise to false epidemics and chimeras, encouraging the over-pathologizing of emotions and behavior, including the extremes that are part of human life, as well over-diagnosis, especially concerning children. Separated from the context in which they manifest, mental disorders have become the priority targets of medication, leading to over-prescription by lowering the inclusion thresholds. The DSM, which lacks any kind of solid scientific basis, has nevertheless become the reference tool for the entire healthcare economy and the assessment methods used by healthcare authorities. It has encouraged the development of a uniform way of thinking and a kind of newspeak, destroying the conditions of a honest scientific debate in the field of mental health; because the numerous conflicts of interests in its history, it has also created a severe crisis of trust, of legitimacy and reliability within the world’s psychiatric community. For all these clinical, ethical, scientific and public health reasons, we call for a rejection of the DSM as a reference. Instead, we encourage clinicians to refer to the CFTMEA (The French Classification of Child and Adolescent Mental Disorders), as well as the future CFTMA (French Classification of Adult Mental Disorders), which will be issued in late 2015, and open up a wide public debate on the questions surrounding these classifications.

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> Communiqué du CNPP

Le Conseil national professionnel de psychiatrie (CNPP), regroupant les principaux syndicats et sociétés savantes de la psychiatrie française*, alerte ce 18 juin par la voix de son président, le Dr Maurice Bensoussan, sur les dernières directives ministérielles sur les actions de formation relatives à l’autisme (lire ci-dessous). Une alerte qui sonne comme une nouvelle manifestation de l’inquiétude des professionnels de la psychiatrie, que soit privilégié le champ médico-social pour l’orientation des prises en charge du trouble autistique, au détriment du champ sanitaire…

COMMUNIQUE DU CONSEIL NATIONAL PROFESSIONNEL DE PSYCHIATRIE CONCERNANT LES DIRECTIVES MINISTERIELLES SUR LES ACTIONS DE FORMATION RELATIVES A L’AUTISME

Un dispositif de référence est fixé par voie législative pour le développement professionnel continu (DPC) des médecins. Il s’applique quelles que soient les spécialités médicales et  les pathologies.

Les directives ministérielles énoncées lors du Conseil National de l’Autisme du 16 avril 2015 apparaissent au Conseil National Professionnel de Psychiatrie (CNPP) de nature à remettre en cause les principes de ce dispositif. La  secrétaire d’Etat chargée du handicap envisage, dans le cadre des troubles du spectre autistique, de restreindre les possibilités de DPC aux seuls programmes sélectionnés par un jury dans le cadre d’un appel d’offre. Le CNPP, dont la régulation du DPC est une des missions essentielles, tient à alerter sur les risques que constituerait cette voie parallèle de contrôle et de choix. Il convient de préserver de l’immixtion de directives politiques ou d’options idéologiques le champ sensible de la formation à l’élaboration des diagnostics et des thérapeutiques, qui appartient au domaine scientifique.

Le CNPP rappelle que le dispositif de DPC, créé depuis fin 2011, associe une Commission Scientifique Indépendante, un Organisme gestionnaire et un Conseil National Professionnel dans chaque spécialité. Ces instances sont  chargées de valider les programmes et  de donner des orientations. La proposition ministérielle discrédite la compétence des professionnels et des organismes en charge d’élaborer des programmes mais aussi le dispositif construit par voie législative. Il convient aussi de veiller au respect de la liberté académique reconnue aux universitaires, notamment en ce qui concerne le contenu de leur enseignement.

 Le CNPP soutient la nécessité de formations ouvertes, diversifiées, issues d’une méthodologie de recherche rigoureuse, définies par des professionnels qualifiés, agréés et demeurant indépendants, et ce quel que soit le domaine des soins psychiques concerné.

Dr Maurice BENSOUSSAN, président du Conseil national professionnel de psychiatrie

Le Conseil national de psychiatrie (CNPP) regroupe l’ensemble des syndicats et sociétés savantes de la psychiatrie française :

Collège national pour la qualité des soins en psychiatrie (CNQSP)

Collège national des universitaires de psychiatrie (CNUP)

Fédération française de psychiatrie (FFP)

Intersyndicale de défense de la psychiatrie publique (IDEPP)

Syndicat national des psychiatres privés (SNPP)

Syndicat des psychiatres d’exercice public (SPEP)

Syndicat des psychiatres français (SPF)

Syndicat des psychiatres des hôpitaux (SPH)

Syndicat des psychiatres salariés de la  Confédération française de  l’encadrement (SPSCFE-CGC)

Syndicat universitaire de psychiatrie (SUP)

Union syndicale de la psychiatrie (USP)

 

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> La pédopsychiatrie du secteur de Saint-Denis indignée !

ça bouge, mais en ordre dispersé, Corbeil, les 5 de Paris (Esquirol, MB, Ste Anne, Perray-Vaucluse et ASM 13) après Villejuif, Caen, Uzès et d’autres l’an dernier, une coordination ne ferait pas de mal, non ?

Communiqué de presse – jeudi 4 juin 2015

Grève le 8 juin du secteur de pédopsychiatrie rattaché à l’hôpital Delafontaine de Saint-Denis

La pédopsychiatrie du secteur de Saint-Denis indignée pour ses enfants et leurs familles.

Objectif : Interpeller le gouvernement français sur les effets dévastateurs des conditions de travail du secteur de pédopsychiatrie sur les enfants et leurs familles.

Un enfant, en souffrance psychique, et ses parents attendent entre 7 mois et 1 an, ce qui correspond à 400 familles en détresse, avant que nos structures de soins puissent les accueillir et les écouter. Nous ne pouvons plus assurer nos missions de service public.

Pourquoi ces délais humainement et éthiquement inacceptables ?

L’agence Régionale de santé, et l’hôpital Delafontaine, sous la tutelle du ministère de la santé, ont décidé depuis quelques années, et de manière unilatérale, d’amputer les moyens humains et financiers dédiés aux structures de soins de psychiatrie infanto-juvénile alors que la demande est en augmentation constante. Le taux de natalité (+30% en 3 ans) alimente cette demande, alors que sa nature s’aggrave du fait de la précarité extrême de la population.

Les conséquences sont très graves :

Pour l’enfant : sa prise en charge tardive va à l’encontre des dépistages précoces recommandés. Les troubles qui s’enkystent alors sont susceptibles d’aggraver son retard dans les apprentissages scolaires et rendre son lien aux autres de plus en plus délétère.

Pour les parents : leur sentiment de rejet et d’abandon par notre institution est massif. Ils sont face à un désarroi avec lequel ils n’arrivent plus à composer.

Pour la collectivité : cette situation contribue à fracturer les structures de protection de l’enfance, mais aussi celles sociales, médicales, judiciaires, à cause des passages à l’acte répétés qu’elle peut produire. Un enfant ou un adolescent qui n’est pas écouté dans sa parole, se fait souvent entendre par un passage à l’acte contre lui-même (mutilations, suicide…), ou bien contre son environnement : école, famille, proches. Le décrochage scolaire, l’alcoolisme, la toxicomanie, la délinquance, la radicalisation, la violence contre la société … sont autant d’appels possibles d’adolescents qui, trop souvent, n’ont pu être accueillis et entendus à un âge plus jeune. Ce coût budgétaire pour notre pays étant bien plus élevé que les réductions de postes, et les érosions salariales au regard de ces enjeux fondamentaux.

Le 8 juin, le secteur de pédopsychiatrie rattaché à l’hôpital Delafontaine de Saint-Denis est en grève et participe à l’action auprès du ministère de la santé.

Rendez-vous à 14h00 dans le hall principal de l’hôpital Delafontaine.

– Le collectif du personnel du secteur de pédopsychiatrie de l’hôpital Delafontaine : psychologues cliniciens, pédopsychiatres, cadre socio-écucatif, éducateurs, enseignants, infirmiers, secrétaires, assistantes sociales, orthophonistes, psychomotriciennes, agents de service,

– Sud, CGT, CFDT

Pour signer c’est ICI

Contacts :

Christophe Vandeneycken, cadre socio-éducatif, hôpital Delafontaine

Christophe.vandeneycken@gmail.com 06 61 75 49 93

Laurence Boski-Weiss, pédopsychiatre, hôpital Delafontaine

Laurence.boski@free.fr 0621414448

Francis Piot, psychologue clinicien, hôpital Delafontaine

0622967561

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> Le 1er novembre 2014 un meeting de résistance

Le 1er novembre 2014
Maison de l’arbre à Montreuil 93

les 39 organisent un meeting de résistance

Nous continuons d’affirmer que ceux qui souffrent de graves maladies psychiques ont et auront besoin à des moments de leur existence de recourir à des lieux d’accueil. Lieux où les rencontres nécessaires à tout soin qui se réclame « humain » ne sont pas dictées par des protocoles aliénants. Lieux où les règlements ne sont pas l’unique proposition « contenante », lieux où prendre du temps est possible et reconnu comme nécessaire, avec une écoute de ce que les personnes en souffrance psychique reconnues dans leur singularité ont elles-mêmes à nous apprendre. Lieux où les psychiatres et les équipes soignantes s’engagent dans un accompagnement au long cours.

Or depuis deux ou trois décennies toutes les conditions nécessaires à cet accueil se dégradent progressivement pour atteindre un niveau insupportable. Les moyens diminuent, la formation est scandaleusement pauvre et inadaptée, les théories s’étiolent, se rigidifient, perdent le caractère complexe indispensable à la pratique soignante. Toute une expérience soignante, toute une histoire collective de la psychiatrie française risque de disparaître.
Lors des Assises de la psychiatrie et du médico-social, les témoignages de patients, de familles et de professionnels ont fait apparaître que de nombreuses équipes, en l’absence de réflexions institutionnelles et micropolitiques, utilisaient des méthodes coercitives s’appuyant sur des théories réductrices de la folie. De plus, l’abandon des principes de base du secteur et du développement du potentiel soignant des patients au sein des clubs thérapeutiques favorise la démission et le désinvestissement des travailleurs en psychiatrie devant la perte du coeur de leur métier et renforce les mauvaises conditions d’hospitalité et de soins aux patients ainsi que l’accueil défaillant des familles.

Hélas la future « Loi de santé publique » risque d’aggraver ce processus : Du Secteur fondé sur le principe de continuité des soins préventifs, curatifs et de postcure par la même équipe, sur une base territoriale, le projet de Loi ne retient que la notion de territoire, pour en faire un quadrillage de la population. Territoire dans lequel devrait s’organiser le parcours du patient entre psychiatrie (qui ne s’occuperait dorénavant que de la phase aiguë), médecin généraliste (qui assurerait le soin en phase de stabilité), psychiatre libéral (qui serait intégré sans en avoir la vocation ) et médicosocial (qui assurerait les éventuels besoins d’hébergement et l’offre d’activités sur la journée).

Le pouvoir politique continue de s’appuyer sur les forces bureaucratiques pour soutenir la “démarche qualité” et la segmentation des “prises en charges” où l’illusion d’une continuité s’appuie sur le dossier médical informatisé partagé sans limite avec rupture du secret médical.

Le Collectif des 39 invite tous les citoyens, les soignants, les patients, les familles qui résistent individuellement, toutes les forces associatives de soignants, de patients, de familles, toutes les forces syndicales et politiques , pour amplifier notre mouvement afin de stopper toutes ces dérives. Une mobilisation de grande envergure qui soit force de proposition pour que dans la future « loi de santé publique » prévue à la fin de l’année, la psychiatrie soit reconsidérée sous l’angle d’une hospitalité pour la folie et d’une continuité humaine et non pas administrative des soins.

Venez au meeting, ouvert à tous, le 1er novembre, à « La maison de l’arbre » à Montreuil, pour unifier tous ceux qui souhaitent sortir de la servitude volontaire, et poser par là un acte de résistance au nouveau déploiement de cette psychiatrie technocratique et bureaucratique.

www.collectifpsychiatrie.fr

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> soutien aux mouvements de grève dans les hôpitaux.

Communiqué de soutien aux mouvements de grève dans les hôpitaux.
Soutien à la grève de Paul Guiraud Villejuif

Le collectif des 39 s’est réuni le vendredi 4 juillet, après avoir pris connaissance de la situation en particulier de Paul Guiraud Villejuif, du Bon Sauveur de Caen et de l’Hôpital Sud Francilien. L’état poursuit sa politique d’économies dans le domaine du soin, ce qui se traduit par la suppression de postes et par la réorganisation des amplitudes de travail par les directions de tous les hôpitaux. Nous dénonçons cette attaque des espaces de travail.
Nous soutenons sans réserve le mouvement de grève engagé depuis 5 semaines par le personnel soignant de l’hôpital Paul Guiraud Villejuif. Soutien pour les frais engagés dans les procès que la direction de cet établissement engage contre eux, soutien aux pertes de salaires des salariés acteurs de ce conflit. Ce mouvement lutte contre la volonté de réduire la journée de 8h à 7h36, ce qui aurait pour conséquence de réduire le temps de travail au moment du chevauchement des équipes ou de rendre ce temps de travail – que les équipes continueraient d’assurer – gratuit. Les personnels se défendent contre cette dégradation croissante des conditions de soins et du climat social au sein des établissements, contre le manque de concertation des directions avec les communautés médicales et soignantes, contre l’absence de considération à l’égard des soignants et professionnels, des patients et des familles.

Nous apportons un soutien particulier, à toutes ces luttes à partir de notre question « Quelle hospitalité pour la folie ? »
Paris le 7 juillet 2014
Pour apporter un soutien financier (l’argent sera reversé à l’intersyndicale de PGV) : ci-joint le RIB de l’association, crédit mutuel, notez pour le destinataire  » soutien à PGV ». Le virement électronique est à privilégier, sinon vous pouvez adresser votre chèque libellé au nom de l’association :
« Quelle hospitalité pour la folie ? » à l’adresse:
Collectif des 39 – 10 rue Jules Joffrin 94800 Villejuif.
Identifiant national de compte bancaire – RIB
Banque : 10278 Guichet : 06066 N° compte : 00020271801 Clé 69
Identifiant international de compte bancaire IBAN (International Bank Account Number) FR76 1027 8060 6600 0202 7180 169
BIC (Bank Identifier Code)
CMCIFR2A
Titulaire du compte (Account Owner)
QUELLE HOSPITALITE POUR LA FOLIE ? -10 RUE JULES JOFFRIN 94800 VILLEJUIF

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Communiqué de presse – Jean Oury 1924 – 2014

Communiqué du 19 Mai 2014.

– Jean Oury –

Jean Oury, ce grand Monsieur aura laissé une empreinte décisive sur la psychiatrie française depuis plus de 60 ans.

Il vient de disparaître brutalement dans la nuit du 15 mai.

Il nous laisse une œuvre immense et la marque d’un penseur infatigable. Au-delà de toutes ses élaborations théoriques, il a manifesté un engagement constant auprès des patients.

Profondément humain dans l’approche de la folie, il a su transmettre inlassablement un enseignement refusant le simplisme et articulant la complexité avec la tranquille fermeté d’un discours articulé autour de fondamentaux, tels notamment, la rencontre, la différenciation statut-rôle-fonction, la liberté de circulation, la nécessaire distinction entre l’aliénation psychopathologique et l’aliénation sociale, l’analyse institutionnelle permanente, l’accueil et l’ambiance, le Club, le collectif, et surtout la nécessité de lieux d’hospitalité.

Il rappelait sans cesse que la fonction soignante est partagée par tous dans une institution, du jardinier au psychiatre, en passant par les cuisiniers, les administratifs, les infirmiers, les psychologues et sans oublier les patients eux-mêmes.

Résistant de toujours, il s’insurgeait contre l’entreprise de destruction de la psychiatrie, du soin, avec la logique managériale, la gestion envahissante et deshumanisante, une évaluation abêtissante déconnectée des pratiques, les protocoles, les procédures et autres certifications stérilisantes, l’enfermement.

Il savait ce que l’engagement voulait dire, l’importance du politique. Il nous l’a montré.

Il a apporté immédiatement son soutien à la création du Collectif des 39, participant à de nombreux meetings et initiatives.

Prenant la parole dès le premier meeting des 39 à Montreuil en février 2009, après le discours insultant du président de la République de l’époque, il filait la métaphore avec humour, à propos de la puce qui réveille, mais… qui peut aussi apporter la peste. Et de nous inviter tous à « nous regrouper, et nous mettre en position de réfléchir collectivement ».

Outre son œuvre, ses références éthiques et politiques, il nous laisse en héritage, la poursuite du combat pour une hospitalité pour la folie.

Comme il le disait à propos de La Borde, « Cela fait 60 ans que cela dure, mais cela ne fait que commencer. »

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> Disparition de Jean Oury

Disparition de Jean Oury
Communiqué des Ceméa

Il était là depuis tellement longtemps que nous pouvions penser qu’il serait toujours présent. Jean Oury, 90 ans, est mort. Fondateur de la clinique de La Borde en 1953, il ne l’a jamais quitté, comme il n’a jamais quitté les malades, les pensionnaires comme on les nomme en ce beau lieu d’accueil de la folie, lieu de référence de la psychothérapie institutionnelle.

Ce grand monsieur à la voix si douce et au regard malicieux, d’une érudition encyclopédique, clinicien hors pair et toujours soucieux de la transmission, a sans cesse porté sur la place publique une conception de l’attention aux grandes souffrances psychiques basée sur ce qu’il a défini comme une double aliénation, mentale et sociale. D’où l’indispensable recours au travail collectif et à la fonction soignante de chacun, malades comme professionnels. D’où l’impérieuse obligation de soigner l’hôpital pour mieux soigner les malades. C’est lui qui dès les premiers stages du secteur des « équipes de santé mentale » (ESM) des CEMEA, dans les années 50, secteur que dirigeait Germaine Le Guillant, a défendu le savoir infirmier et la fonction thérapeutique de leur action au quotidien. Position qui lui a valu des désaccords forts de la part de psychiatres qui voyaient d’un mauvais oeil cette perte de pouvoir. Il a toujours pensé que les premiers stages des CEMEA ont été des lieux fondamentaux de l’expression de la parole infirmière qui ont contribué à la création du diplôme d’infirmiers de secteur psychiatrique. Et il parlait encore aujourd’hui avec beaucoup de respect et de connaissance du travail des CEMEA ; d’ailleurs les soignants à La Borde sont des « moniteurs ». Les militants des CEMEA lui sont redevables de ses apports, de ses écrits nombreux et importants. Si aujourd’hui notre association agit encore dans la formation des soignants en psychiatrie et des travailleurs sociaux, si nous pouvons affirmer des prises de position référées à l’Education Nouvelle dans le champ du soin, c’est aussi par les travaux de Jean Oury et ses théorisations sur la question du « Collectif » et de l’analyse institutionnelle ou de la fonction soignante, pour ne prendre que ces trois exemples.

Jean Oury est et reste un point de référence pour un mouvement comme les CEMEA, d’autant plus actuel dans ces temps troublés. Nous continuons à oeuvrer pour cet idéal commun de l’hospitalité en psychiatrie.

Un prochain numéro de Vie Sociale et Traitements (VST) lui sera consacré.

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> Une bande annonce choquante

Communiqué du « Fil conducteur »

Objet :
– la bande annonce de l’émission diffusée sur France 5 le 18 mars 2014, « Dans la peau d’un bipolaire : de l’ombre à la lumière ».
– la rediffusion consécutive à cette émission, à 21h45, d’un reportage déjà diffusé le 16 novembre 2010 sur les schizophrènes, « Schizophrénie, l’ennemie intime ».

– La bande annonce de l’émission « Dans la peau d’un bipolaire : de l’ombre à la lumière », largement diffusée sur les sites des médias, mais également sur des sites tels que Dailymotion, est choquante.
Choquante pour plusieurs raisons :
Par des images choc, elle donne une vision fausse et caricaturale de personnes souffrant d’une maladie psychique. Elle joue sur les ressorts de la peur fantasmée du public, à la manière d’un thriller. Et par là, contribue à stigmatiser les personnes atteintes d’un trouble bipolaire. Cette bande annonce est une insulte à la souffrance, celle des malades, comme celle de leur entourage.
La question du choix de cette bande annonce se pose, qui joue sur l’attrait de « l’horreur » pour attirer le spectateur à regarder une émission qui se veut documentaire. Non seulement elle n’en est pas le reflet, mais elle va à contre-sens du contenu de l’émission. Elle représente une véritable trahison à la fois de l’esprit de l’émission, et du téléspectateur confiant.
Enfin, comment une chaîne du service public peut-elle valider un tel message, de nature stigmatisante et discriminante pour tous les malades psychiques ?

Après cette émission et le débat qui l’accompagnait, à 21h45 a été rediffusé le reportage « Schizophrénie, l’ennemie intime », déjà diffusé le 16 novembre 2010 sur France 5. Et ce sans aucun commentaire l’accompagnant, alors que depuis 2010 il y a eu beaucoup de changements dans la prise en charge des patients, avec la loi n°2011-803 du 5 juillet 2011, ramenant le soin psychiatrique à la simple contention, physique et médicamenteuse, et à l’enfermement.
Comment se fait-il que ce reportage, datant d’il y a quatre ans, n’ait pas été accompagné de commentaires ou de débat ? Diffuser un document sur un tel sujet sans une réflexion sur ce qu’est la maladie et la souffrance qu’elle génère, mettant en avant la dangerosité potentielle de malade souffrant de schizophrénie, ne fait que renforcer un faux message d’une dangerosité présumée. Et donc, là encore, incitant à une discrimination de personnes en souffrance.

Nous, Fil conducteur, sommes un collectif émanant du Collectif des 39, composé de professionnels (psychiatres, infirmiers, éducateurs, psychologues, psychanalystes). Nous regroupons parents, familles, patients, soignants, tous concernés par l’accompagnement et la prise en charge de la maladie mentale, qui tous veulent œuvrer à une mise en place d’une psychiatrie humaine.

Nous demandons le retrait immédiat et total de la bande annonce de l’émission « Dans la peau d’un bipolaire : de l’ombre à la lumière » de tout site et média, quel qu’il soit.

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> On ferme une UHTC alors qu'il faudrait en créer !

Communiqué du Collectif des 39 – « Quelle hospitalité pour la folie ? »

à propos de la destruction d’une unité d’hospitalisation pédopsychiatrique temps plein au CHU de St Etienne (Loire).

On ferme une UHTC alors qu’il faudrait en créer !

La pédopsychiatrie a vocation à apporter une réponse à toutes situations nécessitant des soins psychiques appropriés aux troubles présentés par chaque enfant.

Le manque crucial de places d’hospitalisation à temps complet en France ne permet pas d’assurer une hospitalité suffisamment bonne à de nombreux enfants. Dans la plupart des secteurs de pédopsychiatrie, les enfants très malades qui ont été soumis a des traumatismes relationnels précoces, sont abandonnés par les équipes de soin en ambulatoire qui n’ont pas à leur disposition les unités d’hospitalisation à temps complet qui leur conviendraient. Ces enfants sont surnommés les « incasables ».
Pour une fois qu’un service de pédopsychiatrie, dépendant du CHU de Saint-Etienne, assumait sa mission en développant une « clinique spécifique » concernant la psychopathologie des enfants protégés par l’ASE malades pédopsychiatriquement parlant et alors que de nombreux services de pédopsychiatrie ont du mal à les soigner, cette pratique se voit condamnée.
Or elle représente une exception souvent mal comprise mais novatrice dans ce domaine. De telles compétences, une telle expérience sont en train d’être cassées, rejetées.

En créant une Unité d’Hospitalisation à Temps Complet (UHTC) ainsi qu’un accueil familial thérapeutique (AFT), unités adossées à deux hopitaux de jour recevant les enfants en journée complète, nous ne pouvons qu’être consternés d’apprendre que l’ensemble de ce dispositif est remis en question comme la dénonciation par le CHU de la convention le liant au Conseil général.

Ces possibilités d’hospitalisations et de suivis doivent être préservés, reconnus et développés, car tous les secteurs de pédopsychiatrie devraient avoir un panel d’outils semblable à celui mis en place à Saint-Etienne, ce qui est bien loin d’être le cas.

L’administration du CHU de Saint-Etienne aurait-elle trouvé qu’il n’était pas productif de s’occuper des enfants de cette tranche d’âge-là (3-12 ans) car ils seraient encore trop jeunes pour représenter un danger pour autrui? Que ces unités, indispensables dans le champ de la santé publique de l’enfance, soient actuellement menacées dans leur existence par une gestion qui se montre aveugle à la valeur de ces dispositifs de soin spécifiques est tout simplement scandaleux.

Actuellement, d’autres structures sont menacées de fermeture : le CMP du 14ème arrondissement de Paris, l’école de Bonneuil…etc. Leur point commun avec le service de pédopsychiatrie de Saint-Etienne est qu’elles sont aussi des structures alternatives, des lieux singuliers, alors que nous sommes dans une période d’homogénéisation et de regroupement des structures.

Afin de lutter contre la suppression de l’AFT et des hôpitaux de jour, le Dr Maurice Berger, qui a dirigé ces unités pendant 34 ans, demande de l’aide en appelant à écrire à 6 personnes en plus de lui-même (cliquez sur ce lien pour avoir accès à sa lettre).

Nous demandons la réouverture de l’Unité d’Hospitalisation fermée en juillet ainsi que le maintien des Hôpitaux de Jour et de l’Accueil Familial Thérapeutique qui seraient actuellement gravement menacés.

Paris, le 25 novembre 2013

Un lien vers un article de presse sur la situation:
http://www.ouest-france.fr/chu-saint-etienne-soutiens-mondiaux-au-service-de-pedopsychiatrie-ferme-1726320

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Communiqué de presse du collectif des 39 et des Ceméa

Communiqué de presse du collectif des 39 et des Ceméa

Les assises citoyennes pour l’hospitalité en psychiatrie et dans le médico-social
L’appel des 1000

Les assises citoyennes pour l’hospitalité en psychiatrie et dans le médico-social organisées par le collectif des 39 et les CEMEA dans le but d’engager un travail de réflexion clinique et politique ont été un immense succès.

Elles ont été une réussite tant par le nombre des participants (près de mille), que par l’hétérogénéité de ceux-ci. En effet, toutes les catégories socioprofessionnelles du sanitaire et du médicosocial, des mères, des pères, des frères, des enfants de patients, des patients, des élus, des gens de la culture et du spectacle, des citoyens se sentant concernés, se sont retrouvés pour témoigner ensemble de leurs vécus et de leur vision de l’hospitalité pour la folie et de ses impasses dans le sanitaire et le médicosocial.

Ces assises ont commencé, il y a un an, à la suite du meeting de Mars 2012, par un appel à témoignages. Cet appel, largement entendu par tous les usagers (au sens Bonnaféen du terme)
de la psychiatrie et du médicosocial a permis de construire et de donner la forme et le ton de ces assises : un style très vivant et participatif dans une ambiance chaleureuse et engagée.
Un immense laboratoire, découverte de points de vue habituellement inaccessibles, permis par cette ouverture et une qualité d’écoute de tous les participants-acteurs quel que soit leur statut.

Cette transversalité, offerte par la mise en forme de ces assises, a porté ses fruits. Les prises de parole se sont faites dans la justesse et la retenue, décrivant pour certains, des situations parfois dramatiques et terribles d’inhospitalité des services publics, sans basculer dans la déploration. Les hospitalisations sous contraintes, les contentions, les mises en pyjama deviennent de plus en plus systématiques. Mais aussi, les contraintes de plus en plus fortes exercées sur les professionnels par les processus d’évaluation et d’accréditation, par la normalisation des pratiques et des formations soumises aux recommandations réductrices et simplistes extrêmement critiquables de la HAS.
Malgré la pression de plus en plus forte d’une bureaucratie envahissant tous les actes, sous prétexte de traçabilité et de risque zéro, plusieurs collectifs ont présenté leurs expériences créatives de résistance, nous encourageant tous à inventer et ne pas céder à la destruction. Il s’agit de soutenir le désir de construire une autre psychiatrie plus humaine, tenant compte des difficultés et des impasses dans laquelle la psychiatrie et le médicosocial se trouvent.
Il s’agit aussi de dépasser les clivages administrativo-économiques, en reconnaissant la dimension soignante des structures médicosociales et leur nécessaire réarticulation avec la psychiatrie.

Un immense chantier collectif et inédit, à contre-courant des dérives actuelles d’hyperprotocolarisation des pratiques et d’assujettissement des patients et des professionnels à ces diktats vient de s’ouvrir et va se poursuivre. Le travail d’élaboration collective ne fait que commencer, certains ateliers vont continuer à se réunir et une autre rencontre est prévue pour le 16 novembre à la Maison de l’Arbre à Montreuil.

Les assises se sont terminées le samedi après-midi par un meeting, passant du politique, de la vie quotidienne, à un engagement dans la politique.
Un appel des mille, a été voté à l’unanimité. Cet appel demande le retrait de la recommandation sur l’autisme faite par la HAS et donc le retrait de ce troisième plan autisme qui s’appuie sur cette recommandation. Les participants aux assises, rejoints par de nombreuses organisations et d’autres militants sont venus dire non à cette HAS de plus en plus discréditée et appeler le gouvernement à plus de discernement dans ces décisions.
En cas de maintien de ces mesures discriminatoires et inacceptables, les 1000 participants du meeting ont décidé d’organiser une manifestation à la rentrée.

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