{"id":7501,"date":"2010-12-16T17:53:49","date_gmt":"2010-12-16T17:53:49","guid":{"rendered":"http:\/\/www.collectifpsychiatrie.fr\/?p=802"},"modified":"2010-12-16T17:53:49","modified_gmt":"2010-12-16T17:53:49","slug":"conversation-sous-la-tente","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.collectifpsychiatrie.fr\/?p=7501","title":{"rendered":"&gt;Conversation sous la tente"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"https:\/\/www.collectifpsychiatrie.fr\/wp-content\/uploads\/2010\/12\/utopsi-66.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" alt=\"\" class=\"aligncenter size-full wp-image-804\" height=\"533\" src=\"https:\/\/www.collectifpsychiatrie.fr\/wp-content\/uploads\/2010\/12\/utopsi-66.jpg\" title=\"utopsi 66\" width=\"853\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: center; text-indent: 35.4px; font: 12.0px Times\">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-indent: 35.4px; font: 12.0px Times\"><span style=\"font-size:14px;\"><span style=\"letter-spacing: 0.0px\">L&rsquo;autre jour, je suis all&eacute;e &agrave; la tente. Trois-quatre coll&egrave;gues. Jean-Luc qui rangeait, nettoyait les frigos et mettait des &eacute;tiquettes sur les portes pour indiquer ce qu&rsquo;ils contenaient. Vincent, virevoltant deci-del&agrave;. Paul, attabl&eacute;, son bonnet sur la t&ecirc;te. J&rsquo;ai commenc&eacute; &agrave; parler avec Paul. &laquo;&nbsp;Ici, c&rsquo;est un lieu dont tout le monde a besoin. La tente joue comme un r&eacute;v&eacute;lateur&nbsp;: il nous faut une maison du personnel. Dans cet h&ocirc;pital, chacun est compl&egrave;tement &eacute;clat&eacute;. Entre les pavillons, l&rsquo;extra, l&rsquo;intra, personne ne se rencontre plus. La tente nous permet de nous retrouver. Et puis, ici, on fait des premiers accueils. Il y a des familles qui viennent nous demander des conseils sur la psychiatrie.&nbsp;Il faut vraiment se poser la question de la continuit&eacute; de la tente, apr&egrave;s.&nbsp;C&rsquo;est aussi notre position &agrave; l&rsquo;entr&eacute;e de l&rsquo;h&ocirc;pital qui permet tout ce travail.&raquo;<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-indent: 35.4px; font: 12.0px Times\"><span style=\"font-size:14px;\"><br \/>\n\t<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-indent: 35.4px; font: 12.0px Times\"><span style=\"font-size:14px;\"><span style=\"letter-spacing: 0.0px\">Un journaliste arrive. La D&eacute;p&ecirc;che. Il veut faire le portrait d&rsquo;une infirmi&egrave;re. Pas de chance, il y a surtout des infirmiers et des aides-soignants. Va pour l&rsquo;infirmier. Il commence &agrave; discuter avec Paul, qui remonte aux temps anciens, &agrave; ce qu&rsquo;il appelle &laquo;&nbsp;la psychiatrie institutionnelle&nbsp;&raquo; et que j&rsquo;appellerais plus volontiers la psychiatrie asilaire. Les malades qui travaillent, les grands pavillons, les dortoirs, les grandes &eacute;quipes, les trois-huit sans aucun moment de rencontre inter-&eacute;quipes (ce que nous appelons &laquo;&nbsp;les transmissions&nbsp;&raquo;), le p&eacute;cule index&eacute; sur le timbre-poste et pay&eacute; par le vaguemestre, l&rsquo;ordre asilaire de cette &eacute;poque. Et puis, l&rsquo;&eacute;volution, &mdash; la r&eacute;volution, il faudrait dire &mdash; et l&rsquo;&eacute;norme changement que les infirmiers ont accompli dans leur travail avec les malades. Paul ajoutait que pour lui, c&rsquo;&eacute;tait gr&acirc;ce &agrave; un m&eacute;decin-chef qui impulsait un mouvement d&rsquo;ouverture qu&rsquo;il avait travaill&eacute; autrement. Et l&rsquo;on pouvait se former. Et cette formation avait des effets en retour sur l&rsquo;&eacute;quipe et les coll&egrave;gues.&nbsp;<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-indent: 35.4px; font: 12.0px Times\"><span style=\"font-size:14px;\"><br \/>\n\t<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-indent: 35.4px; font: 12.0px Times\"><span style=\"font-size:14px;\"><span style=\"letter-spacing: 0.0px\">Parce qu&rsquo;au fond, c&rsquo;est aussi cela qu&rsquo;on ressent sous la tente. Cette culture commune de soignants en psychiatrie qui nous infiltre. Ce m&eacute;tier, qu&rsquo;on a construit avec les patients, gr&acirc;ce &agrave; eux autant qu&rsquo;avec eux. Cette passion du lien, de tout ce qui relie.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-indent: 35.4px; font: 12.0px Times\"><span style=\"font-size:14px;\"><br \/>\n\t<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-indent: 35.4px; font: 12.0px Times\"><span style=\"font-size:14px;\"><span style=\"letter-spacing: 0.0px\">Le journaliste de la D&eacute;p&ecirc;che avait oubli&eacute; son appareil photo. Emb&ecirc;tant pour un portrait. Ah&nbsp;! mais celui de l&rsquo;Humanit&eacute; arrive. Il nous fait poser dehors, devant le feu. Il enverra une photo &agrave; son coll&egrave;gue. Tr&egrave;s bien.&nbsp;<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-indent: 35.4px; font: 12.0px Times\"><span style=\"font-size:14px;\"><br \/>\n\t<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-indent: 35.4px; font: 12.0px Times\"><span style=\"font-size:14px;\"><span style=\"letter-spacing: 0.0px\">Pendant ce temps, Jean-Luc a fait griller la viande sur les braises du feu de palettes et arrive avec un plat rempli. L&rsquo;interview continue tout en mangeant. Le gars de La D&eacute;p&ecirc;che commence par d&eacute;cliner l&rsquo;invitation qu&rsquo;on lui a lanc&eacute;e, &laquo;&nbsp;seulement un verre de vin, &ccedil;a m&rsquo;ira tr&egrave;s bien&nbsp;&raquo;, puis le temps passant, accepte un morceau de viande et un bout de pain. Le portrait de Paul s&rsquo;&eacute;largit des commentaires des uns et des autres. Vincent aime beaucoup utiliser l&rsquo;appareil photo de son t&eacute;l&eacute;phone portable et a pris Paul sous tous les angles, avec et sans bonnet. On parle aussi du rendez-vous pour manifester le lendemain &agrave; l&rsquo;ARS. Andr&eacute; souligne en appart&eacute;, que les patients, il faut savoir les laisser tranquilles, qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui, l&rsquo;ambiance est plut&ocirc;t &agrave; l&rsquo;activisme et &agrave; la r&eacute;ponse imm&eacute;diate, m&eacute;dicamenteuse ou autre, alors qu&rsquo;il faut savoir prendre le temps de les laisser venir, suivre leur rythme, et que c&rsquo;est une condition absolument n&eacute;cessaire au travail et &agrave; la construction d&rsquo;une relation authentique, que sinon il y a trop le risque de faire &eacute;cran.&nbsp;<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-indent: 35.4px; font: 12.0px Times\"><span style=\"font-size:14px;\"><br \/>\n\t<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-indent: 35.4px; font: 12.0px Times\"><span style=\"font-size:14px;\"><span style=\"letter-spacing: 0.0px\">Vers une heure, d&rsquo;autres coll&egrave;gues arrivent. Des jeunes. Du coup, on se met &agrave; parler de la formation, de la transmission. &laquo;&nbsp;Nous avons appris notre travail au contact des anciens, mais aujourd&rsquo;hui, il n&rsquo;y en a pratiquement plus dans les pavillons. J&rsquo;en veux beaucoup aux coll&egrave;gues qui ont de l&rsquo;exp&eacute;rience d&rsquo;&ecirc;tre tous partis travailler en dehors de l&rsquo;h&ocirc;pital.&nbsp;&raquo; Occasion de rappeler au journaliste que l&rsquo;activit&eacute; de l&rsquo;h&ocirc;pital a lieu pour une bonne part (la moiti&eacute;&nbsp;?) &agrave; l&rsquo;ext&eacute;rieur. Et de rappeler &agrave; Paul qu&rsquo;il fut un temps o&ugrave; personne ne voulait aller travailler &laquo;en extra&nbsp;&raquo;, comme on dit. On parle aussi du tutorat mis en place pour pallier &agrave; l&rsquo;insuffisance de la formation psychiatrique actuelle dans les &eacute;coles d&rsquo;infirmi&egrave;res.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-indent: 35.4px; font: 12.0px Times\"><span style=\"font-size:14px;\"><br \/>\n\t<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-indent: 35.4px; font: 12.0px Times\"><span style=\"font-size:14px;\">&nbsp;Le journaliste est sur le d&eacute;part. Passe un psy (psychanalyste, je veux dire). Qui glisse discr&egrave;tement une liasse de billets en soutien. On lui offre &agrave; manger. &Agrave; l&rsquo;autre bout de la table, on parle ciment, prise rapide et fers &agrave; b&eacute;ton. Il s&rsquo;en m&ecirc;le, apporte quelques pr&eacute;cisions sur les mat&eacute;riaux. Une coll&egrave;gue f&eacute;licite ceux qui ont parl&eacute; &agrave; la radio. C&rsquo;&eacute;tait vraiment tr&egrave;s bien. &laquo;&nbsp;Pas de tout repos, il faut &ecirc;tre tr&egrave;s concentr&eacute;s&nbsp;&raquo; pr&eacute;cisent ceux qui y sont all&eacute;s.&nbsp;On raconte la panne pendant l&rsquo;&eacute;mission du groupe &eacute;lectrog&egrave;ne qui fournit l&rsquo;&eacute;lectricit&eacute;, vite, aller rajouter de l&rsquo;essence. &laquo;&nbsp;On n&rsquo;a rat&eacute; que deux minutes.&nbsp;&raquo; Un syndicaliste arrive. Jean-Luc lui parle du compteur de chantier qui doit &ecirc;tre install&eacute; dans l&rsquo;apr&egrave;s-midi. &laquo;&nbsp;J&rsquo;ai pens&eacute; qu&rsquo;il ne fallait pas que les fils tra&icirc;nent par terre.&nbsp;&raquo; &laquo;&nbsp;Ah, si tu as besoin, j&rsquo;ai le camion avec la nacelle et quelques minutes, si je peux faire quelque chose, c&rsquo;est maintenant.<\/span><span class=\"Apple-style-span\" style=\"font-size: 14px; \">&raquo;<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-indent: 35.4px; font: 12.0px Times\">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-indent: 35.4px; font: 12.0px Times\"><span class=\"Apple-style-span\" style=\"font-size: 14px; \">Quelqu&rsquo;un d&rsquo;autre arrive en parlant des tentes que ceux du tramway ont mont&eacute;es &agrave; leur terminus. &Eacute;quip&eacute;s d&rsquo;embl&eacute;e. Et de leur mat&eacute;riel pour tenir. De gros r&eacute;chauds, etc. &laquo;&nbsp;Ce n&rsquo;est pas une prime en plus qu&rsquo;ils demandent. Ils luttent pour qu&rsquo;on ne leur enl&egrave;ve pas une prime &agrave; laquelle ils ont droit.&nbsp;&raquo; Une coll&egrave;gue revient sur son repos, en profite pour s&rsquo;arr&ecirc;ter. Je parle avec elle d&rsquo;une patiente qu&rsquo;on suit en commun. Elle raconte la vie au pavillon, le manque d&rsquo;effectifs, les jeunes qui viennent d&rsquo;arriver, qu&rsquo;il faut &laquo;&nbsp;tutorer&nbsp;&raquo; justement et c&rsquo;est pour &ccedil;a qu&rsquo;elle revient, elle me donne aussi des nouvelles d&rsquo;une coll&egrave;gue commune. &nbsp;<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-indent: 35.4px; font: 12.0px Times\"><span style=\"font-size:14px;\"><br \/>\n\t<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 12.0px Times\"><span style=\"font-size:14px;\">Je pourrais aussi parler de ce patient qui s&rsquo;est mis &agrave; me raconter des pans entiers de l&rsquo;histoire de Marchant&nbsp;; de V&eacute;ra, qui passe parler d&rsquo;un projet qui lui tient &agrave; c&oelig;ur et cela ouvre une discussion passionnante et pointue sur le travail&nbsp;; ou de ces parents, se plaignant d&rsquo;&ecirc;tre mis &agrave; l&rsquo;&eacute;cart par le m&eacute;decin qui soigne leur enfant mais ajoutent &laquo;&nbsp;l&rsquo;&eacute;quipe infirmi&egrave;re du pavillon est formidable&nbsp;&raquo;. Avec eux, c&rsquo;est un vrai entretien de r&eacute;gulation qui a lieu et pourtant, impossible de penser le faire ailleurs que l&agrave;, dans la nuit et le froid, &agrave; c&ocirc;t&eacute; des palettes qui br&ucirc;lent.&nbsp;<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 12.0px Times\"><span style=\"font-size:14px;\"><br \/>\n\t<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 12.0px Times\"><span style=\"font-size:14px;\">C&rsquo;est tout cela que permet aussi la tente.<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 12.0px Times\">&nbsp;<\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 12.0px Times\"><span class=\"Apple-style-span\" style=\"font-size: 14px; \">Difficile de rendre cette vie, la simplicit&eacute;, l&rsquo;ordinaire et la chaleur de ces moments, les discussions qui passent du coq &agrave; l&rsquo;&acirc;ne, o&ugrave; tout est m&ecirc;l&eacute;,&nbsp;de l&rsquo;histoire de la psychiatrie au bricolage (mais notre m&eacute;tier est presque totalement constitu&eacute; de cela&nbsp;: de bricolage), les rencontres qui se font, viande, pain et verres qui circulent autour de la table et le sentiment que quelque chose existe l&agrave;, de pr&eacute;cieux, qu&rsquo;on ne peut pas enlever aux gens. Quelque chose&nbsp; d&rsquo;extr&ecirc;mement important, de vital, d&rsquo;indispensable. Quelque chose qui concerne la psychiatrie s&ucirc;rement, mais au-del&agrave; d&rsquo;elle, touche notre mani&egrave;re d&rsquo;&ecirc;tre ensemble dans la soci&eacute;t&eacute; d&rsquo;aujourd&rsquo;hui et la possibilit&eacute; de travailler dans un collectif vivant. Parce que la vie, elle est l&agrave;, pas dans les protocoles et autres &eacute;valuations, encore moins dans le CAC 40 et toutes les &eacute;conomies qu&rsquo;on veut nous imposer. Non, la vie est l&agrave;, et les patients en ont besoin, ils ont besoin de la sentir en nous. C&rsquo;est avec cette vie qu&rsquo;ils peuvent se reconstruire pour aller mieux.&nbsp;<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-indent: 35.4px; font: 12.0px Times\"><span style=\"font-size:14px;\"><br \/>\n\t<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-indent: 35.4px; font: 12.0px Times\"><span style=\"font-size:14px;\"><span style=\"letter-spacing: 0.0px\">Ah&nbsp;! j&rsquo;oubliais le principal. Ce qui a mis le feu aux poudres, c&rsquo;est un syst&egrave;me de remplacement g&eacute;n&eacute;ralis&eacute; organis&eacute; sur tout l&rsquo;h&ocirc;pital, intra et extra, pour pallier l&rsquo;absence chronique des deux tiers du personnel infirmier d&rsquo;un pavillon. Ce syst&egrave;me de remplacement g&eacute;n&eacute;ralis&eacute; avait entre autres pour effet de d&eacute;sorganiser le travail et la prise en charge des patients dans tous les services.&nbsp;<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-indent: 35.4px; font: 12.0px Times\"><span style=\"font-size:14px;\"><br \/>\n\t<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-indent: 35.4px; font: 12.0px Times\"><span style=\"font-size:14px;\"><span style=\"letter-spacing: 0.0px\">Une autre des revendications embl&eacute;matiques du mouvement a &eacute;t&eacute; un temps le manque de petites cuill&egrave;res&nbsp;en m&eacute;tal&nbsp;! et le fait qu&rsquo;elles &eacute;taient syst&eacute;matiquement remplac&eacute;es par des petites cuill&egrave;res en plastique. (Mais cette p&eacute;nurie touche aussi les bols, etc.) De ce c&ocirc;t&eacute;-l&agrave;, au moins, la direction a compris et les petites cuill&egrave;res en m&eacute;tal sont r&eacute;apparues dans les pavillons.&nbsp;<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-indent: 35.4px; font: 12.0px Times\"><span style=\"font-size:14px;\"><br \/>\n\t<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-indent: 35.4px; font: 12.0px Times\"><span style=\"font-size:14px;\"><span style=\"letter-spacing: 0.0px\">&Eacute;videmment, la tente, c&rsquo;est une protestation contre les &eacute;conomies actuelles, la p&eacute;nurie constante de personnel due &agrave; une quarantaine de postes vacants non pourvus sur l&rsquo;h&ocirc;pital.&nbsp; Mais c&rsquo;est aussi une lutte pour d&eacute;fendre une certaine mani&egrave;re de soigner faite de respect du patient, contre la tendance actuelle d&rsquo;une psychiatrie exclusivement s&eacute;curitaire et contre le retour &agrave; l&rsquo;ordre asilaire, m&ecirc;me modernis&eacute; par les cam&eacute;ras, les alarmes, les mol&eacute;cules soit-disant d&rsquo;avenir et le fric pomp&eacute; par les laboratoires.&nbsp;<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-indent: 35.4px; font: 12.0px Times\"><span style=\"font-size:14px;\"><br \/>\n\t<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-indent: 35.4px; font: 12.0px Times\"><span style=\"font-size:14px;\"><span style=\"letter-spacing: 0.0px\">Pas &eacute;tonnant que ce mouvement soit men&eacute; prioritairement par les infirmiers&nbsp;et les aides-soignants. Eux plus que les autres savent jusqu&rsquo;&agrave; quel point le respect et la valeur de leur travail vont de pair avec le respect du patient. Les patients ne s&rsquo;y trompent pas&nbsp;d&rsquo;ailleurs&nbsp;: la tente leur a plu d&rsquo;embl&eacute;e, elle met un peu d&rsquo;animation dans leur vie &agrave; l&rsquo;h&ocirc;pital, mais ils s&rsquo;arr&ecirc;tent aussi l&agrave; pour prendre un caf&eacute; ou parler de la psychiatrie et il est arriv&eacute; que certains d&rsquo;entre eux nous en racontent des bouts d&rsquo;histoire.&nbsp;<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-indent: 35.4px; font: 12.0px Times; min-height: 14.0px\"><span style=\"font-size:14px;\"><span style=\"letter-spacing: 0.0px\">&nbsp;<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-indent: 35.4px; font: 12.0px Times\"><span style=\"font-size:14px;\"><span style=\"letter-spacing: 0.0px\">Ce jour-l&agrave;, on a m&ecirc;me parl&eacute; de monter des murs de briques sous la tente. Des murs qui resteraient une fois que la tente aurait disparu. Une bonne farce &agrave; faire &agrave; notre direction. Et tout un symbole.&nbsp;<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 12.0px Times; min-height: 14.0px\"><span style=\"font-size:14px;\"><br \/>\n\t<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 12.0px Times; min-height: 14.0px\"><span style=\"font-size:14px;\"><strong>Blandine Ponet, Toulouse, d&eacute;cembre 2010.<\/strong><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; L&rsquo;autre jour, je suis all&eacute;e &agrave; la tente. Trois-quatre coll&egrave;gues. Jean-Luc qui rangeait, nettoyait les frigos et mettait des &eacute;tiquettes sur les portes pour indiquer ce qu&rsquo;ils contenaient. Vincent, virevoltant deci-del&agrave;. Paul, attabl&eacute;, son bonnet sur la t&ecirc;te. 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