{"id":3577,"date":"2012-05-23T14:08:00","date_gmt":"2012-05-23T14:08:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.collectifpsychiatrie.fr\/?p=3577"},"modified":"2012-05-23T14:08:00","modified_gmt":"2012-05-23T14:08:00","slug":"la-loi-du-5-juillet-2011-une-loi-biopolitique-gilles-sainati-mediapart-fr","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.collectifpsychiatrie.fr\/?p=3577","title":{"rendered":"&gt;La loi du 5 juillet 2011, une loi biopolitique ? (gilles sainati &#8211; Mediapart.fr)"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: right; \"><a href=\"http:\/\/collectimp.cluster011.ovh.net\/wp-content\/uploads\/2012\/05\/biopolitique1.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"\" class=\"alignright size-medium wp-image-3584\" height=\"203\" src=\"http:\/\/collectimp.cluster011.ovh.net\/wp-content\/uploads\/2012\/05\/biopolitique1-300x203.jpg\" title=\"biopolitique\" width=\"300\" \/><\/a><\/p>\n<p><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size: 16px; \">Ce &nbsp;texte de loi et de proc&eacute;dure n&rsquo;est pas apparu le soir d&rsquo;un jour de pluie mais il a &eacute;t&eacute; largement anticip&eacute; par toute une s&eacute;rie de textes qui visent &agrave; placer la notion de &nbsp;dangerosit&eacute; comme le crit&egrave;re distinctif entre la norme et l&rsquo;anormalit&eacute; et d&rsquo;en faire d&eacute;couler toute une s&eacute;rie de processus de contention et de contr&ocirc;le sociaux, p&eacute;naux.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size: 16px; \">Citons ici:<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size: 16px; \">les dispositifs qui consistent &agrave; rep&eacute;rer les enfants turbulents &agrave; l&rsquo;&eacute;cole et que l&rsquo;on retrouvera ensuite avec un traitement de ritalin, l&rsquo;un des crit&egrave;res pouvant &ecirc;tre la notion d&rsquo;absent&eacute;isme scolaire aboutissant aussi , dans certains cas , &agrave; suspendre les allocations familiales,<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size: 16px; \">Les dispositifs de bracelets &eacute;lectroniques p&eacute;naux &nbsp;( gps) visant &agrave; suivre les condamn&eacute;s en milieu ouvert et &agrave; remplacer le suivi post-p&eacute;nal avec un contr&ocirc;le &eacute;lectronique &agrave; distance..La tendance est maintenant &agrave; poser des bornes p&eacute;nales interdisant l&rsquo;acc&egrave;s &agrave; certains endroits en fonction du type de condamnation ( exemple: &nbsp;proximit&eacute; des &eacute;tablissements scolaires)<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size: 16px; \">Les textes juridiques qui fondent ces dispositifs ont &eacute;maill&eacute; les lois vot&eacute;es ces dix derni&egrave;res ann&eacute;es: loi perben II, loi pr&eacute;vention de la d&eacute;linquance, loi sur l&rsquo;&eacute;galit&eacute; des chances etc.&nbsp;<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size: 16px; \">Indiscutablement cette nouvelle soci&eacute;t&eacute; de contr&ocirc;le tourne autour d&rsquo;un concept: la dangerosit&eacute; qui explose tous les cadres pr&eacute;c&eacute;demment &eacute;tablis de l&rsquo;Etat de droit qui &nbsp;reposaient sur un principe simple celui &nbsp;de la l&eacute;galit&eacute; des d&eacute;lits et des peines&#8230;C&rsquo;est &agrave; dire que l&rsquo;on ne pouvait condamner une personne que si elle avait commis un acte, une infraction pr&eacute;vue par loi.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size: 16px; \">Aujourd&rsquo;hui la sanction n&rsquo;est plus r&eacute;serv&eacute;e au juge p&eacute;nal, mais en plus l&rsquo;on sanctionnera un comportement selon qu&rsquo;il sera consid&eacute;r&eacute; dangereux in futurum&#8230;Le juge, le droit est d&eacute;pass&eacute;..<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size: 16px; \">Deux lois illustrent parfaitement cette nouvelle &egrave;re:<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size: 16px; \">la r&eacute;tention de s&ucirc;ret&eacute; qui pr&eacute;voit qu&rsquo;une personne ayant purg&eacute; une peine puisse rester enferm&eacute;e car consid&eacute;r&eacute;e comme dangereuse&#8230;<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size: 16px; \">&#8211; la loi que nous examinons ici du 21 juillet 2011 telle que issue de sa nouvelle forme apr&egrave;s la d&eacute;cision du Conseil Constitutionnel<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size: 16px; \">Les caract&eacute;ristiques de ces nouveaux textes sont que la notion de dangerosit&eacute; est principalement arbitr&eacute;e par une autorit&eacute; administrativo-m&eacute;dicale et que le droit est transform&eacute; en une suite de proc&eacute;dures complexes qui confinent au &nbsp;processus.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size: 16px; \">La loi nouvelle, au travers des m&eacute;canismes qu&rsquo;elle met en oeuvre, interroge alors la nature de cette soci&eacute;t&eacute; postdisciplinaire que Foucault avait entrevue et que Gilles Deleuze a nomm&eacute;e la soci&eacute;t&eacute; de contr&ocirc;le. La prise en charge des anormalit&eacute;s n&rsquo;y rel&egrave;verait plus du redressement autoritaire et de l&rsquo;exclusion syst&eacute;matique de la vie sociale mais proc&egrave;derait davantage d&rsquo;une gestion des probl&eacute;matiques li&eacute;es &agrave; certains groupes et individus au c&oelig;ur de la cit&eacute; par dispersion de m&eacute;canismes de correction souples et prot&eacute;iformes qui, tout en manifestant g&eacute;n&eacute;ralement une volont&eacute; de respecter la libert&eacute; individuelle voire en se fondant sur elle, viseraient &agrave; conduire chacun &agrave; exercer celle-ci de mani&egrave;re conforme &agrave; certaines normes sociales explicites ou implicites.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size: 16px; \">En quelque sorte, la psychiatrie de secteur a &eacute;t&eacute; rattrap&eacute;e par les soins ambulatoires sans consentement..<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size: 16px; \">La contrainte devient prot&eacute;iforme sous les atours d&rsquo;une bienveillante tol&eacute;rance. &nbsp;Le danger devient &eacute;vident et repose sur l&rsquo;&eacute;nonc&eacute; de la loi : g&eacute;n&eacute;raliser les soins sans consentement hors l&rsquo;h&ocirc;pital transforme petit &agrave; petit la psychiatrie en une trame m&eacute;dico-administrative vou&eacute;e &agrave; distribuer dans le corps social les prises en charge juridiquement impos&eacute;es. A cet &eacute;gard, le fait que les soins sans consentement aient vocation &agrave; se d&eacute;rouler hors de l&rsquo;h&ocirc;pital et puissent m&ecirc;me englober le domicile du malade s&rsquo;av&egrave;re lourd de significations quant &agrave; un effacement de nombre de s&eacute;parations fondatrices de notre constitution sociale voire anthropologique : libert&eacute;\/contrainte, dedans\/dehors, priv&eacute;\/public&hellip;(1)<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size: 16px; \">La loi du 5 juillet 2011 poserait &nbsp;certains jalons favorisant la r&eacute;alisation cette nouvelle soci&eacute;t&eacute; biopolitique.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size: 16px; \">2)Analyse du process de la loi<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size: 16px; \">Pour analyser ce texte de loi qui enchev&ecirc;tre les comp&eacute;tences judiciaires et administratives ainsi que l&rsquo;approche m&eacute;dicale il convient de retenir l&rsquo;intervention de trois autorit&eacute;s dans un processus:<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size: 16px; \">le pr&eacute;fet et\/ou le directeur d&rsquo;&eacute;tablissement<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size: 16px; \">Le corps m&eacute;dical et pas forcement psychiatrique<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size: 16px; \">le juge du si&egrave;ge.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size: 16px; \">La loi distingue &nbsp;deux types de mesures sous contrainte :<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size: 16px; \">d&rsquo;une part, l&rsquo;hospitalisation compl&egrave;te,<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size: 16px; \">d&rsquo;autre part, un ensemble de modalit&eacute;s particuli&egrave;res de soins, d&eacute;finies dans un programme de soins (article L. 3211-2-1). Ces alternatives &agrave; l&rsquo;hospitalisation compl&egrave;te peuvent prendre plusieurs formes, notamment une hospitalisation &agrave; temps partiel (de jour, de nuit), des soins &agrave; domicile, des consultations en ambulatoire, des activit&eacute;s th&eacute;rapeutiques.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size: 16px; \">Les nouvelles modalit&eacute;s de soins supposent en toute hypoth&egrave;se la mise en &oelig;uvre d&rsquo;une phase initiale d&rsquo;hospitalisation compl&egrave;te &agrave; des fins d&rsquo;&eacute;valuation, dont la dur&eacute;e peut aller jusqu&rsquo;&agrave; 72 heures. Avant l&rsquo;ach&egrave;vement de celle-ci, un certificat m&eacute;dical sp&eacute;cifique est &eacute;tabli et, s&rsquo;il conclut au maintien n&eacute;cessaire de la mesure, une proposition motiv&eacute;e se pronon&ccedil;ant sur la forme de la prise en charge et, le cas &eacute;ch&eacute;ant, sur le programme de soins, est formul&eacute;e par un psychiatre de l&rsquo;&eacute;tablissement d&rsquo;accueil. Des soins ambulatoires, ou un autre mode de suivi contraignant peuvent alors &ecirc;tre substitu&eacute;s &agrave; l&rsquo;hospitalisation compl&egrave;te. Une proc&eacute;dure souple permet cependant au directeur d&rsquo;&eacute;tablissement de r&eacute;tablir une hospitalisation compl&egrave;te, s&rsquo;il est constat&eacute; que la prise en charge sous une forme moins contraignante ne permet pas de dispenser les soins n&eacute;cessaires.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size: 16px; \">La distinction entre les soins ambulatoires et l&rsquo;hospitalisation compl&egrave;te d&eacute;termine la comp&eacute;tence du juge au regard &nbsp;de l&rsquo;article 66 de la Constitution,&nbsp;<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size: 16px; \">contr&ocirc;le obligatoire du juge<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size: 16px; \">1) Le contr&ocirc;le de plein droit pr&eacute;vu &agrave; l&#39;article L. 3211-12-1 du code de la sant&eacute; publique<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size: 16px; \">Suite &agrave; la d&eacute;cision du Conseil Constitutionnel du 26 novembre 2010, un contr&ocirc;le de plein droit, portant sur la n&eacute;cessit&eacute; du maintien de l&rsquo;hospitalisation compl&egrave;te, a &eacute;t&eacute; instaur&eacute; &agrave; l&#39;article L 3211-12-1 du code de la sant&eacute; publique.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size: 16px; \">Ce contr&ocirc;le syst&eacute;matique s&rsquo;applique &agrave; toutes les mesures d&rsquo;hospitalisation compl&egrave;te, ainsi qu&rsquo;aux d&eacute;cisions les renouvelant :<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size: 16px; \">&#8211; celles d&eacute;cid&eacute;es par le directeur d&rsquo;&eacute;tablissement &agrave; la demande d&rsquo;un tiers ou en cas de p&eacute;ril imminent sur le fondement des articles L. 3212-1 (demande d&#39;un tiers accompagn&eacute;e de 2 certificats m&eacute;dicaux), L. 3212-3 (demande d&#39;un tiers accompagn&eacute;e d&#39;un seul certificat m&eacute;dical, en raison d&#39;un risque grave d&#39;atteinte &agrave; l&#39;int&eacute;grit&eacute; du malade), ou L. 3212-7 (renouvellement de la mesure tous les mois) ;<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size: 16px; \">&#8211; celles d&eacute;cid&eacute;es par le repr&eacute;sentant de l&#39;&Eacute;tat dans le d&eacute;partement sur le fondement des articles L. 3213-1 (hospitalisation initiale), L. 3213-4 (renouvellement de la mesure &agrave; 1 mois, puis 3 mois, puis tous les 6 mois), L. 3213-6 (lorsque cons&eacute;cutivement &agrave; des soins psychiatriques &agrave; la demande d&rsquo;un tiers, un psychiatre constate la n&eacute;cessit&eacute; de soins, le patient compromettant la s&ucirc;ret&eacute; des personnes ou portant atteinte de fa&ccedil;on grave &agrave; l&#39;ordre public) et L. 3214-1 (mesure concernant une personne d&eacute;tenue) ;<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size: 16px; \">&#8211; celles prononc&eacute;es, &agrave; la suite d&rsquo;une d&eacute;claration d&rsquo;irresponsabilit&eacute; p&eacute;nale, soit par la chambre de l&#39;instruction ou une juridiction de jugement (article 706-135 du code de proc&eacute;dure p&eacute;nale), soit par le repr&eacute;sentant de l&#39;&Eacute;tat (article L. 3213-7).<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size: 16px; \">Le nouveau contr&ocirc;le intervient avant l&rsquo;expiration du quinzi&egrave;me jour &agrave; compter de l&rsquo;admission en hospitalisation compl&egrave;te, puis &agrave; l&rsquo;issue de chaque p&eacute;riode de 6 mois &agrave; compter de la pr&eacute;c&eacute;dente d&eacute;cision judiciaire. En cas d&rsquo;hospitalisation sans consentement ordonn&eacute;e directement par la juridiction p&eacute;nale, le premier contr&ocirc;le a lieu dans les 6 mois de cette d&eacute;cision judiciaire, puis est renouvel&eacute; tous les 6 mois.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size: 16px; \">Le juge peut, soit maintenir l&#39;hospitalisation compl&egrave;te, soit en ordonner la mainlev&eacute;e.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size: 16px; \">Ce dispositif ne s&rsquo;applique pas aux mesures incluant des soins ambulatoires, m&ecirc;me si ceux-ci sont associ&eacute;s &agrave; une hospitalisation &agrave; temps partiel, de telles mesures ne constituant pas une privation compl&egrave;te de la libert&eacute; individuelle relevant de l&rsquo;article 66 de la Constitution.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size: 16px; \">2)Le contr&ocirc;le de plein droit pr&eacute;vu par l&#39;article L. 3213-5 du code de la sant&eacute; publique<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size: 16px; \">La loi pr&eacute;voit &eacute;galement une saisine syst&eacute;matique du juge, si, au-del&agrave; du quinzi&egrave;me jour de l&rsquo;admission en hospitalisation compl&egrave;te, le repr&eacute;sentant de l&#39;&Eacute;tat dans le d&eacute;partement n&#39;ordonne pas la lev&eacute;e d&#39;une mesure de soins sous la forme d&#39;une hospitalisation compl&egrave;te, alors qu&rsquo;un psychiatre atteste par un certificat m&eacute;dical que les conditions ayant justifi&eacute; cette hospitalisation ne sont plus remplies et que la lev&eacute;e de cette mesure peut &ecirc;tre ordonn&eacute;e (article L.3213-5 du code de la sant&eacute; publique).<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size: 16px; \">Ces contr&ocirc;les de plein droit se cumulent avec les recours qui existaient ant&eacute;rieurement &agrave; la r&eacute;forme du 5 juillet 2011, &agrave; savoir avec :<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size: 16px; \">&#8211; La facult&eacute; pour les int&eacute;ress&eacute;s, ou les personnes habilit&eacute;es &agrave; agir dans leur int&eacute;r&ecirc;t, d&rsquo;exercer un recours facultatif &agrave; l&rsquo;encontre d&rsquo;une mesure de soins sans consentement, pr&eacute;vu &agrave; l&#39;article L. 3211-12 modifi&eacute; du code de la sant&eacute; publique, &eacute;tant pr&eacute;cis&eacute; que ce recours a &eacute;t&eacute; &eacute;tendu et peut d&eacute;sormais &ecirc;tre form&eacute; quelle que soit la forme des soins contraints (hospitalisation compl&egrave;te ou partielle et soins ambulatoires) ;<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size: 16px; \">&#8211; La facult&eacute; pour le juge de se saisir d&#39;office : Les articles L. 3211-12 et R. 3211-14 du code de la sant&eacute; publique reprennent ainsi les dispositions permettant au juge des libert&eacute;s et de la d&eacute;tention de se saisir d&rsquo;office (ancien article R. 3211-7) et fixent les sp&eacute;cificit&eacute;s applicables dans ce cas.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size: 16px; \">le contr&ocirc;le facultatif du juge (article L. 3211-12 du code de la sant&eacute; publique) :&nbsp;<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size: 16px; \">Le recours peut &ecirc;tre exerc&eacute; aux fins d&rsquo;obtenir la mainlev&eacute;e de toute mesure de soins psychiatriques, quelle qu&rsquo;en soit la modalit&eacute; de mise en &oelig;uvre (hospitalisation compl&egrave;te ou soins ambulatoires), d&egrave;s lors que celle-ci rel&egrave;ve soit d&rsquo;un des chapitres II &agrave; IV du titre premier du livre deuxi&egrave;me de la troisi&egrave;me partie du code de la sant&eacute; publique (hospitalisation sans consentement ordonn&eacute;e par le directeur d&#39;&eacute;tablissement ou le repr&eacute;sentant de l&#39;&Eacute;tat), soit de l&rsquo;article 706-135 du code de proc&eacute;dure p&eacute;nale (hospitalisation d&#39;office ordonn&eacute;e par la chambre de l&#39;instruction ou une juridiction de jugement ayant prononc&eacute; un arr&ecirc;t ou un jugement de d&eacute;claration d&#39;irresponsabilit&eacute; p&eacute;nale pour cause de trouble mental). Le juge peut donc &ecirc;tre saisi aux fins d&rsquo;ordonner mainlev&eacute;e d&rsquo;une mesure contraignante tant en cas de soins ambulatoires, avec ou sans une hospitalisation partielle, qu&rsquo;en cas d&rsquo;hospitalisation &agrave; temps complet.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size: 16px; \">Une d&eacute;cision de mainlev&eacute;e de la mesure d&rsquo;hospitalisation compl&egrave;te, si elle est prise par le juge, ne met toutefois pas n&eacute;cessairement fin &agrave; tout soin psychiatrique d&eacute;livr&eacute; dans le cadre d&rsquo;un programme de soins sous contrainte. En effet, la loi pr&eacute;voit des proc&eacute;dures m&eacute;nageant au directeur d&rsquo;&eacute;tablissement ou au repr&eacute;sentant de l&#39;&Eacute;tat la possibilit&eacute; d&#39;organiser des soins sans consentement &agrave; l&#39;issue de la d&eacute;cision judiciaire. Ainsi qu&rsquo;il a &eacute;t&eacute; rappel&eacute; au I-C ci-avant, il appartient au juge pronon&ccedil;ant la mainlev&eacute;e d&rsquo;une hospitalisation compl&egrave;te d&rsquo;appr&eacute;cier s&rsquo;il y a lieu d&rsquo;assortir ou non sa d&eacute;cision d&rsquo;une mention en diff&eacute;rant l&rsquo;effet durant un d&eacute;lai maximal de 24 heures afin de permettre, &agrave; l&rsquo;autorit&eacute; administrative comp&eacute;tente, lorsqu&rsquo;elle l&rsquo;estime n&eacute;cessaire, de mettre en &oelig;uvre un programme de soins. Si tel est le cas, le prononc&eacute; d&#39;un tel diff&eacute;r&eacute; devra donner lieu &agrave; une motivation sp&eacute;cifique dans l&#39;ordonnance.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size: 16px; \">3) Un contr&ocirc;le judiciaire de fa&ccedil;ade<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size: 16px; \">Comment un juge peut il ? :<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size: 16px; \">Contr&ocirc;ler la r&eacute;alit&eacute; d&rsquo;un risque grave d&#39;atteinte &agrave; l&#39;int&eacute;grit&eacute; du malade accompagn&eacute; d&rsquo;un certificat m&eacute;dical<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size: 16px; \">Contr&ocirc;ler le p&eacute;ril &nbsp;imminent assorti de deux certificats m&eacute;dicaux<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size: 16px; \">L&rsquo;on voit ici &nbsp;que le juge va donner une r&eacute;ponse en fonction du contexte ,, la loi ne distinguant pas la n&eacute;cessit&eacute; si le certificat m&eacute;dical initial doit &eacute;maner d&rsquo;un psychiatre ou pas ( cas de Loupian)..<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size: 16px; \">Enfin il est bien &eacute;vident que cette r&eacute;forme s&rsquo;est faite &agrave; moyens constants en termes d&rsquo;effectifs et la saisine d&rsquo;expert enserre la d&eacute;cision dans un d&eacute;lai de 15 jours, aussi la loi pr&eacute;voit le principe de subsidiarit&eacute; des expertises susceptibles d&rsquo;&ecirc;tre ordonn&eacute;es par le juge, que rappelle le code de proc&eacute;dure civile, tel son article 147 au terme duquel le juge doit limiter le choix de la mesure &agrave; ce qui est suffisant pour la solution du litige, en s&rsquo;attachant &agrave; retenir ce qui est le plus simple et le moins on&eacute;reux.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size: 16px; \">Par ailleurs les experts qui seront d&eacute;sign&eacute;s par le juge doivent &nbsp;n&eacute;cessairement d&eacute;signer un expert figurant sur la liste &eacute;tablie par le procureur de la R&eacute;publique, apr&egrave;s avis du directeur g&eacute;n&eacute;ral de l&rsquo;agence r&eacute;gionale de sant&eacute; de la r&eacute;gion dans lequel est situ&eacute; l&rsquo;&eacute;tablissement ou, &agrave; d&eacute;faut, sur la liste des experts inscrits pr&egrave;s la cour d&rsquo;appel du ressort de l&rsquo;&eacute;tablissement (cf. articles L. 3211-12 II et L. 3211-12-1 III, renvoyant &agrave; l&rsquo;article L. 3213-5-1). La pr&eacute;gnance de la tutelle de l&rsquo;autorit&eacute; administrative en l&rsquo;occurrence l&rsquo;ARS s&rsquo;applique aussi au juge.&nbsp;<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size: 16px; \">De quel juge s&rsquo;agit -il ?<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size: 16px; \">Le Juge des Libert&eacute;s et de la D&eacute;tention (J.L.D) est comp&eacute;tent pour statuer. Il a aussi la comp&eacute;tence en mati&egrave;re de mandat de d&eacute;p&ocirc;t et de r&eacute;tention des &eacute;trangers. En r&eacute;alit&eacute; &agrave; la diff&eacute;rence du juge d&rsquo;instruction ou du juge de &nbsp;l&lsquo;Application des Peines, le &nbsp;JLD n&rsquo;a aucun statut. Nomm&eacute; par le Pr&eacute;sident du Tribunal, il est r&eacute;vocable ad nutum, en fonction de la gestion du personnel ou de ses inclinaisons politiques. Ainsi, sous l&rsquo;&egrave;re Sarkozy, &nbsp;de nombreux JLD furent rapidement transf&eacute;r&eacute;s de service et se sont retrouv&eacute;s &agrave; juger des affaires de circulation car ils s&rsquo;opposaient &agrave; la politique du chiffre en mati&egrave;re d&rsquo;&eacute;loignement des &eacute;trangers&#8230;<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size: 16px; \">Ainsi &nbsp;donc &agrave; &nbsp;cette fragilit&eacute; de statut se rajoute la mission d&rsquo;un contr&ocirc;le impossible; le contr&ocirc;le du JLD est donc extr&ecirc;mement marginal.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size: 16px; \">Cette situation est d&eacute;nonc&eacute;e par la commission des affaires sociales de l&rsquo;assembl&eacute;e nationale dans un rapport d&rsquo;information relatif &agrave; la mise en &oelig;uvre de la loi d&eacute;pos&eacute; le 22 f&eacute;vrier 2012 qui rel&egrave;ve que &quot;quand les patients sont transport&eacute;s au tribunal, les conditions mat&eacute;rielles d&rsquo;accueil sont rarement adapt&eacute;es et ne pr&eacute;sentent pas toujours des conditions de s&eacute;curit&eacute; suffisantes&quot; et constate que cette exp&eacute;rience peut se r&eacute;v&eacute;ler traumatisante pour le patient, ce que confirment de nombreux soignants.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size: 16px; \">Lorsque ces audiences ont lieu au tribunal, il est par ailleurs av&eacute;r&eacute; que de nombreux malades n&rsquo;y sont pas conduits, un certificat m&eacute;dical s&rsquo;y opposant &quot;dans leur int&eacute;r&ecirc;t&quot; ; le taux de non-pr&eacute;sentation serait ainsi de l&rsquo;ordre de 40 &agrave; 45 % en r&eacute;gion parisienne et atteindrait m&ecirc;me 100 % pour certains &eacute;tablissements !!<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size: 16px; \">&nbsp;Il est en effet ainsi proc&eacute;d&eacute;, de plus en plus souvent, &agrave; un simple contr&ocirc;le &laquo; sur dossier &raquo; ; la personne hospitalis&eacute;e sans son consentement se trouve priv&eacute;e, pour des motifs fallacieux, de son droit l&eacute;gitime de rencontrer le juge charg&eacute; de contr&ocirc;ler la mesure qu&rsquo;elle subit et de pouvoir faire valoir ses observations ; d&rsquo;autant que, dans ces conditions, elle n&rsquo;aura souvent pas eu de contact avec l&rsquo;avocat charg&eacute; de la repr&eacute;senter, saisi tardivement.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size: 16px; \">Les rapporteurs de la commission des affaires sociales soulignent encore que cette situation serait imputable &agrave; une r&eacute;ticence, voire d&rsquo;un refus, de la hi&eacute;rarchie judiciaire d&rsquo;envisager &ndash; parfois contre l&rsquo;avis des juges des libert&eacute;s et de la d&eacute;tention concern&eacute;s &#8211; l&rsquo;organisation des audiences sur le site de l&rsquo;h&ocirc;pital ou d&rsquo;accorder les moyens le permettant.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size: 16px; \">L&rsquo;exp&eacute;rience de ces quelques mois d&rsquo;application de la r&eacute;forme t&eacute;moigne pourtant indiscutablement du fait que ce contr&ocirc;le s&rsquo;exerce de mani&egrave;re effective (la quasi-totalit&eacute; des malades assistant &agrave; l&rsquo;audience), dans des conditions satisfaisantes pour tous, dans les juridictions ayant fait choix de tenir les audiences sur les sites hospitaliers ; le rapport pr&eacute;cit&eacute; de MM. Blisko et Lefrand pr&eacute;conise d&rsquo;ailleurs, au terme de l&rsquo;enqu&ecirc;te r&eacute;alis&eacute;e, leur g&eacute;n&eacute;ralisation, solution &quot;&eacute;minemment pr&eacute;f&eacute;rable d&rsquo;un point de vue humain&quot; et respectueuse de la dignit&eacute; des patients.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size: 16px; \">Si cette r&eacute;forme a boulevers&eacute; consid&eacute;rablement l&rsquo;activit&eacute; des juges des libert&eacute;s et de la d&eacute;tention dans ce domaine (plus de 30 000 saisines en six mois selon le bilan statistique &eacute;tabli parle minist&egrave;re) ; l&rsquo;&eacute;tude r&eacute;alis&eacute;e en janvier 2011 &eacute;valuait d&rsquo;ailleurs l&rsquo;impact de cette r&eacute;forme sur les effectifs &agrave; 80 ETP de magistrats et 60 ETP de greffiers ; elle pr&eacute;conisait &eacute;galement un abondement du budget de l&rsquo;aide juridictionnelle en cons&eacute;quence.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size: 16px; \">Le rem&egrave;de &agrave; cette situation ne saurait &ecirc;tre le recours massif &agrave; la visioconf&eacute;rence &ndash; piste semble-t-il privil&eacute;gi&eacute;e par la Chancellerie &#8211; dont l&rsquo;usage ici, encore plus que dans d&rsquo;autres domaines, s&rsquo;av&egrave;re totalement inadapt&eacute; compte tenu de l&#39;&eacute;tat de sant&eacute; des personnes hospitalis&eacute;es.&nbsp;<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size: 16px; \">Et la libert&eacute; dans tout cela ..<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size: 16px; \">L&rsquo;intervention du juge du si&egrave;ge est motiv&eacute;e par la pr&eacute;servation de nos libert&eacute;s, rude mission..<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size: 16px; \">Mais la r&eacute;ponse est dans &nbsp;les motivations de loi et je dois vous lire ces quelques lignes extraites du discours de Grenoble de notre ancien pr&eacute;sident du 2\/12\/2010 qui pr&eacute;sentait cette loi &agrave; l&rsquo;occasion de la visite d&rsquo;un h&ocirc;pital psychiatrique &agrave; Antony. Ce discours intervenait suite &agrave; la mise en exergue d&rsquo;un fait divers dramatique intervenu &agrave; Grenoble sur une personne de 26 ans par un malade qui avait fugu&eacute; de l&rsquo;h&ocirc;pital psychiatrique de Saint-Egr&egrave;ve.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size: 16px; \">&laquo;Il faut trouver un &eacute;quilibre, que nous n&rsquo;avons pas trouv&eacute;, entre la r&eacute;insertion du patient absolument n&eacute;cessaire et la protection de la soci&eacute;t&eacute;. Dire cela ce n&rsquo;est bafouer personne. Mon devoir c&rsquo;est de prot&eacute;ger la soci&eacute;t&eacute; et nos compatriotes, de la m&ecirc;me fa&ccedil;on que les personnels. Parce que vous &ecirc;tes les premiers au contact de cette violence &eacute;ruptive, impr&eacute;visible et soudaine. L&rsquo;esp&eacute;rance, parfois t&eacute;nue, d&rsquo;un retour &agrave; la vie normale, &#8211; j&rsquo;ose le dire ici &#8211; ne peut pas primer en toutes circonstances sur la protection de nos concitoyens. Mettez-vous aussi &agrave; ma place. Je dois r&eacute;pondre &agrave; l&rsquo;interrogation des familles des victimes que je re&ccedil;ois. Les malades potentiellement dangereux doivent &ecirc;tre soumis &agrave; une surveillance particuli&egrave;re afin d&rsquo;emp&ecirc;cher un &eacute;ventuel passage &agrave; l&rsquo;acte. Et vous savez fort bien, mieux que moi, que des patients dont l&rsquo;&eacute;tat s&rsquo;est stabilis&eacute; pendant un certain temps peuvent soudainement devenir dangereux.&raquo;<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size: 16px; \">Et plus loin : &laquo;Les sorties de patients, absolument indispensables, doivent &ecirc;tre davantage encadr&eacute;es. La d&eacute;cision d&rsquo;autoriser une personne hospitalis&eacute;e d&rsquo;office &agrave; sortir de son &eacute;tablissement ne peut pas &ecirc;tre prise &agrave; la l&eacute;g&egrave;re. Je ne dis pas qu&rsquo;elle est prise &agrave; la l&eacute;g&egrave;re. Vous avez des convictions j&rsquo;en ai aussi. Je dis que la d&eacute;cision de sortie est une d&eacute;cision qu&rsquo;on ne peut pas prendre &agrave; la l&eacute;g&egrave;re. Elle ne l&rsquo;est pas, tant mieux.&raquo;<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size: 16px; \">&laquo;Mais des gens dangereux dans la rue, c&rsquo;est un scandale aussi. Je veux dire les deux choses et qu&rsquo;on ne vienne pas me dire que c&rsquo;est un cas de temps en temps. Parce que si c&rsquo;&eacute;tait nous, un membre de notre famille, on ne dirait pas cela. Donc, il va falloir faire &eacute;voluer une partie de l&rsquo;h&ocirc;pital psychiatrique pour tenir compte de cette trilogie : la prison, la rue, l&rsquo;h&ocirc;pital, et trouver le bon &eacute;quilibre et le bon compromis.&raquo;<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size: 16px; \">Prison, h&ocirc;pital, rue, &nbsp;voici donc que les mots sont l&acirc;ch&eacute;s et la mission assign&eacute;e &agrave; la psychiatrie: la tranquillit&eacute; et l&rsquo;ordre social et sa hi&eacute;rarchie intrins&egrave;que &nbsp; aussi il n&rsquo;est pas &nbsp;&eacute;tonnant que ce dispositif puisse servir maintenant &agrave; &eacute;liminer les militants r&eacute;calcitrants, les contestataires &#8230;<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size: 16px; \">Dans la campagne &eacute;lectorale il n&rsquo;a pas &eacute;t&eacute; question de cette loi, pourtant il ne tient qu&rsquo;&agrave; nous d&#39;inverser ce mouvement en re-affirmant les fondements &nbsp;&eacute;thiques et d&eacute;mocratiques qui fondent notre Etat de droit et la singularit&eacute; du soin. C&rsquo;est une &nbsp;histoire que l&rsquo;on doit &eacute;crire dans les prochains mois.<\/span><\/span><\/p>\n<p><strong><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size: 16px; \">Gilles Sainati<\/span><\/span><\/strong><\/p>\n<p><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size: 16px; \">Cet article est issu du texte de mon intervention lors de la journ&eacute;e &laquo;Folie et ordre social, entre pr&eacute;vention et pr&eacute;diction, consentement et stigmatisation, quelle politique pour la &laquo; sant&eacute; mentale ? &raquo; organis&eacute;e par l&rsquo;association r&eacute;gionale d&rsquo;aide &agrave; la sant&eacute; mentale &laquo; Croix Marine &raquo; le 12 mai 2012 &agrave; Montpellier<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size: 16px; \">1) voir notamment l&rsquo;article de Mathias &nbsp;Couturier , Ma&icirc;tre de conf&eacute;rences en droit priv&eacute; et sciences criminelles: &laquo;La loi du 5 juillet 2011 :vers un contr&ocirc;le social psychiatrique ?&raquo; sur https:\/\/www.collectifpsychiatrie.fr\/<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-family:times new roman,times,serif;\"><span style=\"font-size: 16px; \">URL source: <a href=\"http:\/\/blogs.mediapart.fr\/blog\/gilles-sainati\/210512\/la-loi-du-5-juillet-2011-une-loi-biopolitique\">http:\/\/blogs.mediapart.fr\/blog\/gilles-sainati\/210512\/la-loi-du-5-juillet-2011-une-loi-biopolitique<\/a><\/span><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ce &nbsp;texte de loi et de proc&eacute;dure n&rsquo;est pas apparu le soir d&rsquo;un jour de pluie mais il a &eacute;t&eacute; largement anticip&eacute; par toute une s&eacute;rie de textes qui visent &agrave; placer la notion de &nbsp;dangerosit&eacute; comme le crit&egrave;re distinctif entre la norme et l&rsquo;anormalit&eacute; et d&rsquo;en faire d&eacute;couler toute une s&eacute;rie de processus de &hellip; <a href=\"https:\/\/www.collectifpsychiatrie.fr\/?p=3577\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">&gt;La loi du 5 juillet 2011, une loi biopolitique ? 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