{"id":7078,"date":"2013-12-06T15:30:23","date_gmt":"2013-12-06T14:30:23","guid":{"rendered":"http:\/\/www.collectifpsychiatrie.fr\/?p=7078"},"modified":"2020-12-06T12:30:55","modified_gmt":"2020-12-06T12:30:55","slug":"gaetano-benedetti","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.collectifpsychiatrie.fr\/?p=7078","title":{"rendered":"&gt; Gaetano Benedetti"},"content":{"rendered":"<p>Gaetano Benedetti vient de mourir et sera enterr\u00e9 \u00e0 B\u00e2le le 13 d\u00e9cembre<\/p>\n<p>Pour ceux qui ne le connaitraient pas, son \u0153uvre importante se trouve traduite par Patrick Faugeras et publi\u00e9e aux Ed ERES.<br \/>\nBien sur \u201cLa mort dans l\u2019\u00e2me\u201d qui l\u2019a fait connaitre en France, et aussi un tr\u00e8s bon entretien avec Patrick Faugeras \u201cRencontre avec G.Benedetti\u201d (ed ERES) qui est une excellente introduction \u00e0 son \u0153uvre.<br \/>\nIl a \u00e9t\u00e9 une source d\u2019inspiration pour nombre de th\u00e9rapeutes de psychotiques, et en particulier Fran\u00e7oise Davoine et Jean Max Gaudilli\u00e8re qui en parlent abondamment dans leurs ouvrages.<br \/>\nIl nous laisse ses livres et son exp\u00e9rience \u00e0 transmettre.<br \/>\nEn hommage \u00e0 Gaetano Benedetti nous publions, avec son accord, un texte de Patrick Faugeras qui constitue la pr\u00e9face d\u2019un livre \u00e0 paraitre chez ERES : \u201cEntretiens sur la schizophr\u00e9nie\u201d.<br \/>\nCe texte a le m\u00e9rite de situer tr\u00e8s pr\u00e9cis\u00e9ment les enjeux de l\u2019\u0153uvre au regard du traitement de la psychose, mais aussi d\u2019une ouverture \u00e0 l\u2019ensemble du champ psychopathologique \u00e0 partir des d\u00e9couvertes provenant du transfert psychotique.<br \/>\nPatrick Chemla.<\/p>\n<p>Pr\u00e9face<br \/>\nLorsque Gaetano Benedetti quitte la clinique universitaire psychiatrique de Zurich, demeur\u00e9e c\u00e9l\u00e8bre dans l\u2019histoire de la psychiatrie sous le nom de clinique du Burgh\u00f6lzli, celle-ci bruisse encore des noms et propos des psychiatres qui, \u00e0 des titres divers, y ont exerc\u00e9 ou y exercent encore leur talent. <!--more-->Outre l\u2019influence toujours marqu\u00e9e de celui qui en fut le directeur, Eugen Bleuler &#8211; l\u2019inventeur du terme de schizophr\u00e9nie -, digne successeur de von Gudden, d\u2019August Forel et de Wilhelm Griesinger et dont le fils, Manfred Bleuler, assura \u00e0 son tour la direction de la clinique, se laissaient encore entendre les \u00e9chos et les \u00e9clats des d\u00e9bats qu\u2019entretenaient, au d\u00e9but d\u2019un si\u00e8cle d\u00e9j\u00e0 bien engag\u00e9, les plus grandes figures de la psychiatrie. S&rsquo;y cotoyaient, en effet, des dignes repr\u00e9sentants de la psychiatrie ph\u00e9nom\u00e9nologique de langue allemande, tels que Ludwig Binswanger ou Medard Boss, des psychanalystes de renom tels que Carl Gustav Jung (\u00ab bon clinicien mais pi\u00e8tre th\u00e9oricien \u00bb selon GB) ou Karl Abraham, ainsi que des neurophysiologistes qui, dans le droit fil des recherches d\u2019Eduard Hitzig, poursuivaient l\u2019\u00e9tude des localisations c\u00e9r\u00e9brales avec des moyens \u00e9lectriques.<br \/>\nAttendant donc une chaire qui se faisait attendre et apr\u00e8s une ann\u00e9e pass\u00e9e aux \u00c9tats-Unis aupr\u00e8s du psychanalyste Rosen, Gaetano Benedetti est nomm\u00e9 professeur de psychiatrie et de sant\u00e9 mentale \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de B\u00e2le, poste qu\u2019il occupera jusqu\u2019\u00e0 la fin de son enseignement universitaire. Mais il serait erron\u00e9 de penser que la carri\u00e8re universitaire fut pour Gaetano Benedetti, le motif essentiel qui lui fit quitter d\u2019abord la Sicile, et l\u2019indigence dans laquelle baignaient les \u00e9tudes de psychiatrie, en Italie, gangren\u00e9es par le positivisme, pour se rendre \u00e0 Zurich, abandonnant au passage sa langue maternelle, puis quitter la clinique du Burgh\u00f6lzli pour d\u00e9velopper, dans un contexte moins favorable, ce qui fut et demeure l\u2019engagement d\u2019une vie : le traitement des patients psychotiques.<br \/>\nSi Ludwig Binswanger, que Gaetano Benedetti rencontra occasionnellement au Burgh\u00f6lzli, a pu \u00e9crire \u00e0 propos de la psychanalyse, que celui qu\u2019elle empoigne, \u00ab elle ne le l\u00e2che plus \u00bb, cela pourrait aussi s\u2019appliquer \u00e0 nombre de cliniciens qui ont consacr\u00e9 leur vie \u00e0 cette clinique fort exigeante qui r\u00e9clame tout \u00e0 la fois une extr\u00eame disponibilit\u00e9, une grande humilit\u00e9, et une \u00e9laboration th\u00e9orique constante, que chaque rencontre th\u00e9rapeutique se charge de remettre en cause.<br \/>\nCe ne fut donc pas essentiellement pour des raisons de carri\u00e8re que Gaetano Benedetti quitta Zurich, mais plut\u00f4t, parce que, tout admiratif qu&rsquo;il f\u00fbt de ces luxuriantes descriptions du monde du schizophr\u00e8ne que les psychiatres ph\u00e9nom\u00e9nologues d\u2019alors concevaient, il restait insatisfait des r\u00e9ponses th\u00e9rapeutiques qui se situaient bien en de\u00e7\u00e0 de la compr\u00e9hension de ces existences en \u00e9chec. Il ne lui suffisait pas de les comprendre, il s\u2019agissait, pour Gaetano Benedetti, de les soigner, voire de les gu\u00e9rir. Quitter la clinique du Burgh\u00f6lzli, ce fut donc accomplir un acte de m\u00eame nature que celui qui l\u2019avait d\u00e9cid\u00e9, des ann\u00e9es auparavant, \u00e0 Catane, alors qu\u2019il regardait, d\u2019une terrasse de l\u2019h\u00f4pital, avec ses coll\u00e8gues, la cour dans laquelle croupissaient les malades incurables, \u00e0 descendre dans la \u00ab fosse aux lions \u00bb. Cela \u00e9quivalait \u00e0 une rupture.<br \/>\nPar ailleurs, Gaetano Benedetti, engag\u00e9 personnellement dans un travail psychanalytique, pouvait avoir quelque difficult\u00e9 \u00e0 articuler les conceptions ph\u00e9nom\u00e9nologiques, pour lesquelles inconscient et transfert n\u2019\u00e9taient pas des dimensions essentielles, avec la conception freudienne de la psychopathologie et de son traitement, laquelle se soutient justement de ces deux concepts fondamentaux. Gaetano Benedetti ne va donc pas se contenter de ces approches qui, n\u00e9anmoins, r\u00e9habilitaient pour une large part le monde schizophr\u00e9nique, jusque-l\u00e0 disqualifi\u00e9 voire bafou\u00e9, en l\u2019\u00e9levant \u00e0 une modalit\u00e9 d\u2019\u00eatre et en soulignant la complexit\u00e9 et quelquefois l\u2019ing\u00e9niosit\u00e9 de sa construction, mais leur reprochera, du point de vue th\u00e9rapeutique, leur inefficacit\u00e9. La compr\u00e9hension, fut-elle empathique ou sympathique, au sens propre des termes, tout en s\u2019int\u00e9ressant avec attention et compassion \u00e0 l\u2019\u00eatre souffrant, peut \u00eatre le rempart le plus sophistiqu\u00e9, la r\u00e9sistance la plus \u00e9labor\u00e9e contre un engagement v\u00e9ritable, tel que la clinique le n\u00e9cessite, et qui ne peut se concevoir sans la prise en compte de cette dimension essentielle de la relation clinique, qu\u2019est le transfert.<br \/>\nLa psychanalyse n\u2019\u00e9tait pas pour autant terra incognita \u00e0 la clinique du Burgh\u00f6lzli, &#8211; Karl Abraham y avait offici\u00e9, ainsi que Carl Gustav Jung, Ludwig Binswanger y intervenait r\u00e9guli\u00e8rement et Manfred Bleuler, bien que n\u2019\u00e9tant pas un adepte de la discipline, \u00e9tait loin d\u2019y \u00eatre hostile &#8211; mais elle \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9e comme l\u2019une des multiples approches qui, \u00e0 l\u2019\u00e9poque, coexistaient pacifiquement entre elles. \u00c0 la lecture de certains ouvrages de Ludwig Binswanger, on peut ais\u00e9ment se rendre compte qu\u2019une approche ph\u00e9nom\u00e9nologique, inspir\u00e9e tant\u00f4t de Husserl tant\u00f4t de Heidegger, avoisine une approche psychanalytique sans que pour autant elles s\u2019interp\u00e9n\u00e8trent ou s\u2019articulent, et d\u2019autres fois on peut voir transpara\u00eetre le projet implicite qui inspire Binswanger, \u00e0 savoir que la psychanalyse se trouverait absorb\u00e9e dans un ensemble plus vaste, la Daseinanalyse, la psychanalyse existentielle ou existentiale, conform\u00e9ment au projet totalitaire que la philosophie ne sait pas toujours \u00e9viter. On conna\u00eet la r\u00e9ponse de Sigmund Freud \u00e0 Ludwig Binswanger, lequel n\u2019a cess\u00e9 de promettre un ouvrage sur la psychanalyse qu\u2019il n\u2019a finalement jamais \u00e9crit &#8211; : \u00ab (contrairement \u00e0 l\u2019analytique existentielle) Je suis toujours rest\u00e9 au rez-de-chauss\u00e9e et au sous-sol de l\u2019\u00e9difice. Vous pr\u00e9tendez qu\u2019en changeant de point de vue, on peut voir aussi un \u00e9tage sup\u00e9rieur o\u00f9 logent des h\u00f4tes aussi distingu\u00e9s que la religion, l\u2019art, etc. Vous n\u2019\u00eates pas le seul \u00e0 penser ainsi, c\u2019est le cas de la plupart des sp\u00e9cimens de l\u2019Homo natura. En cela vous \u00eates conservateur et moi r\u00e9volutionnaire&#8230; Mais il est probable que nous parlons sans nous entendre et il faudra des si\u00e8cles pour que notre d\u00e9saccord soit r\u00e9gl\u00e9. \u00bb<br \/>\nGaetano Benedetti, tout en reconnaissant la place que la ph\u00e9nom\u00e9nologie a su prendre dans la psychopathologie descriptive et dans la nosographie psychiatrique, en per\u00e7oit rapidement les limites et comprend que, contrairement \u00e0 ce que la ph\u00e9nom\u00e9nologie avance, le transfert n\u2019est pas qu\u2019une simple modalit\u00e9 de la rencontre, mais le point nodal \u00e0 partir duquel l\u2019hypoth\u00e8se de l\u2019inconscient se con\u00e7oit et s\u2019entend, et que le travail de l\u2019interpr\u00e9tation ne peut se r\u00e9duire \u00e0 une herm\u00e9neutique. R\u00e9solument freudien, Benedetti va lui aussi s\u2019int\u00e9resser au sous-sol et au rez-de-chauss\u00e9e de l\u2019\u00e9difice, se consacrant \u00e0 \u00ab l\u2019\u00e9coute des rumeurs d\u2019une vie \u00bb, comme l\u2019\u00e9crivait Merleau-Ponty \u00e0 propos de Freud, au \u00ab caract\u00e8re performatif du langage inconscient, des r\u00eaves&#8230; tout ce qui a \u00e9chapp\u00e9 \u00e0 la philosophie \u00bb. R\u00e9solument freudien, il va toutefois essentiellement s\u2019occuper, de ce que l\u2019on a reproch\u00e9 \u00e0 Freud d\u2019avoir trop n\u00e9glig\u00e9, \u00e0 savoir la clinique des psychoses. On peut, d\u2019ailleurs, incidemment se demander si les diff\u00e9rends qui ont \u00e9maill\u00e9 l\u2019histoire de la psychanalyse, du moins pour la part qui concerne ses relations avec la psychiatrie et la psychiatrie institutionnelle, ne sont pas en partie les cons\u00e9quences , ou les effets, peut-\u00eatre contre-transf\u00e9rentiels, que des cures aussi distinctes que celle des n\u00e9vroses et celle des psychoses ne manquent pas de soulever quant au maniement du transfert et \u00e0 la forme d\u2019engagement qu\u2019elles supposent.<br \/>\nR\u00e9solument freudien mais quelquefois infid\u00e8le, \u00e0 bon escient toutefois, Gaetano Benedetti, peut-\u00eatre influenc\u00e9 par son voyage aux \u00c9tats-Unis et ses lectures de Harry Stack Sullivan et de Frieda Fromm Reichmann, entre autres, ne va pas adh\u00e9rer \u00e0 la th\u00e8se freudienne selon laquelle il n\u2019y aurait pas de relation d\u2019objet dans la psychose mais, au contraire, il va partager l\u2019id\u00e9e de ces auteurs selon laquelle l\u2019investissement du monde, dans la psychose, est tellement massif, fragment\u00e9, dissoci\u00e9, bizarre, symbiotique que le transfert en devient, s\u2019il n\u2019est pas m\u00e9connu ou rejet\u00e9, difficilement maniable selon les pratiques et les crit\u00e8res habituels. Mais comment, avec un sujet qui se prot\u00e8ge du risque d\u2019une absorption par le monde, de la peur d\u2019un engloutissement, et d\u2019une perte radicale de ce qui peut tenir lieu de limites du moi, par un retrait autistique, d\u2019autant plus solipsiste que le danger de dispara\u00eetre est grand, comment pouvoir entrer en relation avec, sans qu\u2019il se sente menac\u00e9, agress\u00e9, sans qu\u2019il craigne d\u2019en \u00eatre d\u00e9truit ? Comment, autrement qu\u2019en s\u2019int\u00e9ressant aux ph\u00e9nom\u00e8nes tels qu\u2019ils se manifestent dans les jeux transf\u00e9rentiels et contre-transf\u00e9rentiels, aux m\u00e9canismes d\u00e9fensifs et cr\u00e9atifs, introjectifs et projectifs, plut\u00f4t qu\u2019\u00e0 la biographie, pouvoir \u00eatre accept\u00e9, sans effraction ni artifice, dans ce monde dont la cl\u00f4ture reste encore et toujours, pour le sujet en souffrance, une trop faible protection ?<br \/>\nGaetano Benedetti rapporte dans l\u2019un de ses nombreux ouvrages, une situation clinique qu\u2019il avait connue en supervision, o\u00f9 une psychoth\u00e9rapeute s&rsquo;\u00e9tait trouv\u00e9e engag\u00e9e dans une relation que l\u2019on pourrait qualifier, \u00e0 plus d\u2019un titre, de d\u00e9licate. Cette th\u00e9rapeute, en effet, recevait une bonne s\u0153ur, une religieuse, qui \u00e9tait sujette \u00e0 d\u2019\u00e9tranges et pour le moins d\u00e9rangeantes hallucinations. Abruptement, elle voyait surgir devant elle le Christ en croix, tel qu\u2019on le repr\u00e9sente habituellement, mais celui-ci se trouvait hallucinatoirement entour\u00e9 d\u2019enfants qui le masturbaient. Vision qu\u2019on imagine particuli\u00e8rement h\u00e9r\u00e9tique pour cette bonne s\u0153ur tourment\u00e9e. La th\u00e9rapeute, quelque peu d\u00e9concert\u00e9e, eut une r\u00e9action qu\u2019il serait difficile de justifier devant des instances psychanalytiques quelque peu conformistes. En effet, se souvenant avoir vu un tableau du peintre Kokoshka qui repr\u00e9sentait le Christ entour\u00e9 d\u2019enfants, et pouss\u00e9e par une inspiration difficile \u00e0 qualifier, la th\u00e9rapeute offrit \u00e0 la bonne s\u0153ur une reproduction de ladite toile. Instantan\u00e9ment, les hallucinations firent place \u00e0 un d\u00e9lire tout aussi luxuriant que soudain, o\u00f9 ce n\u2019\u00e9tait plus le Christ qui \u00e9tait clou\u00e9 sur la croix mais la th\u00e9rapeute, entour\u00e9e elle aussi d\u2019enfants qui se livraient \u00e0 des pratiques que d\u2019aucuns qualifieraient de honteuses.<br \/>\nOn peut tout d\u2019abord s\u2019\u00e9tonner du fait que Gaetano Benedetti consid\u00e9ra alors cette bascule des hallucinations vers le d\u00e9lire comme une source de progr\u00e8s. Lorsqu\u2019elle \u00e9tait hallucin\u00e9e, cette bonne s\u0153ur \u00e9tait enferm\u00e9e, isol\u00e9e dans son monde hallucinatoire &#8211; l\u2019autre, le Christ, par son abstraction et sa distance, n\u2019existait qu\u2019en effigie -, alors que dans le d\u00e9lire, l\u2019apparition de la th\u00e9rapeute en lieu et place du Christ, signifiait, quoique sur un mode d\u00e9lirant, l\u2019instauration d\u2019un rapport \u00e0 un autre, existant en chair et en os. Bref cela \u00e9quivalait \u00e0 une sortie, certainement particuli\u00e8re, de son solipsisme, de son isolement, de la fermeture autistique dans laquelle les hallucinations la maintenaient.<br \/>\nMais il est certain qu\u2019\u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 l\u2019on vise et s\u2019emploie \u00e0 une \u00e9radication rapide et radicale des sympt\u00f4mes, le propos de Benedetti selon lequel l\u2019apparition du d\u00e9lire chez cette religieuse fut une chance peut para\u00eetre surprenant, sauf \u00e0 consid\u00e9rer, \u00e0 l\u2019inverse, qu\u2019une part importante de notre pratique clinique consiste \u00e0 trouver place dans le monde clos de l\u2019existence psychotique.<br \/>\nEt l\u2019on peut ainsi comprendre combien le \u00ab maniement \u00bb du transfert est primordial dans la clinique d\u2019un sujet dont la probl\u00e9matique oscille, sur un mode adialectique, entre dispersion, confusion avec tous les objets du monde, et repli autistique, combien ce maniement du transfert est primordial lorsque l\u2019\u00e9lection d\u2019une adresse peut servir de point de rassemblement, serait-il d\u00e9lirant, pour un sujet dissoci\u00e9.<br \/>\nCe premier mouvement o\u00f9 le sujet souffrant s\u2019ouvre \u00e0 l\u2019autre sur un autre mode que celui qui \u00e9tait, pour lui, jusqu\u2019alors pr\u00e9valent &#8211; la fixit\u00e9 d\u2019un monde arr\u00eat\u00e9 d\u2019o\u00f9 rien ne proc\u00e8de &#8211; pourrait, peut-\u00eatre, si la chronologie a ici un sens, \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme le premier temps d\u2019un processus, d\u2019un processus qui, selon Gaetano Benedetti, passant par une \u00ab dualisation \u00bb, et par ce qu\u2019il conceptualisera en terme de \u00ab sujet transitionnel \u00bb, m\u00e8nera, comme un pont jet\u00e9 par del\u00e0 l\u2019ab\u00eeme de la scission, vers une symbolisation, jusque l\u00e0 impossible.<br \/>\nNul mieux que Gaetano Benedetti ne peut illustrer ce que disait Jacques Lacan lorsqu\u2019il r\u00e9futait la d\u00e9nomination classique de contre-transfert, quelle que soit la source d\u2019o\u00f9 cette relation particuli\u00e8re \u00e9mane, au profit de la notion universelle de transfert, tant pour Gaetano Benedetti, l\u2019effet th\u00e9rapeutique majeur r\u00e9sulte de m\u00e9canismes inconscients qui, aussi bien du c\u00f4t\u00e9 du patient que du c\u00f4t\u00e9 du th\u00e9rapeute, se produit sous l\u2019effet de forces cr\u00e9atrices et organisatrices qui \u00e9mergent face au chaos de la d\u00e9sorganisation. Le transfert du th\u00e9rapeute, s\u2019il permet donc \u00e0 la fois d\u2019appr\u00e9hender, dans le cadre d\u2019une relation intersubjective avec un patient schizophr\u00e8ne, les enjeux et m\u00e9canismes inconscients qui divisent le sujet, est aussi r\u00e9action face au chaos de la d\u00e9sorganisation. Les v\u00e9cus transf\u00e9rentiels du th\u00e9rapeute, qui, bien souvent, lorsqu\u2019il s\u2019agit de psychose, alternent entre attrait et rejet vis-\u00e0-vis du patient, ne se limitent pas \u00e0 \u00eatre le reflet de la scission du transfert ou de la scission interne des v\u00e9cus du patient, m\u00eame s\u2019ils permettent d\u2019en prendre la mesure, mais exercent, souvent \u00e0 l\u2019insu du th\u00e9rapeute un effet curatif, celui-ci ne serait-il d\u00fb qu\u2019\u00e0 l\u2019impossibilit\u00e9 de \u00ab concevoir \u00bb la scission pour un sujet qui n\u2019est pas schizophr\u00e8ne. Bien \u00e9videmment, cela suppose une conception du sympt\u00f4me, et partant de l\u2019inconscient, comme un compromis entre les composantes destructrices \u00e0 l\u2019\u0153uvre dans la psychose et la tentative de gu\u00e9rison que le sympt\u00f4me \u00e9choue \u00e0 r\u00e9aliser. L\u2019inconscient n\u2019est pas que r\u00e9p\u00e9tition, il est aussi tentative de d\u00e9passement de ce qui, ainsi, vient r\u00e9guli\u00e8rement \u00e9chouer dans l\u2019\u00e9preuve de la r\u00e9alit\u00e9.<br \/>\nEt il ne sera pas question, dans cette phase d\u00e9licate o\u00f9 se joue la sortie de cet isolement autistique, d\u2019interpr\u00e9ter, comme cela peut se faire dans une cure classique, ou de se livrer \u00e0 une quelconque herm\u00e9neutique, comme des ph\u00e9nom\u00e9nologues pourraient le faire, ou bien, \u00e0 la fa\u00e7on des tenants anglo-saxons de l\u2019interpr\u00e9tation directe, qui tentaient de r\u00e9soudre, par une sorte de for\u00e7age interpr\u00e9tatif, les r\u00e9sistances du patient. L\u2019interpr\u00e9tation, telle qu\u2019elle peut se manier dans une cure classique n\u2019est donc pas ici possible, sinon \u00e0 soulever de fortes r\u00e9actions anxieuses, et\/ou \u00e9ventuellement \u00e0 figer le th\u00e9rapeute dans la position, rapidement ind\u00e9logeable, de pers\u00e9cuteur. Il s\u2019agit, plut\u00f4t, comme l\u2019exemple de la religieuse le montre, et avant m\u00eame que n\u2019op\u00e8re ce processus que Benedetti appelle la dualisation, que le th\u00e9rapeute prenne pied dans le monde, serait-il hallucin\u00e9, du patient.<br \/>\nPlut\u00f4t que d\u2019interpr\u00e9tation, il serait peut-\u00eatre plus juste de parler d\u2019un travail d\u2019association auquel patient et th\u00e9rapeute se livrent en r\u00e9ponse ou en r\u00e9action \u00e0 ce que l\u2019autre \u00e9nonce, sans que la signification v\u00e9ritable en soit saisie ou m\u00eame recherch\u00e9e- si ce n&rsquo;est dans un travail de supervision . C\u2019est ainsi que va se constituer ce que Gaetano Benedetti appellera, en r\u00e9f\u00e9rence bien s\u00fbr \u00e0 Winnicott et au concept d\u2019objet transitionnel, le \u00ab sujet transitionnel \u00bb, dont il dit qu\u2019il est constitu\u00e9 de parties du patient et de parties du th\u00e9rapeute, c\u2019est-\u00e0-dire un entre-deux, qui n\u2019est ni tout \u00e0 fait l\u2019un ni tout \u00e0 fait l\u2019autre mais qui est fait des associations de l\u2019un et de l\u2019autre, et qui repr\u00e9sente un point de rassemblement, pr\u00e9alable n\u00e9cessaire avant tout travail de s\u00e9paration.<br \/>\nBien entendu, patient et th\u00e9rapeute ne se trouvent pas tous deux sur le m\u00eame plan, le th\u00e9rapeute reste le th\u00e9rapeute, m\u00eame s&rsquo;il lui arrive de vaciller. Et c\u2019est, essentiellement, par la pratique de la supervision, comme cet ouvrage a le m\u00e9rite de le montrer, que non seulement le th\u00e9rapeute pourra se situer ou se resituer par rapport \u00e0 la relation engag\u00e9e, mais surtout qu\u2019il pourra se livrer \u00e0 l\u2019interpr\u00e9tation de ce qui se joue pour l\u2019un et pour l\u2019autre dans cette relation. On pourrait dire que la supervision est le lieu v\u00e9ritable de l\u2019interpr\u00e9tation, et c\u2019est parce qu\u2019elle est telle, que le th\u00e9rapeute va pouvoir associer librement dans la relation avec le patient. C\u2019est comme cela, me semble-t-il, qu\u2019il faut entendre cette notion d\u2019identification partielle que Benedetti avance quelquefois, lorsqu\u2019il \u00e9voque la position du th\u00e9rapeute qui accepte de r\u00e9pondre, en miroir, \u00e0 l\u2019appel identificatoire propre \u00e0 la psychose, par un mouvement identificatoire mais un mouvement qui, contrairement \u00e0 celui du patient, reste partiel. Cette conception n\u2019est pas \u00e9trang\u00e8re aux th\u00e9orisations touchant au m\u00e9canisme de l\u2019identification projective, processus massivement \u00e0 l\u2019\u0153uvre dans la psychose et o\u00f9 se trouve projet\u00e9e sur le monde la dissociation dont le sujet est l\u2019objet, fragmentant ainsi le monde auquel il se trouve identifi\u00e9. Le th\u00e9rapeute se trouve contraint de se soumettre partiellement aux exigences dissociatives et projectives que la pathologie du sujet impose, mais s\u2019il ne peut refuser les conditions de la rencontre que le patient lui impose, il ne peut non plus y \u00eatre totalement assujetti car il risquerait d\u2019\u00eatre lui-m\u00eame pris dans une organisation psychopathologique pouvant aller jusqu\u2019\u00e0 le p\u00e9trifier dans le d\u00e9lire ou du moins l\u2019\u00e9pingler dans une chronicit\u00e9 sans issue. Si l\u2019identification proprement dite est l\u2019envers et le pi\u00e8ge dans lequel peut s\u2019ab\u00eemer le transfert, l\u2019identification partielle suppose une c\u00e9sure entre une acceptation de l\u2019ordre d\u2019un monde que la psychose, dans sa folie, impose, mais sans pour autant que le th\u00e9rapeute y adh\u00e8re, le fasse sien, non par refus ou par rejet ou par calcul mais parce que le d\u00e9lire pourrait s\u2019en trouver confort\u00e9, ouvrant alors \u00e0 ce que les cliniciens appellent une \u00ab folie \u00e0 deux. \u00bb Dans les pr\u00e9sentations ici rapport\u00e9es, on peut entendre et ressentir, devant la perte des rep\u00e8res usuels, face \u00e0 la violence ou \u00e0 la bizarrerie des comportements, face aux assauts, agressifs ou sexuels, combien il est difficile, pour des th\u00e9rapeutes profond\u00e9ment engag\u00e9s dans une relation th\u00e9rapeutique, qui, tels des funambules, marchent sur un fil entre rejet et confusion, de trouver et garder l\u2019\u00e9quilibre. C\u2019est bien \u00e9videmment, le travail d\u2019interpr\u00e9tation en rapport avec les dynamiques transf\u00e9rentielles, effectu\u00e9 en supervision, qui va permettre au th\u00e9rapeute, engag\u00e9 dans la complexit\u00e9 de la relation, de se tenir dans cette position inconfortable qui consiste \u00e0 avoir un pied dedans tout en gardant un pied dehors.<br \/>\nR\u00e9solument freudien, ai-je r\u00e9p\u00e9t\u00e9 plusieurs fois au cours de cette pr\u00e9face, certes, et cela ne se d\u00e9mentira pas tout au long de l\u2019\u0153uvre de Gaetano Benedetti, mais force lui sera de constater que les d\u00e9couvertes freudiennes, bien qu\u2019essentielles, restent un peu courtes quant \u00e0 la clinique des psychoses, aussi bien au niveau th\u00e9orique qu\u2019au niveau technique. Benedetti se rend rapidement compte que le setting analytique classique ne convient pas au patient schizophr\u00e8ne, que la pratique du divan et des associations libres m\u00e8nent plus s\u00fbrement \u00e0 des difficult\u00e9s, voire \u00e0 des catastrophes qu\u2019elles ne permettent un effectif travail. Parce que, comme l\u2019on sait, Freud s\u2019est appuy\u00e9 sur l\u2019\u00e9tude des n\u00e9vroses pour appr\u00e9hender th\u00e9oriquement la psychose, sans en avoir une pratique clinique effective, et parce que le clivage n\u2019est pas la scission, pas plus que le refoulement dans la n\u00e9vrose n\u2019est de m\u00eame nature que le retranchement \u00e0 l\u2019\u0153uvre dans la psychose, le mod\u00e8le de la cure analytique des n\u00e9vroses ne peut convenir au traitement des psychoses. Donc, Gaetano Benedetti va devoir, au niveau th\u00e9orique comme au niveau technique, d\u00e9velopper et adapter \u00e0 la clinique des psychoses, ce qui \u00e9tait toutefois en germe dans la th\u00e9orie freudienne, et ce non sans mal, car les psychanalystes orthodoxes lui reprocheront longtemps ce qu\u2019ils qualifieront d\u2019infid\u00e9lit\u00e9 par rapport \u00e0 l\u2019orthodoxie et au maniement de la cure type.<br \/>\nMais le cheminement th\u00e9orique de Benedetti, toujours soucieux d\u2019\u00e9laborer une clinique des psychoses, va le conduire d\u2019une part \u00e0 lire Freud, et \u00e0 s\u2019int\u00e9resser au champ des n\u00e9vroses \u00e0 partir de cette clinique sp\u00e9cifique, qu\u2019il n\u2019h\u00e9sitera pas \u00e0 qualifier de fondamentale, plut\u00f4t que l\u2019inverse &#8211; de la n\u00e9vrose vers la psychose &#8211; et, d\u2019autre part, \u00e0 interroger, plus ou moins directement, ce qu&rsquo;aujourd\u2019hui en France on semble g\u00e9n\u00e9ralement accr\u00e9diter, \u00e0 savoir la notion de structure qui, si elle ne rev\u00eat pas une connotation destinale, se trouve souvent bien embarrassante. En effet, cette notion, difficile \u00e0 manier, am\u00e8ne parfois, paradoxalement, \u00e0 une conduite de la cure de patients psychotiques qui ressemble fort \u00e0 des pratiques de type comportementaliste, apr\u00e8s qu\u2019elle aura \u00e9t\u00e9 longtemps pr\u00e9texte \u00e0 laisser, par exemple, les patients hospitalis\u00e9s dans une totale incurie et avoir cantonn\u00e9 le \u00ab soin \u00bb institutionnel \u00e0 un simple gardiennage, favorisant des processus de chronicisation devenus ind\u00e9passables.<br \/>\nComme nous avons pu le voir \u00e0 la lecture du S\u00e9minaire sur l\u2019hyst\u00e9rie, pr\u00e9c\u00e9demment publi\u00e9 dans cette m\u00eame collection, la consid\u00e9ration de cette forme de n\u00e9vrose, notamment dans sa constitution, se trouve particuli\u00e8rement enrichie par les apports th\u00e9orico-cliniques issus de la clinique des psychoses. La cons\u00e9quence de tout cela, c\u2019est que Gaetano Benedetti va fr\u00e9quemment souligner la parent\u00e9 entre n\u00e9vrose et psychose, tout en reconnaissant leur diff\u00e9rence, parlant \u00e0 ce propos, dans cet ouvrage, de \u00ab saut de qualit\u00e9 \u00bb &#8211; comme on pourrait le dire en physique lorsqu\u2019une certaine accumulation d\u2019\u00e9l\u00e9ments produit un changement d\u2019\u00e9tat &#8211; marquant ainsi continuit\u00e9 et rupture. Une autre cons\u00e9quence de cette lecture \u00ab invers\u00e9e \u00bb, c\u2019est que le regard clinique de Benedetti va porter sur la nature du transfert plut\u00f4t que sur la structure psychopathologique du sujet, s\u2019int\u00e9ressant aux modalit\u00e9s transf\u00e9rentielles qui peuvent rev\u00eatir tant\u00f4t un caract\u00e8re psychotique tant\u00f4t un caract\u00e8re n\u00e9vrotique, ind\u00e9pendamment de la \u00ab structure \u00bb, et bien au-del\u00e0 de la remarque de Manfred Bleuler qui reconnaissait, comme l\u2019un de ses traits pathognomoniques, des zones de normalit\u00e9 au c\u0153ur de la schizophr\u00e9nie.<\/p>\n<p>Les quelques s\u00e9ances de supervision, ici reprises et rapport\u00e9es, qui se tinrent dans le cadre de l\u2019Institut Milanais de Psychoth\u00e9rapie, \u00e0 la cr\u00e9ation duquel Johannes Cremerius et Gaetano Benedetti collabor\u00e8rent, ont d\u2019abord l\u2019avantage de nous permettre de ressentir et de percevoir l\u2019atmosph\u00e8re dans laquelle elles se d\u00e9roulaient, bien que l\u2019accent soit ici plus particuli\u00e8rement mis par les curateurs sur les commentaires de Gaetano Benedetti, plut\u00f4t que sur les pr\u00e9sentations et les nombreux \u00e9changes qui suivaient la pr\u00e9sentation d\u2019une situation clinique. Mais par l\u00e0-m\u00eame, on peut mieux saisir, parce que son int\u00e9r\u00eat pour l\u2019autre ne se limite pas au sujet souffrant mais s\u2019\u00e9tend \u00e0 tout autre, pourquoi Benedetti est un ma\u00eetre aim\u00e9 et respect\u00e9. Jamais ironique ni distant, pour autant il ne c\u00e8de en rien sur la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019une rigueur, aux niveaux th\u00e9orique et clinique, pas plus qu\u2019il n\u2019ass\u00e8ne, avec la surdit\u00e9 d\u2019un sonneur, des v\u00e9rit\u00e9s qui se voudraient d\u00e9finitives. Pas \u00e0 pas, ses constructions th\u00e9oriques, qui ne se d\u00e9partissent jamais d\u2019une dimension interpr\u00e9tative par rapport \u00e0 la situation en cause, avancent, s\u2019infl\u00e9chissent puis reprennent leur cours, n\u2019h\u00e9sitant pas, parfois, \u00e0 rester quelque temps suspendues \u00e0 titre d\u2019hypoth\u00e8se, ou accompagnant des concepts d\u00e9j\u00e0 fr\u00e9quent\u00e9s pour souvent les d\u00e9passer ou les d\u00e9ployer au-del\u00e0 de ce \u00e0 quoi ils semblaient pr\u00e9tendre.<br \/>\nMais cette fa\u00e7on de proc\u00e9der, aussi s\u00e9duisante soit-elle, ne doit point nous faire oublier l\u2019importance centrale que Gaetano Benedetti accorde au travail de supervision qui, comme nous l\u2019avons d\u00e9j\u00e0 vu, va bien au del\u00e0 du travail de \u00ab contr\u00f4le \u00bb tel qu\u2019on l\u2019entend classiquement, pour devenir un espace n\u00e9cessaire afin de pouvoir faire face aux al\u00e9as transf\u00e9rentiels, souvent d\u00e9concertants, quelquefois violents ou tumultueux, d\u2019autres fois quasiment aphones avant que le th\u00e9rapeute ne s\u2019installe dans un transfert n\u00e9gatif. Le travail de supervision va donc avoir pour motif, outre de permettre au th\u00e9rapeute de faire face aux difficult\u00e9s que soul\u00e8ve la dissociation, d\u2019\u0153uvrer, par l\u2019ouverture d\u2019hypoth\u00e8ses de travail et par le travail de l\u2019interpr\u00e9tation, \u00e0 la transformation des r\u00e9sistances en d\u00e9fenses, celles-ci se distinguant des premi\u00e8res par leur porosit\u00e9 et la respiration qu\u2019elles autorisent.<br \/>\nEt enfin, on peut d\u00e9duire du travail de supervision tel qu\u2019il nous est ici pr\u00e9sent\u00e9, une cons\u00e9quence non n\u00e9gligeable, qui sera de permettre au th\u00e9rapeute de se laisser aller \u00e0 la cr\u00e9ativit\u00e9 de son inconscient, et de d\u00e9couvrir, au-del\u00e0 de la clinique des psychoses, une libert\u00e9 dans sa pratique.<\/p>\n<p>Patrick Faugeras<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Gaetano Benedetti vient de mourir et sera enterr\u00e9 \u00e0 B\u00e2le le 13 d\u00e9cembre Pour ceux qui ne le connaitraient pas, son \u0153uvre importante se trouve traduite par Patrick Faugeras et publi\u00e9e aux Ed ERES. 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