{"id":7493,"date":"2014-12-03T15:46:18","date_gmt":"2014-12-03T14:46:18","guid":{"rendered":"http:\/\/www.collectifpsychiatrie.fr\/?p=7493"},"modified":"2015-01-17T16:25:36","modified_gmt":"2015-01-17T16:25:36","slug":"lafpep-snpp-a-la-journee-stop-dsm","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.collectifpsychiatrie.fr\/?p=7493","title":{"rendered":"l&rsquo;AFPEP-SNPP \u00e0 la journ\u00e9e STOP-DSM"},"content":{"rendered":"<p style=\"margin: 0px 0px 15px; text-align: justify; line-height: normal; font-family: Helvetica; color: #606060;\"><span style=\"font-size: 13px; letter-spacing: 0px;\">Lors des journ\u00e9es de Lyon de l\u2019AFPEP-SNPP, dont le th\u00e8me \u00e9tait \u00ab\u00a0R\u00e9sistances\u00a0\u00bb, Patrick Landman nous a pr\u00e9sent\u00e9 son id\u00e9e d\u2019un colloque \u00ab\u00a0Stop-DSM\u00a0\u00bb<\/span><span style=\"font-size: 13px; letter-spacing: 0px; color: #696969;\"> (voir num\u00e9ro 161 de la revue Psychiatries que tous les adh\u00e9rents viennent de recevoir par la poste)<\/span><span style=\"font-size: 13px; letter-spacing: 0px;\">. La tentative \u00ab\u00a0d\u2019OPA\u00a0\u00bb lanc\u00e9e par \u00ab\u00a0l\u2019entreprise DSM\u00a0\u00bb sur le diagnostic en psychiatrie nous appara\u00eet tant partie prenante de la main mise qui s\u2019organise sur nos pratiques, que avons soutenu l\u2019initiative de Patrick sur le champ. C\u2019est \u00e0 nos yeux un enjeu majeur.<br \/>\nNe nous y trompons pas, l\u2019objectif du DSM est la soumission des acteurs de la sant\u00e9 et de ses \u00ab\u00a0consommateurs\u00a0\u00bb. Une multitude diagnostique, telle que nous la pr\u00e9sente le DSM, est sens\u00e9e saturer les cas de figures en psychiatrie et rendre inutile toute r\u00e9flexion singuli\u00e8re. C\u2019est l\u00e0 le seul moyen de contr\u00f4ler de bout en bout le march\u00e9 des psychotropes. Il s\u00a0\u2018agit de cocher des cases pr\u00e9-\u00e9tablies qui permettront \u00e0 l\u2019ordinateur de dicter l\u2019ordonnance. Tout colloque particulier devient une entrave \u00e0 cette d\u00e9marche.<br \/>\nLes diagnostics DSM sont jetables selon les al\u00e9as du marketing. Inutile de se battre au sujet de leur essence, ils seront abandonn\u00e9s d\u2019un revers de main et remplac\u00e9s par d\u2019autres selon les p\u00e9rip\u00e9ties du march\u00e9. Le combat ne se situe pas l\u00e0. Le DSM a \u00e9t\u00e9 r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 par la finance qui a besoin de la pr\u00e9visibilit\u00e9 des cours boursiers pour exercer son emprise. La soumission r\u00e9clam\u00e9e au psychiatre, la m\u00eame que celle demand\u00e9e au patient, rassure les investisseurs qui pourront ainsi asseoir leurs investissements sur des opportunit\u00e9s stables, statistiques \u00e0 l\u2019appui. Si nous feignons d\u2019ignorer la strat\u00e9gie politico-\u00e9conomique mise en avant avec le DSM, nous n\u2019avons que peu de chance de tirer notre \u00e9pingle du jeu, faut-il rappeler qu\u2019il s\u2019agit de celle de nos patients\u00a0! La lutte \u00e0 laquelle on nous oblige se situe au niveau politique.<br \/>\nMais revenons au plus pr\u00e8s du diagnostic.<br \/>\nClassifier est un pouvoir social majeur et l\u2019histoire de la psychiatrie en France est \u00e0 cet \u00e9gard bien \u00e9clairante.\u00a0L\u2019\u00e9volution de la psychiatrie fran\u00e7aise depuis deux si\u00e8cles nous oblige \u00e0 r\u00e9pondre \u00e0 certaines questions et notamment: Comment se fait-il que le seul bouleversement politique d\u2019envergure qui n\u2019ait pas donn\u00e9 lieu \u00e0 l\u2019\u00e9mergence d\u2019un nouveau cadre diagnostic en psychiatrie soit le mouvement d\u2019\u00e9mancipation des ann\u00e9es 60\u00a0? Pourquoi la mise en place du secteur psychiatrique, de la psychiatrie de proximit\u00e9, de la disparition de l\u2019asile, n\u2019a pas eu besoin d\u2019un nouveau diagnostic mais bien plut\u00f4t d\u2019un objectif \u00e9thique que nous pourrions appeler \u00ab\u00a0le fou \u00e0 d\u00e9lier\u00a0\u00bb\u00a0? Vous en conviendrez, il ne s\u2019agit pas l\u00e0 d\u2019un diagnostic courant mais plut\u00f4t d\u2019une perspective.<br \/>\nLa r\u00e9volution fran\u00e7aise a permis l\u2019\u00e9mergence de la monomanie, le retour de la monarchie apr\u00e8s Bonaparte celle de la d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence, la troisi\u00e8me r\u00e9publique celle de l\u2019hyst\u00e9rie et des psychoses chroniques, le nazisme celle du parasite, le n\u00e9o-lib\u00e9ralisme actuelle celle de l\u2019handicap\u00e9. L\u2019\u00e9mancipation des ann\u00e9es 60 n\u2019a non seulement pas \u00e9t\u00e9 un \u00e9v\u00e9nement historique radicalement violent mais a port\u00e9 une \u00e9volution \u00e9thique de la soci\u00e9t\u00e9 qui n\u2019a pas eu besoin de stigmatiser ses concitoyens. Bien au contraire. Tous les changements politiques radicaux ont port\u00e9 au pinacle un nouveau diagnostic psychiatrique. L\u2019entreprise DSM conforte cette observation et \u00a0sa multitude peut se r\u00e9sumer \u00e0 une seule question, celle du handicap. La r\u00e9volution n\u00e9o-lib\u00e9rale est un bouleversement politique de grande envergure qui poss\u00e8de un besoin massif de classification.<br \/>\nL\u2019histoire nous enseigne \u00e9galement, et c\u2019est l\u00e0 un fait et non une option partisane, que les courants humanistes ont port\u00e9, plut\u00f4t plus que moins, une psychopathologie tandis que les courants r\u00e9actionnaires ont toujours pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 des th\u00e9ories d\u00e9g\u00e9n\u00e9ratives ou g\u00e9n\u00e9tiques. Cela en dit long sur la r\u00e9volution n\u00e9o-lib\u00e9rale.<br \/>\nComme vous le voyez, pas moyen de faire de psychiatrie sans en mesurer la dimension politique. Il y en a d\u2019autres, bien \u00e9videmment, mais la volont\u00e9 contemporaine d\u2019enfermer la psychiatrie uniquement dans la science n\u2019est-il pas un moyen de la d\u00e9nier.<br \/>\nFaire un diagnostic, pour un soignant, est une n\u00e9cessit\u00e9. Mais il s\u2019agit d\u2019un cadre dans lequel les soins vont se d\u00e9velopper et non d\u2019une \u00e9tiquette d\u00e9finitive sens\u00e9e clore un processus. Une psychose d\u00e9compens\u00e9e, une n\u00e9vrose invalidante, un \u00e9tat limite ou une perversion, engageront la partie selon des modalit\u00e9s diff\u00e9rentes. Les soins, dans le sens de prendre soin, ouvrent des perspectives \u00e0 l\u2019inverse d\u2019un catalogage de l\u2019autre qui ne serait plus qu\u2019\u00e0 \u00e9duquer. Le diagnostic en psychiatrie fait d\u00e9j\u00e0 partie des soins et n\u2019en est pas le pr\u00e9alable.<br \/>\nEn France tous les leviers passent progressivement du c\u00f4t\u00e9 de la finance. Le diagnostic, les cabinets group\u00e9s, les plateaux techniques, les m\u00e9dicaments, la recherche, les lieux d\u2019hospitalisation, les entreprises de formation ou de psycho-\u00e9ducation, les remboursements des soins surtout avec l\u2019\u00e9mergence du tiers payant g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 et la part grandissante des assurances priv\u00e9es et des paniers de soins, tous ces flux de capitaux g\u00e9r\u00e9s jusque-l\u00e0 par l\u2019assurance maladie et l\u2019\u00e9tat passent sous l\u2019emprise du \u00ab\u00a0march\u00e9\u00a0\u00bb.<br \/>\nPr\u00e9sent \u00e0 tous les niveaux du processus, la finance pourra ainsi fixer son prix, assurer les rendements, exercer sa pr\u00e9\u00e9minence.<br \/>\nLe diagnostic est un enjeu politique majeur. Celui qui en dicte les contours est certainement celui qui en tire les ficelles.<br \/>\nNous avons \u00e0 tenter de pr\u00e9server des zones \u00e0 l\u2019abri des sp\u00e9culations st\u00e9rilisantes. Nous avons besoin d\u2019une recherche r\u00e9ellement ind\u00e9pendante, de lieux de soins convenables, de prot\u00e9ger les populations fragiles, de mettre en place des traitements adapt\u00e9s aux patients et non \u00e0 l\u2018industrie, de proposer un \u00e9panouissement plut\u00f4t qu\u2019un abrutissement.<br \/>\nNous ne pouvons compter sur un sursaut humaniste du \u00ab\u00a0march\u00e9\u00a0\u00bb. Il nous faudra bien compter sur autre chose. Cette journ\u00e9e \u00ab\u00a0stop-dsm\u00a0\u00bb, la nouvelle classification fran\u00e7aise en cours d\u2019\u00e9laboration, les mouvements de r\u00e9sistance qui \u00e9mergent ici ou l\u00e0, la partie des professionnels qui gardent le cap, tout cela va dans le bon sens.<br \/>\nL\u2019AFPEP-SNPP, fid\u00e8le \u00e0 ses fondamentaux, soutiendra ces initiatives et pr\u00e9sentera les siennes.<br \/>\nJe vous remercie<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0px 0px 15px; text-align: justify; line-height: normal; font-family: Helvetica; color: #606060;\"><b style=\"font-size: 15px; letter-spacing: 0px; text-align: right;\">Dr Patrice Charbit<\/b><span style=\"letter-spacing: 0px; text-align: right;\">\u00a0\u00a0<\/span><b style=\"font-size: 15px; letter-spacing: 0px; text-align: right;\">Pr\u00e9sident de l\u2019AFPEP-SNPP<\/b><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lors des journ\u00e9es de Lyon de l\u2019AFPEP-SNPP, dont le th\u00e8me \u00e9tait \u00ab\u00a0R\u00e9sistances\u00a0\u00bb, Patrick Landman nous a pr\u00e9sent\u00e9 son id\u00e9e d\u2019un colloque \u00ab\u00a0Stop-DSM\u00a0\u00bb (voir num\u00e9ro 161 de la revue Psychiatries que tous les adh\u00e9rents viennent de recevoir par la poste). 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