{"id":1596,"date":"2011-03-19T11:46:52","date_gmt":"2011-03-19T11:46:52","guid":{"rendered":"http:\/\/www.collectifpsychiatrie.fr\/?p=1596"},"modified":"2011-03-19T11:46:52","modified_gmt":"2011-03-19T11:46:52","slug":"psychiatrie-le-rapport-qui-accuse-article-du-journal-liberation-du-180311","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.collectifpsychiatrie.fr\/?p=1596","title":{"rendered":"&gt;Psychiatrie: le rapport qui accuse (article du journal Lib\u00e9ration du 18\/03\/11)"},"content":{"rendered":"<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin-top: 0px; margin-right: 0px; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; font: normal normal normal 32px\/normal Georgia; text-align: center; \"><span style=\"font-size:16px;\"><span style=\"font-family:arial,helvetica,sans-serif;\"><a href=\"https:\/\/www.collectifpsychiatrie.fr\/wp-content\/uploads\/2011\/03\/20090529-212608.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"\" class=\"aligncenter size-full wp-image-1597\" height=\"500\" src=\"https:\/\/www.collectifpsychiatrie.fr\/wp-content\/uploads\/2011\/03\/20090529-212608.jpg\" title=\"20090529-212608\" width=\"800\" \/><\/a><\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 9.6px Verdana\"><span style=\"font-size:16px;\"><span style=\"font-family:arial,helvetica,sans-serif;\"><strong>Le contr&ocirc;leur g&eacute;n&eacute;ral des lieux de privation de libert&eacute; d&eacute;nonce, dans un avis que s&rsquo;est procur&eacute; &laquo;Lib&eacute;ration&raquo;, l&rsquo;hospitalisation sous contrainte<\/strong>.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 8.0px Verdana\">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 8.0px Verdana\"><span style=\"color:#f00;\"><b><font class=\"Apple-style-span\" face=\"arial, helvetica, sans-serif\" size=\"4\">Par E<\/font><\/b><span style=\"font-size:16px;\"><span style=\"font-family:arial,helvetica,sans-serif;\"><span style=\"font: 8.0px Helvetica\"><b>\u200b<\/b><\/span><b>ric Favereau<\/b><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 9.6px Verdana\">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 9.6px Verdana\"><span style=\"font-size:16px;\"><span style=\"font-family:arial,helvetica,sans-serif;\"><strong>&laquo;<em>Nous disons que tout cela est insupportable<\/em><i>.&raquo; <\/i>Les mots sont durs.<\/strong> Le contr&ocirc;leur g&eacute;n&eacute;ral des lieux de privation de libert&eacute;, Jean-Marie Delarue, est pourtant un homme pos&eacute;, conseiller d&rsquo;Etat de formation. Il va faire para&icirc;tre au <i>Journal officiel <\/i>un avis sur l&rsquo;hospitalisation d&rsquo;office en psychiatrie, et une recommandation sur l&rsquo;Infirmerie psychiatrique de la pr&eacute;fecture de police de Paris (lire ci-contre), deux textes que <i>Lib&eacute;ration <\/i>a pu se procurer.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 9.6px Verdana\">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 9.6px Verdana\"><span style=\"font-size:16px;\"><span style=\"font-family:arial,helvetica,sans-serif;\"><strong>Constat terrible. Leur parution intervient au moment m&ecirc;me o&ugrave; le Parlement d&eacute;bat d&rsquo;un projet de loi qui vise &agrave; &eacute;tendre encore les mesures de contrainte pour les malades mentaux<\/strong>. <i>&laquo;Nous ne parlons pas dans le vide, <\/i>argumente Jean-Marie Delarue. <i>Depuis deux ans, nous avons visit&eacute; plus d&rsquo;une vingtaine de lieux d&rsquo;hospitalisation psychiatrique. Ce ne sont pas de simples visites. Nous arrivons &agrave; l&rsquo;improviste, nous restons, nous regardons tout.&raquo; <\/i>Le contr&ocirc;leur g&eacute;n&eacute;ral des lieux de privation de libert&eacute; l&acirc;che : <i>&laquo;Au regard des droits de l&rsquo;homme, la situation est inqui&eacute;tante et elle s&rsquo;aggrave.&raquo; <\/i>Avec, en arri&egrave;re-fond, un mal typiquement fran&ccedil;ais : le l&eacute;gislateur fait des lois, mais les droits qu&rsquo;elles sont cens&eacute;es garantir ne sont pas accessibles.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 9.6px Verdana\">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 9.6px Verdana\"><span style=\"font-size:16px;\"><span style=\"font-family:arial,helvetica,sans-serif;\"><strong>C&rsquo;est sur la question centrale de l&rsquo;hospitalisation d&rsquo;office qu&rsquo;a planch&eacute; le contr&ocirc;leur.<\/strong> En vertu de la loi de 1990, les pr&eacute;fets peuvent, sur le fondement d&rsquo;un certificat m&eacute;dical, faire admettre &agrave; l&rsquo;h&ocirc;pital des personnes, contre leur gr&eacute;, <i>&laquo;atteintes de troubles mentaux et qui compromettent la s&ucirc;ret&eacute; des personnes ou portent atteinte, de fa&ccedil;on grave, &agrave; l&rsquo;ordre public&raquo;<\/i>. Cette mesure, suppos&eacute;e exceptionnelle, est appel&eacute;e &laquo;hospitalisation d&rsquo;office&raquo; (HO). Elle peut &ecirc;tre renouvel&eacute;e, sans limite de temps. <i>&laquo;Le malade en sort lorsque le m&eacute;decin psychiatre, qui estime la sortie possible, la propose au pr&eacute;fet, lequel d&eacute;cide ou non la mainlev&eacute;e de l&rsquo;hospitalisation d&rsquo;office&raquo;, <\/i>note Jean-Marie Delarue.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 9.6px Verdana\">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 9.6px Verdana\"><span style=\"font-size:16px;\"><span style=\"font-family:arial,helvetica,sans-serif;\"><b>Droits formels.<\/b><\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 9.6px Verdana\"><span style=\"font-size:16px;\"><span style=\"font-family:arial,helvetica,sans-serif;\">Le l&eacute;gislateur avait donc recherch&eacute; un &eacute;quilibre, entre le m&eacute;dical et l&rsquo;administratif. Mais <i>&laquo;aujourd&rsquo;hui, quatre &eacute;l&eacute;ments mettent en cause gravement cet &eacute;quilibre&raquo;<\/i>. D&rsquo;abord, note l&rsquo;avis, dans de tr&egrave;s nombreux cas, les droits formels du patient ne sont pas respect&eacute;s. Exemple : <i>&laquo;On interdit la plupart du temps au malade d&rsquo;avoir recours &agrave; un avocat. On lui dit, certes, qu&rsquo;il peut saisir un juge, mais sans lui donner l&rsquo;adresse, ni le lieu. Les formulaires qui lui sont fournis sont illisibles. L&rsquo;acc&egrave;s &agrave; ses possibilit&eacute;s de recours n&rsquo;est pas possible&raquo;, <\/i>s&rsquo;&eacute;tonne le contr&ocirc;leur.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 9.6px Verdana\">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 9.6px Verdana\"><span style=\"font-size:16px;\"><span style=\"font-family:arial,helvetica,sans-serif;\"><strong>Deuxi&egrave;me point qui noircit le paysage de la psychiatrie :<\/strong> <i>&laquo;C&rsquo;est le grand retour de l&rsquo;enfermement qui caract&eacute;rise d&eacute;sormais ces lieux de soins.&raquo; <\/i>Cela n&rsquo;est pas sans aberration : dans un m&ecirc;me service de psychiatrie, les patients en hospitalisation libre sont contraints de vivre comme les autres, c&rsquo;est-&agrave;-dire reclus, <i>&laquo;en totale contradiction avec leur situation&raquo;, <\/i>note Jean-Marie Delarue. <i>&laquo;Les portes d&rsquo;un nombre croissant d&rsquo;unit&eacute;s hospitali&egrave;res psychiatriques sont en effet ferm&eacute;es &agrave; clef. Les patients, qui sont l&agrave; librement, ne peuvent sortir, m&ecirc;me pour se promener dans un parc, ni pour se rendre dans une caf&eacute;t&eacute;ria, ou participer &agrave; un office religieux.&raquo; <\/i>Et de pr&eacute;ciser : &laquo;<i>Ces restrictions ne sont pas sans incidence sur la vie des malades et sur les relations avec leurs proches.&raquo; En d&rsquo;autres termes, la logique de l&rsquo;enfermement tire tout le monde vers le bas.<\/i><\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 9.6px Verdana\">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 9.6px Verdana\"><span style=\"font-size:16px;\"><span style=\"font-family:arial,helvetica,sans-serif;\"><strong>Troisi&egrave;me point : les sorties d&rsquo;essai<\/strong>. Depuis des ann&eacute;es, c&rsquo;&eacute;tait une pratique essentielle pour permettre &agrave; un patient en HO de commencer &agrave; se r&eacute;habituer &agrave; la vie hors les murs. Le m&eacute;decin responsable signait alors un certificat, qui &eacute;tait ensuite, la plupart du temps, valid&eacute; par le pr&eacute;fet autorisant la sortie. Depuis le meurtre &agrave; Grenoble en novembre 2008 d&rsquo;un &eacute;tudiant par un patient en fugue, les pr&eacute;fets ont peur. Une crainte renforc&eacute;e par une circulaire de 2010, sign&eacute;e par les ministres de la Sant&eacute; et de l&rsquo;Int&eacute;rieur, rappelant leur responsabilit&eacute; directe. <i>&laquo;Aujourd&rsquo;hui, devant ces demandes de sortie d&rsquo;essai, le pr&eacute;fet h&eacute;site, diligente une enqu&ecirc;te de police. Les sorties d&rsquo;essai se sont r&eacute;duites comme peau de chagrin. Des malades, habitu&eacute;s &agrave; sortir r&eacute;guli&egrave;rement, en sont interdits.&raquo;<\/i><\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 9.6px Verdana\">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 9.6px Verdana\"><span style=\"font-size:16px;\"><span style=\"font-family:arial,helvetica,sans-serif;\"><b>Attach&eacute;. <\/b>Dans le m&ecirc;me ordre d&rsquo;id&eacute;e, les lev&eacute;es de HO, d&eacute;cid&eacute;es par le pr&eacute;fet, sur demande du m&eacute;decin, sont de plus en plus difficiles. <i>&laquo;Aujourd&rsquo;hui, le pr&eacute;fet h&eacute;site, demande une expertise, mais il n&rsquo;a pas d&rsquo;argent pour la&nbsp;<\/i><\/span><\/span><span class=\"Apple-style-span\" style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 16px; \"><i>faire. Au final, cela tra&icirc;ne des mois, voire des ann&eacute;es&raquo;,<\/i>l&acirc;che Jean-Marie Delarue. Des patients sont ainsi retenus, sans aucune justification m&eacute;dicale. <i>&laquo;Le pr&eacute;fet fait ce qu&rsquo;il veut au nom d&rsquo;arguties juridiques qui ne sont pas op&eacute;ratoires.&raquo;<\/i><\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 9.6px Verdana\">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 9.6px Verdana\"><span style=\"font-size:16px;\"><span style=\"font-family:arial,helvetica,sans-serif;\"><strong>Quatri&egrave;me point : la situation des d&eacute;tenus qui b&eacute;n&eacute;ficient de l&rsquo;article D 398, permettant &agrave; l&rsquo;autorit&eacute; pr&eacute;fectorale de placer un d&eacute;tenu en h&ocirc;pital psychiatrique<\/strong>. Voil&agrave; des personnes incarc&eacute;r&eacute;es qui sont en crise. Le m&eacute;decin de la prison demande qu&rsquo;ils soient hospitalis&eacute;s, et le pr&eacute;fet peut transformer leur incarc&eacute;ration en hospitalisation d&rsquo;office. Mais l&agrave; encore, c&rsquo;est d&rsquo;abord le parapluie que l&rsquo;on ouvre. &laquo;<i>Le pr&eacute;fet craint, par-dessus tout, l&rsquo;&eacute;vasion. Il tra&icirc;ne. Alors qu&rsquo;il y a urgence, cela peut prendre jusqu&rsquo;&agrave; deux semaines, alors que la personne est en crise aigu&euml;.&raquo; <\/i>Pendant cette crise, le d&eacute;tenu reste en cellule. Quand il arrive enfin &agrave; l&rsquo;h&ocirc;pital, il est mis syst&eacute;matiquement en chambre d&rsquo;isolement, durant tout son s&eacute;jour. Parfois, il est m&ecirc;me attach&eacute;, sans discontinuer, pendant deux semaines. R&eacute;sultat ? <i>&laquo;On ne leur donne pas les soins appropri&eacute;s &agrave; leur &eacute;tat, cela est absolument inadmissible. Nombreux sont ceux qui pr&eacute;f&egrave;rent retourner en prison, car en prison au moins ils peuvent avoir des visites, ou b&eacute;n&eacute;ficier de promenades.&raquo;<\/i><\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 9.6px Verdana\">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 9.6px Verdana\"><span style=\"font-size:16px;\"><span style=\"font-family:arial,helvetica,sans-serif;\"><strong>De fait, c&rsquo;est tout un monde cach&eacute; que fait entrevoir le contr&ocirc;leur g&eacute;n&eacute;ral, un monde o&ugrave; les droits &eacute;l&eacute;mentaires des personnes ne sont pas respect&eacute;s<\/strong>. <i>Et dans ce monde-l&agrave;, &laquo;ce n&rsquo;est pas tant la loi, quelle qu&rsquo;elle soit qui est en cause, mais la r&eacute;alit&eacute; des pratiques&raquo;, <\/i>conclut Jean-Marie Delarue.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 9.6px Verdana\"><span style=\"font-size:16px;\"><span style=\"font-family:arial,helvetica,sans-serif;\"><br \/>\n\t<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 9.6px Verdana\"><span style=\"font-size:16px;\"><span style=\"font-family:arial,helvetica,sans-serif;\"><span style=\"color:#f00;\"><strong>Le rapport du contr&ocirc;leur de privation des libert&eacute;s relatif &agrave; certaines modalit&eacute;s de l&#39;hospitalisation d&#39;office (15 mars 2011)<\/strong><\/span> :&nbsp;<span style=\"color:#00f;\"><strong><span class=\"Apple-style-span\"><a href=\"https:\/\/www.collectifpsychiatrie.fr\/wp-content\/uploads\/2011\/03\/avis-du-controleur-general-des-lieux-de-privation-de-liberte.pdf\">avis-du-controleur-general-des-lieux-de-privation-de-liberte<\/a><\/span><\/strong><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 9.6px Verdana\"><span style=\"color:#00f;\"><br \/>\n\t<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; Le contr&ocirc;leur g&eacute;n&eacute;ral des lieux de privation de libert&eacute; d&eacute;nonce, dans un avis que s&rsquo;est procur&eacute; &laquo;Lib&eacute;ration&raquo;, l&rsquo;hospitalisation sous contrainte. &nbsp; Par E\u200bric Favereau &nbsp; &laquo;Nous disons que tout cela est insupportable.&raquo; Les mots sont durs. 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