{"id":3231,"date":"2012-02-22T16:42:40","date_gmt":"2012-02-22T16:42:40","guid":{"rendered":"http:\/\/www.collectifpsychiatrie.fr\/?p=3231"},"modified":"2012-02-22T16:42:40","modified_gmt":"2012-02-22T16:42:40","slug":"lautisme-nest-pas-une-fatalite-2008","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.collectifpsychiatrie.fr\/?p=3231","title":{"rendered":"&gt; L&#039;autisme n&#039;est pas une fatalit\u00e9 (2008)"},"content":{"rendered":"<p><!--[if !mso]>\n\n\n<style>\nv:* {behavior:url(#default#VML);}\no:* {behavior:url(#default#VML);}\nw:* {behavior:url(#default#VML);}\n.shape {behavior:url(#default#VML);}\n<\/style>\n\n\n<![endif]--><!--[if gte mso 9]><xml>\n <o:DocumentProperties>\n  <o:Template>Normal<\/o:Template>\n  <o:Revision>0<\/o:Revision>\n  <o:TotalTime>0<\/o:TotalTime>\n  <o:Pages>1<\/o:Pages>\n  <o:Words>2159<\/o:Words>\n  <o:Characters>12308<\/o:Characters>\n  <o:Company>Facult\u00e9 paris sud<\/o:Company>\n  <o:Lines>102<\/o:Lines>\n  <o:Paragraphs>24<\/o:Paragraphs>\n  <o:CharactersWithSpaces>15115<\/o:CharactersWithSpaces>\n  <o:Version>11.1539<\/o:Version>\n <\/o:DocumentProperties>\n <o:OfficeDocumentSettings>\n  <o:AllowPNG\/>\n <\/o:OfficeDocumentSettings>\n<\/xml><![endif]--><!--[if gte mso 9]><xml>\n <w:WordDocument>\n  <w:Zoom>0<\/w:Zoom>\n  <w:DoNotShowRevisions\/>\n  <w:DoNotPrintRevisions\/>\n  <w:HyphenationZone>21<\/w:HyphenationZone>\n  <w:DisplayHorizontalDrawingGridEvery>0<\/w:DisplayHorizontalDrawingGridEvery>\n  <w:DisplayVerticalDrawingGridEvery>0<\/w:DisplayVerticalDrawingGridEvery>\n  <w:UseMarginsForDrawingGridOrigin\/>\n <\/w:WordDocument>\n<\/xml><![endif]--><!--StartFragment--><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"mso-margin-top-alt:auto;mso-margin-bottom-alt:auto;\nmso-outline-level:5\"><span class=\"Apple-style-span\" style=\"font-size: 13px; font-family: Times; \"><b><span class=\"date1\">Article publi&eacute; Le 12 avril 2008<\/span><\/b><\/span><\/p>\n<p align=\"center\" class=\"MsoNormal\" style=\"mso-margin-top-alt:auto;mso-margin-bottom-alt:\nauto;text-align:center;mso-outline-level:1\"><span class=\"author\"><span style=\"font-size:10.0pt;font-family:Times\">Par <\/span><\/span><strong><span style=\"font-size:10.0pt;font-family:Times\">DIATKINE Anne<\/span><\/strong><\/p>\n<ul type=\"disc\">\n<li class=\"MsoNormal\" style=\"mso-margin-top-alt:auto;mso-margin-bottom-alt:auto;\n     mso-list:l0 level1 lfo1;tab-stops:list 36.0pt\">http:\/\/www.liberation.fr\/week-end\/010178530-l-autisme-n-est-pas-une-fatalite<span style=\"font-size:10.0pt;font-family:Times\"><o:p><\/o:p><\/span><\/li>\n<\/ul>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"mso-margin-top-alt:auto;mso-margin-bottom-alt:auto\"><strong><span style=\"font-family:&quot;Book Antiqua&quot;\">Jacqueline Berger<\/span><\/strong><span style=\"font-family:&quot;Book Antiqua&quot;\"> a &eacute;t&eacute;, durant quinze ans, &eacute;ditrice &agrave; Lib&eacute;ration . Entre sa vie au journal et sa vie personnelle, l&#39;&eacute;tanch&eacute;it&eacute; &eacute;tait de mise. Le 24 Mai 2002, elle fait cependant para&icirc;tre un article intitul&eacute; &quot;Nos enfants attendus nulle part&quot;. Elle y d&eacute;crivait la souffrance des enfants inadapt&eacute;s qui restent toute la journ&eacute;e, sans soins, au domicile de leurs parents, faute de structures pour les accueillir. L&#39;article a fait grand bruit et a &eacute;mu durablement. Elle a ensuite &eacute;crit sortir de l&#39;autisme (Bouchet-Chastel, 2007) qui m&ecirc;le r&eacute;flexions, parcours personnel, questionnements et th&eacute;ories.<o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"mso-margin-top-alt:auto;mso-margin-bottom-alt:auto\"><span style=\"font-family:&quot;Book Antiqua&quot;\">&laquo;Sortir de l&rsquo;autisme&raquo;?: le titre de votre livre peut sembler une contradiction dans les termes, tant la d&eacute;finition courante de l&rsquo;autisme est un enfermement. Pourquoi ce titre?<o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"mso-margin-top-alt:auto;mso-margin-bottom-alt:auto\"><span style=\"font-family:&quot;Book Antiqua&quot;\">A travers ce titre, je revendique la possibilit&eacute; d&rsquo;une &eacute;volution positive des syndromes autistiques, lorsqu&rsquo;on a rep&eacute;r&eacute; chez un enfant des sympt&ocirc;mes de retrait. C&rsquo;est un travail long et &eacute;puisant mais qui porte ses fruits pour peu qu&rsquo;on en finisse avec la conviction que l&rsquo;&eacute;tat autistique est une fatalit&eacute;?: un d&eacute;faut ind&eacute;passable de g&egrave;nes ou neurones d&eacute;fectueux. La vertu de cette conception organique serait qu&rsquo;elle d&eacute;culpabilise l&rsquo;entourage. Le petit autiste ne serait pas pris dans une histoire, il est porteur d&rsquo;un fichu g&egrave;ne qui s&rsquo;exprime mal, on ne l&rsquo;a pas encore trouv&eacute;, mais un jour viendra &#8230; Or, je ne crois pas qu&rsquo;il soit forc&eacute;ment accablant d&rsquo;essayer, non de trouver une cause aux sympt&ocirc;mes de son enfant, mais de d&eacute;m&ecirc;ler les noeuds de son propre pass&eacute; et de ce qui a pu d&eacute;vier dans la relation &agrave; son b&eacute;b&eacute;. C&rsquo;est parfois infinit&eacute;simal. La d&eacute;pression d&rsquo;un nourrisson n&rsquo;est pas &eacute;vidente &agrave; percevoir quand on est pris dans le cataclysme de la naissance. Cependant, pourquoi est-ce que les b&eacute;b&eacute;s ne pourraient pas conna&icirc;tre cette d&eacute;tresse famili&egrave;re aux adultes? Et s&rsquo;il y a d&eacute;pression, comment influe-t-elle sur le d&eacute;veloppement du petit humain? Paradoxalement, s&rsquo;il y a un r&eacute;pit dans les blessures narcissiques constantes qu&rsquo;inflige le regard des autres, j&rsquo;en ai plut&ocirc;t fait l&rsquo;exp&eacute;rience en parlant avec des psychanalystes. Je n&rsquo;ai jamais eu le sentiment que l&rsquo;enjeu &eacute;tait de reconna&icirc;tre sa responsabilit&eacute; ou de s&rsquo;en disculper. La psychanalyse a mauvaise presse entre autres parce que ses r&eacute;sultats ne sont pas &eacute;valuables, mais elle est l&rsquo;un des rares lieux o&ugrave; les parents d&rsquo;enfants &laquo;diff&eacute;rents&raquo; ne sont pas devant un tribunal.<o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"mso-margin-top-alt:auto;mso-margin-bottom-alt:auto\"><span style=\"font-family:&quot;Book Antiqua&quot;\">Votre livre est un r&eacute;cit th&eacute;orique qui part de votre exp&eacute;rience pour r&eacute;fl&eacute;chir sur la mani&egrave;re dont la soci&eacute;t&eacute; envisage la d&eacute;viance aujourd&rsquo;hui<o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"mso-margin-top-alt:auto;mso-margin-bottom-alt:auto\"><span style=\"font-family:&quot;Book Antiqua&quot;\">Je suis m&egrave;re de jumelles qui ont eu des syndromes autistiques et qui sont aujourd&rsquo;hui sorties de ce puits. C&rsquo;est-&agrave;-dire qu&rsquo;elles parlent, qu&rsquo;elles sont en relation avec autrui, qu&rsquo;elles font du th&eacute;&acirc;tre, qu&rsquo;elles prennent plaisir dans des moments de la vie quotidienne, m&ecirc;me si leur temporalit&eacute; n&rsquo;est pas la m&ecirc;me que la v&ocirc;tre. C&rsquo;est tout ce que je dirais sur mes filles qui n&rsquo;ont ni envie ni besoin d&rsquo;&ecirc;tre qualifi&eacute;es d&rsquo;ex-autistes. Pour moi, c&rsquo;&eacute;tait la difficult&eacute;?: partir de mon exp&eacute;rience sans m&rsquo;approprier leur histoire. Mes filles, mais aussi les autres enfants autistiques que j&rsquo;ai pu rencontrer, m&rsquo;ont transform&eacute;e. J&rsquo;ai la conviction que les &laquo;fous&raquo; qui sont de nouveau rel&eacute;gu&eacute;s, cach&eacute;s et parfois maltrait&eacute;s comme au d&eacute;but du si&egrave;cle dernier, ont beaucoup &agrave; nous apprendre. Ne serait-ce qu&rsquo;il y a trente ans, la pens&eacute;e &eacute;tait en &eacute;bullition &agrave; son contact.<o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"mso-margin-top-alt:auto;mso-margin-bottom-alt:auto\"><span style=\"font-family:&quot;Book Antiqua&quot;\">Ce qui s&rsquo;est rigidifi&eacute;, c&rsquo;est notre per<\/span><span style=\"font-family:Times\">&shy;<\/span><span style=\"font-family:&quot;Book Antiqua&quot;\">ception ?<o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"mso-margin-top-alt:auto;mso-margin-bottom-alt:auto\"><span style=\"font-family:&quot;Book Antiqua&quot;\">Pas uniquement. L&rsquo;intelligence n&rsquo;a pas d&eacute;sert&eacute;, mais elle est plus individuelle, faute de structure financ&eacute;e. Le d&eacute;sengagement de l&rsquo;Etat a des cons&eacute;quences terribles?: les parents n&rsquo;ont aucun choix, bienheureux d&eacute;j&agrave; s&rsquo;ils ne doivent pas garder l&rsquo;enfant chez eux. Cette absence de choix est le leitmotiv du film de Sandrine Bonnaire, Elle s&rsquo;appelle Sabine. Mais on peut aussi l&rsquo;entendre dans la parole des psychiatres, quand elle revient dans les h&ocirc;pitaux psychiatriques o&ugrave; sa soeur a &eacute;t&eacute; intern&eacute;e (Lib&eacute;ration du 29 janvier). Outre l&rsquo;indigence des r&eacute;ponses, ce qui frappe c&rsquo;est leur impuissance, due &agrave; la pauvret&eacute; des moyens humains dans les h&ocirc;pitaux psychiatriques. Faute d&rsquo;avoir des personnes disponibles pour soulager les crises et mettre des mots sur la col&egrave;re, c&rsquo;est-&agrave;-dire reconstruire un lien, on administre une camisole chimique, on prescrit une sismo &#8211; c&rsquo;est-&agrave;-dire un &eacute;lectrochoc nouveau genre -, on met le patient sous clef. C&rsquo;est in&eacute;vitable : un soignant seul ne peut pas s&rsquo;occuper de vingt personnes. R&eacute;ciproquement, ce que son documentaire r&eacute;v&egrave;le, c&rsquo;est que lorsqu&rsquo;il y a des &eacute;ducateurs pour lui parler et la contenir, Sabine va mieux, ses doses de m&eacute;dicaments sont r&eacute;duites de moiti&eacute;. Je ne fais pas un proc&egrave;s contre les m&eacute;dicaments, je comprends bien qu&rsquo;ils peuvent &ecirc;tre utiles, mais pour soigner une maladie du lien, on peut difficilement faire l&rsquo;&eacute;conomie de la relation &agrave; autrui, donc de personnes. Or toutes les associations et institutions lancent un SOS, quelle que soit leur chapelle?: leurs cr&eacute;dits pour employer des gens sont supprim&eacute;s. Quand on interroge des jeunes en banlieue qui ont connu un parcours tortueux, un sur deux est devenu &eacute;ducateur. La plupart du temps sans emploi, bien que les associations aient un besoin vital d&rsquo;eux.<o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"mso-margin-top-alt:auto;mso-margin-bottom-alt:auto\"><span style=\"font-family:&quot;Book Antiqua&quot;\">Tout le monde peut s&rsquo;occuper d&rsquo;enfants autistes?<o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"mso-margin-top-alt:auto;mso-margin-bottom-alt:auto\"><span style=\"font-family:&quot;Book Antiqua&quot;\">Tout le monde ne fait pas le m&ecirc;me travail et n&rsquo;a pas la m&ecirc;me fonction, mais malgr&eacute; le peu de formation, des jeunes gens en errance se r&eacute;v&egrave;lent des interlocuteurs pr&eacute;cieux, &agrave; condition que la relation s&rsquo;inscrive dans la dur&eacute;e et qu&rsquo;eux aussi trouvent leur place. La vie des parents d&rsquo;enfants exclus est faite de bricolage. On a besoin des associations qui sortent les enfants de chez eux, leur font faire de la peinture, les initient aux rollers, les conduisent &agrave; leurs rendez-vous de soins, quand soins il y a. Or, beaucoup disparaissent faute de moyens. Concr&egrave;tement, les associations fonctionnent gr&acirc;ce aux contrats aid&eacute;s pour l&rsquo;emploi, qui sont menac&eacute;s de disparition, apr&egrave;s avoir &eacute;t&eacute; d&eacute;j&agrave; drastiquement r&eacute;duits. Le t&ecirc;te-&agrave;-t&ecirc;te constant des enfants avec leurs parents, voire avec leur m&egrave;re seule, est redoutable pour les uns et les autres.<o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"mso-margin-top-alt:auto;mso-margin-bottom-alt:auto\"><span style=\"font-family:&quot;Book Antiqua&quot;\">Le point commun entre votre livre et le documentaire de Sandrine Bonnaire, c&rsquo;est le mouvement : vous d&eacute;crivez des enfants qui rompent leur carapace et font des efforts consid&eacute;rables pour entrer en relation.<o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"mso-margin-top-alt:auto;mso-margin-bottom-alt:auto\"><span style=\"font-family:&quot;Book Antiqua&quot;\">L&rsquo;autisme est une maladie du lien. La comparaison s&rsquo;arr&ecirc;te l&agrave; car il y a autant d&rsquo;autismes que de personnes souffrant de cette pathologie. On a tendance &agrave; confondre l&rsquo;&eacute;tat toujours singulier d&rsquo;une personne, et ses sympt&ocirc;mes &#8211; l&rsquo;enfermement, l&rsquo;absence de parole, les jeux r&eacute;p&eacute;titifs, le regard apparemment indiff&eacute;rent, la violence. Ce n&rsquo;est pas parce qu&rsquo;une terreur s&rsquo;exprime de la m&ecirc;me mani&egrave;re &#8211; je ne peux pas prendre l&rsquo;avion &#8211; qu&rsquo;elle raconte la m&ecirc;me histoire et signifie la m&ecirc;me chose chez toutes les personnes qui la subissent. On sort de l&rsquo;autisme, on y entre, on y retourne, je n&rsquo;ai aucune recette miracle et je n&rsquo;ai pas la pr&eacute;tention de faire l&rsquo;apologie de mon exp&eacute;rience personnelle ni m&ecirc;me des institutions que j&rsquo;ai pu conna&icirc;tre et pour lesquelles j&rsquo;&eacute;prouve de la gratitude. Sortir de l&rsquo;autisme ne veut pas dire gu&eacute;rir de l&rsquo;autisme, comme on peut gu&eacute;rir d&rsquo;une grippe. Il ne s&rsquo;agit pas de prendre mod&egrave;le sur le corps et la mani&egrave;re dont les maladies peuvent dispara&icirc;tre. Mais de prendre en compte la plasticit&eacute; du psychisme humain. Les &laquo;autistes&raquo; ne sont pas programm&eacute;s pour rester enfermer dans leur structure ni &agrave; l&rsquo;&ecirc;tre par essence. En revanche, la fatigue, un &eacute;l&eacute;ment qui peut sembler anodin, une rencontre qui r&eacute;veille un souvenir, peuvent provoquer un besoin de repli et engager une r&eacute;gression. Exactement comme tout &ecirc;tre humain est parfois prisonnier de sa structure n&eacute;vrotique, psychotique, ou autre, en fonction des chaos de la vie. On fait tous l&rsquo;exp&eacute;rience de &laquo;rechute&raquo;. Je d&eacute;fends l&rsquo;id&eacute;e qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas tant de diff&eacute;rences entre les personnes autistiques et les autres, le pathologique et le normal, mais un continuum. Les gens &laquo;normaux&raquo; aussi se replient quand ils sont agress&eacute;s. Ce que j&rsquo;observe chez certains enfants autistiques, c&rsquo;est une hypersensibilit&eacute;. La peau n&rsquo;est plus une enveloppe protectrice. Ou pas suffisamment. Du coup, le moindre lien peut &ecirc;tre violent ou trop envahissant, et il faut du tact, de la patience, mettre des baumes. Des baumes m&eacute;taphoriques aussi?: des mots. Petit &agrave; petit, au fil des ann&eacute;es, l&rsquo;enveloppe se solidifie, le moi risque moins de s&rsquo;&eacute;parpiller au contact des autres. Qui du coup est un peu moins ext&eacute;nuant et moins dangereux. C&rsquo;est du moins mon exp&eacute;rience : mes filles se sont un peu plus blind&eacute;es, tout en gardant une capacit&eacute; hors du commun &agrave; saisir les pens&eacute;es d&rsquo;autrui. Je vois aussi qu&rsquo;elles sont &eacute;puis&eacute;es quand il y a eu trop de gens autour d&rsquo;elles et qu&rsquo;elles ont fourni un effort faramineux pour &ecirc;tre sociables.<o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"mso-margin-top-alt:auto;mso-margin-bottom-alt:auto\"><span style=\"font-family:&quot;Book Antiqua&quot;\">Comment se d&eacute;roule le quotidien, dans les lieux communs ?<o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"mso-margin-top-alt:auto;mso-margin-bottom-alt:auto\"><span style=\"font-family:&quot;Book Antiqua&quot;\">Tous les parents d&rsquo;enfants autistiques connaissent l&rsquo;angoisse du square lorsque leur petit se roule par terre en avalant de la terre. Il faut beaucoup de sang-froid pour r&eacute;sister aux jugements des t&eacute;moins et trouver les mots qui mettent du sens sur la sc&egrave;ne. Si on ne r&eacute;ussit pas cette mise &agrave; distance, on risque d&rsquo;&ecirc;tre soi-m&ecirc;me violent. Autre lieu terrible?: les salles d&rsquo;attente. Tout le monde se regarde. L&rsquo;enfant tente de se tenir. Puis explose. La tension est extr&ecirc;me. Le souci de rentabilit&eacute; maximum ne nous aide pas?: il est remarquable que la SNCF ait supprim&eacute; le wagon de jeux sur les grandes lignes. Qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;on fait avec un enfant qui affole les gens normaux dans un compartiment??<o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"mso-margin-top-alt:auto;mso-margin-bottom-alt:auto\"><span style=\"font-family:&quot;Book Antiqua&quot;\">Vous mettez en question le terme handicap ou de maladie pour qualifier l&rsquo;autisme.<o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"mso-margin-top-alt:auto;mso-margin-bottom-alt:auto\"><span style=\"font-family:&quot;Book Antiqua&quot;\">Tout se passe comme si, obs&eacute;d&eacute; par la recherche d&rsquo;une cause g&eacute;n&eacute;tique, on ne comprenait plus la diff&eacute;rence que comme un handicap. Handicap signifie une d&eacute;ficience de l&rsquo;individu et de lui seul. Si on r&eacute;p&egrave;te &agrave; un enfant de 2 ans qu&rsquo;il est handicap&eacute;, on risque de l&rsquo;enfermer dans une image de lui-m&ecirc;me difficilement d&eacute;passable. De m&ecirc;me, il y a une violence terrible &agrave; pr&eacute;venir la d&eacute;linquance en la d&eacute;pistant d&egrave;s le plus jeune &acirc;ge. Comment peut-on envoyer une telle pulsion de mort &agrave; un enfant, sans jamais s&rsquo;interroger en quoi ces troubles sont les sympt&ocirc;mes de notre temps?? Les capacit&eacute;s autor&eacute;paratrices de l&rsquo;&ecirc;tre humain sont laiss&eacute;es en friche. Or, je suis persuad&eacute;e que le combat des autistes est valable pour nous tous. J&rsquo;ai &eacute;crit ce livre parce que notre regard est devenu tr&egrave;s enfermant. Sous couvert d&rsquo;empathie, il est destructeur pour les enfants eux-m&ecirc;mes. On ne fonctionne plus qu&rsquo;&agrave; coups d&rsquo;&eacute;motion. C&rsquo;est tr&egrave;s bien d&rsquo;&ecirc;tre &eacute;mu, mais comment remettre de la pens&eacute;e l&agrave; o&ugrave; il n&rsquo;y a plus que des larmes?? Les enfants autistiques ne demandent pas &agrave; &ecirc;tre plaints. Ils ont beaucoup &agrave; nous apprendre sur le langage, comment il s&rsquo;installe ou non, sur son peu d&rsquo;&eacute;vidence. Ils sont au coeur des interrogations sur l&rsquo;existence et sur comment le petit humain se d&eacute;veloppe. La cr&eacute;ativit&eacute; est aussi dans la d&eacute;viance. Bien s&ucirc;r, on trouvera toujours des gens &#8211; soignants, philosophes &#8211; qui r&eacute;fl&eacute;chissent. Mais les budgets ne vont pas aux sciences humaines. Ils vont aux sciences dites objectives?: aux neurosciences ou &agrave; la recherche g&eacute;n&eacute;tique. Or, les recherches les plus avanc&eacute;es en neurosciences d&eacute;montrent que l&rsquo;homme est d&eacute;termin&eacute; pour ne pas &ecirc;tre d&eacute;termin&eacute; ! Autrement dit, qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de cause finale.<o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"mso-margin-top-alt:auto;mso-margin-bottom-alt:auto\"><span style=\"font-family:&quot;Book Antiqua&quot;\">Vous racontez comment les parents d&rsquo;enfants autistiques doivent sans cesse organiser l&rsquo;avenir de leur enfant avec la crainte qu&rsquo;il n&rsquo;existe aucune place pour lui &#8230;<o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"mso-margin-top-alt:auto;mso-margin-bottom-alt:auto\"><span style=\"font-family:&quot;Book Antiqua&quot;\">J&rsquo;ai v&eacute;cu cette errance de porte ferm&eacute;e en porte ferm&eacute;e. D&egrave;s qu&rsquo;on a trouv&eacute; une place dans un lieu (institution, h&ocirc;pital de jour, institut m&eacute;dico-p&eacute;dagogique), on est oblig&eacute; d&rsquo;imaginer la suite?: o&ugrave; sera l&rsquo;enfant &agrave; l&rsquo;adolescence?? Ma chance a &eacute;t&eacute; de rencontrer des soignants qui m&rsquo;ont dit qu&rsquo;ils ne savaient pas. Ils ignoraient ce que mes enfants deviendraient et comment ils allaient &eacute;voluer. C&rsquo;est tr&egrave;s douloureux de recevoir une telle r&eacute;ponse. Mais l&rsquo;entendre, c&rsquo;est accepter que le chemin est &agrave; faire et qu&rsquo;il n&rsquo;est pas trac&eacute; d&rsquo;avance. Lorsqu&rsquo;on comprend qu&rsquo;il faut se pr&eacute;occuper de l&rsquo;ici et maintenant, que tout se joue au jour le jour, quelque chose de joyeux advient. Les enfants autistiques sont d&eacute;j&agrave; &eacute;cras&eacute;s par la peur. De plus, ils doivent subir l&rsquo;angoisse de leur entourage. Quand on r&eacute;ussit &agrave; la mettre de c&ocirc;t&eacute;, on fait un grand pas. Encore une fois, le mod&egrave;le n&rsquo;est pas celui de la m&eacute;decine, il n&rsquo;y a pas de pr&eacute;diction, ni de pr&eacute;vention, &agrave; propos de la pens&eacute;e. Elle n&rsquo;est pas m&eacute;canique.<o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"mso-margin-top-alt:auto;mso-margin-bottom-alt:auto\"><span style=\"font-family:&quot;Book Antiqua&quot;\">Vous semblez trouver vaine la recherche des causes g&eacute;n&eacute;tiques ou organiques de l&rsquo;autisme.<o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"mso-margin-top-alt:auto;mso-margin-bottom-alt:auto\"><span style=\"font-family:&quot;Book Antiqua&quot;\">De mani&egrave;re sous-jacente, il y a la conviction que lorsqu&rsquo;on aura trouv&eacute; la cause, on pourra &eacute;radiquer les d&eacute;viances et cr&eacute;er quelqu&rsquo;un qui r&eacute;agit &laquo;normalement&raquo;. Ainsi, exige-t-on des enfants non seulement normaux, mais performants. Nombre de parents et m&eacute;decins sont oblig&eacute;s de faire alliance avec le diable, de lisser le comportement des enfants avec des m&eacute;dicaments afin qu&rsquo;ils ne soient pas exclus du syst&egrave;me scolaire. Mais encore une fois, je souhaiterais juste que les parents puissent avoir le choix entre les diff&eacute;rentes th&eacute;rapies possibles. Les psychiatres qui ont une formation analytique se rar&eacute;fient. Les comportementalistes vous expliquent comment faire dispara&icirc;tre le sympt&ocirc;me de votre enfant en quelques semaines. Or, il y a de fortes chances que ce sympt&ocirc;me r&eacute;apparaisse sous une autre forme. Je pr&eacute;f&egrave;re penser que les productions de crise ont un sens.<o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"mso-margin-top-alt:auto;mso-margin-bottom-alt:auto\"><span style=\"font-family:&quot;Book Antiqua&quot;\">Vous critiquez la possibilit&eacute;, mise en place par S&eacute;gol&egrave;ne Royal, de mettre les enfants autistes dans le circuit scolaire national quelques heures par semaine.<o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"mso-margin-top-alt:auto;mso-margin-bottom-alt:auto\"><span style=\"font-family:&quot;Book Antiqua&quot;\">Cette mise en place part d&rsquo;une bonne volont&eacute; &#8230; mais les moyens n&rsquo;y sont pas. Que peut faire un instituteur, qui doit s&rsquo;occuper de vingt-cinq &eacute;l&egrave;ves, avec un enfant autiste qui demande &eacute;norm&eacute;ment d&rsquo;attention?? Cela n&eacute;cessite non seulement qu&rsquo;il soit form&eacute; mais que l&rsquo;enfant soit accompagn&eacute; d&rsquo;un autre adulte, lui aussi form&eacute; et pr&eacute;sent en continu. De plus, la pr&eacute;sence de l&rsquo;enfant autistique &agrave; l&rsquo;&eacute;cole n&rsquo;a de sens que si l&rsquo;&eacute;change avec ses camarades est possible. Pour cela, il faudrait que l&rsquo;instituteur prenne le temps de r&eacute;fl&eacute;chir avec les enfants sur les diverses mani&egrave;res de grandir. Faute de quoi, l&rsquo;enfant autistique est dans son coin, perturbe la classe, et ses incomp&eacute;tences lui sont encore une fois d&eacute;montr&eacute;es. Contrairement &agrave; Sandrine Bonnaire, vous n&rsquo;&ecirc;tes pas &agrave; la recherche du diagnostic &#8230;Il n&rsquo;est int&eacute;ressant que s&rsquo;il permet de mettre en place des soins. Et si on l&rsquo;oublie aussi vite. Il s&rsquo;agit toujours de nommer &#8230; sans enfermer.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"mso-margin-top-alt:auto;mso-margin-bottom-alt:auto\">&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;-<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"mso-margin-top-alt:auto;mso-margin-bottom-alt:auto\"><span class=\"Apple-style-span\" style=\"color: rgb(45, 48, 48); font-size: 14px; font-family: Times; \">Conf&eacute;rence propos&eacute;e par l&rsquo;association APARTE le vendredi 28 mars 2008 &agrave; Dax.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"mso-margin-top-alt:auto;mso-margin-bottom-alt:auto\"><span style=\"font-family:&quot;Book Antiqua&quot;\"><o:p><\/o:p><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><!--[if !supportEmptyParas]-->&nbsp;<!--[endif]--><o:p><\/o:p><span class=\"Apple-style-span\" style=\"color: rgb(45, 48, 48); font-size: 14px; font-family: Times; \"><b>&laquo; Sortir de l&rsquo;autisme &raquo; de Jacqueline Berger<\/b><\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 14.0px Times; color: #2d3030\">La conf&eacute;rence est aussi anim&eacute;e par le docteur Fran&ccedil;ois Claus, Jacques Serfass, psychiatre d&rsquo;enfant interlocuteur de parents et St&eacute;phane Bernadiou, infirmier &agrave; l&rsquo;h&ocirc;pital de jour du service psychiatrie de l&rsquo;enfant et de l&rsquo;adolescent. Ils accueillent Madame Jacqueline Berger, journaliste &agrave; Lib&eacute;ration et m&egrave;re de deux jumelles autistes &acirc;g&eacute;e de 16 ans.<\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 14.0px Times; color: #2d3030\">Dans ce contexte difficile d&rsquo;exercice de la psychiatrie, le docteur Claus per&ccedil;oit ce livre comme r&eacute;confortant. Il introduit la conf&eacute;rence par cette citation : &laquo; L&rsquo;autisme est une notion terrible, je pr&eacute;f&egrave;re dire que mon fils a sa logique. &raquo; S&rsquo;ensuit un jeu de questions-r&eacute;ponses entre les professionnels et l&rsquo;invit&eacute;e. Mme Berger ne souhaite pas t&eacute;moigner mais sortir justement de cette &eacute;motion pour mieux &eacute;changer. Son livre n&rsquo;est pas un recueil de recettes concernant l&rsquo;autisme mais le trac&eacute; d&rsquo;un long chemin douloureux.<\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 14.0px Times; color: #2d3030\"><b>1\/ S.B <\/b>: &laquo; Sortir de l&rsquo;autisme &raquo;. Le peut-on et vers o&ugrave; ? Pour quoi et pour qui sortir de l&rsquo;autisme ?<\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 14.0px Times; color: #2d3030\"><b>J.B : <\/b>Ce n&rsquo;est pas gu&eacute;rir de l&rsquo;autisme mais un chemin est possible, sortir de l&rsquo;enfermement. Je pense &agrave; une id&eacute;e de dynamique. La deuxi&egrave;me raison &agrave; ce titre est de toucher un public plus vaste, pour changer les regards et la question du regard est &ocirc; combien importante car elle touche directement les enfants. Ce livre pointe un combat et la complexit&eacute; de la probl&eacute;matique autistique. Si la cause est g&eacute;n&eacute;tique : quel chromosome et quelle partie de chromosome ? Si la cause n&rsquo;est pas g&eacute;n&eacute;tique, ce serait un probl&egrave;me de neurones, de connexions&#8230;<\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 14.0px Times; color: #2d3030\"><b>2\/ J.S <\/b>: Si dans votre livre tout est quelque chose de &laquo; sortir de&#8230;. &raquo; , qu&rsquo;est-ce qui s&rsquo;est pass&eacute; pour &laquo; entrer dans&#8230; &raquo; la pathologie autistique ?<\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 14.0px Times; color: #2d3030\"><b>J.B <\/b>: L&rsquo;autisme n&rsquo;existe pas au sens o&ugrave; il y a autant d&rsquo;autismes que de sujets atteints. Oui, il existe des signes communs, des sympt&ocirc;mes visibles mais ce n&rsquo;est pas pour autant qu&rsquo;il y ait une cause commune. Nous passons trop d&rsquo;ann&eacute;es &agrave; chercher une cause. L&rsquo;id&eacute;e est de trouver une solution et beaucoup&#8230;dans l&rsquo;ici et maintenant.<\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 14.0px Times; color: #2d3030\">3\/ <b>F.C <\/b>: Vous faites une revue des causes possibles. Je cite : &laquo; Je pr&eacute;conise de tourner le dos &agrave; la recherche des causes, qu&ecirc;te illusoire , effets pervers&#8230; &raquo;<\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 14.0px Times; color: #2d3030\"><b>J.B : <\/b>Des effets pervers car il y a l&rsquo;id&eacute;e qu&rsquo;on ne peut pas consid&eacute;rer les troubles autistiques, infantiles sur le mod&egrave;le du corps, que l&rsquo;on ne peut pas consid&eacute;rer l&rsquo;apprentissage du langage, la communication comme une connexion. Ce n&rsquo;est pas comme la fi&egrave;vre.<\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 14.0px Times; color: #2d3030\">Un effet pervers car il y a une exclusion non dite, pas de places dans un &eacute;tablissement dans la r&eacute;alit&eacute;. Avoir le choix, avoir des places est une utopie aujourd&rsquo;hui. La col&egrave;re monte face au rejet, &agrave; l&rsquo;absence d&rsquo;accueil. Il est question de la science qui se perfectionne et qui nie des souffrances plus d&rsquo;ordre psychique, relationnel, proprement humaine. On s&rsquo;int&eacute;resse &agrave; sauver les b&eacute;b&eacute;s pr&eacute;matur&eacute;s et pas &agrave; leurs devenirs.<\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 14.0px Times; color: #2d3030\"><b>4 \/ J.S <\/b>: Il est impossible &agrave; la science de chercher des causes. Toute exp&eacute;rience laisse une trace.<\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 14.0px Times; color: #2d3030\"><b>J.B <\/b>: Quand bien m&ecirc;me nous aurions connaissance de la cause, nous n&rsquo;aurions pas de meilleures indications sur la fa&ccedil;on de soigner. Se pose la difficult&eacute; primordiale de la relation puis de la diversit&eacute; de l&rsquo;autisme.<\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 14.0px Times; color: #2d3030\"><b>5\/ J.S : <\/b>On a trouv&eacute; la cause du mongolisme et on ne savait pas si c&rsquo;&eacute;tait g&eacute;n&eacute;tique ou mental. Si on trouvait la cause de l&rsquo;autisme, &ccedil;a ne changerait pas la question de soigner ?<\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 14.0px Times; color: #2d3030\"><b>J.B <\/b>: Aujourd&rsquo;hui, nous tenons un discours classificateur. Il n&rsquo;y a pas de destins communs. Et oui, il reste tout &agrave; faire chez l&rsquo;enfant de trois ans. Quand nous comprenons ce qui se passe chez son enfant alors nous prenons un grand chemin avec lui. L&rsquo;enfant n&rsquo;est jamais assur&eacute; de son existence. Il faut sortir de l&rsquo;id&eacute;e que tout se joue avant 3 ou 5 ans. La question de l&rsquo;avenir de son enfant se pose pour tous les parents.<\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 14.0px Times; color: #2d3030\"><b>6\/ S.B : <\/b>Vous parlez d&rsquo;une rencontre avec la psychanalyse, en quoi est-ce une ressource pour vous ?<\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 14.0px Times; color: #2d3030\"><b>J.B <\/b>: C&rsquo;est d&rsquo;abord la rencontre avec un psychanalyste. Un savoir existe mais il est menac&eacute; or on donne un sens aux choses. Quand on commence &agrave; accepter, on avance.<\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 14.0px Times; color: #2d3030\"><b>7\/ J.S <\/b>: Un savoir menac&eacute;, pourquoi ?<\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 14.0px Times; color: #2d3030\"><b>J.B <\/b>: La rencontre avec ces enfants est d&rsquo;abord m&eacute;dicale. Elle est moins tourn&eacute;e vers le donner du temps pour laisser comprendre. Or trop vite, il faut mesurer, cataloguer, &eacute;tiqueter.<\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 14.0px Times; color: #2d3030\"><b>J.S <\/b>: Beaucoup de parents remplissent un questionnaire. Il s&rsquo;agit de la souffrance de l&rsquo;enfant et de la souffrance de la famille lorsque la m&eacute;decine prend en charge la psychiatrie.<\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 14.0px Times; color: #2d3030\"><b>J.B <\/b>: Les parents pr&eacute;f&egrave;rent la case handicap&eacute; que maladie mentale.<\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 14.0px Times; color: #2d3030\"><b>F.C <\/b>: Les parents n&rsquo;ont pas le choix. Ici, &agrave; l&rsquo;h&ocirc;pital p&eacute;do-psychiatrique, on part de la nature de l&rsquo;enfant, des besoins. Il existe un clivage avec le &laquo; centre de ressources autisme &raquo; o&ugrave; les personnes qui &eacute;tablissent le bilan sont diff&eacute;rentes de celles qui prescrivent le traitement. Or le traitement commence par une rencontre.<\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 14.0px Times; color: #2d3030\"><b>J.B <\/b>: Je pense que c&rsquo;est une mauvaise affectation des moyens. Les papiers, les classifications sont renforc&eacute;s.<\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 14.0px Times; color: #2d3030\"><b>J.S <\/b>: Au sein m&ecirc;me des psychiatres, les prises de positions peuvent &ecirc;tre cat&eacute;goriquement oppos&eacute;es. Pour certains, le diagnostic est essentiel contrairement &agrave; d&rsquo;autres.<\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 14.0px Times; color: #2d3030\"><b>J.B <\/b>: Le rep&eacute;rage pr&eacute;coce est int&eacute;ressant dans la mesure o&ugrave; les soins sont imm&eacute;diats. Or la demande l&eacute;gitime est transform&eacute;e en bureaucratie.<\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 14.0px Times; color: #2d3030\"><b>J.S <\/b>: Je re&ccedil;ois depuis 3-4 mois une maman et son fils qui pose probl&egrave;me. Cette maman est all&eacute;e au centre de ressources &agrave; Marseille pour un diagnostic et elle est rentr&eacute;e d&eacute;&ccedil;ue. Il lui a &eacute;t&eacute; dit que son fils est autiste &agrave; 60 % . Alors, j&rsquo;ai demand&eacute; quels &eacute;taient les soins conseill&eacute;s . Ce sont exactement les m&ecirc;mes que ceux que nous lui conseillions. Il s&lsquo;agit d&rsquo;une perte de temps et pas d&rsquo;un r&eacute;el centre de ressources.<\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 14.0px Times; color: #2d3030\"><b>F.C <\/b>: Se pose le probl&egrave;me de la multiplication des AVS ? En quoi l&rsquo;int&eacute;gration scolaire est-elle un leurre ou un mythe ?<\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 14.0px Times; color: #2d3030\"><b>J.B<\/b>: Je suis pour l&rsquo;id&eacute;al de l&rsquo;int&eacute;gration mais on ne tend pas vers &ccedil;a. L&rsquo;int&eacute;gration ne se d&eacute;cr&egrave;te pas. Il est question de l&rsquo;accompagnement, de la formation, d&rsquo;int&eacute;gration r&eacute;elle ou pas. Il faut travailler dans tous les secteurs.<\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 14.0px Times; color: #2d3030\">Tous doivent s&rsquo;interroger. Un enfant autiste perturbe beaucoup. Est-ce une int&eacute;gration pour faire plaisir aux parents, pour se rassurer ou pour l&rsquo;enfant ? Dans une dynamique ou pas. Je m&rsquo;interroge sur l&rsquo;Education nationale. Comment int&egrave;gre-t-on ? effectif r&eacute;duit dans la classe ?<\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 14.0px Times; color: #2d3030\">L &rsquo; int&eacute;gration<span class=\"Apple-tab-span\" style=\"white-space:pre\"> <\/span>est<span class=\"Apple-tab-span\" style=\"white-space:pre\"> <\/span>n&eacute;cessaire<span class=\"Apple-tab-span\" style=\"white-space:pre\"> <\/span>pour<span class=\"Apple-tab-span\" style=\"white-space:pre\"> <\/span>sortir<span class=\"Apple-tab-span\" style=\"white-space:pre\"> <\/span>de<span class=\"Apple-tab-span\" style=\"white-space:pre\"> <\/span>l&rsquo; isolement<span class=\"Apple-tab-span\" style=\"white-space:pre\"> <\/span>mais<span class=\"Apple-tab-span\" style=\"white-space:pre\"> <\/span>de<span class=\"Apple-tab-span\" style=\"white-space:pre\"> <\/span>fa&ccedil;on<span class=\"Apple-tab-span\" style=\"white-space:pre\"> <\/span>pens&eacute;e dans l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t de l&rsquo;enfant.<\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 14.0px Times; color: #2d3030\"><b>J.S <\/b>: Les associations de parents d&rsquo;&eacute;l&egrave;ves p&egrave;sent fortement sur le pouvoir public, sur la pouss&eacute;e de scolarisation en milieu ordinaire avec AVS. Or les AVS pullulent. Certes, elles ont de la volont&eacute; mais elles sont sans formation.<\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 14.0px Times; color: #2d3030\"><b>J.B <\/b>: Je partage votre point de vue. C&rsquo;est une politique des bons sentiments. Une AVS co&ucirc;te moins cher qu&rsquo;un h&ocirc;pital de jour.<\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 14.0px Times; color: #2d3030\"><b>S.B <\/b>: Certains enfants ne peuvent pas &ecirc;tre scolaris&eacute;s.<\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 14.0px Times; color: #2d3030\"><b>J.B <\/b>: Mais la demande est forte car le monde pousse &agrave; la normalit&eacute;. Parfois, passer par le milieu extraordinaire est plus facile que par le milieu ordinaire m&ecirc;me si c&rsquo;est difficile &agrave; dire.<\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 14.0px Times; color: #2d3030\"><b>Pot-pourri de r&eacute;flexions avec le public.<\/b><\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 14.0px Times; color: #2d3030\">Les autistes sont des enfants qui cassent le temps. Il n&rsquo;y a pas de handicap mental mais seulement un handicap physique car le mental bouge, change. Notons la plasticit&eacute; du r&eacute;seau neuronal alors que l&rsquo;&eacute;tymologie du mot handicap est fig&eacute;e. Dans le domaine des soins, il vaut mieux se fier &agrave; des rencontres plut&ocirc;t qu&rsquo;au m&eacute;tier ou au savoir de la personne. Quelle que soit la violence des parents, il est important de ne jamais juger, d&rsquo;entendre des paroles douloureuses et de s&rsquo;interroger sur les capacit&eacute;s &agrave; les entendre. Veillons &agrave; faire en sorte que des rencontres soient possibles. Pourquoi ne pas inventer des nouveaux modes de dialogues entre les professionnels et le social ?<\/p>\n<div>&nbsp;<\/div>\n<p><!--EndFragment--><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Article publi&eacute; Le 12 avril 2008 Par DIATKINE Anne http:\/\/www.liberation.fr\/week-end\/010178530-l-autisme-n-est-pas-une-fatalite Jacqueline Berger a &eacute;t&eacute;, durant quinze ans, &eacute;ditrice &agrave; Lib&eacute;ration . Entre sa vie au journal et sa vie personnelle, l&#39;&eacute;tanch&eacute;it&eacute; &eacute;tait de mise. Le 24 Mai 2002, elle fait cependant para&icirc;tre un article intitul&eacute; &quot;Nos enfants attendus nulle part&quot;. Elle y d&eacute;crivait la souffrance &hellip; <a href=\"https:\/\/www.collectifpsychiatrie.fr\/?p=3231\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">&gt; L&#039;autisme n&#039;est pas une fatalit\u00e9 (2008)<\/span>  <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[19,17],"tags":[],"class_list":["post-3231","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-articles-de-presse","category-usagers-familles-dusagers-et-associations"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.collectifpsychiatrie.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3231","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.collectifpsychiatrie.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.collectifpsychiatrie.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.collectifpsychiatrie.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.collectifpsychiatrie.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3231"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.collectifpsychiatrie.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3231\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.collectifpsychiatrie.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3231"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.collectifpsychiatrie.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3231"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.collectifpsychiatrie.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3231"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}