{"id":7142,"date":"2014-02-22T07:52:43","date_gmt":"2014-02-22T06:52:43","guid":{"rendered":"http:\/\/www.collectifpsychiatrie.fr\/?p=7142"},"modified":"2014-02-22T07:52:43","modified_gmt":"2014-02-22T06:52:43","slug":"pour-une-refondation-de-la-psychiatrie-et-de-laccueil-de-la-folie-dans-notre-societe-dans-la-perspective-de-la-loi-de-sante-publique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.collectifpsychiatrie.fr\/?p=7142","title":{"rendered":"&gt; Pour une refondation de la psychiatrie et de l\u2019accueil de la folie dans notre soci\u00e9t\u00e9, dans la perspective de la loi de sant\u00e9 publique"},"content":{"rendered":"<h3>\n\tM&eacute;morandum du &laquo; Collectif des 39 pour une hospitalit&eacute; pour la folie &raquo;<br \/>\n<\/h3>\n<p>\n\tPour une refondation de la psychiatrie et de l&rsquo;accueil de la folie dans notre soci&eacute;t&eacute;,dans la perspective de la loi de sant&eacute; publique\n<\/p>\n<p>\n\t<span style=\"font-size:14px;\"><strong>L&rsquo;accueil et les soins aux personnes souffrant de difficult&eacute;s psychiques, de pathologies mentales, n&rsquo;ont cess&eacute; de se d&eacute;grader depuis pr&egrave;s d&rsquo;une vingtaine d&rsquo;ann&eacute;es.<br \/>\n\tD&eacute;j&agrave; voil&agrave; dix ans, des &Eacute;tats g&eacute;n&eacute;raux de la psychiatrie avaient r&eacute;uni -fait rarissime- toutes les organisations professionnelles et scientifiques pour alerter le gouvernement de l&rsquo;&eacute;poque en demandant 22 mesures d&rsquo;urgence. En vain.<br \/>\n\tDepuis, des d&eacute;rives, des carences graves ont &eacute;t&eacute; maintes fois d&eacute;nonc&eacute;es par des associations de patients et de familles ainsi que par des professionnels, tant au niveau des droits de l&rsquo;homme qu&rsquo;&agrave; celui de l&rsquo;insuffisance et de la qualit&eacute; des r&eacute;ponses aux demandes de soins.<br \/>\n\tDans ce contexte catastrophique, certains professionnels ont fait miroiter des &laquo; avanc&eacute;es scientifiques &raquo; pour r&eacute;pondre au d&eacute;sarroi des patients et des familles : la fascination pour la science face &agrave; l&rsquo;&eacute;nigme de la folie est le meilleur anesth&eacute;siant, tant pour les politiques que pour une opinion inqui&egrave;te.<br \/>\n\tEnfin, face &agrave; la mont&eacute;e des incertitudes sociales et des peurs de &laquo; l&rsquo;autre &raquo;, le pr&eacute;c&eacute;dent pr&eacute;sident de la R&eacute;publique s&rsquo;est empar&eacute; d&rsquo;un dramatique fait divers pour d&eacute;signer les malades mentaux comme de potentiels criminels.<\/strong><\/span>\n<\/p>\n<p>\n\t<span style=\"font-size:14px;\"><strong>C&rsquo;est dans ce contexte que s&rsquo;est constitu&eacute; le Collectif des 39. R&eacute;unissant des professionnels, qu&rsquo;ont rejoints des patients et des familles, le Collectif des 39 s&rsquo;est d&rsquo;abord oppos&eacute; au tournant s&eacute;curitaire, qui s&rsquo;est traduit par une modification de la loi sur les hospitalisations sans consentement de 1990 : la nouvelle loi visait &agrave; transformer la psychiatrie, dispositif de soins au service des patients, en un dispositif essentiellement centr&eacute; sur des missions de contr&ocirc;le social et de normalisation des comportements et des populations.<br \/>\n\tLe Collectif des 39, rejetant la banalisation de pratiques inacceptables, s&rsquo;est mobilis&eacute; pour soutenir des d&eacute;marches de soins et d&rsquo;accueil autour de la notion d&rsquo;hospitalit&eacute;.<\/strong><\/span>\n<\/p>\n<p>\n\t<span style=\"font-size:14px;\"><strong>Notre action a toujours repos&eacute; sur une conception &eacute;thique associant :<br \/>\n\t&bull; Une conception de la folie et de la psychiatrie, dont l&rsquo;objet est de soigner des personnes en souffrance et non de se limiter &agrave; traiter des sympt&ocirc;mes.<br \/>\n\t&bull; Les moyens humains et financiers n&eacute;cessaires pour mettre en &oelig;uvre une telle conception de la psychiatrie.<br \/>\n\t&bull; Des formations permettant aux soignants de d&eacute;velopper une telle conception du soin.<\/strong><\/span>\n<\/p>\n<p>\n\tC&rsquo;est cette conception &eacute;thique qui nous a amen&eacute;s &agrave; multiplier les initiatives (meetings, manifestations, colloques au S&eacute;nat et &agrave; l&rsquo;Assembl&eacute;e nationale etc.) pour combattre cette politique s&eacute;curitaire et de normalisation.<br \/>\n\tCes initiatives ont permis le rassemblement de la quasi totalit&eacute; des syndicats de personnels et de psychiatres, de nombreuses associations d&rsquo;usagers, des partis de gauche et &eacute;cologistes, de nombreux citoyens, des familles de patients. Malgr&eacute; notre mobilisation et le vote &laquo; contre &raquo; de tous les parlementaires de gauche, nous n&rsquo;avons pas pu emp&ecirc;cher l&rsquo;adoption de la loi du 5 juillet 2011.\n<\/p>\n<p>\n\tNous avons, tous ensemble, fait monter l&rsquo;exigence d&rsquo;une grande loi sanitaire pour la psychiatrie. <strong>Malheureusement, la nouvelle majorit&eacute; pr&eacute;sidentielle ne semble pas avoir maintenu le cap li&eacute; &agrave; son vote &laquo; contre &raquo; en juillet 2011.<\/strong>\n<\/p>\n<p>\n\tNous avons organis&eacute; avec les Cem&eacute;a (Centres d&rsquo;entra&icirc;nement aux m&eacute;thodes d&#39;&eacute;ducation active), en juin 2013, les &laquo; Assises citoyennes pour l&rsquo;hospitalit&eacute; dans la psychiatrie et le m&eacute;dicosocial &raquo; dans le but d&rsquo;engager un travail de r&eacute;flexion clinique et politique pour commencer ce mouvement de refondation de la psychiatrie. Plus de 1 000 participants, rassemblant toutes les cat&eacute;gories socioprofessionnelles du sanitaire et du m&eacute;dicosocial, des m&egrave;res, des p&egrave;res, des fr&egrave;res et s&oelig;urs, des patients, des enfants de patients, des &eacute;lus, des gens de la culture et du spectacle, des citoyens se sentant concern&eacute;s, sont venus pour t&eacute;moigner ensemble de leurs v&eacute;cus et de leur vision de l&rsquo;hospitalit&eacute; pour la folie, et de ses impasses dans le sanitaire et le m&eacute;dicosocial. Des groupes de travail et d&#39;&eacute;changes issus de ces assises continuent de se rencontrer.\n<\/p>\n<p>\n\t<strong>On nous annonce qu&rsquo;une loi de sant&eacute; publique devrait &ecirc;tre d&eacute;battue &agrave; la fin de l&rsquo;ann&eacute;e, loi qui devrait int&eacute;grer un certain nombre d&rsquo;articles sp&eacute;cifiques pour la psychiatrie. Dans ce cadre vient d&rsquo;&ecirc;tre publi&eacute; le rapport de la Mission d&#39;information sur la sant&eacute; mentale et l&#39;avenir de la psychiatrie (MISMAP). Ce rapport devrait servir de trame aux articles concernant la psychiatrie dans la grande loi sanitaire annonc&eacute;e pour la fin de l&rsquo;ann&eacute;e.<\/strong>\n<\/p>\n<p>\n\tNous pouvons saluer les efforts de la Commission parlementaire dans sa d&eacute;marche d&rsquo;accueillir tous les acteurs du champ de la psychiatrie, l&rsquo;essai de retraduire dans ce texte les diff&eacute;rentes positions de ces acteurs, le climat positif des discussions. Cependant, la lecture attentive de ce rapport nous inqui&egrave;te sur de nombreux points, il nous para&icirc;t pr&eacute;senter de graves dangers, voire des reculs par rapport &agrave; des acquis incontestables de la psychiatrie fran&ccedil;aise.\n<\/p>\n<h2>\n\tA propos de l&rsquo;&eacute;tiologie des maladies mentales<br \/>\n<\/h2>\n<p>\n\t&bull; Les maladies psychiatriques &eacute;tant d&eacute;finies comme multifactorielles par ce rapport, on peut entendre qu&rsquo;il semble l&eacute;gitime de s&rsquo;appuyer sur une multiplicit&eacute; des recherches et des conceptions des maladies, avec des approches sociales, psychiques, biologiques.\n<\/p>\n<p>\n\tMais en fait absolument pas, puisqu&rsquo;elles sont d&eacute;finies plus loin de mani&egrave;re univoque par un &laquo; terrain g&eacute;n&eacute;tique et des facteurs environnementaux d&eacute;clenchants &raquo;.<br \/>\n\tCette d&eacute;finition reprend explicitement les conceptions de Marion Leboyer, de la Fondation FondaMental, sans faire la moindre r&eacute;f&eacute;rence &agrave; un &eacute;ventail plus vaste et complexe concernant d&rsquo;autres possibles &eacute;tiologies. Toute confrontation, toute &laquo; dispute &raquo;, toute r&eacute;flexion scientifique sont ainsi &eacute;vacu&eacute;es au profit d&rsquo;une seule orientation th&eacute;orique h&eacute;g&eacute;monique.<br \/>\n\tOn ne trouve donc aucune r&eacute;f&eacute;rence dans ce rapport &agrave; la psychopathologie, &agrave; l&rsquo;apport des travaux multiples, ph&eacute;nom&eacute;nologiques, psychanalytiques, ni aux recherches des th&eacute;ories syst&eacute;miques et familiales, qui ont irrigu&eacute; la psychiatrie fran&ccedil;aise depuis des d&eacute;cennies. La prise en compte de la psych&eacute; et de l&rsquo;inconscient, l&rsquo;histoire du sujet, sont ignor&eacute;es, voire de ce fait r&eacute;cus&eacute;es.<br \/>\n\t<strong>Cette orientation dans un rapport parlementaire vient apporter un caract&egrave;re officiel &agrave; une th&eacute;orie de l&rsquo;&eacute;tiopathog&eacute;nie des pathologies psychiatriques. Cela nous appara&icirc;t totalement inacceptable, car elle donne son aval et son appui &agrave; une seule voie th&eacute;orique, et vient en lieu et place de ce qui fait la dynamique m&ecirc;me de toute recherche dans le domaine tr&egrave;s complexe qui rassemble des professions dont l&rsquo;exp&eacute;rience et la formation ne peuvent &ecirc;tre ni&eacute;es par voie l&eacute;gislative.<\/strong>\n<\/p>\n<h2>\n\tA propos du secteur, des p&ocirc;les et CHT (Communaut&eacute; hospitali&egrave;re de territoire)<br \/>\n<\/h2>\n<p>\n\t&bull; Le rapport soutient la n&eacute;cessit&eacute; de &laquo; s&rsquo;appuyer sur la politique de secteur qui fait l&rsquo;unanimit&eacute; des professionnels &raquo;.\n<\/p>\n<p>\n\tCependant le rapport montre explicitement que &laquo; la loi HPST (du 21 juillet 2009), en ne reconnaissant plus que des &laquo; territoires de sant&eacute; &raquo;, introduit une ambig&uuml;it&eacute; quant &agrave; l&rsquo;avenir du secteur &raquo;(p. 26).<br \/>\n\tIl n&rsquo;est pas propos&eacute; de revenir &agrave; la r&eacute;affirmation du territoire du secteur. La suppression des p&ocirc;les en psychiatrie n&rsquo;est donc nullement envisag&eacute;e. Il n&rsquo;est pas non plus question de limiter les p&ocirc;les en psychiatrie &agrave; un seul secteur, avec une direction m&eacute;dicale par secteur.<br \/>\n\tRappelons qu&rsquo;il n&rsquo;y a plus aujourd&rsquo;hui que des &laquo; chefs de p&ocirc;les &raquo; et que, m&ecirc;me dans les &eacute;tablissements o&ugrave; &laquo; un secteur = un p&ocirc;le &raquo;, on ne parle plus administrativement de &laquo; secteur psychiatrique &raquo;.\n<\/p>\n<p>\n\t\u27a2 Tout ceci est donc congruent avec la derni&egrave;re des 31 recommandations, qui pr&eacute;conise de &laquo; diminuer le nombre de rapports et de donner la priorit&eacute; aux recommandations r&eacute;currentes &raquo; des pr&eacute;c&eacute;dents rapports (Cl&eacute;ry-Melin 2003, Couty 2009, Fourcade,&hellip;). Or, ces rapports d&eacute;tricotent la politique de secteur.\n<\/p>\n<p>\n\t&bull; L&rsquo;int&eacute;gration du secteur dans une CHT (Communaut&eacute; hospitali&egrave;re de territoire) n&rsquo;est pas remise en question par le rapport de la MISMAP.\n<\/p>\n<p>\n\tDans le cadre de cette &laquo; int&eacute;gration &raquo;, les lits seraient mutualis&eacute;s et d&eacute;sectoris&eacute;s comme le pr&eacute;voit le rapport Fourcade.<br \/>\n\tLa mutualisation &agrave; Paris pour une CHT regroupant 5 h&ocirc;pitaux risque donc &agrave; court terme de se traduire par le retour d&rsquo;unit&eacute;s sp&eacute;cialis&eacute;es par pathologies ou troubles (aigus, d&eacute;pressifs, g&acirc;teux, dangereux&hellip;).<br \/>\n\tUn tel &laquo; tri &raquo; a immanquablement pour cons&eacute;quence, des regroupements et des concentrations pathog&egrave;nes. Il entra&icirc;ne la s&eacute;dimentation et le rejet des malades les plus complexes et les plus graves, vers ce que Lucien Bonnaf&eacute; appelait les &laquo; culs de basses- fosses &raquo; de la psychiatrie !<br \/>\n\tCe tri conduit &eacute;galement &agrave; la remise en cause du principe fondateur du secteur qui repose sur la continuit&eacute; des soins de pr&eacute;vention, des soins curatifs et de postcure par une m&ecirc;me &eacute;quipe. Tri auquel le mouvement d&eacute;sali&eacute;niste a mis fin en d&eacute;veloppant, par la sectorisation, la r&eacute;insertion des malades dans la cit&eacute; en assurant une continuit&eacute; des soins &agrave; proximit&eacute; des personnes en souffrance. Les patients sont ainsi accueillis dans leur globalit&eacute;, en prenant en compte leur histoire, leur psycho-dynamique propre, leur entourage familial et social.<br \/>\n\tEn cela, en effet, notre conception diff&egrave;re d&rsquo;une conception administrative &eacute;troite du secteur mise en &oelig;uvre par un bon nombre de psychiatres et d&rsquo;&eacute;quipes soignantes, conception qui s&rsquo;est r&eacute;duite &agrave; un simple quadrillage des populations sans souci de continuit&eacute; des soins, et que nous critiquons.\n<\/p>\n<p>\n\t&bull; Le rapport Couty de 2009 envisageait que les unit&eacute;s hospitali&egrave;res doivent relever d&rsquo;une autre entit&eacute; administrative de gestion que les unit&eacute;s de l&rsquo;extra-hospitalier. Ce rapport r&eacute;duisait &agrave; n&eacute;ant la loi de 1985 sur la globalisation et l&rsquo;unit&eacute; du secteur psychiatrique.\n<\/p>\n<p>\n\tOr, lorsqu&rsquo;une r&eacute;-hospitalisation d&rsquo;une personne est n&eacute;cessaire, il est rassurant et essentiel qu&rsquo;elle puisse &ecirc;tre propos&eacute;e au patient dans un lieu connu de lui, et qu&rsquo;il soit accueilli par une &eacute;quipe soignante qui le conna&icirc;t d&eacute;j&agrave;. Une telle pratique peut att&eacute;nuer l&rsquo;angoisse du patient, ainsi que l&rsquo;appr&eacute;hension des soignants. Les ph&eacute;nom&egrave;nes de violence li&eacute;s &agrave; de tels processus peuvent alors &ecirc;tre limit&eacute;s, voire &eacute;vit&eacute;s.<br \/>\n\tNous savons que cette violence est l&rsquo;une des pr&eacute;occupations essentielles des &eacute;quipes de psychiatrie actuelles ; elle est &agrave; la base des d&eacute;rives institutionnelles, et au d&eacute;veloppement probl&eacute;matique de l&rsquo;isolement et de la contention.\n<\/p>\n<p>\n\tEn cela le rapport de la MISMAP est en-de&ccedil;&agrave; du rapport Milon de 2012 pr&eacute;sent&eacute; au S&eacute;nat, qui concluait de la m&ecirc;me mani&egrave;re, mais apr&egrave;s avoir mis en &eacute;vidence toutes les contradictions soulev&eacute;es par ces mesures.\n<\/p>\n<p>\n\t<strong>\u27a2 Nous ne pouvons accepter un tel paradoxe : le soutien explicite de la sectorisation, avec le maintien de toutes les recommandations qui le d&eacute;truisent.<\/strong>\n<\/p>\n<h2>\n\tA propos de l&rsquo;internement et de la contention<br \/>\n<\/h2>\n<p>\n\tLe collectif des 39 l&rsquo;affirme depuis 5 ans : des pratiques indignes de notre d&eacute;mocratie et de notre histoire ont envahi nombre de services et sont le signe d&rsquo;une r&eacute;gression inacceptable de notre discipline.<br \/>\n\tAussi sommes-nous en accord total avec ce qu&rsquo;affirme le Dr Jean-Claude P&eacute;nochet, pr&eacute;sident du Syndicat des psychiatres des h&ocirc;pitaux, qui consid&egrave;re que &laquo; La contention est un indicateur de la bonne ou mauvaise sant&eacute; de la psychiatrie. Plus la psychiatrie va mal, plus la contention est utilis&eacute;e. &raquo;\n<\/p>\n<p>\n\tConcernant les pratiques de contention, le rapport semble aller dans ce sens puisqu&rsquo;il fait le constat que cette pratique parfois n&eacute;cessaire se banalise du fait du manque de moyens en personnel, insuffisamment nombreux et insuffisamment form&eacute;. Cependant, il ne fait aucune pr&eacute;conisation positive, sinon de mettre en place des proc&eacute;dures de contr&ocirc;le. Or, nous avons pu constater, lors de la mise en place d&rsquo;un protocole par la HAS pour encadrer la mise en isolement, une augmentation de ces pratiques ainsi l&eacute;gitim&eacute;es !\n<\/p>\n<p>\n\t<strong>Concernant la loi sur les soins sans consentement, le rapport annonce qu&rsquo;il ne peut pas revenir sur la r&eacute;vision de septembre 2013 revoyant la loi du 5 juillet 2011 alors que, selon ses r&eacute;dacteurs, cela serait n&eacute;cessaire !<\/strong>\n<\/p>\n<p>\n\tEn fait, le rapport de la MISMAP ne fait aucune pr&eacute;conisation concr&egrave;te, ni en termes d&rsquo;augmentation du nombre de soignants ni en termes de formation ni en r&eacute;f&eacute;rence aux analyses faites sur les origines de cette violence institutionnelle. Qui plus est, tous les &eacute;tablissements organisent de nombreuses et co&ucirc;teuses sessions de formation &agrave; la gestion de la violence, tant cette question est devenue pr&eacute;dominante dans les institutions depuis plus d&rsquo;une dizaine d&rsquo;ann&eacute;es. Or, ces formations au traitement du sympt&ocirc;me ne tiennent pas compte de la complexit&eacute; institutionnelle actuelle.\n<\/p>\n<p>\n\t\u27a2 Nous pr&eacute;conisons donc une r&eacute;flexion sur l&rsquo;envahissement gestionnaire d&eacute;shumanisant, qui renforce l&rsquo;application des protocoles sans r&eacute;flexion, installe des ph&eacute;nom&egrave;nes de cloisonnement dans les &eacute;quipes et emp&ecirc;che toute cr&eacute;ativit&eacute; chez les soignants.\n<\/p>\n<p>\n\t\u27a2 Nous affirmons que l&rsquo;angoisse des patients ne peut &ecirc;tre appr&eacute;hend&eacute;e sur le seul mode comportemental ou m&eacute;dicamenteux en oubliant l&rsquo;approche relationnelle. Lorsque l&rsquo;angoisse n&rsquo;est pas apais&eacute;e dans toutes ses dimensions, elle peut alors d&eacute;boucher sur la violence, qui implique l&rsquo;augmentation de la contention.\n<\/p>\n<h2>\n\tA propos du financement<br \/>\n<\/h2>\n<p>\n\t&bull; Le rapport ne propose pas de remettre en cause la r&eacute;forme du financement qui envisage d&rsquo;aller vers la T2A (tarification &agrave; l&rsquo;activit&eacute;) au travers de la VAP (Valorisation de l&rsquo;activit&eacute; en psychiatrie).\n<\/p>\n<p>\n\tLe rapport se contente d&rsquo;expliquer le mode de financement par la DAF (Dotation annuelle de fonctionnement). Il note que, quand le secteur de psychiatrie d&eacute;pend d&rsquo;un Centre hospitalier g&eacute;n&eacute;ral, ce mode de financement est particuli&egrave;rement d&eacute;favorable &agrave; la psychiatrie.<br \/>\n\tIl constate que ce syst&egrave;me p&eacute;rennise les in&eacute;galit&eacute;s, car il repose sur des budgets historiques qui sont reconduits, et n&rsquo;incite donc pas &agrave; la prise en charge ambulatoire.<br \/>\n\tIl reste dans une logique d&rsquo;enveloppe ferm&eacute;e, dont nous exp&eacute;rimentons que le montant en euros constants se r&eacute;duit ann&eacute;e apr&egrave;s ann&eacute;e.\n<\/p>\n<p>\n\t\u27a2 Nous pr&eacute;conisons que, si l&rsquo;orientation pour une politique des soins de qualit&eacute; est l&rsquo;objectif pour l&rsquo;am&eacute;lioration des conditions d&rsquo;accueil et de soins, il faut au contraire :<br \/>\n\t&#8211; <strong>augmenter sensiblement et progressivement<\/strong> cette enveloppe, en pr&eacute;servant la DAF pour l&rsquo;existant ;<br \/>\n\t&#8211; <strong>prendre en compte les projets innovants<\/strong>, abandonnant une logique de normalisation des comportements et des populations ;<br \/>\n\t&#8211; <strong>int&eacute;grer la DAF dans une enveloppe nationale de la psychiatrie<\/strong>, afin de garantir une telle &eacute;volution positive et permettre de la v&eacute;rifier.\n<\/p>\n<h2>\n\tA propos d&rsquo;&laquo; une v&eacute;ritable politique de ressources humaines &raquo;<br \/>\n<\/h2>\n<p>\n\tCette &laquo; v&eacute;ritable politique de ressources humaines &raquo; ne propose surtout pas d&rsquo;augmenter le nombre de soignants, malgr&eacute; la p&eacute;nurie d&rsquo;infirmiers et la diminution alarmante du nombre de psychiatres.\n<\/p>\n<p>\n\tAu contraire, le projet ent&eacute;rine &laquo; le contexte de vacance de postes de psychiatres &raquo; ! Ce qui l&rsquo;am&egrave;ne &agrave; postuler &agrave; un nouveau partage des t&acirc;ches :\n<\/p>\n<p>\n\t<strong>&#8211; les infirmiers<\/strong> vont d&eacute;velopper le concept de &laquo; pratiques avanc&eacute;es &raquo;, avec la possibilit&eacute; de pallier &ndash; &agrave; moindre co&ucirc;t &#8211; certains actes m&eacute;dicaux tels que la reconduction des prescriptions ;\n<\/p>\n<p>\n\t<strong>&#8211; les psychologues<\/strong> vont &ecirc;tres utilis&eacute;s en &laquo; premier recours &raquo; : ils vont remplacer les psychiatres comme consultants. Le psychiatre, r&eacute;duit &agrave; une fonction d&rsquo;expert ne viendrait qu&rsquo;en second recours en cas de probl&egrave;me. Dans le cadre lib&eacute;ral, les psychologues verraient leurs actes pris en charge par l&rsquo;Assurance maladie, certainement &agrave; un co&ucirc;t nettement moindre que les consultations psychiatriques&#8230; Ce qui, l&agrave; encore, devrait pallier le manque de consultants dans le cadre du secteur en CMP, mais cela reste illusoire car les situations pathologiques complexes n&eacute;cessitent une approche par une &eacute;quipe, et non dans l&rsquo;isolement d&rsquo;un cabinet. Nous r&eacute;affirmons ici la n&eacute;cessit&eacute; d&rsquo;une approche pluridisciplinaire et en &eacute;quipe, incluant les moyens r&eacute;flexifs n&eacute;cessaires afin de traiter la dimension personnelle et institutionnelle, deux facteurs sp&eacute;cifiques li&eacute;s au traitement de la souffrance psychique ;\n<\/p>\n<p>\n\t<strong>&#8211; les &laquo; m&eacute;diateurs &raquo;<\/strong>, nouveaux venus dont la mise en place de fa&ccedil;on exp&eacute;rimentale montre d&eacute;j&agrave; les effets pervers. Il s&rsquo;agit l&agrave;, en fait, de l&rsquo;&eacute;crasement du potentiel soignant des patients par le choix des plus performants d&rsquo;entre eux, avec toutes les cons&eacute;quences n&eacute;fastes pour ces patients choisis.\n<\/p>\n<p>\n\tIl faut souligner que les clubs th&eacute;rapeutiques, qui &eacute;taient jusque-l&agrave; reconnus, ne sont plus mentionn&eacute;s. Seuls les GEM (Groupe d&rsquo;entraide mutuel), le sont, ce qui reviendrait &agrave; r&eacute;server l&#39;entraide mutuelle et la solidarit&eacute; &agrave; une dimension ext&eacute;rieure aux soins. Si nous reconnaissons la n&eacute;cessit&eacute; des GEM,\n<\/p>\n<p>\n\t<strong>\u27a2 Nous rappelons ici l&#39;importance des clubs th&eacute;rapeutiques.<\/strong> Ils sont essentiels, car ils s&rsquo;inscrivent dans un cadre th&eacute;rapeutique qui reconnait le potentiel soignant des patients\/usagers tout en prenant en compte leurs fragilit&eacute;s sp&eacute;cifiques &agrave; certains moments de leur vie. Dans ces moments-l&agrave;, le potentiel th&eacute;rapeutique existant chez tout patient doit &ecirc;tre soutenu par une dynamique groupale o&ugrave; les soignants sont attentifs &agrave; chacun.\n<\/p>\n<h2>\n\tA propos de la formation et de la d&eacute;mographie m&eacute;dicale<br \/>\n<\/h2>\n<p>\n\tCette politique des &laquo; ressources humaines &raquo; a &eacute;galement des cons&eacute;quences en termes de formation :\n<\/p>\n<p>\n\t<strong>&#8211; pour les infirmiers<\/strong> : le projet entretient une confusion concernant la formation infirmi&egrave;re entre &laquo; dipl&ocirc;me sp&eacute;cifique initial &raquo; pour tous les infirmiers exer&ccedil;ant en psychiatrie, et &laquo; sp&eacute;cialisation &raquo;. C&rsquo;est pourtant d&rsquo;une formation sp&eacute;cifique pour tous les soignants exer&ccedil;ant en psychiatrie dont nous avons besoin ! Formation initiale sp&eacute;cifique renforc&eacute;e par un DPC (D&eacute;veloppement professionnel continu), lui aussi sp&eacute;cifique, doit permettre aux infirmiers de d&eacute;velopper une clinique infirmi&egrave;re &agrave; vis&eacute;e psychoth&eacute;rapique &ndash;comme avaient su le faire certains infirmiers de secteur psychiatrique en leur temps -. Et si, sp&eacute;cialisation il devrait y avoir, ce serait pour approfondir cette clinique &agrave; vis&eacute;e psychoth&eacute;rapique et relationnelle. Or, le rapport de la MISMAP avance dans le sens de la sp&eacute;cialisation du dipl&ocirc;me d&rsquo;infirmier d&rsquo;Etat avec la mise en place d&rsquo;un master, qui devrait conduire &agrave; valider la formation des infirmiers pour pallier le manque &agrave; venir de psychiatres.\n<\/p>\n<p>\n\t<strong>&#8211; pour les psychiatres<\/strong> : s&rsquo;il propose un renforcement de l&rsquo;encadrement des &eacute;tudiants par l&rsquo;augmentation de professeurs, il ne propose ni le retour &agrave; un internat sp&eacute;cifique ni de revoir le numerus clausus ni une formation qui ne soit pas assur&eacute;e seulement par les universitaires. Or, nous savons tous, d&#39;exp&eacute;rience, que les secteurs sont des lieux d&#39;acquisition d&#39;exp&eacute;rience et de formation de terrain beaucoup plus diversifi&eacute;s que les seuls services hospitalo-universitaires, dont le cadre est strictement hospitalier. En revanche , dans la perspective o&ugrave; les m&eacute;decins g&eacute;n&eacute;ralistes seraient amen&eacute;s &agrave; suivre les patients en dehors de la crise, il propose d&rsquo;int&eacute;grer quelques notions de psychiatrie dans le cursus de formation des g&eacute;n&eacute;ralistes.\n<\/p>\n<p>\n\t<strong>Au total, le projet propose de continuer &agrave; diminuer l&rsquo;efficience de notre outil pluridisciplinaire de soins, efficience d&eacute;j&agrave; attaqu&eacute;e lors de la disparition de la formation initiale sp&eacute;cifique d&rsquo;infirmier psychiatrique de secteur.<\/strong>\n<\/p>\n<h2>\n\tA propos de la recherche<br \/>\n<\/h2>\n<p>\n\tPour la recherche, le rapport reste &agrave; une conception essentiellement centr&eacute;e sur les neurosciences et le cognitivisme, &agrave; peine m&acirc;tin&eacute;e de sociologie r&eacute;duite &agrave; l&rsquo;enqu&ecirc;te &eacute;pid&eacute;miologique. Aux oubliettes, les recherches en psychopathologie, en psychanalyse, en th&eacute;rapies familiales, en psychodrames, les apports de la cr&eacute;ativit&eacute; et de l&rsquo;appui des arts, de la culture, entre autres choses. Ce qui vient confirmer la conception &eacute;tiologique des maladies mentales r&eacute;duites aux facteurs g&eacute;n&eacute;tiques et environnementaux. Il ne fait m&ecirc;me pas la critique de la m&eacute;thodologie de l&rsquo;Evidence Based Medecine que le rapport Milon avait avanc&eacute;e.\n<\/p>\n<p>\n\t\u27a2 Nous demandons la r&eacute;habilitation des conceptions psycho-dynamiques qui ont fait leurs preuves. Il suffit, pour le savoir, de se pencher sur les multiples publications pluridisciplinaires de ces 50 derni&egrave;res ann&eacute;es, mais aussi d&rsquo;&eacute;couter ce que disent les patients accueillis dans des lieux de soins dignes du soin psychique.\n<\/p>\n<p>\n\t\u27a2 Nous nous &eacute;tonnons que les &laquo; usagers &raquo; auditionn&eacute;s pour &eacute;tablir ce rapport ne soient pas plus entendus par la MISMAP quant aux conclusions qu&rsquo;eux-m&ecirc;mes apportent : hospitalit&eacute;, humanit&eacute; relationnelle, proximit&eacute; n&eacute;cessaire des soignants, suivi coh&eacute;rent&hellip;\n<\/p>\n<h2>\n\tA propos de la HAS (Haute autorit&eacute; de sant&eacute;)<br \/>\n<\/h2>\n<p>\n\tL&agrave; aussi le rapport de la MISMAP fait &eacute;tat de la dispute, de la confrontation des id&eacute;es, des pol&eacute;miques, en proposant simplement d&rsquo;ouvrir le d&eacute;bat. Mais il ne prend aucune position.\n<\/p>\n<p>\n\tLa &laquo; d&eacute;marche qualit&eacute; &raquo; est donc poursuivie et valid&eacute;e, avec son lot de &laquo; bonnes pratiques &raquo; et de protocoles d&eacute;finis par chaque &eacute;tablissement, en mobilisant des milliers d&rsquo;heures de r&eacute;unions, heures prises bien &eacute;videmment loin des services et des patients, et son &laquo; carnaval &raquo; quinquennal de visite des experts.<br \/>\n\tIl nous appara&icirc;t essentiel de rappeler que cette &laquo; d&eacute;marche qualit&eacute; &raquo; ne vise que l&rsquo;application stricte du suivi des proc&eacute;dures et non la qualit&eacute; des soins r&eacute;ellement dispens&eacute;s de mani&egrave;re individualis&eacute;e &agrave; chaque patient.<br \/>\n\tCette politique de protocolisation des soins va &agrave; l&rsquo;encontre de toute d&eacute;marche de soins qui associe complexit&eacute;, risque, doute, cr&eacute;ativit&eacute;, sp&eacute;cificit&eacute;.<br \/>\n\tElle oblige les soignants &agrave; des actes de soumission sociale, &eacute;trangers &agrave; la valeur humaine et relationnelle de tout acte de soins digne de ce nom.\n<\/p>\n<p>\n\tNous pr&eacute;conisons l&rsquo;arr&ecirc;t imm&eacute;diat de tout ces processus bureaucratiques &ndash;co&ucirc;teux tant financi&egrave;rement que psychiquement&ndash; pour que puisse s&rsquo;engager un d&eacute;bat d&eacute;mocratique sur la mani&egrave;re dont chaque collectif de soins doit construire ses propres outils d&rsquo;&eacute;valuation afin d&rsquo;&eacute;viter des d&eacute;rives inh&eacute;rentes aux difficult&eacute;s de notre pratique : r&eacute;habilitation des r&eacute;unions de service r&eacute;guli&egrave;res, analyse des contenus, r&eacute;flexion sur le cadre de soin propos&eacute;, etc.\n<\/p>\n<h2>\n\tA propos de la p&eacute;dopsychiatrie<br \/>\n<\/h2>\n<p>\n\tIl ne fait &eacute;tat que de g&eacute;n&eacute;ralit&eacute;s, mais fait un total silence sur le Plan Autisme, qui est de fait ent&eacute;rin&eacute; dans sa totalit&eacute;.<br \/>\n\tNul doute que les Etats g&eacute;n&eacute;raux de la p&eacute;dopsychiatrie de ce printemps viennent faire entendre les besoins et les exigences indispensables &agrave; une p&eacute;dopsychiatrie de qualit&eacute; au service de la sant&eacute; des enfants et adolescents.\n<\/p>\n<p>\n\tCe rapport de la MISMAP, en conciliant des positions forts diff&eacute;rentes &ndash;voire oppos&eacute;es&ndash; tenues par les personnes auditionn&eacute;es, conduit &agrave; de nombreuses contradictions laissant ouverts des choix politiques pour une psychiatrie aux antipodes de celle que le Collectif des 39 veut soutenir.\n<\/p>\n<p>\n\tNous reconnaissons que de nombreuses &eacute;quipes &ndash;et en tout premier lieu les psychiatres y travaillant&ndash; ont une grande part de responsabilit&eacute; dans les mauvaises conditions d&rsquo;hospitalit&eacute; et de soins aux patients, et ceci pour de multiples raisons : th&eacute;orie r&eacute;ductrice de la folie, d&eacute;ploiement d&rsquo;outils coercitifs plut&ocirc;t que th&eacute;rapeutiques, manque de soutien des &eacute;quipes soignantes, absence de r&eacute;flexion institutionnelle et micropolitique, manque d&rsquo;investissement etc.\n<\/p>\n<p>\n\t\u27a2 Nous affirmons que les processus d&rsquo;&eacute;valuation et d&rsquo;accr&eacute;ditation actuels men&eacute;s par la HAS ne traitent pas ces probl&egrave;mes &ndash;voire les renforcent&ndash; du fait &agrave; la fois d&rsquo;une conception de la folie qui ne tient pas compte de la psych&eacute; humaine dans toutes ses composantes, et de la mise en place de proc&eacute;dures d&rsquo;homog&eacute;n&eacute;isation d&eacute;shumanisantes.\n<\/p>\n<p>\n\t\u27a2 Nous pensons que la continuit&eacute; des soins au long cours par une m&ecirc;me &eacute;quipe de proximit&eacute; doit &ecirc;tre &eacute;valu&eacute;e selon des crit&egrave;res bas&eacute;s sur la clinique et les diversit&eacute;s des r&eacute;f&eacute;rences th&eacute;orico-pratiques.\n<\/p>\n<p>\n\t\u27a2 Nous refusons les pratiques d&rsquo;humiliation (mise en pyjama syst&eacute;matique, privation de libert&eacute;&hellip;), des isolements et des contentions qui se banalisent et doivent &ecirc;tre remis en question.\n<\/p>\n<p>\n\tNous continuons d&rsquo;affirmer que ceux qui souffrent de pathologie mentale ont et auront besoin &agrave; des moments de leur existence de recourir &agrave; des lieux d&rsquo;asile : lieux o&ugrave; l&rsquo;accueil de la souffrance est possible, lieux o&ugrave; les rencontres n&eacute;cessaires &agrave; tout soin qui se r&eacute;clame &laquo; humain &raquo; ne sont pas dict&eacute;es par des protocoles ali&eacute;nants, lieux o&ugrave; les r&egrave;glements ne sont pas l&rsquo;unique proposition &laquo; contenante &raquo;, lieux o&ugrave; prendre du temps est possible et reconnu comme n&eacute;cessaire, avec une &eacute;coute de ce que les personnes en souffrance psychique ont elles-m&ecirc;mes &agrave; nous apprendre, lieux o&ugrave; les psychiatres et les &eacute;quipes soignantes s&rsquo;engagent dans un accompagnement au long cours, lieux o&ugrave; les patients puissent tout simplement &ecirc;tre reconnus dans leur singularit&eacute;.\n<\/p>\n<p>\n\tNous affirmons que, jour apr&egrave;s jour, ces espaces sont de plus en plus difficiles &agrave; maintenir vivants, que beaucoup disparaissent pour laisser place &agrave; des endroits indignes des valeurs humanistes qui ont fond&eacute; la psychiatrie moderne. Nous ne l&rsquo;acceptons pas, car cela nous fait honte et nous r&eacute;volte.\n<\/p>\n<p>\n\tA la suite des Assises de la psychiatrie et du m&eacute;dico-social, nous affirmons que seul un mouvement de grande envergure r&eacute;unissant soignants, patients, familles, citoyens pourra stopper cette d&eacute;rive insupportable, celle qui fait et fera de nos lieux d&rsquo;acceuil et d&rsquo;hospitalisation des lieux d&rsquo;exclusion ou de s&eacute;gr&eacute;gation, donc des lieux antith&eacute;rapeutiques.<br \/>\n\tPour cela, nous proposons &agrave; toutes les forces associatives de soignants, de patients, de familles, &agrave; toutes les forces syndicales et politiques une mobilisation pour que soit adopt&eacute;e une loi cadre en psychiatrie o&ugrave; seraient mis en valeur les points suivants :\n<\/p>\n<p>\n\t<strong>&bull; Une conception &eacute;thique du soin<\/strong><br \/>\n\tNous refusons la tenaille du s&eacute;curitaire et la protocolisation obsessionnalis&eacute;e des pratiques, qui broient la clinique et la prise en compte de chaque situation singuli&egrave;re. Nous demandons la relance d&rsquo;une v&eacute;ritable politique de secteur (cf. circulaire de 1960) afin qu&rsquo;une m&ecirc;me &eacute;quipe assure la continuit&eacute; des soins entre l&rsquo;hospitalisation et la r&eacute;insertion dans la cit&eacute;.\n<\/p>\n<p>\n\t<strong>&bull; Une exigence de formation initiale sp&eacute;cifique pour tout soignant exer&ccedil;ant en psychiatrie<\/strong><br \/>\n\tAvec un DPC qui s&rsquo;appuie sur d&rsquo;autres crit&egrave;res que seulement ceux pr&eacute;conis&eacute;s par la HAS, dont les recommandations et les intentions proclam&eacute;es sont d&rsquo;&eacute;radiquer la psychanalyse et la psychoth&eacute;rapie institutionnelle.\n<\/p>\n<p>\n\t<strong>&bull; Des moyens suppl&eacute;mentaires<\/strong><br \/>\n\tIl est n&eacute;cessaire de d&eacute;bloquer des moyens suppl&eacute;mentaires (nombre de soignants, budget sp&eacute;cifique pour la psychiatrie, arr&ecirc;t des d&eacute;marches qualit&eacute;s chronophages et homog&eacute;n&eacute;isantes) pour soutenir le contenu du travail et la compl&eacute;mentarit&eacute; entre professionnels. Et non leur mise en concurrence ou leur disparition.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>M&eacute;morandum du &laquo; Collectif des 39 pour une hospitalit&eacute; pour la folie &raquo; Pour une refondation de la psychiatrie et de l&rsquo;accueil de la folie dans notre soci&eacute;t&eacute;,dans la perspective de la loi de sant&eacute; publique L&rsquo;accueil et les soins aux personnes souffrant de difficult&eacute;s psychiques, de pathologies mentales, n&rsquo;ont cess&eacute; de se d&eacute;grader depuis &hellip; <a href=\"https:\/\/www.collectifpsychiatrie.fr\/?p=7142\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">&gt; Pour une refondation de la psychiatrie et de l\u2019accueil de la folie dans notre soci\u00e9t\u00e9, dans la perspective de la loi de sant\u00e9 publique<\/span>  <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[10],"tags":[],"class_list":["post-7142","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-pour-l-hospitalite-en-psychiatrie"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.collectifpsychiatrie.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/7142","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.collectifpsychiatrie.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.collectifpsychiatrie.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.collectifpsychiatrie.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.collectifpsychiatrie.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=7142"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.collectifpsychiatrie.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/7142\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.collectifpsychiatrie.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=7142"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.collectifpsychiatrie.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=7142"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.collectifpsychiatrie.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=7142"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}