{"id":6926,"date":"2013-06-10T06:09:32","date_gmt":"2013-06-10T04:09:32","guid":{"rendered":"http:\/\/www.collectifpsychiatrie.fr\/?p=6926"},"modified":"2013-06-10T06:09:32","modified_gmt":"2013-06-10T04:09:32","slug":"quelques-reflexions-a-partir-du-troisieme-plan-autisme","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.collectifpsychiatrie.fr\/?p=6926","title":{"rendered":"&gt; Quelques r\u00e9flexions \u00e0 partir du troisi\u00e8me plan autisme"},"content":{"rendered":"<p>Le troisi\u00e8me plan autisme paru ce mois de Mai 2013 est un pur produit de la pens\u00e9e novlangue, dict\u00e9 par des opposants farouches \u00e0 la psychanalyse et \u00e0 la p\u00e9dopsychiatrie de service public. Son contenu est rempli de \u00ab non surprises \u00bb et aurait tr\u00e8s bien pu \u00eatre annonc\u00e9 par Val\u00e9rie L\u00e9tard dans le gouvernement pr\u00e9c\u00e9dent. L\u00e0, c\u2019est pire encore que ce que l\u2019on aurait pu imaginer, puisque les politiques que nous avons \u00e9lus se comportent en porte paroles d\u2019un seul point de vue, sans compter les commentaires indignes que madame la ministre des handicap\u00e9s a tenu \u00e0 l\u2019occasion de sa sortie, entourant cet \u00e9v\u00e9nement d\u2019une nouvelle atmosph\u00e8re de chasse aux sorci\u00e8res dont nous n\u2019avions absolument pas besoin.<br \/>\nNe pouvant \u00e9videmment reprendre l\u2019ensemble de ce document, je souhaite \u00e9voquer quelques points particuliers qui m\u2019ont parus r\u00e9v\u00e9lateurs d\u2019un climat de vil r\u00e8glement de compte plut\u00f4t qu\u2019annonciateurs d\u2019une nouvelle alliance des diff\u00e9rents praticiens, n\u00e9cessaire \u00e0 la prise en charge des enfants concern\u00e9s et au soutien de leurs parents.<\/p>\n<p>La p\u00e9dopsychiatrie de service public, en charge des probl\u00e8mes sanitaires des enfants autistes n\u2019existe tout simplement plus dans le rapport, et la psychiatrie de secteur, invention dont la France peut s\u2019enorgueillir \u00e0 juste titre n\u2019est cit\u00e9e qu\u2019une seule fois, et encore, en tant qu\u2019 \u00ab \u00e9quipe hospitali\u00e8re de p\u00e9dopsychiatrie \u00bb. Les enfants autistes et leurs parents iront dans les CAMSP et les CMPP, parfois dans les \u00e9tablissements m\u00e9dicosociaux, mais n\u2019iront pas voir le p\u00e9dopsychiatre de secteur dans son CMP, alors que la psychiatrie de secteur est toujours la modalit\u00e9 l\u00e9gale d\u2019organisation de la psychiatrie fran\u00e7aise, et que cette pathologie infantile est encore, pour combien de temps, du ressort de cette sp\u00e9cialit\u00e9 m\u00e9dicale,  et enseign\u00e9e dans les facult\u00e9s de m\u00e9decine par les professeurs de p\u00e9dopsychiatrie.<\/p>\n<p>Sous le couvert d\u2019un lib\u00e9ralisme de bon aloi, la recherche, qui semble un axe essentiel pour nous tous, suit une ligne en contradiction avec tout projet scientifique : il est d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9cis\u00e9 \u00e0 l\u2019avance ce que les chercheurs doivent trouver, des \u00e9tiologies g\u00e9n\u00e9tiques et des marqueurs biologiques, avant m\u00eame d\u2019avoir envisag\u00e9 l\u2019ensemble des pistes \u00e0 suivre, notamment \u00e9pig\u00e9n\u00e9tiques, voire \u00e9voqu\u00e9 leur compl\u00e9mentarit\u00e9 avec les premi\u00e8res. Certaines de ces hypoth\u00e8ses sont purement et simplement ni\u00e9es et pass\u00e9es sous silence, ce qui est une autre mani\u00e8re de d\u00e9finitivement condamner leur existence m\u00eame, tandis que d\u2019autres sont d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sent\u00e9es comme des r\u00e9sultats scientifiques av\u00e9r\u00e9s, alors qu\u2019ils ne le sont pas.<\/p>\n<p>La pr\u00e9vention \u00e0 dix huit mois est pr\u00e9sent\u00e9e comme un scoop qui devrait enfin venir r\u00e9parer les d\u00e9g\u00e2ts faits par \u00ab les p\u00e9dopsychiatres, infiltr\u00e9s par la psychanalyse depuis quarante ans \u00bb (commentaires de la ministre des handicap\u00e9s), qui en ont emp\u00each\u00e9 la mise en place. Tous les travaux en langue fran\u00e7aise parus \u00e0 ce sujet sont tout simplement pass\u00e9s sous silence une fois encore, alors qu\u2019ils contiennent de nombreuses recherches, pratiques et r\u00e9sultats pr\u00e9cieux \u00e0 ce propos. De plus, la question n\u2019est pas si simple que le plan nous l\u2019annonce, car plusieurs diagnostics sont possibles lorsque le p\u00e9dopsychiatre se trouve devant un tableau de syndrome autistique survenant chez un b\u00e9b\u00e9, et il est alors difficile d\u2019annoncer un diagnostic d\u2019autisme \u00e0 des parents quand, quelques mois plus tard, il s\u2019av\u00e8re qu\u2019il s\u2019agissait en r\u00e9alit\u00e9 d\u2019une d\u00e9pression grave, d\u2019un trouble sensoriel ou d\u2019une d\u00e9ficience. Ceux qui n\u2019ont pas rencontr\u00e9 dans leur pratique ces probl\u00e9matiques peuvent facilement donner des le\u00e7ons de pr\u00e9vention g\u00e9n\u00e9rale !<\/p>\n<p>Les TED\/TSA doivent tous emprunter le chemin de l\u2019\u00e9cole. Soit ! La loi de 2005 est certes g\u00e9n\u00e9reuse, mais le gouvernement qui l\u2019a fait voter a simplement oubli\u00e9 de fournir les moyens ad hoc pour faire vivre ce bel effort d\u2019inclusion. La psychiatrie de secteur a toujours jou\u00e9 l\u2019int\u00e9gration scolaire lorsqu\u2019elle \u00e9tait possible, et a soutenu les enseignants et les parents pour la r\u00e9ussir. Mais o\u00f9 sont les moyens pour inclure \u00e0 l\u2019\u00e9cole tous les enfants concern\u00e9s ? Les enseignants ont-ils \u00e9t\u00e9 invit\u00e9s \u00e0 donner leur avis sur cette politique int\u00e9ressante mais n\u00e9cessitant d\u2019autres am\u00e9nagements que les seules injonctions parentales en appui sur une loi sans moyen de l\u2019appliquer ? Pour ma part, j\u2019enseigne depuis de nombreuses ann\u00e9es \u00e0 mes \u00e9tudiants en m\u00e9decine et \u00e0 tous les professionnels concern\u00e9s par l\u2019autisme que le tr\u00e9pied sur lequel repose la prise en charge des enfants TED\/TSA est : \u00ab l\u2019\u00e9ducatif toujours, le p\u00e9dagogique si possible et le th\u00e9rapeutique si n\u00e9cessaire \u00bb. Mais la formulation \u00ab le p\u00e9dagogique si possible \u00bb ne vaut que si d\u2019autres formules sont trouv\u00e9es pour les enfants qui ne peuvent en b\u00e9n\u00e9ficier, et notamment les \u00e9tablissements du m\u00e9dicosocial (IME), ainsi que les h\u00f4pitaux de jour qui doivent apporter \u00e0 l\u2019enfant une possibilit\u00e9 p\u00e9dagogique en rapport avec leur niveau cognitif.<\/p>\n<p>Autre inconv\u00e9nient majeur : l\u2019extension du mod\u00e8le TED\/TSA \u00e0 toutes les pathologies d\u00e9veloppementales des enfants, et notamment aux enfants appel\u00e9s \u00ab dysharmoniques \u00bb par Mis\u00e8s, qui sont d\u00e9sormais recouvertes par la cat\u00e9gorie TED Non Sp\u00e9cifi\u00e9s (TEDNOS). Si la prise en charge des premiers peut \u00eatre am\u00e9lior\u00e9e par les recommandations HAS ANESM (et encore faudrait-il se mettre d\u2019accord sur les d\u00e9rapages interpr\u00e9tatifs des r\u00e9sultats statistiques expos\u00e9s, et \u00e9pingl\u00e9s par l\u2019\u00e9ditorial de la revue Prescrire d\u2019avril 2013), il n\u2019en est rien des seconds, alors que leur pr\u00e9valence est nettement sup\u00e9rieure \u00e0 celle des premiers. Il s\u2019agit, ni plus ni moins d\u2019une OPA sur l\u2019ensemble des enfants pr\u00e9sentant un trouble envahissant du d\u00e9veloppement et sur leurs parents, pour augmenter le rapport de force en faveur d\u2019une position manich\u00e9enne d\u2019exclusion des points de vue diff\u00e9rents et des pratiques institutionnelles port\u00e9es par les \u00e9quipes de p\u00e9dopsychiatrie.<\/p>\n<p>Enfin, la r\u00e9f\u00e9rence constante aux recommandations de l\u2019HAS\/ANESM est affligeante lorsque l\u2019on sait l\u2019\u00e9cart qui existe entre les pr\u00e9tentions scientifiques qu\u2019elles affichent et la r\u00e9alit\u00e9 de leurs r\u00e9sultats objectifs.<\/p>\n<p>Voil\u00e0 d\u00e9j\u00e0 quelques \u00e9l\u00e9ments que je peux livrer \u00e0 votre r\u00e9flexion pour montrer en quoi les troisi\u00e8me plan autisme est en fait une injonction destin\u00e9e \u00e0 d\u00e9tourner les moyens d\u2019une p\u00e9dopsychiatrie  de service public jet\u00e9e aux orties par ses propres ministres de tutelle, vers des pratiques pr\u00f4n\u00e9es comme efficaces, sans prendre en compte la plus \u00e9l\u00e9mentaires des r\u00e9alit\u00e9s : si certains enfants autistes n\u2019ont besoin que de pratiques \u00e9ducatives et p\u00e9dagogiques, d\u2019autres ont \u00e9galement besoin de soutiens th\u00e9rapeutiques du fait de leurs comportements et si le service public n\u2019existe plus ce ne sont pas les quelques places de \u00ab r\u00e9pit \u00bb qui sont cr\u00e9\u00e9es qui vont r\u00e9pondre aux probl\u00e8mes pos\u00e9s par les psychopathologies autistique et psychotique, notamment en cas de \u00ab comportements-probl\u00e8mes \u00bb.<\/p>\n<p>Mais je souhaite reprendre rapidement quelques \u00e9tapes de l\u2019histoire r\u00e9cente des enfants autistes pour mieux \u00e9clairer les positions scandaleuses expos\u00e9es par la ministre des handicap\u00e9s \u00e0 l\u2019occasion de la sortie du troisi\u00e8me plan, qui montrent \u00e0 l\u2019envi sa m\u00e9connaissance du probl\u00e8me qu\u2019elle pr\u00e9tend traiter.<\/p>\n<p>L\u2019autisme d\u00e9crit en 1943 par Kanner constituera le point de d\u00e9part d\u2019une prise en consid\u00e9ration scientifique m\u00e9dicale des enfants concern\u00e9s. Les secteurs de p\u00e9dopsychiatrie cr\u00e9\u00e9s en 1972, et la p\u00e9dopsychiatrie universitaire en 1973, permettront de d\u00e9velopper des structures de soins adapt\u00e9s \u00e0 ces pathologies infantiles, notamment par la cr\u00e9ation du concept d\u2019h\u00f4pital de jour. Ce dispositif permet \u00e0 l\u2019enfant de venir se soigner et d\u2019apprendre dans la journ\u00e9e sur des horaires comparables \u00e0 ceux de l\u2019\u00e9cole et ensuite \u00e0 rentrer chez ses parents. A l\u2019\u00e9poque, seules les \u00e9quipes de p\u00e9dopsychiatrie se mobilisent pour prendre en charge ces enfants. Mais le manque de moyens suffisants et les r\u00e9ticences de certains psychanalystes n\u2019ayant pas pris suffisamment en consid\u00e9ration les caract\u00e9ristiques de ces pathologies archa\u00efques ne donnent pas \u00e0 ces \u00e9quipes la possibilit\u00e9 de d\u00e9velopper davantage ces prises en charge en int\u00e9grant les aspects \u00e9ducatifs et p\u00e9dagogiques, autant qu\u2019il aurait fallu. C\u2019est l\u2019\u00e9poque des orientations de nombreux enfants vers le m\u00e9dicosocial. Les p\u00e9dopsychiatres plaident pour une plus grande int\u00e9gration \u00e0 l\u2019\u00e9cole, mais le temps d\u2019une loi allant dans ce sens n\u2019est pas encore venu. Toutefois, un certain nombre d\u2019\u00e9quipes ouvertes commencent \u00e0 articuler les approches \u00e9ducatives, p\u00e9dagogiques et th\u00e9rapeutiques (Jacques Constant en sera un pionnier \u00e0 Chartres avec Catherine Milcent).  Simone Veil va alors d\u00e9clencher un mouvement \u00e0 partir du politique et sur la demande de nombreuses familles qui ne trouvent pas de r\u00e9ponses pertinentes pour leur enfant. Un mouvement va ainsi se d\u00e9velopper sous le nom de p\u00e9dopsychiatrie int\u00e9grative, et permettre \u00e0 de nombreuses \u00e9quipes de p\u00e9dopsychiatrie de se r\u00e9former pour aller dans ce sens des compl\u00e9mentarit\u00e9s n\u00e9cessaires en fonction de chaque enfant.<br \/>\nDans la p\u00e9riode plus r\u00e9cente, des attaques dirig\u00e9es vers certaines techniques (packing, pataugeoire, psychoth\u00e9rapie) sont organis\u00e9es par certaines associations de parents et visent \u00e0 sensibiliser l\u2019opinion publique en recourant \u00e0 des m\u00e9thodes de d\u00e9sinformation tr\u00e8s \u00e9labor\u00e9es mais indignes de notre d\u00e9mocratie. Des d\u00e9put\u00e9s de droite comme de gauche se mettent en t\u00eate d\u2019interdire la psychanalyse dans l\u2019autisme. Le sommet sera atteint dans les recommandations de l\u2019HAS parues en mars 2012. Si certaines parties de ce texte sont int\u00e9ressantes et acceptables de fa\u00e7on consensuelle, la partie concernant les prises en charge est un v\u00e9ritable traquenard intellectuel puisqu\u2019elle pr\u00e9tend s\u2019appuyer sur ces consid\u00e9rations scientifiques, alors que la preuve est faite depuis qu\u2019il n\u2019en est rien. Si la psychanalyse et la psychoth\u00e9rapie institutionnelle sont jug\u00e9es non consensuelles, et \u00e0 ce titre disqualifi\u00e9es de fait, la packing se voit interdit sauf dans le cadre de la recherche que je m\u00e8ne \u00e0 Lille dans le cadre d\u2019un PHRC accept\u00e9 sur le plan scientifique par le minist\u00e8re de la sant\u00e9 et de la recherche et sur le plan \u00e9thique par la commission de protection des personnes (CPP).<br \/>\nLe troisi\u00e8me plan autisme para\u00eet alors que la majorit\u00e9 politique a chang\u00e9 et que nous attendions de la nouvelle majorit\u00e9 une capacit\u00e9 \u00e0 d\u00e9passer ces conflits d\u00e9l\u00e9t\u00e8res pour enfin partir sur des bases red\u00e9finies dans un esprit d\u2019ouverture et de compl\u00e9mentarit\u00e9. Il n\u2019en a rien \u00e9t\u00e9, et nous voyons se d\u00e9ployer sous nos yeux, les triomphes ordinaires du lobbying des plus forts et des plus organis\u00e9s alli\u00e9s \u00e0 ceux d\u2019une d\u00e9magogie jamais encore atteinte, surfant sans probl\u00e8me sur la souffrance des familles.<\/p>\n<p>Nous sommes aujourd\u2019hui confront\u00e9s \u00e0 une probl\u00e9matique complexe qui peut \u00eatre \u00e9clair\u00e9e par plusieurs niveaux d\u2019analyse.<br \/>\nTout d\u2019abord, au niveau soci\u00e9tal, le proc\u00e8s en sorcellerie fait \u00e0 la psychanalyse devrait \u00eatre instruit contre des psychanalystes qui n\u2019ont pas su accueillir avec le respect humain que l\u2019on doit dans nos m\u00e9tiers aux personnes qui souffrent psychiquement. Lorsqu\u2019un patient se plaint d\u2019un chirurgien, fait-il un proc\u00e8s \u00e0 la chirurgie ? Ceux qui payent aujourd\u2019hui injustement cette haine ne font que tenter dans leurs pratiques, chacun \u00e0 leur mani\u00e8re, non pas de psychanalyser les enfants autistes, mais d\u2019utiliser les conceptions psychanalytiques dans leurs r\u00e9flexions et leurs pratiques relationnelles autour des enfants autistes, et quand la possibilit\u00e9 se pr\u00e9sente, d\u2019adapter les dispositifs de soins en tenant compte de ces avanc\u00e9es dans la prise en charge, et ce, toujours en alliance avec les parents. Si la psychanalyse a \u00e9t\u00e9 importante dans la formation de nombreux p\u00e9dopsychiatres, en aucun cas elle n\u2019a \u00e9t\u00e9 la seule, et beaucoup d\u2019entre nous tentons d\u2019articuler les hypoth\u00e8ses neuroscientifiques avec les hypoth\u00e8ses psychopathologiques dans le cadre des secteurs de p\u00e9dopsychiatrie.<br \/>\nEnsuite, sur le plan politique, le passage progressif, trop rapide \u00e0 mes yeux, d\u2019une d\u00e9mocratie participative \u00e0 une d\u00e9mocratie m\u00e9diatique, met sur le march\u00e9 informatif beaucoup d\u2019\u00e9l\u00e9ments qui se pr\u00e9sentent comme scientifiques alors qu\u2019il n\u2019en est rien. Nous savons que les discussions sur des sujets comme l\u2019autisme deviennent volontiers passionnelles. Et le circuit des pseudo-discussions sur les forums qui sont \u00ab occup\u00e9s \u00bb par des groupes bien organis\u00e9s pour en saturer les contenus n\u2019est pas de nature \u00e0 favoriser une vraie dispute au sens scientifique du terme. Les attaques \u00ab ad hominem \u00bb remplacent les arguments scientifiques, et je sors d\u2019un combat sur le packing o\u00f9 j\u2019ai pu mesurer \u00e0 quel point la passion destructrice tient souvent lieu de pens\u00e9e. En fait il s\u2019agit probablement d\u2019une d\u00e9fense contre l\u2019angoisse qui consiste \u00e0 relayer ad libitum, sur le mod\u00e8le de la publicit\u00e9, les messages destructeurs pour terrasser l\u2019adversaire intellectuel, ce qui \u00e9vite d\u2019avoir \u00e0 penser soi-m\u00eame.<br \/>\nEnfin, la surd\u00e9termination \u00e9conomique ne fait pas de doute dans ce conflit majeur actuel. Il me semble qu\u2019il serait int\u00e9ressant de la part des politiques de dire qu\u2019ils disposent de telle somme pour r\u00e9soudre la question des TED\/TSA, et qu\u2019il faut se mettre autour d\u2019une table pour r\u00e9partir la mise apr\u00e8s des discussions d\u00e9mocratiquement organis\u00e9es. Or ils ont choisi de d\u00e9signer un bouc \u00e9missaire, le service public de p\u00e9dopsychiatrie, de le disqualifier, de le d\u00e9truire et pour y arriver d\u2019utiliser toutes les armes, m\u00eames celles qui ne sont pas autoris\u00e9es, pour lui prendre ses cr\u00e9dits, et les \u00ab transf\u00e9rer \u00bb \u00e0 ceux qui se pr\u00e9sentent comme les \u00ab vrais scientifiques \u00bb. Pas de chance pour nous, nous incarnons le bouc \u00e9missaire, et cet appel au lynchage que la ministre des handicap\u00e9s a organis\u00e9 \u00e0 l\u2019occasion de la sortie du troisi\u00e8me plan n\u2019est pas digne de nos d\u00e9mocraties.<\/p>\n<p>Nous devons faire savoir qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une imposture, et nous devons continuer \u00e0 suivre notre chemin des compl\u00e9mentarit\u00e9s n\u00e9cessaires dans ce domaine de l\u2019autisme, comme dans tous ceux des sciences m\u00e9dicales dans lesquelles la souffrance ne se r\u00e9duit jamais \u00e0 la solution d\u2019une \u00e9quation math\u00e9matique.<\/p>\n<p>Villejuif, 31 mai et 1er juin 2013<br \/>\nQuelques r\u00e9flexions \u00e0 partir du troisi\u00e8me plan autisme<br \/>\nPierre Delion<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le troisi\u00e8me plan autisme paru ce mois de Mai 2013 est un pur produit de la pens\u00e9e novlangue, dict\u00e9 par des opposants farouches \u00e0 la psychanalyse et \u00e0 la p\u00e9dopsychiatrie de service public. 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