{"id":3563,"date":"2012-05-16T15:54:30","date_gmt":"2012-05-16T15:54:30","guid":{"rendered":"http:\/\/www.collectifpsychiatrie.fr\/?p=3563"},"modified":"2012-05-16T15:54:30","modified_gmt":"2012-05-16T15:54:30","slug":"autisme-laba-trouble-luniversite-de-lille-article-mediapart","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.collectifpsychiatrie.fr\/?p=3563","title":{"rendered":"&gt;Autisme: l&#039;ABA trouble l&#039;universit\u00e9 de Lille (Article Mediapart)"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"font-size: 16px; font-family: 'times new roman', times, serif; \">Ce sera l&#39;un des dossiers br&ucirc;lants des prochaines semaines de l&#39;universit&eacute; de Lille-3 : l&#39;ouverture ou non d&#39;une licence Pro ABA &ndash; Applied Behavior Analysis, ou, en fran&ccedil;ais, analyse appliqu&eacute;e du comportement &ndash; destin&eacute;e &agrave; former des intervenants &agrave; cette m&eacute;thode comportementale d&#39;apprentissage pour enfants autistes ou pr&eacute;sentant des troubles s&eacute;v&egrave;res du comportement. Le 6 avril dernier, juste avant les vacances, le conseil d&#39;administration de l&#39;universit&eacute; de Lille-3 a report&eacute; sa d&eacute;cision concernant la cr&eacute;ation d&#39;une telle licence.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size:16px;\">Hasard du calendrier, ce report fit suite &agrave; notre enqu&ecirc;te, publi&eacute;e le 3 avril et toujours disponible en cliquant ici, enqu&ecirc;te qui r&eacute;v&egrave;le les r&eacute;sultats d&#39;une inspection de l&#39;agence r&eacute;gionale de sant&eacute; (ARS) du Nord dans le centre Camus de Villeneuve d&#39;Ascq o&ugrave;, suite &agrave; la lettre d&#39;un parent, les quatre membres de l&#39;&eacute;quipe d&#39;inspection concluaient que ce centre pr&eacute;sente des &laquo; dysfonctionnements &raquo;constituant &laquo; des facteurs de risques de maltraitance susceptibles d&#39;avoir des r&eacute;percussions sur les enfants accueillis &raquo;.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size:16px;\">Or, ce centre, fortement soutenu par Xavier Bertrand comme nous le r&eacute;v&eacute;lions, entretient des liens tr&egrave;s &eacute;troits avec l&#39;universit&eacute;. Non seulement, au moment de l&#39;inspection de&nbsp;l&#39;ARS, tous les psychologues travaillant au centre Camus &eacute;taient titulaires du Master 2 &ldquo;Psychologie sp&eacute;cialit&eacute; analyse exp&eacute;rimentale appliqu&eacute;e au comportement&rdquo; de Lille-3, mais surtout, le centre Camus a &eacute;t&eacute; cr&eacute;&eacute; par Vinca Rivi&egrave;re, ma&icirc;tre de conf&eacute;rences &agrave; Lille-3 o&ugrave; elle est responsable d&#39;un master et d&#39;un dipl&ocirc;me universitaire et o&ugrave; elle esp&eacute;rait, jusqu&#39;au 6 avril dernier, obtenir l&#39;ouverture d&#39;une licence professionnelle.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size:16px;\">Outre ces dysfonctionnements point&eacute;s par l&#39;ARS, notre enqu&ecirc;te r&eacute;v&eacute;lait aussi que Vinca Rivi&egrave;re n&#39;&eacute;tait pas contre &laquo; <em>des proc&eacute;dures de punition par choc &eacute;lectrique &raquo;: &laquo; Ce qu&#39;on appelle &ldquo;choc &eacute;lectrique&rdquo;, on le pr&eacute;sente en formation en faisant sucer une pile de 9 volts : &ccedil;a picote la langue, se justifiait-elle. Et &ccedil;a suffit &agrave; changer un comportement, je l&#39;ai vu en Hollande, et l&#39;efficacit&eacute; en est d&eacute;montr&eacute;e depuis les ann&eacute;es 50. La personne au comportement inappropri&eacute; (l&agrave;, explique-t-elle, une femme qui se tapait violemment le menton &ndash; ndlr) porte en permanence &agrave; la taille une ceinture reli&eacute;e &agrave; un &eacute;metteur plac&eacute; sur sa cuisse. &raquo; &Agrave; distance,&laquo; l&#39;&eacute;ducateur actionne le dispositif gr&acirc;ce &agrave; sa t&eacute;l&eacute;commande d&egrave;s qu&#39;elle &eacute;met le comportement. &Ccedil;a produit effectivement un choc. Mais l&#39;important est de voir que cette personne, qui ne pouvait plus rien faire, a diminu&eacute; son comportement et a pu faire autre chose. &raquo;<\/em><\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size:16px;\">Enfin, Vinca Rivi&egrave;re, &agrave; contre-courant des recommandations de la Haute autorit&eacute; de sant&eacute; &eacute;dict&eacute;es en mars dernier, expliquait pourquoi elle refusait toute pluridisciplinarit&eacute; au&nbsp;centre Camus : pour avoir la garantie que &laquo; 50 % des enfants qui seront pris avant l&#39;&acirc;ge de 4 ans n&#39;auront plus besoin de suivi au bout de 2 ou 3 ans &raquo;, il faut &laquo; l&#39;ABA et rien d&#39;autre &raquo;. Et &laquo; la base, c&#39;est notre formation &raquo; &agrave; l&#39;universit&eacute;.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size:16px;\">L&#39;ABA n&#39;a pas &eacute;t&eacute; import&eacute; d&#39;Am&eacute;rique du Nord par Vinca Rivi&egrave;re, contrairement &agrave; ce qui est souvent affirm&eacute;. D&#39;autres universitaires l&#39;enseignent et le pratiquent en France depuis des ann&eacute;es avec une tout autre approche. Bernadette Rog&eacute; est de ceux-l&agrave;. Psychologue, form&eacute;e &agrave; l&#39;ABA depuis quelque trente ans, professeur des universit&eacute;s &agrave; Toulouse Le Mirail, c&#39;est l&#39;une des expertes du comit&eacute; de pilotage &eacute;largi de la Haute autorit&eacute; de sant&eacute;. Elle est aussi fondatrice et directrice d&#39;un SESSAD (service d&#39;&eacute;ducation sp&eacute;ciale et de soins &agrave; domicile) &agrave; Toulouse, g&eacute;r&eacute; par l&rsquo;associationCeresa (Centre r&eacute;gional, d&#39;&eacute;ducation et de services pour l&#39;autisme). Cette structure comporte une &eacute;quipe pluridisciplinaire de 20 personnes pour 38 enfants pr&eacute;sentant des troubles du spectre de l&rsquo;autisme et fonctionne avec un co&ucirc;t moyen de 29 000 euros par enfant et par an.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size:16px;\"><strong>Quand et comment avez-vous &eacute;t&eacute; form&eacute;e &agrave; l&#39;ABA ?<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size:16px;\"><strong>BERNADETTE ROGE &mdash;<\/strong> Au milieu des ann&eacute;es 1970, &agrave; la fin de mes &eacute;tudes de psychologie, j&#39;ai pris l&#39;orientation th&eacute;rapie comportementale et cognitive (TCC) et fait diff&eacute;rentes formations g&eacute;n&eacute;ralistes en TCC. Puis dans les ann&eacute;es 1980, je suis all&eacute;e &agrave; Los Angeles o&ugrave; j&#39;ai eu l&#39;occasion de me former aupr&egrave;s du docteur en psychologie Ivar Lovaas, qui a initi&eacute; cette m&eacute;thode dans les ann&eacute;es 1960. &Ccedil;a fait donc quasiment trente ans que je suis form&eacute;e &agrave; l&#39;ABA et que je l&rsquo;ai int&eacute;gr&eacute; &agrave; ma pratique en France.<\/span><\/span><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/collectimp.cluster011.ovh.net\/wp-content\/uploads\/2012\/05\/RogeBernadette1.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"\" class=\"alignright size-full wp-image-3564\" height=\"290\" src=\"http:\/\/collectimp.cluster011.ovh.net\/wp-content\/uploads\/2012\/05\/RogeBernadette1.jpg\" title=\"RogeBernadette\" width=\"239\" \/><\/a><\/p>\n<p><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size:16px;\"><strong>Justement, comment le pratiquez-vous ?<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size:16px;\">D&#39;une mani&egrave;re souple. Car si, au d&eacute;part, Lovaas pratiquait un comportementalisme pur et dur o&ugrave; les intervenants &eacute;taient tr&egrave;s directifs avec les enfants en leur imposant des t&acirc;ches r&eacute;p&eacute;titives que l&#39;on renfor&ccedil;ait syst&eacute;matiquement (grosso modo, par un syst&egrave;me de r&eacute;compense quand les t&acirc;ches &eacute;taient correctement accomplies), depuis, il y a eu des avanc&eacute;es. On sait aujourd&#39;hui que les enfants autistes ne g&eacute;n&eacute;ralisent pas bien. Si on leur fait r&eacute;p&eacute;ter ind&eacute;finiment une m&ecirc;me situation, ces enfants feront certes des acquisitions mais ils ne pourront les reproduire que dans cette situation donn&eacute;e. Ils ne la transposeront pas &agrave; une situation similaire. L&#39;apprentissage alors n&#39;est pas int&eacute;ressant car ce que l&#39;on veut c&#39;est que, globalement, l&#39;enfant soit davantage adapt&eacute; au monde qui l&#39;entoure. Cette approche a donc &eacute;volu&eacute; en tenant compte de la dimension cognitive. J&#39;ai ainsi &eacute;t&eacute; form&eacute;e aussi auTeacch&nbsp;chez Eric Schopler, o&ugrave;, pour le dire vite, on adapte l&#39;environnement pour favoriser les apprentissages de l&#39;enfant. J&#39;ai ainsi infl&eacute;chi mon approche de l&#39;ABA en tenant compte des particularit&eacute;s de ces enfants. Car on ne peut pas se contenter de travailler avec ces enfants en leur inculquant des fonctionnements r&eacute;p&eacute;titifs, nous devons aussi tenir compte de leur disponibilit&eacute;, leur motivation, leur fonctionnement particulier sur le plan sensoriel, cognitif, ce qui demande beaucoup d&#39;adaptations.&nbsp;Enfin, en juillet dernier, je suis all&eacute;e me former &agrave; Sacramento en Californie, au mod&egrave;le de Denver. Cette approche destin&eacute;e aux tout-petits travaille davantage sur les &eacute;motions et la dimension relationnelle. Elle croise l&#39;approche &eacute;motionnelle et l&#39;ABA. Plus concr&egrave;tement, au lieu de rester sur un plan strictement cognitif ou adaptatif, on pose un contexte qui est celui du jeu et de l&#39;interaction &eacute;motionnelle positive. Denver se diff&eacute;rencie des m&eacute;thodes de th&eacute;rapies par le jeu que sont SonRise ou Floortime, car Denver utilise le jeu, le plaisir, pour appliquer les techniques de l&#39;ABA et faire apprendre l&#39;enfant. Si l&#39;on est moins directif qu&#39;avec l&#39;ABA seul, c&#39;est pour que l&#39;enfant nous suive dans ce que nous lui proposons. L&#39;important, c&#39;est d&#39;obtenir sa motivation pour lui apprendre qu&#39;il a une certaine emprise sur son environnement. S&#39;il dit non ou refuse, on accompagne ce refus en le commentant et en en tenant compte. &laquo; Tu ne veux pas ? Alors c&#39;est termin&eacute; et on passe &agrave; autre chose. &raquo; Du coup, on travaille tous les domaines, langage, adaptation, motricit&eacute;&#8230; d&#39;une mani&egrave;re&nbsp;beaucoup plus naturelle et spontan&eacute;e. Je constate tous les jours qu&#39;avec cette combinaison de m&eacute;thodes, on peut obtenir des comportements beaucoup plus spontan&eacute;s. Il s&rsquo;agit de tr&egrave;s jeunes enfants et le fait de tenir compte de ce qu&rsquo;ils aiment ou pas leur procure une certaine emprise sur le milieu, les motive et leur donne plus d&rsquo;initiative. Cela ne signifie pas que progressivement on ne va pas aussi poser un cadre et des interdits comme pour tout enfant.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size:16px;\"><strong>Pourquoi toutes ces &eacute;volutions ? L&#39;ABA ne suffisait pas ?<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size:16px;\">Au d&eacute;part, ce qui &eacute;tait reproch&eacute; &agrave; l&#39;approche comportementale, c&#39;&eacute;tait d&#39;apprendre &agrave; l&#39;enfant un type de comportement plaqu&eacute;, acquis par renforcement. Et c&#39;est vrai que certains enfants gardaient un style st&eacute;r&eacute;otyp&eacute;. Mais Sally Rogers, la psychologue am&eacute;ricaine qui d&eacute;veloppe le mod&egrave;le Denver, montre que si l&#39;enfant est pris en charge jeune, &agrave; l&#39;&acirc;ge o&ugrave; les r&eacute;seaux neuronaux sont en cours de constitution, et que l&#39;on travaille sans s&eacute;parer le socio-&eacute;motionnel du comportemental, on a plus de chance d&#39;obtenir un comportement naturel. Sally Rogers travaille avec des enfants de 12 mois environ. Moi, parce qu&#39;on n&rsquo;a pas les m&ecirc;mes outils de d&eacute;tection en France, je travaille avec des enfants de 2 ou 3 ans. Mais m&ecirc;me plus grands, je constate avec un grand plaisir l&#39;&eacute;volution des enfants, des &eacute;volutions plus int&eacute;ressantes qu&#39;avec l&#39;ABA stricto sensu.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size:16px;\"><strong>Au centre Camus de Villeneuve d&#39;Ascq, Mme Vinca&nbsp;Rivi&egrave;re affirme pourtant que l&#39;ABA doit &ecirc;tre utilis&eacute; seul pour obtenir des r&eacute;sultats&#8230; <br \/>\n\t<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size:16px;\">Je ne veux pas me prononcer sur ces pratiques.&nbsp;M&ecirc;me quand Mme Rivi&egrave;re explique que la technique &ldquo;du choc &eacute;lectrique&rdquo; est efficace sur certains adultes ? J&#39;ai dit que je ne voulais pas me prononcer&#8230; Mais il faut savoir qu&#39;au d&eacute;part, dans les ann&eacute;es 1960, il y a donc plus de cinquante ans, l&#39;ABA &eacute;tait une technique exclusivement exp&eacute;rimentale : on voulait voir si les enfants et les adultes avec autisme pouvaient, comme tout un chacun, apprendre avec les th&eacute;ories de l&#39;apprentissage et du conditionnement. On apprenait donc &agrave; un enfant &agrave; appuyer sur un bouton quand il y a une sonnerie, et pour renforcer le bon comportement, on lui donnait un aliment ou un bonbon. &Ccedil;a n&#39;avait pas beaucoup de sens, mais c&#39;&eacute;tait des exp&eacute;rimentations pour montrer que ce mod&egrave;le d&#39;apprentissage pouvait marcher chez les autistes comme chez les autres personnes. Ensuite, il y a eu, et c&#39;est dommage, et c&#39;est tr&egrave;s malencontreux, des gens qui ont utilis&eacute; des chocs &eacute;lectriques. &Ccedil;a a &eacute;t&eacute; d&eacute;nonc&eacute; d&egrave;s les ann&eacute;es 1960, par Eric Schopler notamment, puis m&ecirc;me Lovaas l&#39;a regrett&eacute;. Pour ma part, je pense que sur un plan &eacute;thique, c&#39;est absolument exclu. C&#39;est impossible &agrave; justifier.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size:16px;\"><strong>Mais dans les instances professionnelles, vous en parlez ?<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size:16px;\">Mais cette personne n&#39;est dans aucun r&eacute;seau professionnel fran&ccedil;ais des th&eacute;rapies comportementales et cognitives ! Pour ma part, j&#39;ai eu la chance de suivre ces &eacute;volutions car je suis&nbsp;membre del&#39;association fran&ccedil;aise des TCC, je suis aussi pr&eacute;sidente du comit&eacute; scientifique de l&#39;Arapi (Association pour la recherche sur l&#39;autisme et la pr&eacute;vention des inadaptations), par ailleurs, en tant qu&#39;enseignante chercheur &agrave; l&#39;universit&eacute; de Toulouse Le Mirail, je fais &eacute;voluer ma pratique en fonction des progr&egrave;s scientifiques. On sait maintenant que faire uniquement de l&#39;ABA, ce n&#39;est pas forc&eacute;ment l&rsquo;id&eacute;al. Il faut s&#39;adapter &agrave; l&#39;enfant, le mettre au centre du dispositif et utiliser tous les outils, sans entrer en religion pour une m&eacute;thode.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size:16px;\"><strong>Tous les outils&#8230; jusqu&#39;aux psychoth&eacute;rapies ?<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size:16px;\">Non, &ccedil;a s&#39;arr&ecirc;te aux approches &eacute;ducatives recommand&eacute;es par la Haute autorit&eacute; de sant&eacute;. Il s&#39;agit de ne pas tout m&eacute;langer m&ecirc;me si l&#39;on peut utiliser certaines psychoth&eacute;rapies avec des enfants de haut niveau, comme des autistes Asperger par exemple. Mais on doit rester dans une approche tr&egrave;s pragmatique et concr&egrave;te correspondant aux besoins de ces enfants et adolescents.&nbsp;Par exemple, &agrave; travers un jeu de r&ocirc;le, on peut construire avec eux un sc&eacute;nario qui mette en sc&egrave;ne une situation qui les angoisse, qui est difficile et on peut leur apprendre &agrave; mieux se comporter dans cette situation lorsqu&rsquo;elle se reproduira. La dimension concr&egrave;te est tr&egrave;s importante pour les autistes. Les allonger sur un divan, &ccedil;a n&#39;a pas de sens quand on sait comment ils fonctionnent.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size:16px;\"><strong>Diriez-vous qu&#39;avec l&#39;ABA ou les autres m&eacute;thodes que&nbsp;vous utilisez, les enfants peuvent sortir de l&#39;autisme ?<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size:16px;\">Non. Dire cela, c&#39;est m&eacute;conna&icirc;tre totalement ce qu&#39;est l&#39;autisme. On ne sort pas de l&#39;autisme, on s&#39;am&eacute;liore. Quand on pose le diagnostic, en g&eacute;n&eacute;ral, des choses irr&eacute;versibles se sont d&eacute;j&agrave; produites dans le cerveau. D&#39;o&ugrave; l&#39;importance de prendre en charge au plus jeune &acirc;ge. Avec des enfants encore en d&eacute;veloppement, on peut, avec des m&eacute;thodes adapt&eacute;es minimiser les risques d&#39;&eacute;volutions n&eacute;gatives et leur apprendre beaucoup de choses. C&#39;est s&ucirc;r que l&#39;on obtient des am&eacute;liorations, mais promettre qu&#39;on va les faire sortir de l&#39;autisme, c&#39;est du mensonge.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size:16px;\"><strong>Comment &eacute;valuer alors les effets de la m&eacute;thode ABA ?<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size:16px;\">D&#39;abord chaque professionnel s&#39;auto-&eacute;value, il trace les courbes d&#39;apprentissage des enfants, et cela peut se pr&ecirc;ter &agrave; une &eacute;valuation externe. D&#39;ailleurs, si l&#39;on veut faire une publication scientifique, ce sont les &eacute;valuations de personnes externes qui comptent. Il faut que ce soit bien s&ucirc;r fait par des psychologues form&eacute;s &agrave; l&#39;ABA, mais il y en a beaucoup en France, qui ont re&ccedil;u un enseignement &agrave; l&#39;&eacute;tranger ou en France. Rien que dans mon universit&eacute;, je forme depuis des ann&eacute;es des psychologues &agrave; l&rsquo;approche comportementale et cognitive.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size:16px;\"><strong>Justement comment se fait la formation ? Comment s&#39;articulent la th&eacute;orie et la pratique et comment s&#39;assurer&nbsp;que, notamment durant les stages, la pratique des &eacute;tudiants est une bonne pratique ?<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size:16px;\">Chaque &eacute;tudiant qui entre en Master Professionnel (apr&egrave;s une licence et une premi&egrave;re ann&eacute;e de master, soit quatre ann&eacute;es d&rsquo;&eacute;tudes) consacre d&#39;abord tout le premier semestre &agrave; ses cours. C&#39;est une partie th&eacute;orique tr&egrave;s intensive. Ensuite, de janvier &agrave; juin, il aura un stage de professionnalisation de 500 heures dans une structure. Et tous interviennent aussi dans des familles. Les &eacute;tudiants qui vont dans les familles n&#39;y vont jamais seuls. A deux, ils forment un bin&ocirc;me et quand ils rencontrent de trop grandes difficult&eacute;s, les enseignants les accompagnent. De plus, ils sont supervis&eacute;s chaque semaine, au cours d&#39;une s&eacute;ance de trois heures. Ils sont vraiment suivis et en aucun cas les &eacute;tudiants ne partent remplacer des professionnels. C&#39;est une rigueur qui rassure les familles mais qui assure aussi la qualit&eacute; des pratiques qui leur sont propos&eacute;es.<\/span><\/span><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.mediapart.fr\/journal\/france\/110512\/autisme-laba-trouble-luniversite-de-lille\"><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size:16px;\">Article original sur mediapart<\/span><\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ce sera l&#39;un des dossiers br&ucirc;lants des prochaines semaines de l&#39;universit&eacute; de Lille-3 : l&#39;ouverture ou non d&#39;une licence Pro ABA &ndash; Applied Behavior Analysis, ou, en fran&ccedil;ais, analyse appliqu&eacute;e du comportement &ndash; destin&eacute;e &agrave; former des intervenants &agrave; cette m&eacute;thode comportementale d&#39;apprentissage pour enfants autistes ou pr&eacute;sentant des troubles s&eacute;v&egrave;res du comportement. 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