{"id":8182,"date":"2016-04-02T17:38:56","date_gmt":"2016-04-02T17:38:56","guid":{"rendered":"http:\/\/www.collectifpsychiatrie.fr\/?p=8182"},"modified":"2017-01-31T15:44:47","modified_gmt":"2017-01-31T15:44:47","slug":"il-faut-en-finir-avec-la-psychiatrie-fondee-sur-la-contention","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.collectifpsychiatrie.fr\/?p=8182","title":{"rendered":"Il faut en finir avec la psychiatrie fond\u00e9e sur la contention"},"content":{"rendered":"<p>TRIBUNE \u00a0 \u00a0 \u00a0\u00a0Publi\u00e9 dans le journal Lib\u00e9.fr<\/p>\n<p>le\u00a0\u2014 31 mars 2016 \u00e0 17:39<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.collectifpsychiatrie.fr\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/Capture-d\u2019\u00e9cran-2012-01-03-\u00e0-10.37.041.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-2993\" src=\"https:\/\/www.collectifpsychiatrie.fr\/wp-content\/uploads\/2012\/01\/Capture-d\u2019\u00e9cran-2012-01-03-\u00e0-10.37.041.png\" alt=\"Capture d\u2019\u00e9cran 2012-01-03 \u00e0 10.37.04\" width=\"189\" height=\"112\" \/><\/a><br \/>\n<strong>Il faut en finir avec la psychiatrie fond\u00e9e sur la contention<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les abus constat\u00e9s r\u00e9cemment par Adeline Hazan, la Contr\u00f4leuse g\u00e9n\u00e9rale des lieux de privation de libert\u00e9s, \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital psychiatrique de Bourg-en-Bresse, traduit une destruction g\u00e9n\u00e9rale, lente et progressive des soins en psychiatrie en France, au nom de l&rsquo;efficacit\u00e9 \u00e9conomique et de la rigueur budg\u00e9taire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il faut en finir avec la psychiatrie fond\u00e9e sur la contention<br \/>\n\u00abNous n\u2019avions jamais vu cela\u00bb, d\u00e9clare la contr\u00f4leuse g\u00e9n\u00e9rale des lieux de privation de libert\u00e9, Madame Adeline Hazan, d\u00e9non\u00e7ant : \u00abDes pratiques centralis\u00e9es, honteuses, et choquantes.\u00bb En France, en 2016, dans un h\u00f4pital psychiatrique ordinaire de l\u2019Ain, des patients sont enferm\u00e9s, sangl\u00e9s, d\u00e9pourvus de tout espace de libert\u00e9, abandonn\u00e9s, maltrait\u00e9s. \u00abJe suis sid\u00e9r\u00e9e que l\u2019Agence r\u00e9gionale de sant\u00e9, que la Haute Autorit\u00e9 de sant\u00e9, que les diff\u00e9rentes commissions d\u00e9partementales, toutes ces structures qui sont venues ces derni\u00e8res ann\u00e9es, voire pour certaines ces derni\u00e8res semaines, n\u2019aient pas observ\u00e9 ce que notre mission a vu. Et qu\u2019elles n\u2019aient en tout cas pas r\u00e9agi. Cela me laisse sans voix.\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">LIRE AUSSI :<br \/>\n<a href=\"http:\/\/www.liberation.fr\/france\/2016\/03\/25\/psychiatrie-l-enfer-derriere-les-portes_1442156\">Psychiatrie, l\u2019enfer derri\u00e8re les portes<\/a><br \/>\nLes m\u00e9decins de cet h\u00f4pital et les universitaires qui les ont form\u00e9s, les directeurs de cet h\u00f4pital et l\u2019ARS, les experts de l\u2019HAS (Haute Autorit\u00e9 de sant\u00e9) et le directeur de l\u2019HAS portent une lourde responsabilit\u00e9 dans l\u2019assujettissement massif et syst\u00e9matique des patients de cet h\u00f4pital par le corps soignant. Comment a-t-on pu transformer un lieu de soins en lieu de d\u00e9tention voire de tortures, comment les responsables m\u00e9dicaux et administratifs de cet h\u00f4pital continuent-ils de minimiser cette enqu\u00eate ? H\u00e9las, la banalisation d\u2019actes inacceptables, la soumission ou l\u2019indiff\u00e9rence envahissent petit \u00e0 petit un grand nombre d\u2019\u00e9quipes de soins.<!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Car ce scandale de Bourg-en-Bresse n\u2019est pas un \u00e9piph\u00e9nom\u00e8ne : il traduit une destruction lente et progressive des soins en psychiatrie d\u00e9nonc\u00e9e d\u00e8s 2003 lors des Etats g\u00e9n\u00e9raux de la psychiatrie. Nous n\u2019avons eu de cesse, depuis, de d\u00e9noncer le fait que sous l\u2019appellation \u00abqualit\u00e9\u00bb, et guid\u00e9s par la novlangue invent\u00e9e par l\u2019HAS qui l\u2019accompagne, nous voyons prosp\u00e9rer un ensemble de termes, d\u2019indicateurs et de chiffres permettant de quantifier et d\u2019\u00e9valuer le soin, pour le soumettre \u00e0 une logique marchande et s\u00e9curitaire. Cette \u00abd\u00e9marche qualit\u00e9\u00bb expulse les soignants de leur fonction premi\u00e8re : accueillir, \u00e9couter, accompagner chaque personne souffrante de la mani\u00e8re la plus singuli\u00e8re possible, en lui proposant des soins adapt\u00e9s \u00e0 son histoire, ses attentes, son contexte sociofamilial, ses possibilit\u00e9s d\u2019appr\u00e9hender sa pathologie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette logique autorise l\u2019aveuglement dont s\u2019\u00e9meut Mme Hazan ; pire encore, elle institue la violence : peur des patients, peur de l\u2019engagement dans la relation th\u00e9rapeutique ! Cette logique pr\u00f4n\u00e9e par l\u2019HAS et la plupart des universitaires s\u2019adosse \u00e0 une formation au rabais, o\u00f9 le DSM (1) r\u00e8gne en ma\u00eetre, privant les psychiatres d\u2019une conception complexe de la pathologie mentale, une formation si r\u00e9ductrice qu\u2019elle ne permet plus un minimum d\u2019\u00e9laboration r\u00e9flexive et critique sur des pratiques protocolis\u00e9es, de plus en plus standardis\u00e9es et donc de plus en plus inhumaines.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Que dire alors de la formation des infirmiers ! L\u2019all\u00e9gement est remarquable : le dipl\u00f4me n\u00e9cessitant trois ans d\u2019\u00e9tudes est devenu une initiation \u00e0 la psychiatrie de quelques semaines. Qui plus est la logique \u00e9conomique et manag\u00e9riale propose des moyens restreints : comment s\u2019\u00e9tonner alors de l\u2019abandon inexorable de la dimension collective des soins renfor\u00e7ant la solitude et le d\u00e9nuement des infirmiers et des travailleurs au plus proche du quotidien, de ce que vivent et ressentent les patients ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La destruction avance \u00e0 marche forc\u00e9e. La nouvelle \u00e9tape, les GHT (groupement hospitalier de territoires) ent\u00e9rin\u00e9s dans la derni\u00e8re loi de Sant\u00e9 dans le but \u00e9vident de continuer les coupes budg\u00e9taires drastiques, va, sous pr\u00e9texte de modernisation, restructurer l\u2019ensemble du tissu hospitalier et quasiment interdire que des \u00e9quipes de soin qui continuent de r\u00e9sister jusqu\u2019alors puissent poursuivre leur projet. Elles ne pourront plus effectuer leur travail de proximit\u00e9 et de continuit\u00e9 avec les patients et les familles car elles se heurteront au sein des GHT \u00e0 des monstres bureaucratiques.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u00e8s le mois de septembre 2015, le Collectif des 39* lan\u00e7ait un appel: \u00abNon \u00e0 la contention. La sangle qui attache tue le lien humain qui soigne. Nous l\u2019affirmons : Ces actes ne soignent pas\u2026 Les patients qui les ont subies en t\u00e9moignent r\u00e9guli\u00e8rement, elles produisent un traumatisme \u00e0 jamais ancr\u00e9 dans leur chair et dans leur c\u0153ur. Dire non aux sangles qui font mal, qui font hurler, qui effraient plus que tout, c\u2019est dire oui : C\u2019est dire oui \u00e0 un minimum de fraternit\u00e9.\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pr\u00e8s de 9000 personnes ont d\u00e9j\u00e0 sign\u00e9 cet appel.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La Fnapsy (f\u00e9d\u00e9ration d\u2019association de patients) esp\u00e8re que ces pratiques d\u2019un autre \u00e2ge n\u2019auront plus cours; Humapsy (association de patients) n\u2019a de cesse de les condamner; l\u2019Unafam (association de parents) les d\u00e9nonce et parle de la peur des parents que leurs proches soient encore plus maltrait\u00e9s s\u2019ils se plaignent ! Sant\u00e9 mentale France d\u00e9clare \u00abque cette politique [\u2026] a produit une d\u00e9responsabilisation des soignants, une d\u00e9motivation et un sentiment de bureaucratisation allant souvent \u00e0 l\u2019encontre d\u2019une v\u00e9ritable qualit\u00e9 des soins. Et qu\u2019elle a permis le retour des mesures de contention qui avaient globalement disparu.\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous appelons toutes les personnes concern\u00e9es : soignants, patients, familles, personnels administratifs, citoyens, \u00e0 mettre au centre d\u2019une grande action commune le th\u00e8me suivant : \u00abStop ! Il faut cesser les pratiques de contention physique dans notre pays\u00bb Il est grand temps de poser des actes qui bloqueront une r\u00e9gression majeure h\u00e9las d\u00e9j\u00e0 en \u0153uvre afin de refonder la psychiatrie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">*www.collectifpsychiatrie.fr<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour signer l&rsquo;appel cliquez <a href=\"http:\/\/www.hospitalite-collectif39.org\/?-NON-A-LA-CONTENTION-4-\">ICI<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">(1) DSM : de l\u2019anglais Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders) ou Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux mis au point par l\u2019Association Am\u00e9ricaine de Psychiatrie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Par le Collectif des 39 : Dominique Besnard, Philippe Bichon, Herv\u00e9 Bokobza, Dominique Damour, Yves Gigou, Paul Machto\u2026<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>TRIBUNE \u00a0 \u00a0 \u00a0\u00a0Publi\u00e9 dans le journal Lib\u00e9.fr le\u00a0\u2014 31 mars 2016 \u00e0 17:39 Il faut en finir avec la psychiatrie fond\u00e9e sur la contention Les abus constat\u00e9s r\u00e9cemment par Adeline Hazan, la Contr\u00f4leuse g\u00e9n\u00e9rale des lieux de privation de libert\u00e9s, \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital psychiatrique de Bourg-en-Bresse, traduit une destruction g\u00e9n\u00e9rale, lente et progressive des soins &hellip; <a href=\"https:\/\/www.collectifpsychiatrie.fr\/?p=8182\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">Il faut en finir avec la psychiatrie fond\u00e9e sur la contention<\/span>  <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":8,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[372,19],"tags":[],"class_list":["post-8182","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-articles-39","category-articles-de-presse"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.collectifpsychiatrie.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/8182","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.collectifpsychiatrie.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.collectifpsychiatrie.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.collectifpsychiatrie.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/8"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.collectifpsychiatrie.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=8182"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/www.collectifpsychiatrie.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/8182\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":8534,"href":"https:\/\/www.collectifpsychiatrie.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/8182\/revisions\/8534"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.collectifpsychiatrie.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=8182"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.collectifpsychiatrie.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=8182"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.collectifpsychiatrie.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=8182"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}