{"id":2901,"date":"2011-12-19T11:10:19","date_gmt":"2011-12-19T11:10:19","guid":{"rendered":"http:\/\/www.collectifpsychiatrie.fr\/?p=2901"},"modified":"2011-12-19T11:10:19","modified_gmt":"2011-12-19T11:10:19","slug":"vulnerable-et-capable-4","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.collectifpsychiatrie.fr\/?p=2901","title":{"rendered":"&gt;Vuln\u00e9rable et capable"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/collectimp.cluster011.ovh.net\/wp-content\/uploads\/2011\/12\/bachelard1.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" align=\"left\" alt=\"\" class=\"alignright size-medium wp-image-2922\" height=\"300\" src=\"http:\/\/collectimp.cluster011.ovh.net\/wp-content\/uploads\/2011\/12\/bachelard1-214x300.jpg\" title=\"bachelard\" width=\"214\" \/><\/a>&nbsp;<span class=\"Apple-style-span\" style=\"font-family: arial; font-size: 9px; line-height: 15px; color: rgb(0, 0, 0); \">(Dessin de Maria Elisa Cabral, d&#39;apr&egrave;s un portrait de&nbsp;<b>Gaston Bachelard)<\/b><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size:16px;\"><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><em>&quot;Le moi s&rsquo;&eacute;veille par la gr&acirc;ce du toi &quot;&nbsp;<\/em><\/span><\/span><span class=\"Apple-style-span\" style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 16px; \">Gaston Bachelard<\/span><\/p>\n<p><strong><span style=\"font-size:16px;\"><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\">Des mots pour te dire, des mots pour me dire<\/span><\/span><\/strong><\/p>\n<p><span style=\"font-size:16px;\"><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\">Comment interroger le quotidien de la relation avec notre proche, malade et handicap&eacute; psychique ? Comment se rendre accessible et percevoir un regard autre ? Comment &eacute;veiller en nous-m&ecirc;mes un autre regard, tant nous p&egrave;se et parfois nous angoisse l&rsquo;inqui&eacute;tante &eacute;tranget&eacute; de l&rsquo;ordinaire ? Comment dissiper tous les malentendus<a href=\"#[1]\">[1]<\/a>? Comment troubler, faire vaciller les habituels regards convenus port&eacute;s sur une personne handicap&eacute;e psychique, personne si peu reconnue dans sa singularit&eacute;, mais encore dans son humanit&eacute; partag&eacute;e ? Comment accepter d&rsquo;interroger les valeurs &eacute;thiques qui gouvernent les relations avec notre proche, comme si elles n&rsquo;allaient pas de soi ? Comment remettre en question les valeurs politiques qui gouvernent l&rsquo;accueil de ces personnes dans notre soci&eacute;t&eacute;, comme si elles n&rsquo;allaient pas de soi ? Comment m&ecirc;me remettre en question notre id&eacute;e d&rsquo;humanit&eacute;, comme si elle n&rsquo;allait pas de soi ? Quelle valeur pour la folie, comme s&rsquo;il n&rsquo;allait pas de soi que seule son &eacute;radication justifierait notre combat ?<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size:16px;\"><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><strong>Justement parce que &ccedil;a ne va pas de soi ! <\/strong>A commencer par la blessure des mots. Ces mots malheureux, inad&eacute;quats, des paroles qui nous &eacute;chappent. Ces mots esquiss&eacute;s ing&eacute;nument, mots hasard&eacute;s que l&rsquo;on adresse &agrave; l&rsquo;Autre dans l&rsquo;oubli qu&rsquo;aussi un visage parle. &laquo; Mal nommer les choses, c&rsquo;est ajouter au malheur du monde &raquo;, affirmait Albert Camus. Redoublement du malheur car il est d&eacute;j&agrave; bien pr&eacute;sent, install&eacute; dans une lisibilit&eacute; chancelante de nos regards crois&eacute;s, qui s&rsquo;ajoute &agrave; la maladresse de pauvres mots incertains. Quand les &eacute;motions ne savent plus se dire ni se lire<a href=\"#[2]\">[2]<\/a>sur l&rsquo;intranquillit&eacute; des regards envisag&eacute;s, d&eacute;visag&eacute;s. Quand la retenue de nos silences ajoute elle-m&ecirc;me &agrave; la solitude. Dis quelque chose, parle-moi, je n&rsquo;ai personne avec qui parler ! Je n&rsquo;ai que mes voix &agrave; qui r&eacute;pondre ! Pourquoi tu crois que je parle tout seul ! C&rsquo;est fou : mon portable, je ne peux pas m&ecirc;me l&rsquo;&eacute;teindre, il est dans ma t&ecirc;te, je suis constamment sonn&eacute; ! Et quand parfois se fait le silence, du chaos surgit un n&eacute;ant pas moins insupportable. Silence envahissant que nul ne saurait habiter tant l&rsquo;angoisse peuple ce vide, tant elle p&egrave;se dans son inconsistance. Qu&rsquo;esp&eacute;rer attendre de ce rien ? Ou plus exactement ce presque rien : lorsque les voix se sont tues, rien ne dit en effet que l&rsquo;on n&rsquo;entendra pas alors sourdre l&rsquo;obs&eacute;dante litanie des automatismes mentaux. Pens&eacute;es &eacute;tranges qui &eacute;chappent une fois de plus &agrave; tout contr&ocirc;le. Un je ne sais quoi d&rsquo;injonctions absurdes venues d&rsquo;on ne sait o&ugrave;. Pens&eacute;es insens&eacute;es qui se r&eacute;pondent en &eacute;cho, pens&eacute;es vol&eacute;es, pens&eacute;es qui se r&eacute;pandent, se propagent. Diffusion de la pens&eacute;e.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size:16px;\"><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><strong>Mais la vuln&eacute;rabilit&eacute; semble infinie. <\/strong>Parce qu&rsquo;&agrave; cette dislocation de la conscience de soi et cette angoisse abyssale, se surajoutent une motivation en berne, une volont&eacute; bloqu&eacute;e, incapable d&rsquo;&eacute;merger et une incapacit&eacute; d&rsquo;entreprendre, d&rsquo;initier ou maintenir une action. Malgr&eacute; soi, encore une fois ! Mais que reste-t-il du soi ! &nbsp;Insoutenable pour les proches et les moins proches. Et que dire de ceux qui ignorent tout de la psychose ! Insupportable pour Autrui.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size:16px;\"><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><strong>Comment d&egrave;s lors oser des mots ? Parler au risque de gaffer ? <\/strong>Dans un &eacute;lan louable d&rsquo;une bienveillante sollicitude, risquer la malfaisance. O&ugrave; l&rsquo;on voit que la vuln&eacute;rabilit&eacute; de notre proche entre en r&eacute;sonance avec notre propre fragilit&eacute;. O&ugrave; d&eacute;j&agrave; se dit notre propre vuln&eacute;rabilit&eacute; lorsque nous sommes arraisonn&eacute;s au-del&agrave; du raisonnable.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size:16px;\"><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><strong>Mais en tant que sujet, ne suis-je pas fondamentalement assujetti &agrave; un Autre ? <\/strong>D&eacute;pendant d&rsquo;Autrui ? Otage d&rsquo;Autrui, osera m&ecirc;me le philosophe Emmanuel Levinas. L&rsquo;autonomie de la volont&eacute; que je voudrais revendiquer pour moi-m&ecirc;me et retrouver pour mon proche, poss&eacute;d&eacute; par ses voix, par le mal qui l&rsquo;habite, cette autonomie ne serait-elle fond&eacute;e que sur une h&eacute;t&eacute;ronomie premi&egrave;re, ant&eacute;rieure &agrave; toute volont&eacute; ? Sujet, je suis donc, malgr&eacute; moi, pour un Autre. &laquo; De toute &eacute;ternit&eacute;, un homme r&eacute;pond d&rsquo;un autre. D&rsquo;unique &agrave; unique. Qu&rsquo;il me regarde ou non, il me regarde, j&rsquo;ai &agrave; r&eacute;pondre de lui &raquo;, &eacute;crit encore Levinas dans Autrement qu&rsquo;&ecirc;tre. Vuln&eacute;rabilit&eacute; d&rsquo;un sujet insuffisant, en d&eacute;pit de la suffisance obstin&eacute;e de son &ecirc;tre, qui se sait bless&eacute; par le regard d&rsquo;un Autre. Toujours en retard &agrave; r&eacute;pondre de lui, toujours insuffisant &agrave; lui r&eacute;pondre. Inscription de cette vuln&eacute;rabilit&eacute; au c&oelig;ur m&ecirc;me de notre humanit&eacute;. Sans attente d&rsquo;aucune r&eacute;ciprocit&eacute;, mais encore dans sa propre vuln&eacute;rabilit&eacute;, en d&eacute;pit d&rsquo;elle, malgr&eacute; elle, mais aussi gr&acirc;ce &agrave; elle, un humain vuln&eacute;rable a &agrave; r&eacute;pondre d&rsquo;un Autre vuln&eacute;rable.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size:16px;\"><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><strong>Humanit&eacute; de personnes vuln&eacute;rables, mais humanit&eacute; de personnes capables<\/strong>. Il ne s&rsquo;agit nullement cependant de capacit&eacute; en tant que puissance, comp&eacute;tence, voire m&ecirc;me, en terme de Droit, d&rsquo;aptitude juridique &agrave; agir valablement pour soi-m&ecirc;me. A bien y regarder, sans m&ecirc;me consid&eacute;rer &agrave; l&rsquo;extr&ecirc;me les incapables majeurs, l&rsquo;humanit&eacute; semblerait bien davantage constitu&eacute;e d&rsquo;individus trop souvent semi-capables, 1\/3 capables ou moins, bref par l&rsquo;extr&ecirc;me variabilit&eacute; des capacit&eacute;s de chacun. Faibles et vuln&eacute;rables. Mais pour comprendre le capables dont il est ici question, il faut alors mettre en relation cet adjectif avec la &ldquo;capabilit&eacute;&rdquo; (en anglais : capability) telle que la d&eacute;signe l&rsquo;&eacute;conomiste et philosophe indien Amartya Sen : &laquo;aptitude &agrave; r&eacute;aliser diverses combinaisons de fonctionnements que nous pouvons comparer et juger les unes par rapport aux autres au regard de ce que nous avons des raisons de valoriser<a href=\"#[3]\">[3]<\/a>&raquo;. En d&eacute;pit d&rsquo;une multitude de d&eacute;terminismes, je dispose d&rsquo;une libert&eacute; de faire des choix valoris&eacute;s, tant par une conception du bien que par un sens de la justice. Et les conditions dans lesquelles mes choix ont &eacute;t&eacute; faits comptent autant que sa finalit&eacute; dans les r&eacute;sultats de mon action.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size:16px;\"><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><strong>Conscient de cette capabilit&eacute; qui m&rsquo;habite, comment ne pas remarquer &agrave; quel point elle entre &agrave; son tour en r&eacute;sonance avec la capabilit&eacute; de mon proche psychotique ? <\/strong>Parce qu&rsquo;il reste paradoxalement une personne capable. Son incapacit&eacute; &agrave; entreprendre et maintenir une action est certes bien r&eacute;elle. Mais sa capacit&eacute; d&rsquo;effectuer des choix valoris&eacute;s en vue de cette action potentielle n&rsquo;en demeure pas moins aussi r&eacute;elle.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size:16px;\"><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><strong>C&rsquo;est donc bien cette d&eacute;pendance d&rsquo;autrui pour agir<\/strong>, alors m&ecirc;me que persistent le plus souvent toutes les capabilit&eacute;s potentielles qui ne demandent qu&rsquo;&agrave; &ecirc;tre r&eacute;alis&eacute;es, qui pose tant de questions, soul&egrave;ve tant de malentendus. On ne saurait les minimiser, tant ils rev&ecirc;tent des aspects dramatiques. Et comment ne pas soulever la question de la stigmatisation, celle que d&eacute;j&agrave; l&rsquo;on peut lire dans ce jugement arbitraire d&rsquo;&ldquo;incapables majeurs&rdquo;. Jugement erron&eacute; qui ne tient aucunement compte de l&rsquo;extr&ecirc;me variabilit&eacute; des manifestations de la maladie, du poids du handicap. Stigmatisation de rapace insens&eacute; qui d&eacute;signe la schizophr&eacute;nie derri&egrave;re tout d&eacute;rangement de l&rsquo;esprit, sans davantage regarder, chercher &agrave; comprendre, la singularit&eacute; et la souffrance de celle ou celui &agrave; qui elle s&rsquo;adresse. Stigmatisation qui banalise et fl&eacute;trit : elle terrorise in&eacute;luctablement sa proie devant l&rsquo;id&eacute;e m&ecirc;me de schizophr&eacute;nie ; quand elle n&rsquo;aggrave pas son repli autistique&hellip; lorsqu&rsquo;elle est effectivement schizophr&egrave;ne.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size:16px;\"><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><strong>S&rsquo;il est une caract&eacute;ristique premi&egrave;re de l&rsquo;&eacute;tat de d&eacute;pendance, c&rsquo;est bien le manque<\/strong>. Et ce manque est souffrance, qui conduit in&eacute;luctablement l&rsquo;individu, &ecirc;tre de besoin, &agrave; une recherche obstin&eacute;e de l&rsquo;objet de sa d&eacute;pendance. Le petit d&rsquo;homme, celui que sa m&egrave;re met au monde, est sujet &agrave; la plus longue d&eacute;pendance parentale du monde animal. A l&rsquo;encontre des autres mammif&egrave;res qui mettent bas, la femme met et donne au monde son petit. Parce qu&rsquo;&laquo; il ne peut y avoir d&rsquo;homme au sens propre que l&agrave; o&ugrave; il y a un monde et il ne peut y avoir de monde au sens propre que l&agrave; o&ugrave; la pluralit&eacute; du genre humain ne se r&eacute;duit pas &agrave; la simple multiplication des exemplaires d&rsquo;une esp&egrave;ce<a href=\"#[4]\">[4]<\/a>.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size:16px;\"><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><strong>Nous sommes donc n&eacute;cessairement une humanit&eacute; de personnes inter-d&eacute;pendantes<\/strong> (dans leur in-suffisance) qui nous nourrissons de la diff&eacute;rence des Autres. Etre humain, c&rsquo;est &ecirc;tre appel&eacute; &agrave; se d&eacute;centrer et se vivre soi-m&ecirc;me comme un Autre, dans le m&ecirc;me temps que l&rsquo;on vit l&rsquo;Autre comme un &eacute;tranger, un diff&eacute;rent auquel on ne saurait demeurer indiff&eacute;rent. Plut&ocirc;t que justifier de son identit&eacute;, afficher sa carte de diff&eacute;rence !<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size:16px;\"><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><strong>Quand il est question de prendre soin de la personne psychotique au c&oelig;ur de notre commune humanit&eacute;,<\/strong> c&rsquo;est &agrave; de nouvelles valeurs pour fonder la politique qu&rsquo;il faudra bien nous int&eacute;resser. Comment substituer une coop&eacute;ration de tous dans le souci premier des plus vuln&eacute;rables &agrave; l&rsquo;exaltation g&eacute;n&eacute;ralis&eacute;e de la concurrence qui valorise les forts ? A l&rsquo;heure o&ugrave; s&rsquo;esquissent les pr&eacute;mices d&rsquo;une politique du soin (CARE), il n&rsquo;est pas inutile de rappeler qu&rsquo;au 12&eacute; si&egrave;cle,soigner signifiait cette besogne particuli&egrave;re qui consiste &agrave; fr&eacute;quenter des march&eacute;s pour procurer des marchandises &agrave; quelqu&rsquo;autre, dans le besoin.Etrange r&eacute;miniscence d&rsquo;une image moderne o&ugrave; le dealer r&eacute;pond &agrave; l&rsquo;&eacute;tat de manque. Mais qui contesterait la n&eacute;cessit&eacute; de prodiguer des soins aux personnes d&eacute;pendantes ? Qui contesterait qu&rsquo;il y ait de la valeur dans cette d&eacute;pendance-ci qui n&rsquo;est pourtant pas d&eacute;pourvue d&rsquo;addiction<a href=\"#[5]\">[5]<\/a>? A l&rsquo;encontre de l&rsquo;accoutumance (&eacute;galement appel&eacute;e tol&eacute;rance) du toxicomane qui dans la recherche fr&eacute;n&eacute;tique de son produit en vient &agrave; n&eacute;gliger ceux qui d&eacute;pendent de lui-m&ecirc;me. D&eacute;pendre des Autres pour ne pas avoir &agrave; d&eacute;pendre d&rsquo;une chose, voil&agrave; ce que la politique ne saurait ignorer, ce qu&rsquo;elle a &agrave; faire valoir.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size:16px;\"><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><strong>L&rsquo;&eacute;radication de la d&eacute;pendance parait donc un leurre<\/strong>. Nous n&rsquo;en avons pas moins &agrave; rester vigilants. Les progr&egrave;s des sciences neurobiologiques dans la compr&eacute;hension des fonctions c&eacute;r&eacute;brales, l&rsquo;analyse de plus en plus performante des dysfonctions au cours des diverses maladies psychiques, les progr&egrave;s de la pharmacologie ne sont pas d&eacute;nu&eacute;s de risque lorsqu&rsquo;ils am&egrave;nent &agrave; concevoir des processus de normalisation. Et quand la norme devient possible, c&rsquo;est l&rsquo;intol&eacute;rance &agrave; l&rsquo;anormalit&eacute; qui croit. On en vient &agrave; traiter d&eacute;j&agrave; sans grand discernement une foule d&rsquo;enfants victimes de troubles de l&rsquo;attention, au nom des performances normales que l&rsquo;on attendrait d&rsquo;eux. Un d&eacute;pistage pr&eacute;coce des psychoses n&rsquo;est plus &agrave; exclure, qui autoriserait un traitement pr&eacute;ventif. Et lorsque les id&eacute;ologies totalitaires s&rsquo;installent insidieusement dans les esprits, qu&rsquo;un mythe de l&rsquo;homme nouveau gangr&egrave;ne les soci&eacute;t&eacute;s, une &eacute;puration psychique n&rsquo;est jamais &agrave; exclure. Quand on sait ce dont l&rsquo;homme fut encore capable depuis moins d&rsquo;un si&egrave;cle !<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size:16px;\"><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><strong>Comment ne pas pr&eacute;f&eacute;rer un monde imparfait qui accueille ses fous <\/strong>dans la Cit&eacute; &agrave; la parfaite folie d&rsquo;un monde sans fous ?<\/span><\/span><\/p>\n<p><strong><span style=\"font-size:16px;\"><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\">Jean-Fran&ccedil;ois de La Monneraye (<\/span><\/span><\/strong><span class=\"Apple-style-span\" style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 16px; \">UNAFAM 02)<\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>[1]<a name=\"[1]\"><\/a>A lire : Le handicap psychique, un handicap cach&eacute;, un handicap de tous les malentendus de Bertrand Escaig, RFAS 2009<\/p>\n<p>[2]<a name=\"[2]\"><\/a>Des programmes psycho-&eacute;ducatifs tels que PROFAMILLE et des ateliers d&rsquo;&eacute;changes entre pairs tels PROSPECT sont d&rsquo;excellents apprentissages pour adapter notre langage et notre posture lorsque nous nous adressons &agrave; notre proche.<\/p>\n<p>[3]<a name=\"[3]\"><\/a>L&rsquo;id&eacute;e de Justice, Flammarion 2010<\/p>\n<p>[4]<a name=\"[4]\"><\/a>Hannah Arendt, The Human Condition. Traduction fran&ccedil;aise: La Condition de l&rsquo;Homme moderne.<\/p>\n<p>[5]<a name=\"[5]\"><\/a>Etre addict, c&rsquo;est selon l&rsquo;&eacute;tymologie latine (ad-dicere) &ldquo;&ecirc;tre dit &agrave;&rdquo; quelqu&rsquo;un, comme l&rsquo;&eacute;taient les esclaves sans autre nom que celui de qui les poss&egrave;de. Il est une forme de stigmatisation qui ne voit (ne dit) le psychotique qu&rsquo;&agrave; travers sa psychose.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp;(Dessin de Maria Elisa Cabral, d&#39;apr&egrave;s un portrait de&nbsp;Gaston Bachelard) &quot;Le moi s&rsquo;&eacute;veille par la gr&acirc;ce du toi &quot;&nbsp;Gaston Bachelard Des mots pour te dire, des mots pour me dire Comment interroger le quotidien de la relation avec notre proche, malade et handicap&eacute; psychique ? Comment se rendre accessible et percevoir un regard autre ? &hellip; <a href=\"https:\/\/www.collectifpsychiatrie.fr\/?p=2901\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">&gt;Vuln\u00e9rable et capable<\/span>  <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[18],"tags":[],"class_list":["post-2901","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-analyses-et-pratiques-professionnelles"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.collectifpsychiatrie.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2901","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.collectifpsychiatrie.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.collectifpsychiatrie.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.collectifpsychiatrie.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.collectifpsychiatrie.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2901"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.collectifpsychiatrie.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2901\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.collectifpsychiatrie.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2901"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.collectifpsychiatrie.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2901"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.collectifpsychiatrie.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2901"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}