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> VIèmes Rencontres de Maison Blanche … » «à propos de la psychothérapie institutionnelle d’hier à aujourd’hui»

Le secteur aujourd’hui : où ? Quand ? Comment ?

 

 

Du découpage au partage.

 

 

Plus d’un demi-siècle après la circulaire qui légitima sa conception et bien d’autres textes de lois qui l’ont suivi, qu’est devenu le secteur aujourd’hui dans l’organisation de la psychiatrie ? Que signifie-t-il encore pour les soignants ? 

Créé pour en finir avec les pratiques asilaires et promouvoir la psychiatrie « hors les murs » sur et pour un même ensemble géographique et démographique autour d’une même équipe intra et extrahospitalière, le secteur voulait rapprocher le patient de sa famille et le réintégrer autant que possible dans la cité. 

Soit, le secteur a fait ses preuves. Mais, à l’heure des programmes de soins à domicile, que reste-t-il de la part de transfert et de symbolique dans la conception du soin en psychiatrie ?

Le secteur peut-il être réduit à une conception uniquement cartographique ? Résonne-t-il comme un modèle désuet ? Ou figure-t-il un idéal impossible à atteindre mais dont on entretient passivement la nostalgie ? Ou encore fonctionne-t-il comme un mythe dont on ne cesse de s’inspirer pour nourrir sa pratique et tenter de pallier les trous qui jalonnent l’existence des patients que l’on accompagne d’un port à l’autre ?

D’île en île, de l’intra au foyer postcure, du dispensaire au CATTP ou à l’hôpital de jour, les passages semblent parfois aussi vertigineux pour les soignants que pour les patients, semés d’angoisses, de déconstructions, de pertes de préjugés ou d’illusions avant que l’on puisse créer autrement, dans un autre lieu, à une place différente au sein d’une nouvelle équipe… 

Cette journée sera l’occasion de donner la parole aux soignants autour de ces questions :

Que peuvent apporter des expériences de temps partagés ou de création d’ateliers en intra ?

Le secteur comprend différents lieux mais aussi différents acteurs s’enrichissant de nombreuses approches thérapeutiques, qui échappent souvent aux autres fonctions, en dépit de temps de réunions cliniques ou institutionnelles. Car au delà des rôles, statuts et fonctions, les places sont parfois difficiles à trouver ou à se faire… 

Que peut-on alors espérer d’espaces entre-deux où une autre écoute et une autre parole sont possibles  le temps d’une séance d’analyse de pratiques ou d’un club thérapeutique ?

Le secteur, n’est-ce pas encore créer dans chaque lieu des collaborations singulières avec les acteurs de la cité pour accueillir et intégrer au mieux les patients dans les politiques municipales ?

 

Le secteur et ses limites d’accueil : qu’en est-il ailleurs en Europe, là où justement nombre de nos usagers trouvent une terre d’asile ?

Selma Benchelah.

Présidente de l'association scientifique et culturelle de Maison Blanche.

 

 

 

6/10 rue Pierre Bayle

75020 Paris

métro Philippe Auguste

Inscriptions :

service Formation Continue

formcont@ch-maison-blanche.fr

01 49 44 40 36
Contact : selmabenchelah@free.fr
  

PROGRAMME

 

9h00 – Accueil des participants

 

9h15 – Ouverture de la journée : Nicole Pruniaux, directrice de l’EPS Maison Blanche

            et Dr Annie Msellati, présidente de la CME, chef de pôle 23ème secteur

          – Présentation : Selma Benchelah, présidente de l’ASCMB

       

Modératrice : Selma Benchelah, présidente de l’ASCMB

Discutant : Dr Jean-Jacques Le Corre, chef de pôle 26ème secteur

 

9h30 – Chloé Adad, psychologue, 26ème secteur : « Lieux de passage »

 

10h15 – Grégoire Gourragne  et Amandine Lionnet, infirmiers, 26ème secteur, titre non communiqué

 

11h00 – Pause

 

11h15 – Adam Cano Quero, psychanalyste, analyse de pratique au 22ème secteur :

« Une expérience d’équipe partagée »

 

12h00 – Guillaume Larvor, Lisa Bouvier, Valentin Bachle, éducateurs, 23ème et 11ème secteur : « Educateurs en psychiatrie, un métier, des possibles…»

 

 

 12h45 – Pause déjeuner libre

 

 

Modérateur: Dr  George Archambault, CMP Jean Dollfus, 22ème secteur

Discutant : Dr Jean Artarit, ancien chef de service 22ème secteur

 

 

14h00 – Florence Heurtaut, infirmière, 23ème secteur :

« Du tissage au métissage : Pratiques décalées intra/extra. »

 

14h45 – Serge Klopp, cadre infirmier, EPS Barthélémy Durand, Etampes : « Le collectif morsaintois : un maillage pour l’accueil de la folie dans la cité »

 

15h15 – Pause

 

15h30- Pierre Smet, psychanalyste, Service de santé mentale SAS-Bruxelles, groupe de thérapie institutionnelle – Méridien-Bruxelles :

« Regard bruxellois sur le mouvement de sectorisation »

 

16h15 – conclusion avec le Forum des 39.

  

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>Formations à Utopsy (Vidéos)

Pierre Dardot à UTOPSY from UTO PSYS on Vimeo.

Pierre DARDOT,

Philosophe et auteur avec Christian Laval de

« La nouvelle raison du monde, essai sur la société néolibérale »,

publié à la Découverte en 2009.

Présentation

Jean-Claude Polack "Entre structures et processus : psychoses et conditions d’une analyse pragmatique » from UTO PSYS on Vimeo.

Jean Claude POLACK, psychiatre et psychanalyste, auteur de l'ouvrage:

"Epreuves de la folie, travail psychanalytique et processus psychotiques".

Il a travaillé pendant une douzaine d'années aux côtés de Jean Oury et de Félix Guattari à la clinique de La Borde. Jean Claude Polack exerce actuellement dans un collectif d'analystes à Paris.
Il est également directeur de la revue Chimères (http://www.revue-chimeres.fr/), fondée en 1988 par Gilles Deleuze et Felix Guattari. Il a aussi réalisé un film sur François Tosquelles.

Bibliographie:
– " Epreuves de la folie, travail psychanalytique et processus psychotiques", Eres 2006
– " L'intime utopie", co-écrit avec Danielle Sivadon.
http://www.revue-chimeres.fr/

Cette vidéo a été réalisée lors du diplôme universitaire "Psychose et institution" coordonné par le Dr Guy DANA (EPS Barthélémy Durand, Etampes) et la faculté Paris7

Dans leur ouvrage, Dardot et Laval analysent les modifications du capitalisme et voient dans le passage du libéralisme au néo-libéralisme, l’avènement d’une nouvelle rationalité où la question centrale n’est plus de « laisser-faire » (Adam Smith) mais bien de « conduire les conduites » des hommes, en créant un cadre normatif propice au développement de la concurrence.

Après une analyse politique, historique et philosophique s’appuyant notamment sur les outils foucaldiens comme « la gouvernementalité », les auteurs définissent un nouveau processus de subjectivation où les individus intègrent eux-mêmes la normativité concurrentielle, chacun devenant « auto-entrepreneur » de lui-même, ce qu’ils définissent comme étant la fabrique du « sujet néo-libéral ».

S’appuyant sur cette analyse politique, les auteurs développent une pensée critique pour sortir des alternatives proposées par l’antilibéralisme classique, où nombres de partitions sont devenues inopérantes pour analyser les enjeux du monde contemporain (notamment la partition entre l’Etat et le Marché, entre le public et le privé). Pour ce faire, Dardot et Laval étudient les questions amenées par Marx, s’extirpant par là des définitions imposées par le marxisme orthodoxe, véritables « obstacles à la pensée » qui plutôt que de s’affronter à un « champ de questions » élaborent des « réponses définitives sur le sens des mots » (Cités 2010/3, n° 43).

Présentées comme « naturelles » ou « allant de soi », Dardot et Laval montrent que ces normes peuvent être considérées comme des constructions politiques, d’autant plus efficaces qu’elles ne peuvent être remises en cause qu’après une analyse minutieuse. Dès lors, comment mettre en perspective le « pouvoir de la norme » ?

C’est du côté des « communs », en tant que ces derniers sortent du cadre de pensé imposé par le néolibéralisme, qu’une politique d’émancipation pourrait se recréer. L’enjeu est bien d’avancer dans un constructivisme à même de fonder une politique des communs : « La théorie des communs permet de souligner le caractère construit des communs. Rien ne peut laisser penser qu’un commun pourrait fonctionner sans règles instituées, qu’il pourrait être considéré comme un objet naturel.»

Inventer des outils pour penser le monde contemporain, sortir des positions orthodoxes pour affronter les nouveaux agencements problématiques, mettre en acte une praxis émancipatrice : cette analyse des nouvelles figures de l’aliénation sociale n’a-t-elle pas de grandes résonances avec ce qui se joue pour nous dans la clinique quotidienne avec la folie ?

Ainsi, comment questionner les orthodoxies de tous poils qui prétendent diriger nos actes explicitement ou implicitement ? Aux politiques d’émancipation pourrait-il correspondre des cliniques émancipatrices ?

Rappel des épisodes précédents

L’an passé, Yves Clot et Samuel Lézé, nous ont tous deux commentés le rapport du Centre d’Analyse Stratégique remis à N. Kosciusko-Morizet « La santé mentale, l’affaire de tous ». Ce rapport, en pointe dans la redéfinition du champ psy et dans l’avènement du « santé-mentalisme », nous obligent à questionner le cadre normatif qui tente de s’imposer par des entités « naturelles » comme « le bien-être », « la qualité de la vie », « la souffrance au travail », « la santé mentale positive » etc.

Ces nouvelles normes nous ont été décrites par Y. Clot comme un « hygiénisme rénové » tandis que S. Lézé y voyait une entreprise de dépossession de la problématique même de la « santé mentale » qui en devenant « l’affaire de tous » n’est paradoxalement plus celle des psys, concourant ainsi à délégitimer toute une série de pratiques inventives.

Par ailleurs, les mots employés sont révélateurs : si le terme de « santé mentale » fut à une époque porteur d’une ouverture dans le champ psychiatrique, il est désormais un mot récupéré et « occupé » par la rationalité dominante, tout comme les mots d’usagers, de déstigmatisation etc.

Perspectives et lignes de fuite

Dès lors, comment penser une clinique fondée sur un autre type de processus de subjectivation qui porterait en son sein la question du désir inconscient articulé à un « agir en commun » émancipateur ? Comment se nourrir des réflexions sur le commun pour articuler une praxis clinique qui serait émancipatrice et s’articulerait autour d’un agir commun. « Une politique des communs [nécessite] d’inventer des normes de l’action qui permettent de faire fonctionner un commun » précisent les auteurs.

De fait, les conditions du renouvellement de la pensée critique se précisent, à mesure que se créent des outils, des concepts et des pratiques pour penser le monde et agir sur lui. Du côté de la clinique, cela nous a été amené par nos premiers invités de l’année : Christophe Chaperot, Guy Dana et Paul Brétécher.

Comment repenser les apports fondamentaux développés par la psychanalyse à partir du transfert et par le mouvement de psychothérapie institutionnelle en termes de collectif et de pratiques instituantes ?

Si la psychothérapie institutionnelle travaille l’articulation entre aliénation sociale et aliénation psychopathologique, entre marxisme et psychanalyse, penser la contemporanéité en mettant à jour les questions posées par Marx tout en se détachant de son orthodoxie, nous semble fondamental.

« Seul l’acte d’instituer les communs fait exister les communs » précisent Dardot et Laval. N’est-ce pas là poser la question du processus d’institutionnalisation et de l’analyse institutionnelle (Oury), là où l’ouvert de l’instituant est en proie aux tentatives de fermetures de l’institué ?

Mathieu Bellahsen et Loriane Brunessaux pour UTOPSY

 

Gonon à Utopsy Partie 1 from UTO PSYS on Vimeo.

François Gonon, neurobiologiste et directeur de recherche au CNRS à Bordeaux

sur le thème "Les dérives du discours du neurosciences et sés conséquences sociales : l'exemple de l'hyperactivité TDAH"

Il sera discuté par Samuel Lézé, chercheur à l'Institut de Recherche Interisciplinaire sur les enjeux Sociaux, et chercheur en sciences sociales au CNRS

François Gonon développera la manière dont le discours des neurosciences est abusivement mis en avant pour affirmer une origine neurobiologique des troubles psychiques sur la base d'évidences scientifiques en réalité faibles.
Il travaille en tant que neurochimiste depuis 34 ans sur un neurotransmetteur: la dopamine et a donc travaillé sur les psychostimulants comme l'amphétamine ou la ritaline qui sont les médicaments prescrits aux enfant hyperactifs. Concernant l'hyperactivité, le dogme est que ce trouble résulte d'un déficit de dopamine que vient corriger le médicament psychostimulant. François Gonon a écrit en 2009 un article de synthèse, publié dans une grande revue nord américaine Trends in Neuroscience où il montre, après un examen attentif de la littérature scientifique, que ce dogme n'est pas fondé.
Actuellement, il travaille avec des sociologues et des chercheurs en sciences de la communication pour comprendre comment est généré l'écart entre les observations scientifiques sur les troubles mentaux et les conclusions abusives présentées au grand public.

Alexandra de Séguin, pour Utopsy

Bibliographie :

http://www.collectifpsychiatrie.fr/?p=536 : "Le trouble déficitaire de l'attention : faits et interprétations politiques" François Gonon (chercheur au CNARS) et Annie Giroux-Gonon (psychologue, psychanalyste)

1.Gonon, F., Guilé, J. M. & Cohen, D. Le trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité: données récentes des neurosciences et de l’expérience nord américaine. Neuropsychiatrie de l’enfance et de l’adolescence sous presse (2010). Cet article peut être demandé à francois.gonon@u-bordeaux2.fr

2. Gonon, F. The dopaminergic hypothesis of attention-deficit/hyperactivity disorder needs re-examining. Trends in Neuroscience 32(1), 2-8 (2009).

Gonon à Utopsy part 2 from UTO PSYS on Vimeo.

Gonon à UTOPSY partie 3 from UTO PSYS on Vimeo.

François Gonon, neurobiologiste et directeur de recherche au CNRS à Bordeaux

 

Christophe CHAPEROT "Transfert et schizophrénie" from UTO PSYS on Vimeo.

CHRISTOPHE CHAPEROT est psychiatre et psychanalyste,
Rédacteur en chef de la revue "L'Evolution Psychiatrique" (par délégation)

Auteur d'une quarantaine d'articles sur la schizophrénie (et son traitement psychanalytique), le structuralisme, le transfert, la psychothérapie institutionnelle (dans L'Evolution Psychiatrique, L'Information Psychiatrique, L'encyclopédie médico-chirurgicale, La revue internationale de psychopathologie, etc.), Christophe Chaperot est également lecteur pour les éditions "Flammarion".

Par ailleurs il a fondé en 2001 le "Collectif Psy Abbevillois" qui organise tous les ans un colloque à Abbeville (http://www.collectifpsy.org/index.html).

Médecin chef de service à Abbeville, il développe un projet de psychothérapie institutionnelle, avec «club thérapeutique ». C'est à partir des activités communautaires en autogestion soignants-soignés (sans subvention) qu'une analyse des transferts et des répétitions peut être menée: "Ma démarche est phénoméno-technique au sens de Bachelard, un concept doit toujours être appliqué dans la réalité concrète, le concept d'inconscient freudien doit être appliqué à l'institution sinon il ne s'agit que de bavardage."

Florent Gabarron-Garcia pour Utopsy.

Cette vidéo est issue du Diplôme Universitaire "Psychose et Institution" coordonné par le Dr Guy DANA ( EPS Barthélémy Durand) et la faculté Paris 7

Bibliographie principale:

– Christophe Chaperot, Structuralisme, clinique structurale, diagnostic différentiel névrose psychose, Paris, L'Harmattan, 2003, coll : Etudes psychanalytiques.

– Christophe Chaperot, Anne Bourgain et Christian Pisani, Le rire à l'épreuve de l'inconscient, Paris, Hermann, 2010, coll : Psychanalyse.

Jean OURY et Patrick CHEMLA, La psychothérapie institutionnelle, le collectif, le commun from UTO PSYS on Vimeo.

Filmées lors du festival "les évadés du bocal", les interventions de Jean Oury et de Patrick Chemla, psychiatres et psychanalystes respectivement à la clinique de La Borde et à Reims, transmettent une autre manière de faire la psychiatrie, manière qui met en question l'aliénation psychopathologique et l'aliénation sociale.
 

http://lesevadesdubocal.canalblog.com/

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