{"id":897,"date":"2010-12-20T20:41:50","date_gmt":"2010-12-20T20:41:50","guid":{"rendered":"http:\/\/www.collectifpsychiatrie.fr\/?p=897"},"modified":"2020-12-06T02:32:57","modified_gmt":"2020-12-06T02:32:57","slug":"de-la-republique-compassionnelle","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.collectifpsychiatrie.fr\/?p=897","title":{"rendered":"&gt;De la R\u00e9publique compassionnelle"},"content":{"rendered":"<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; font: 12.0px 'Times New Roman'; min-height: 15.0px;\"><a href=\"https:\/\/www.collectifpsychiatrie.fr\/wp-content\/uploads\/2010\/12\/20090605-151826.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-898\" title=\"20090605-151826\" src=\"https:\/\/www.collectifpsychiatrie.fr\/wp-content\/uploads\/2010\/12\/20090605-151826.jpg\" alt=\"\" width=\"800\" height=\"500\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; font: 12.0px 'Times New Roman'; min-height: 15.0px;\">\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; font: 12.0px 'Times New Roman'; min-height: 15.0px;\">Longtemps je me suis couch\u00e9\u2026en me disant qu\u2019il faudrait bien qu\u2019un jour, je me d\u00e9cide \u00e0 mettre un terme, un point final, \u00e0 cette chronique qui m\u2019asservit. Je ne dirai pas qu\u2019elle m\u2019assomme, m\u00eame si je viens de l\u2019\u00e9crire\u00a0: c\u2019est bien l\u00e0 le pi\u00e8ge de l\u2019\u00e9criture. Il serait plus juste d\u2019\u00e9crire\u00a0qu\u2019elle me pompe. Vous pouvez\u00a0 d\u00e9j\u00e0 vous douter que j\u2019ai quelques raisons de me trouver de m\u00e9chante humeur. En fait, je voudrais d\u00e9roger au style habituel de mon exercice mensuel, mais je ne sais pas comment m\u2019y prendre. C\u2019est\u00a0 l\u2019indice d\u2019un embarras, le m\u00eame que j\u2019ai \u00e9prouv\u00e9 en entendant le Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique, le 2 d\u00e9cembre dernier , \u00e0 l\u2019EPS Erasme d\u2019Antony , Hauts-de-Seine, d\u00e9partement dont il avait auparavant pr\u00e9sid\u00e9 le Conseil G\u00e9n\u00e9ral.<\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; font: 12.0px 'Times New Roman'; min-height: 15.0px;\">\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; font: 12.0px 'Times New Roman'; min-height: 15.0px;\">Il faut\u00a0 pr\u00e9ciser que ma chronique doit \u00eatre imp\u00e9rativement livr\u00e9e la derni\u00e8re semaine du mois pr\u00e9c\u00e9dant la parution du <i>Mensuel\u00a0<\/i>et que<i> <\/i>je ne serai peut-\u00eatre plus dans le m\u00eame \u00e9tat d\u2019esprit lorsque vous la lirez. Aujourd\u2019hui, je suis bless\u00e9 de m\u2019\u00eatre senti oblig\u00e9 d\u2019\u00e9couter ce discours, au milieu de ceux qui avaient \u00e9t\u00e9 convi\u00e9s, du fait de leurs responsabilit\u00e9s institutionnelles, \u00e0 venir entendre de leurs oreilles qualifi\u00e9es, les propos du Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique sur l\u2019hospitalisation psychiatrique.<\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; font: 12.0px 'Times New Roman';\">\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; font: 12.0px 'Times New Roman';\"><span style=\"letter-spacing: 0.0px;\">Pris dans cette nasse, mes coll\u00e8gues et moi-m\u00eame avons commenc\u00e9 par \u00e9changer des regards incr\u00e9dules, tandis qu\u2019en face de nous, du haut d\u2019une tribune au fond de laquelle on avait pris soin d\u2019aligner une brochette de figurants, un petit homme en costume d\u2019ordonnateur, s\u2019agitait avec force mimiques et un mouvement singulier du bras droit qui l\u2019aidait \u00e0 scander certaines de ses paroles les plus fortes\u00a0: c\u2019est un d\u00e9veloppement saccad\u00e9 du bras, qu\u2019il \u00e9tend au fur et \u00e0 mesure que la phrase se d\u00e9roule, \u00e0 la fa\u00e7on de certains professionnels du pr\u00e9toire, bien que sans doute moins ample que\u00a0 chez ceux qu\u2019on appelle \u00ab\u00a0t\u00e9nors du barreau\u00a0\u00bb. Il manifestait sa compassion pour les proches d\u2019un disparu et interpellait la communaut\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0J\u2019ai \u00e9t\u00e9 choqu\u00e9 de ne pas entendre beaucoup de mots pour la famille de la victime\u00a0!\u00a0\u00bb. Il faut dire que la victime \u00ab\u00a0avait eu le malheur de croiser le chemin de l\u2019assassin\u00a0\u00bb, et que l\u2019assassin en question \u00e9tait \u00ab\u00a0une personne \u00e9minemment dangereuse (\u2026) qui avait d\u00e9j\u00e0 commis plusieurs agressions tr\u00e8s graves\u2026\u00a0\u00bb. L\u2019homme en noir demandait qu\u2019on se m\u00eet \u00e0 sa place\u00a0: \u00ab\u00a0Je dois r\u00e9pondre \u00e0 l\u2019interrogation des familles des victimes que je re\u00e7ois\u00a0.\u00a0\u00bb Je comprenais pourquoi il semblait si s\u00e9rieux, si pr\u00e9occup\u00e9\u00a0: il devait sans doute repartir tr\u00e8s vite, d\u00e8s la fin de sa longue\u00a0 hom\u00e9lie, pour aller recevoir d\u2019autres familles d\u2019autres victimes. C\u2019est sans doute aussi pourquoi il annon\u00e7ait, l\u2019air irrit\u00e9, qu\u2019il allait mettre un terme au laxisme qui avait pr\u00e9lud\u00e9 \u00e0 ce drame. Cela suffisait\u00a0!<\/span><!--more--><\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; font: 12.0px 'Times New Roman';\">\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; font: 12.0px 'Times New Roman';\"><span style=\"letter-spacing: 0.0px;\">Il est d\u2019autant plus urgent d\u2019intervenir que le 13 d\u00e9cembre, un samedi soir, \u00ab\u00a0( des jeunes d\u2019Antony) ont d\u00e9barqu\u00e9 au Plessis-Robinson, munis d\u2019armes de poing\u00a0\u00bb et ont laiss\u00e9 l\u2019un d\u2019entre eux, assomm\u00e9, dans le coma. \u00ab\u00a0On a retrouv\u00e9 sur les lieux, trois marteaux dont un brise-vitre\u00a0\u00bb.\u00a0 Mais, ce n\u2019est pas tout\u00a0: \u00ab\u00a0Une autre bagarre a eu lieu la m\u00eame nuit entre des jeunes de cette ville (Antony) et d\u2019autres de Bagneux. Il s\u2019agirait de jeunes ayant tent\u00e9 de s\u2019introduire dans une f\u00eate. L\u2019un d\u2019eux a \u00e9t\u00e9 interpell\u00e9 en possession d\u2019un fusil \u00e0 grenaille\u00a0\u00bb. (<i>Lib\u00e9ration <\/i>du 15 d\u00e9cembre 2008). On comprend mieux alors le souci du Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique de s\u00e9curiser les h\u00f4pitaux psychiatriques et d\u2019abord celui d\u2019Antony, car, si les jeunes de la commune d\u00e9barquent avec ceux de Bagneux et du Plessis-Robinson pour faire la f\u00eate \u00e0 l\u2019EPS Erasme, avec armes de poing et fusils \u00e0 grenailles, les schizophr\u00e8nes ne feront pas le poids..<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; font: 12.0px 'Times New Roman';\">\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; font: 12.0px 'Times New Roman';\"><span style=\"letter-spacing: 0.0px;\">Ceci me fait penser \u00e0 un patient, qui a \u00e9trangl\u00e9 sa m\u00e8re il y a de nombreuses ann\u00e9es, et dont le passe-temps favori est la m\u00e9ditation transcendantale, technique qu\u2019il avait acquise en Californie, dans les ann\u00e9es ayant pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 son passage \u00e0 l\u2019acte. Il a trouv\u00e9 \u00e0 l\u2019h\u00f4pital le lieu privil\u00e9gi\u00e9 pour sa pratique et ne souhaite surtout pas en sortir. D\u2019ailleurs, le voudrait-il que je doute fort qu\u2019on (deux experts) l\u2019y autorise. Il pense plut\u00f4t qu\u2019il en sortira un jour les pieds devant, pour \u00eatre conduit au cimeti\u00e8re, ainsi qu\u2019il me l\u2019a annonc\u00e9, avec un sourire r\u00e9sign\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0L\u00e0 o\u00f9 mes potagers, o\u00f9 mes potirons.\u00a0\u00bb Il a d\u00fb r\u00e9p\u00e9ter en scandant\u00a0: \u00ab\u00a0\u2026mes potes \u00e2g\u00e9s\u2026mes potes iront\u00a0\u00bb, pour que je saisisse le sel de sa phrase. De temps \u00e0 autre, il fait un passage en UMD (Unit\u00e9 pour malades difficiles), ce qu\u2019on appelle un s\u00e9jour de rupture, car, il se trouve r\u00e9guli\u00e8rement une infirmi\u00e8re \u00e0 qui il fait peur. Il n\u2019a nul besoin d\u2019\u00eatre agressif, il suffit qu\u2019il s\u2019int\u00e9resse un peu plus \u00e0 elle qu\u2019\u00e0 d\u2019autres, qu\u2019il lui fasse quelque plaisanterie un peu galante, pas m\u00eame grivoise, pour que l\u2019ombre de l\u2019\u00e9trangleur r\u00e9apparaisse. Il a accept\u00e9 depuis longtemps\u00a0 le principe de ces s\u00e9jours en UMD. Cela lui permet de rompre la routine de sa vie asilaire, dont il mesure les jours \u00e0 la taille de ses cheveux et de sa barbe.\u00a0 Il se les fait couper deux fois par an\u00a0: une fois avant l\u2019\u00e9t\u00e9, l\u2019autre avant No\u00ebl, pour ne pas ressembler au P\u00e8re du m\u00eame nom. Il a un fils, que j\u2019ai rencontr\u00e9, il y a quelques ann\u00e9es, parce qu\u2019il voulait avoir mon avis sur son absence de contacts avec son p\u00e8re\u00a0: il redoutait que celui-ci ne se sent\u00eet coupable de n\u2019avoir pu l\u2019\u00e9lever, et pr\u00e9f\u00e9rait se faire oublier. Qui est victime, et de qui ou de quoi\u00a0? L\u2019auteur du parricide\u00a0? Apr\u00e8s avoir essay\u00e9 en vain de se faire massacrer par des co-d\u00e9tenus alors qu\u2019il \u00e9tait incarc\u00e9r\u00e9, il s\u2019est enferm\u00e9 lui-m\u00eame pour le reste de ses jours dans un lieu o\u00f9 aucune peine ne se purge jamais. De la seule victime, au sens p\u00e9nal du terme, je serais tent\u00e9 de dire, d\u2019apr\u00e8s certaines confidences du patient, qu\u2019elle l\u2019avait bien cherch\u00e9.<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; font: 12.0px 'Times New Roman';\">\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; font: 12.0px 'Times New Roman';\"><span style=\"letter-spacing: 0.0px;\">Il va peut-\u00eatre devenir indispensable, pour traiter s\u00e9rieusement de ces questions, de faire un D.U. de Victimologie. Il n\u2019est plus besoin, pour se former, d\u2019aller \u00e0 Montr\u00e9al. Le Laboratoire d\u2019Ethique M\u00e9dicale et M\u00e9decine L\u00e9gale de Paris V dispense un Dipl\u00f4me Universitaire de 3<\/span><span style=\"font: 8.0px 'Times New Roman'; letter-spacing: 0.0px;\"><sup>e<\/sup><\/span><span style=\"letter-spacing: 0.0px;\"> cycle, ainsi qu\u2019un autre, de Psychotraumatologie, ouvrant tous deux la voie (royale\u00a0?) vers un Master professionnel d\u00e9di\u00e9 \u00ab\u00a0\u00e0 la prise-en-charge des victimes et des auteurs d\u2019agression\u00a0\u00bb. On attend avec impatience le Master qui formera \u00e0 la prise-en-charge des familles de victimes, pour une approche globale.\u00a0<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; font: 12.0px 'Times New Roman';\">\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; font: 12.0px 'Times New Roman';\"><span style=\"letter-spacing: 0.0px;\">Il va falloir se former en vitesse, car on peut devenir une victime en moins de temps qu\u2019il n\u2019en faut pour le dire. On sent que le Pr\u00e9sident , malgr\u00e9 ou \u00e0 cause de\u00a0 tous les conseils qui lui sont prodigu\u00e9s, avec ou sans oreillette, pourrait devenir lui-m\u00eame une victime de choix. Enfin, pas forc\u00e9ment celle d\u2019un r\u00e9gicide, mais plut\u00f4t d\u2019un expert mal inform\u00e9, qui n\u2019aurait pas lu les <i>Ecrits\u00a0<\/i>de Jacques Lacan\u00a0:\u00a0<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; font: 12.0px 'Times New Roman';\"><span style=\"letter-spacing: 0.0px;\"><i>\u00ab\u00a0Chez l\u2019homme \u00ab\u00a0affranchi\u00a0\u00bb de la soci\u00e9t\u00e9 moderne, voici que ce d\u00e9chirement r\u00e9v\u00e8le jusqu\u2019au fond de l\u2019\u00eatre sa formidable l\u00e9zarde (\u2026) C\u2019est cette victime \u00e9mouvante, \u00e9vad\u00e9e d\u2019ailleurs irresponsable en rupture du ban qui voue l\u2019homme moderne \u00e0 la plus formidable gal\u00e8re sociale, que nous accueillons quand elle vient \u00e0 nous, c\u2019est \u00e0 cet \u00eatre de n\u00e9ant que notre t\u00e2che quotidienne est d\u2019ouvrir \u00e0 nouveau la voie de son sens dans une fraternit\u00e9 discr\u00e8te \u00e0 la mesure de laquelle nous sommes toujours trop in\u00e9gaux.\u00a0\u00bb<\/i><\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; font: 12.0px 'Times New Roman';\">\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; font: 12.0px 'Times New Roman';\"><span style=\"letter-spacing: 0.0px;\">Ces lignes de Lacan, conclusives de son rapport de 1948 sur <i>L\u2019agressivit\u00e9 en Psychanalyse, <\/i>auraient pu servir \u00e0 mettre en garde le Pr\u00e9sident<i>.<\/i><\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; font: 12.0px 'Times New Roman';\"><span style=\"letter-spacing: 0.0px;\"><i>\u00a0<\/i>Jugez vous-m\u00eames de son imprudence\u00a0: \u00ab\u00a0J\u2019ai bien conscience que ce sont des sujets (il s\u2019agit de l\u2019hospitalisation psychiatrique) qu\u2019il n\u2019est pas raisonnable pour un Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique, d\u2019\u00e9voquer. Pourquoi, m\u2019a-t-on dit, vas-tu te mettre l\u00e0-dedans\u00a0? Tout le monde s\u2019y est cass\u00e9 les dents. Je vais me mettre l\u00e0-dedans, car cela est indispensable. Et justement parce que c\u2019est difficile, c\u2019est mon r\u00f4le d\u2019y aller\u2026\u00a0\u00bb. Vous voyez, je n\u2019exag\u00e8re pas\u00a0. Il a m\u00eame fallu retirer ce passage de la version du discours diffus\u00e9e par les services de la Pr\u00e9sidence. Des fois que cela donnerait des id\u00e9es \u00e0 un casseur de dents\u00a0! On comprend mieux pourquoi le Pr\u00e9sident n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 autoris\u00e9 \u00e0 aller serrer chaleureusement la pince des patients, comme il est de coutume, lorsqu\u2019un pr\u00e9sident visite un h\u00f4pital.\u00a0<\/span><\/p>\n<p style=\"font: normal normal normal 12px\/normal 'Times New Roman'; margin: 0px;\"><span style=\"letter-spacing: 0.0px;\">\u00a0 <\/span><\/p>\n<p style=\"font: normal normal normal 12px\/normal 'Times New Roman'; margin: 0px;\"><em><span style=\"letter-spacing: 0.0px;\">26 D\u00e9cembre 2008<\/span><\/em><\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; font: 12.0px 'Times New Roman';\">\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; font: 12.0px 'Times New Roman';\"><span style=\"letter-spacing: 0.0px;\"><b><i>Post Scriptum<\/i><\/b><\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; font: 12.0px 'Times New Roman'; min-height: 15.0px;\">\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; font: 12.0px 'Times New Roman';\"><span style=\"letter-spacing: 0.0px;\">Le 29 d\u00e9cembre, l\u2019APM (Agence\u00a0 de Presse M\u00e9dicale) signalait qu\u2019on recherchait toujours un schizophr\u00e8ne dangereux \u2013 pour ne pas dire\u00a0: un dangereux schizophr\u00e8ne \u2013 hospitalis\u00e9 d\u2019office , qui avait fugu\u00e9 de l\u2019H\u00f4pital Edouard Toulouse de Marseille. La gendarmerie quadrillait deux d\u00e9partements pour le retrouver, avant qu\u2019il ne soit trop tard. On apprenait, par la m\u00eame occasion, que le patient aurait d\u00fb b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019une \u00ab\u00a0permission\u00a0\u00bb (ce terme est emprunt\u00e9 au vocabulaire p\u00e9nitentiaire) pour f\u00eater No\u00ebl en famille, mais qu\u2019elle lui avait \u00e9t\u00e9 refus\u00e9e par le Pr\u00e9fet, le 24 d\u00e9cembre.<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; font: 12.0px 'Times New Roman';\">\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; font: 12.0px 'Times New Roman';\"><span style=\"letter-spacing: 0.0px;\">Le surlendemain de cette \u00e9chapp\u00e9e, un autre patient du m\u00eame h\u00f4pital, \u00ab\u00a0jug\u00e9 non dangereux\u00a0\u00bb, s\u2019\u00e9tait \u00e9vad\u00e9 en pyjama, pour \u00eatre retrouv\u00e9 l\u2019apr\u00e8s-midi m\u00eame dans les quartiers Nord de Marseille. Celui-ci n\u2019avait pas fugu\u00e9, mais s\u2019\u00e9tait bel et bien \u00e9vad\u00e9, puisqu\u2019il \u00e9tait hospitalis\u00e9 d\u2019office par transfert de la prison des Baumettes o\u00f9 il \u00e9tait pr\u00e9c\u00e9demment incarc\u00e9r\u00e9 pour vols avec effraction.<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; font: 12.0px 'Times New Roman';\">\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; font: 12.0px 'Times New Roman';\"><span style=\"letter-spacing: 0.0px;\">Les quartiers Nord \u00e9voquent d\u2019embl\u00e9e la d\u00e9linquance et les petits trafics. Du reste, le patient en question n\u2019a que 19 ans\u00a0: c\u2019est chichons et compagnie\u00a0; c\u2019est aussi l\u2019\u00e2ge o\u00f9 se d\u00e9clenche ce qu\u2019on appelle une schizophr\u00e9nie.\u00a0<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; font: 12.0px 'Times New Roman';\">\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; font: 12.0px 'Times New Roman';\"><span style=\"letter-spacing: 0.0px;\">Le premier, quant \u00e0 lui, a 38 ans et d\u00e9j\u00e0 une carri\u00e8re derri\u00e8re lui. Il est des Hautes-Alpes, du c\u00f4t\u00e9 de Gap. C\u2019est l\u00e0 qu\u2019il a estourbi \u00e0 la hache le compagnon de sa grand\u2019m\u00e8re en 2004, apr\u00e8s une premi\u00e8re tentative de meurtre en 2001. Il vient plut\u00f4t de l\u2019univers rural, du genre Pierre Rivi\u00e8re\u00a0: la Sant\u00e9 mentale, c\u2019est pour la grande ville. Mais, il a eu le temps d\u2019apprendre les m\u0153urs urbaines ou la culture des s\u00e9ries t\u00e9l\u00e9vis\u00e9es\u00a0: \u00ab\u00a0Il est probable, indique en effet la direction de l\u2019h\u00f4pital dans un communiqu\u00e9 produit de fa\u00e7on pr\u00e9ventive, que ce patient a provoqu\u00e9 une alarme incendie, d\u00e9clenchant l\u2019ouverture d\u2019une trappe de d\u00e9senfumage en toiture, par laquelle il a pu sortir\u00a0\u00bb. Comme quoi on peut \u00eatre schizophr\u00e8ne, dangereux et en plus, agir avec pr\u00e9m\u00e9ditation.\u00a0<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; font: 12.0px 'Times New Roman';\">\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; font: 12.0px 'Times New Roman';\"><span style=\"letter-spacing: 0.0px;\">Tous ces d\u00e9tails nous sont connus gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019Agence Reuters, puisque les agences de presse ont d\u00e9sormais du grain \u00e0 moudre avec les schizophr\u00e8nes, qui vont sans doute nous \u00e9tonner au fil des d\u00e9p\u00eaches d\u2019agences, surtout depuis que l\u2019on sait que la schizophr\u00e9nie est une maladie complexe, polyg\u00e9nique et multifactorielle, \u00e0 effet de seuil, \u00ab\u00a0qui permet d\u2019int\u00e9grer les facteurs environnementaux dans l\u2019\u00e9tiologie de la maladie, par interaction \u00bb, selon le Pr. F. Thibaut, du CHU Ch.-Nicolle, INSERM U614 (Rouen).<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; font: 12.0px 'Times New Roman'; min-height: 15.0px;\">\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; font: 12.0px 'Times New Roman';\"><span style=\"letter-spacing: 0.0px;\"><b><i>Derni\u00e8re minute\u00a0 <\/i><\/b>(d\u00e9p\u00eache du<i> Monde<\/i> en ligne, le 1<\/span><span style=\"font: 8.0px 'Times New Roman'; letter-spacing: 0.0px;\"><sup>er<\/sup><\/span><span style=\"letter-spacing: 0.0px;\"> janvier 2009)<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; font: 12.0px 'Times New Roman';\"><span style=\"letter-spacing: 0.0px;\">\u00ab\u00a0Le schizophr\u00e8ne jug\u00e9 dangereux, \u00e9chapp\u00e9 vendredi de son h\u00f4pital psychiatrique, a \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 ivre dans un bar d\u2019Aix-en-Provence \u00bb. Faute d\u2019avoir pu f\u00eater No\u00ebl en famille\u2026\u00a0<\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; font: 12.0px 'Times New Roman';\">\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; font: 12.0px 'Times New Roman';\">\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; font: 12.0px 'Times New Roman';\"><span style=\"letter-spacing: 0.0px;\"><b>Claude\u00a0 L\u00e9ger<\/b><\/span><\/p>\n<p style=\"margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; font: 12.0px 'Times New Roman'; min-height: 15.0px;\"><em>Psychiatre des H\u00f4pitaux, responsable du Secteur 92G04, membre de l\u2019EPFCL, dans le bulletin mensuel de laquelle cette chronique est initialement parue. Elle est extraite du volume Des nouvelles de l\u2019 \u00ab\u00a0immonde\u00a0\u00bb, Editions du Champ lacanien, Paris, 2009.<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Longtemps je me suis couch\u00e9\u2026en me disant qu\u2019il faudrait bien qu\u2019un jour, je me d\u00e9cide \u00e0 mettre un terme, un point final, \u00e0 cette chronique qui m\u2019asservit. Je ne dirai pas qu\u2019elle m\u2019assomme, m\u00eame si je viens de l\u2019\u00e9crire\u00a0: c\u2019est bien l\u00e0 le pi\u00e8ge de l\u2019\u00e9criture. Il serait plus juste d\u2019\u00e9crire\u00a0qu\u2019elle me pompe. Vous pouvez\u00a0 &hellip; <a href=\"https:\/\/www.collectifpsychiatrie.fr\/?p=897\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">&gt;De la R\u00e9publique compassionnelle<\/span>  <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[18,19],"tags":[],"class_list":["post-897","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-analyses-et-pratiques-professionnelles","category-articles-de-presse"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.collectifpsychiatrie.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/897","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.collectifpsychiatrie.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.collectifpsychiatrie.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.collectifpsychiatrie.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.collectifpsychiatrie.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=897"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.collectifpsychiatrie.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/897\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":9176,"href":"https:\/\/www.collectifpsychiatrie.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/897\/revisions\/9176"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.collectifpsychiatrie.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=897"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.collectifpsychiatrie.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=897"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.collectifpsychiatrie.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=897"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}