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Une politique « fondée sur l’évidence scientifique » ?

Une politique « fondée sur l’évidence scientifique » ?
Pierre Dardot

Je reprends à mon compte ce qui vient d’être dit par Jean Oury sur la « bureaucratie exacerbée » :
le Troisième Plan Autisme présenté par Madame Carlotti nous fait respirer d’un bout à l’autre ce que Marx appelait à juste titre en 1843 dans sa Critique du droit politique hégélien, « l’esprit de la bureaucratie ».
« L’esprit de la bureaucratie » : l’expression sonne tout de même étrangement, fera-t-on remarquer, car l’absence d’esprit n’est-elle pas la caractéristique même de la bureaucratie, de toute bureaucratie ? Il y a malgré tout un « esprit de la bureaucratie » : en disant cela, Marx pensait à l’esprit de secret et de mystère de la vieille bureaucratie d’Etat qui se protège à l’intérieur par sa hiérarchie et à l’extérieur par son caractère de société fermée, protégée de la société réelle par ses rites, sa langue, ses procédures de cooptation, bref par tout un « formalisme ». C’est pourquoi il définit la bureaucratie comme le « formalisme d’Etat ».

Que le texte du Plan Autisme soit imprégné jusqu’à saturation de ce formalisme dans sa langue et son écriture, voilà qui n’est pas douteux. Il l’est jusque dans ses moindres formulations, jusque dans son goût immodéré pour les subdivisions mécaniquement reproduites d’une partie à l’autre (I. A. B. 1. 2. 3., etc.), jusque dans ses blancs si méticuleusement mesurés, jusque dans la monotonie affligeante de son lexique (en particulier dans les 37 « Fiches Action » qui occupent à elles seules près de 90 pages sur les 121 que compte ce rapport !), jusque dans son abus de l’abréviation (que l’on songe à l’insupportable attente qui est la nôtre en tant que lecteurs puisque c’est seulement à la page 59 que le sigle « RBP » se substitue enfin à notre plus grand soulagement à l’expression « recommandation de bonnes pratiques » et seulement à la page 68 qu’apparaît le sigle « RBP HAS 2011» !). Pourtant, d’un autre point de vue, il pourrait sembler qu’aujourd’hui, à l’inverse de l’époque de la bureaucratie prussienne, tout est étalé, dit de manière directe et transparente : plus de demi-mots ou de formulations allusives, les objectifs sont ouvertement affichés et, en un sens, jamais les choses n’ont été dites aussi clairement et crument. Il suffit de lire le Plan Autisme III pour s’en convaincre. On affirme dans un passage relatif à la formation des acteurs que « l’autisme est un trouble neuro-développemental » et qu’il est essentiel aux professionnels comme aux familles de le savoir (p. 26). On prescrit à la recherche de s’orienter vers la « découverte de marqueurs biologiques » en arguant du fait que leur identification « pourrait ouvrir la voie » à la connaissance des causes de cette pathologie.
A cette fin, on préconise d’ « inclure » la recherche sur l’autisme dans celle qui est développée dans le domaine des neurosciences, de la psychiatrie, des sciences cognitives et des sciences de l’homme et de la société (p. 21). On attend de l’Association nationale des CRA qu’elle facilite par son action le développement de « pratiques de prise en charge homogènes » (p. 14) et qu’elle permette d’« harmoniser » les pratiques des CRA (p.19). On prévoit de confier à la HAS l’organisation d’une audition publique en vue de « l’élaboration de recommandations de bonne pratique » pour les adultes sur le modèle de celles qui ont été faites pour les enfants (p.15). On invite les étudiants des futures licences professionnelles à découvrir la diversité des méthodes existantes « compatible » avec les RBP de la HAS (p. 28 : le lecteur découvre ainsi le charme discrètement bureaucratique de la « diversité compatible » !). Dès décembre 2012, le rapport du sénateur Milon, administrateur de FondaMental, avait donné le ton et enfoncé le clou en réduisant d’entrée de jeu la psychiatrie à une spécialité médicale qui relève des mêmes « critères d’évaluation » (p. 47) que les autres disciplines médicales et appelle à mots couverts à étendre la « validation scientifique » pour faire pièce à l’intérêt pour la psychanalyse (puisque c’est l’absence de validation qui « renforce l’intérêt pour la psychanalyse », comme l’aveu en est fait à la p. 43 du rapport!).

Je voudrais m’arrêter à une phrase de ce Plan qui me paraît mériter toute notre attention. Elle figure à la page 22, c’est la première phrase du 3. de la partie B du IV consacrée aux « axes prioritaires de la recherche ». Elle dit exactement ceci : « Les politiques de santé publique demeurent au plan international, et également en France, insuffisamment « fondées sur l’évidence » scientifique. » Le scrupule le plus élémentaire m’oblige à préciser que les trois mots « fondées sur l’évidence » sont mis entre guillemets par l’auteur de ce Plan. Il faut lire cette phrase remarquable tant elle résume à elle seule « l’esprit de la bureaucratie ». Les mots placés en italiques « fondées sur l’évidence » renvoient manifestement à l’expression anglaise « evidence based medicine » devenue par abréviation « EBM ». On sait que cette expression a été forgée dans les années 1980 au Canada pour baptiser une pratique qui était déjà entrée en vigueur depuis plusieurs années. Le rapport d’information du sénateur Milon de décembre 2012 déplore à cet égard : « La France a par ailleurs un faible taux de suivi des recommandations internationales, notamment parce que certains praticiens contestent l’evidence based medicine qui fonde les études anglo-saxonnes. Elle paraît à certains praticiens trop abstraite face aux pratiques de la psychiatrie française et au cas singulier de chaque patient » (p. 34).
On admirera au passage le « certains » de certains praticiens et le « paraît » de l’expression « elle paraît ». Cependant là n’est pas le plus important. La phrase citée du Plan joue sur l’équivoque du mot anglais « evidence » et sur la difficulté de rendre exactement en français l’expression anglaise : on convient le plus souvent de parler de « médecine factuelle » ou de « médecine fondée sur des preuves ». Le terme anglais « evidence » peut se traduire tout aussi par « données probantes » que par « preuves » : il fait en tant que tel partie du vocabulaire de l’enquête policière, tout particulièrement de celui de la police scientifique à laquelle il incombe précisément au cours de l’enquête de recueillir et de réunir le maximum de preuves (comme on peut l’apprendre en regardant une série policière américaine). De là la double traduction que l’on rencontre souvent : « médecine factuelle » ou « médecine fondée sur les preuves », selon que l’on privilégie les seules données factuelles ou la force des preuves. Et c’est en ce point que le mot français « évidence » est introduit à point nommé pour s’annexer les sens du mot anglais : en français le mot a le sens de ce qui se voit de soi-même, dans une visibilité immédiate qui contraint l’assentiment de l’esprit. Peu importe que cette introduction soit consciente ou non. Ce qui est symptomatique, c’est l’association implicite de la preuve et de l’évidence qui appartient à une épistémologie dépassée. Il n’est en effet aujourd’hui aucun épistémologue sérieux pour soutenir que la preuve scientifique relève de l’évidence.
La preuve suppose tout un montage, patient, laborieux et souvent collectif, qui n’a rien à voir avec la visitation de l’esprit illuminé par l’éclat insoutenable de la vérité. Une politique « suffisamment » fondée sur l’évidence scientifique, vraiment fondée sur cette évidence, est par conséquent, tout au moins dans l’esprit de ses promoteurs, est une politique qui se déduit directement et immédiatement de certaines « données » ou de certains « faits » qui sont censés valoir comme « preuves » en raison de leur « évidence » même. En affirmant que les politiques de santé publique sont « insuffisamment » fondées sur l’évidence scientifique, on élève implicitement l’exigence que ces mêmes politiques soient entièrement et intégralement fondées sur la dite évidence. Du même coup, puisqu’il est avéré qu’on ne saurait résister à l’évidence, on suspecte toute politique « insuffisamment » fondée sur l’évidence de procéder d’une mauvaise volonté, c’est-à-dire d’une volonté, fut-elle inavouée, de ne pas « se rendre » à l’évidence.

Mais que faut-il penser d’une telle exigence adressée à la politique de santé publique ? On a souvent fait valoir, à bon droit, que la médecine, contrairement à la biologie, est irréductible à la science qu’elle s’incorpore et dont elle se nourrit, si bien que l’on peut s’interroger sur la valeur d’une expertise clinique entièrement fondée sur des preuves : l’expertise clinique, celle que fait et qui fait le clinicien, repose sur un jugement singulier rendu sur un sujet singulier par un sujet singulier, et l’on voit mal qu’elle puisse se déduire directement de l’évidence des preuves. Le propre de l’ « évidence » est justement qu’elle dispense de tout véritable jugement parce qu’elle s’impose immédiatement à l’esprit. C’est pourquoi certains adeptes du paradigme EBM ont eux-mêmes mis en garde contre le danger d’une expertise clinique qui succomberait à la tyrannie de la preuve. Ce qui est vrai de la médecine et du jugement du clinicien est encore plus vrai de la politique et du jugement en vertu duquel une politique est déterminée et conduite. Car la politique n’est pas une espèce de médecine, elle n’est pas une médecine à l’usage de la cité, elle est tout autre chose qu’une médecine. Comment peut-on attendre, espérer ou pis exiger qu’une politique soit entièrement fondée sur l’évidence scientifique ? Par définition la détermination d’une politique, au sens d’une certaine orientation de l’action gouvernementale, par exemple en matière de santé publique, procède d’une activité de délibération et de jugement qui se confond avec la politique elle-même : une politique implique en ce sens toujours un choix entre plusieurs possibles dans une situation donnée, une politique n’est jamais dissociable de la politique comme activité, et c’est précisément en quoi une politique n’est jamais la seule politique possible. L’exigence d’une politique fondée sur l’évidence scientifique c’est l’exigence d’une politique unique qui s’imposerait par la seule « force des choses », c’est-à-dire l’exigence d’une politique qui nous affranchirait de la politique. Il suffit d’écouter Madame Carlotti dire et répéter à propos des méthodes de traitement de l’autisme : « je ne choisis pas », « je ne choisis pas », et ce alors même qu’elle choisit d’exclure la psychanalyse et la psychothérapie institutionnelle au profit des seules approches neurologiques et comportementales. Mais ce choix ne doit pas apparaître dans la mesure où une politique qui se soumet d’elle-même à la tyrannie de la preuve ne peut que se nier comme politique.
Une telle exigence n’est pas à vrai dire tout à fait nouvelle : au début du XIXe siècle le saint-simonisme avait formulé la prédiction d’une proche extinction de la politique comme activité distincte dans la société industrielle. Selon lui, la politique, ou le « gouvernement des hommes », consiste en l’exercice arbitraire du commandement par lequel une volonté cherche à s’imposer à une ou d’autres volontés, alors que l’« administration des choses », qui revient aux savants et aux industriels, est rationnelle parce qu’elle est indexée à la vérité de la science.
La supériorité de l’administration des choses vient de ce qu’on ne saurait résister à la vérité parce qu’elle s’impose d’elle-même sans avoir à commander, précisément par son « évidence ». Que se passe-t-il lorsque le gouvernement, qui est et reste quoiqu’il dise un gouvernement des hommes par des hommes, cherche à substituer au nom de la « vérité scientifique » l’administration des choses au gouvernement des hommes ? Ce qui se met alors en place, ce n’est pas l’administration des choses, parce que celle-ci, aussi efficace soit-elle, ne pourra jamais faire qu’il n’y ait plus d’hommes à gouverner, c’est bien plutôt l’administration des hommes, mieux c’est l’administration des hommes qui traite les hommes comme des choses dont on peut disposer à partir de statistiques et de méthodes d’évaluation interchangeables car profondément indifférentes au sens de leur activité. Mais pour administrer les hommes comme des choses, le gouvernement doit s’interdire d’exercer une contrainte directe et massive, il doit dans la mesure du possible déléguer et transférer à différentes instances le soin de s’acquitter de cette tâche de légitimer son activité d’administration. En d’autres termes, le gouvernement se doit d’organiser sa propre défection. C’est exactement ce qui se passe sous nos yeux : FondaMental se charge d’élaborer la « bonne norme scientifique » en faisant pression sur le gouvernement, de droite comme de gauche, pour qu’il reprenne à son compte sa conception de la « validation scientifique » taillée sur mesure pour avantager la neuropsychiatrie. Il suffit de lire la première partie du rapport Milon pour se rendre compte que cette association est prête à certaines concessions nominales pour continuer de défendre l’essentiel : ce texte ne parle plus de la « santé mentale », comme s’il avait entendu notre critique, notamment celle faite par Mathieu dans sa thèse (il reconnaît ainsi à la page 12 que la santé mentale tend à se confondre avec la capacité d’adaptation à la vie sociale et au « comportement social dominant »), mais il parle d’intégrer la psychiatrie dans une « politique de santé publique ». Fort de cette délégation dans la production de la norme, le gouvernement peut alors installer la HAS dans la fonction de police des bonnes pratiques, ce qui lui permet de se retrancher derrière le paravent d’une instance qu’il a lui-même activement promue au rang d’« autorité scientifique ». C’est tout ce dispositif qui produit l’« évidence scientifique » sur laquelle on voudrait fonder la politique de santé publique alors qu’en réalité elle est fabriquée pour dissuader de toute véritable délibération politique.

Revenons maintenant à cet « esprit de la bureaucratie » dont nous parlions au début. Si la vieille bureaucratie d’Etat était une bureaucratie du mystère et du secret, la nouvelle bureaucratie managériale est une bureaucratie de la transparence gestionnaire. Reste qu’il y a bien un esprit de cette bureaucratie, quelque chose comme un « nouvel esprit de la bureaucratie ». Ce nouvel esprit ne peut prospérer que parce que le politique s’évertue à organiser méthodiquement sa propre défection. L’expansion de la bureaucratie ne résulte pas en effet d’un excès de politique, mais tout au contraire d’un renoncement du politique à la politique. Ce nouvel esprit est de protéger l’Etat de la politique en réduisant l’action gouvernementale à la continuité d’une gestion des populations au-delà de toute alternance gouvernementale, ce qui est la version néolibérale de l’« administration des choses », c’est-à-dire de protéger l’Etat de « toute manifestation publique de l’esprit politique » ou de « l’esprit civique », comme dit encore Marx. Il nous revient dans ces conditions de rappeler activement et publiquement que cet esprit politique ou civique ne peut vivre que dans et par l’hétérogénéité des pratiques et que cette hétérogénéité doit être préservée contre la funeste et mortifère homogénéisation de ces mêmes pratiques sous l’effet d’une police exercée au nom de l’évidence scientifique qui est la négation même de la politique. En ouvrant un espace à la confrontation, à la délibération collective, à l’invention de nouvelles relations, l’hétérogénéité des pratiques sauve la possibilité même de la politique.

Pierre Dardot
Pierre Dardot et Christian Laval La nouvelle raison du monde, essai sur la société néolibérale La Découverte.2009

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ASSISES CITOYENNES pour l’hospitalité en psychiatrie et dans le médico-social, les 31 mai et 1er juin 2013 à Villejuif

Nous attendons du nouveau Gouvernement, une refondation de la psychiatrie respectueuse des principes républicains et de l’éthique soignante.

Depuis des années, une succession de lois (Plan Juppé, HPST, 5 juillet 2011…) ont attaqué la possibilité du soin psychique, aussi bien en psychiatrie que dans le médico-social. Il en est de même de la relation éducative dans un contexte de cette nature. Ce qui est vécu douloureusement par les soignants, mais aussi par les patients et leurs familles.

La prise en charge relationnelle singulière est remise en cause au profit d’un formatage imposé par l’obligation de se plier à des protocoles élaborés par les « experts » de l’HAS et autres cellules qualités. L’HAS allant jusqu’à vouloir interdire la référence à la Psychothérapie Institutionnelle, alors que c’est de ce mouvement, dans sa diversité, que sont nés le Secteur et les formations de l’éducation spécialisée.

Nous appelons donc à des Assises citoyennes basées sur les témoignages et les expériences de terrain dans les collectifs de soin et les structures médico-sociales pour construire ensemble des propositions de refondation de la psychiatrie et du médico-social inscrites dans une relance et une réinvention de la politique de secteur, dans ses liens avec la psychiatrie privée et l’ensemble des acteurs de la vie sociale.

Ces assises se tiendront les 31 mai et 1er juin 2013.
Espace Congrés les Esselières – 94800 Villejuif
Métro Léo Lagrange (ligne 7)

Demandez le programme : Programme des ASSISES CITOYENNES pour l’hospitalité en psychiatrie et dans le médico-social

Fiche d’inscription : Fiche d’inscription aux Assises citoyennes

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>Appel pour des assises citoyennes pour l'hospitalité en psychiatrie et dans le médico-social

Le collectif des 39 et les Ceméa

Organisent les 

ASSISES CITOYENNES POUR L’HOSPITALITE

EN PSYCHIATRIE ET DANS LE MEDICO SOCIAL

31mai et 1er juin 2013 à VILLEJUIF 94

Programme en cours d’élaboration

Une période politique vient enfin de se clôturer avec le départ de Nicolas Sarkozy qui s’était illustré en décembre 2008 par un discours criminalisant les malades mentaux. Cela s’est traduit par les mesures répressives contenues dans la loi du 5 Juillet 2011. Celle loi indigne – que nous avons ardemment combattue aux côtés notamment de l’ensemble des forces syndicales et des partis de gauche – à introduit la pratique de soins sans consentement au domicile du patient, pervertissant profondément la notion même de relation soignante qui ne peut s’instaurer que sur une confiance réciproque qu’il s’agit de construire. Cette loi met aussi bien souvent les familles dans une position intenable de lieu de soin pour des patients trop rapidement sortis de l’hôpital. 

Cette loi a déjà été remise en cause par le Conseil Constitutionnel, mais il ne suffira pas de l’abroger. Nous attendons du nouveau Gouvernement, une refondation de la psychiatrie respectueuse des principes républicains et de l’éthique soignante. Depuis des années, une succession de lois (Plan Juppé, HPST, 5 juillet 2011…) ont attaqué la possibilité du soin psychique aussi bien en psychiatrie que dans le médicosocial. Ce qui est vécu douloureusement par les soignants, mais aussi par les patients et leurs familles. La prise en charge relationnelle singulière est remise en cause au profit d’un formatage imposé par l’obligation de se plier à des protocoles élaborés par les « experts » de l’HAS et autres cellules qualités. L’HAS allant jusqu'à vouloir interdire la référence à la Psychothérapie Institutionnelle, alors que c’est de ce mouvement, dans sa diversité, qu’est né le Secteur !

Il est important aujourd’hui de reprendre une parole qui nous a été confisquée, ou même qui n’a jamais été donnée aux principaux concernés : ceux qui subissant leur maladie doivent aussi supporter la mise au silence, la privation de leurs droits fondamentaux et la réalité d’une ségrégation sociale. Des témoignages révoltants de cette dégradation nous reviennent de toutes parts. Il nous appartient au contraire d’affirmer qu’aujourd’hui d’autres pratiques sont à l’œuvre qu’elles se réclament de la Psychothérapie Institutionnelle, du Désaliénisme, du Secteur, de la Psychanalyse, ou tout simplement d’une conception humaine de la relation soignante. 

La refondation de la psychiatrie ne peut venir des « experts » de l’HAS, mais d’une prise de parole active de tous ceux qui se sentent concernés  dans leur vie:  soignants, patients et familles ; mais aussi artistes et créateurs qui ont pour beaucoup soutenu notre combat dès les premiers instants, et enfin tous les citoyens qui ne peuvent supporter que des lois s’attaquent aux fondements de la République en bafouant les droits de ceux qui mériteraient  au contraire la  protection de la cité. 

Pour cette refondation de la psychiatrie nous aurons à faire l’inventaire de toutes les lois empêchant le soin pour demander leur abolition. Mais aussi à définir les moyens et les formations spécifiques nécessaires pour une psychiatrie centrée sur le soin de personnes en souffrance psychique et non sur la normalisation des conduites et des populations.

Nous appelons donc à des Assises citoyennes basées sur les témoignages et les expériences de terrain dans les collectifs de soin, pour construire ensemble des propositions de refondation de la psychiatrie et du médicosocial inscrites dans une relance et une réinvention de la politique de secteur, dans ses liens avec la psychiatrie privée et  l’ensemble des acteurs de la vie sociale.

sante.mentale@cemea.asso.fr

 

 

Secteur travail social et santé mentale

Tél. : 01 53 26 24 24

Fax : 01 53 26 24 19

 

Espace Congrès des Esselières 94800 Villejuif (Métro Léo Lagrange- ligne 7)

 

 

3 Blvd Chastenet de Géry Rond-point du Général de Gaulle Appel du 18 Juin 1940

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>Après-midi débat le samedi 15 septembre 2012 à 15 h 00

La Fédération des Ateliers de Psychanalyse propose un après-midi débat

 

à la Faculté de Théologie Protestante, 83 boulevard Arago, 75014 Paris Métro : Glacière, Denfert-Rochereau ou Les Gobelins avec Philippe BORREL autour de son film UN MONDE SANS FOUS (documentaire, 2010)

avec la participation de Patrick CHEMLA et Paul MACHTO


"Au cœur du film de Philippe Borel : la place que notre société laisse à la folie. Et, d’entrée de jeu, nous voilà confrontés à cette cruauté banalisée où les patients se retrouvent « jetés hors du monde » (Hanna Arendt), abandonnés à la prison ou à la rue. Le spectre de la mort par délaissement plane ainsi sur tout le film.

Au-delà de l’histoire de la folie écrite magistralement par Michel Foucault, marquée par le grand renfermement, se profile ainsi la perspective nouvelle et terrifiante d’une mise au ban et de « la vie nue », exposée par Agamben dans Homo Sacer.

À l’évidence, ces enjeux éthiques et politiques débordent tout cadre professionnel. Mais quelles sont les implications spécifiques qui reviendraient à tous ceux qui s’inscrivent dans une transmission freudienne ?

Comment imaginer un espace pour la psychanalyse dans un monde qui voudrait taire la folie par tous les moyens possibles, y compris la contrainte à domicile ?

Une telle violence symbolique et réelle est lourde d’une haine de l’inconscient freudien. Cette haine vient maintenant explicitement s’attaquer à toutes les pratiques qui se soutiennent de la psychanalyse et de la psychothérapie institutionnelle.

La pratique analytique ne pourrait donc s’envisager en dehors d’une critique de son inscription dans le monde, autrement dit, pour reprendre la formulation de Jean Oury, sans poursuivre « l’analyse de l’analyse ».

Analyse sans fin assurément."

SIÈGE SOCIAL 45 rue Sedaine, 75011 Paris Tél. 01 48 06 24 99 – Mail : gendre.dusuzeau@noos.fr

Site : http://www.federation-ateliers-psychanalyse.org/

Patrick CHEMLA


"Le film de Philippe Borrel pose un regard particulièrement pertinent sur les questions qui se posent aujourd’hui dans la société à propos de l’accueil de la folie, des maladies mentales, et par extension de la souffrance psychique, questions sur la place de la psychiatrie, et ce que l’on appelle la « santé mentale ».

Ce documentaire, fruit d’un travail immense et particulièrement approfondi, fut tourné dans le moment si particulier où Nicolas Sarkozy prononça son sinistre discours à Antony en décembre 2008. Ce fut à cette occasion que Philippe Borrel rencontra le Collectif des 39 contre la Nuit Sécuritaire qui venait d’être créé.

Nous sommes confrontés à une régression, prônant un retour au grand renfermement, tournant le dos aux progrès réalisés par la psychiatrie depuis cinquante ans.

La Fédération des Ateliers s’est engagée clairement auprès du Collectif des 39 : participation à plusieurs meetings et forums, communiqués et interventions publiques de plusieurs de ses membres et notamment de sa présidente, Anna Angelopoulos.

En effet, les analystes ont toute leur place dans ce débat, pour y soutenir la place essentielle de la parole, à l’heure où l’idéologie médicale dans sa version la plus scientiste tente de dominer la scène. Les analystes de la Fédération y ont encore plus particulièrement leur place car des discours psychanalytiques, notoirement dogmatiques, ont accompagné si ce n’est suscité, un isolement et un hermétisme notablement préjudiciable, comme on a pu le voir au moment de la polémique stérile sur l’autisme. Ainsi des associations de familles, de patients aussi se sont engouffrés dans cette brèche, et ont accompagné le discrédit de « LA » psychanalyse, attaquée depuis quelques années.

Comme le notait dans Télérama, Marie Cailletet : « Époustouflante enquête, le documentaire explore pas à pas les éléments d'un puzzle qui, en s'imbriquant, font sens. Apparemment sans lien avec la déshérence voulue de la psychiatrie hexagonale, le choix d'un étalonnage mental de la population, du repérage anticipé des « déviances » et du recours aux médicaments pour normaliser se révèle glaçant de cohérence. Mais pour quel monde ?"

Paul MACHTO

(Participation aux frais de location de la salle : 10 €)

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>Résistance, résister : débat le 19 septembre à 19h

Le Mercredi 19 Septembre à 19h

Autour de la revue V.S.T. n°113

« Résistance », « résister » : il en est beaucoup question dans le travail social, et plus largement dans la société civile. Résister à la mise en actes du libéralisme avec la marchandisation du social et du soin, et l’irruption des méthodes managériales stéréotypées dans la gestion des institutions. Résister pour maintenir le centrage sur une clinique du sujet. Qui ne voudrait pas résister ? Reste alors, et ce n’est pas un détail, à savoir comment faire. Seul ? A plusieurs ? Comment ?

Mais résister a aussi un autre sens, moins lyrique. Quand le sujet « résiste » c’est qu’il ne veut pas bouger, centré qu’il est sur ce qui le constitue même si cela l’enferme. Résister c’est donc aussi refuser le changement.

Alors, « résister » : ne rien bouger, jamais ?

Débat avec :

Yves Gigou, collectif des 39

François Chobeaux, rédacteur en chef de VST

Saül Karsz, philosophe, sociologue

Autour de la revue V.S.T.

« VST est une revue associative et militante au croisement du champ social et la santé mentale. Elle s’adresse aux professionnels, aux bénévoles et aux militants de ces deux secteurs, en leur proposant d’être un lieu de confrontation critique et d’élaboration collective face à la pesanteur des tendances traditionnelles réduisant le travail psychothérapique et le travail social à leurs seules formes réglées et codées. »

Librairie La Terrasse de Gutenberg, 9 rue Emilio Castelar Paris 12ème

tel : 01 43 07 42 15   

Métros Ledru Rollin/Bastille/Gare de Lyon Bus n° 86/87/91

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> Le 7 septembre "L'art de l'écoute et de l'écho"

Vendredi 7 septembre 2012                      

Centre équestre  « Les Cavaliers du Pays Cathare » à Magrin(81) 19h30 

« L’ART DE L’ECOUTE ET DE L’ECHO »

Cette notion semble essentielle pour parvenir à la rencontre avec cet  Autre en souffrance.

Et pourtant :  

Est-il encore possible d’écouter le symptôme, de le considérer comme un signe du sujet ?

Que faisons-nous du transfert, de cet espace psychique nécessaire à la rencontre qui apparait si souvent bien difficile.

Le transfert n’est il pas négligé ?  Est-il encore d’actualité, une option ?

N’existe-t-il pas une tendance visant à réduire trop rapidement le symptôme à une manifestation dangereuse qu’il faut éradiquer au plus vite ?

Que fait-on des émotions si particulières qui sont véhiculées dans la relation soignante ?

Finalement qu’en est-il actuellement de notre écoute et de l’écho que nous faisons à la parole des patients ?

A toutes ces interrogations donnons une  « raison-ance », faisons écho…

 « La psychanalyse, qu’on le veuille ou non, c’est quand même, fondamentalement, une science de l’écoute et de l’écho <….>  Il faut multiplier nos propres capacités d’écoute de ce que l’autre dit et se faire, soi-même, une aptitude à donner un écho sensible, à réagir ». Lucien Bonnafé

Avec la participation de Patrick CHEMLA, Psychiatre, Psychanalyste, Chef de Service du centre de jour Antonin Artaud de Reims.

Renseignements: 06 87 28 08 05 – lespsycausent@gmail.com – http://lespsy-causent.over-blog.fr/

 

PS : Après avoir bien écouté et pour faire écho à la convivialité, apporte quelque chose à boire ou à manger !

 

 

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>Le Collectif des 39 à Jazz in Marciac avec la Ligue de l’enseignement

Lundi 30 juillet 2012 à 14h30 : « Thélonious Monk, de la singularité à l’universel ». Avec Yves Buin, psychiatre et écrivain, auteur d’une biographie de T. Monk et Patrice Charbit, psychiatre à Montpellier, du Collectif des 39.

"Thelonius Monk à la fois universel et singulier est l'un des acteurs emblêmatiques non seulement de l'art afro- americain du vingtième siècle mais de la musique contemporaine. Pianiste et compositeur, il fut artiste exigeant tout au long de son parcours, cultivant une sorte d'ascèse musicale marquée toutefois par la jubilation et l'humour, qui le fit considérer comme le Webern noir. Son oeuvre en fait désormais un classique."

 Yves Buin

Yves Buin. Psychiatre de profession, aujourd'hui en retraite, il a choisi d’exercer son métier en milieu urbain déshérité. 

Egalement poète, passionné de jazz, il a collaboré à Jazz Hot à la fin des années 60, avec Patrice Blanc Francart, Daniel Caux ou Philippe Constantin, dans l’équipe rassemblée par Michel Le Bris qui joua un grand rôle dans l’introduction du free jazz en France. Biographe de Thelonious Monk entre autres – il conjugue travail et passion grâce à la littérature.

Son écriture, lorsqu’il ne s’agit pas d’essais psychiatriques, s’inspire des rythmes et des respirations du jazz. Rien d’étonnant donc à ce qu’il se passionne pour l’oeuvre de Jack Kerouac : le jazz était, dans Sur la Route, presqu’un personnage à part entière, et Jack Kerouac disait chercher la similitude rythmique entre jazz et écriture.

Les oeuvres poétiques d’Yves Buin sont régulièrement mises en musique… jazz bien évidemment.

Auteur de plus d’une vingtaine d’ouvrages, Yves buin a notamment écrit deux essais sur la psychiatrie, (Psychiatries, l’utopie, le déclin et La Psychiatrie mystifiée). Kerouac, publié en 2006, n’est pas le premier livre que Yves Buin consacre au plus breton des auteurs américains (il raconte la recherche de ses racines à Brest dans Satori à Paris). Il a déjà préfacé et établi l’édition d’œuvres choisies de Jack Kerouac pour Sur la route et autres romans (Gallimard, 2003) et rédigé Jack Kerouac : vendredi après-midi dans l’univers avant de se lancer dans l’écriture de sa biographie. 

Mardi 31 juillet 2012  à 14h30 : « Prendre soin… Eloge de la parole et de la créativité ». Avec Hervé Bokobza, psychiatre à Montpellier et Simone Molina, psychanalyste, Avignon, membres du Collectif des 39. Débat animé par Sophie Dufau, journaliste à Médiapart.fr

« Au cours des cinq dernières années, les personnes en souffrance psychique ont été particulièrement stigmatisées. La politique sécuritaire a malmené la psychiatrie en renforçant les mesures d’enfermement. La loi du 5 juillet 2011 sur "les soins sans consentement", y compris à domicile, a gravement accéléré le déclin des pratiques humanistes de nombre d'équipes professionnelles au profit d’une dérive techniciste  prônant l'isolement et la contention comme seule réponse à ces souffrances. 

Au lieu d’un débat sur l'organisation des soins et d’un renforcement de la politique de secteur psychiatrique demandée par les soignants, nous avons assisté à une mise en cause des professionnels afin de masquer la bureaucratie et le tout-gestionnaire des hôpitaux ainsi que les carences dans le domaine des soins de l'enfance et de l'adolescence comme dans d'autres champs du social. Cette mise en cause a favorisé des affrontements alors que c'est le débat et le dialogue qui s'imposent sur ces questions complexes. 

La nouvelle donne politique va-t-elle ouvrir enfin des espaces de dialogue, de débats pour refonder une psychiatrie où l'accueil et l'hospitalité seraient au coeur même du dispositif de soins ? 

La culture, la création, les activités artistiques, qui font encore partie du dispositif thérapeutique dans certains lieux de soins du fait de la détermination des équipes soignantes et des personnes accueillies, pourront elles avoir la place qu'elles méritent ? 

Tels sont les enjeux que le Collectif des 39 — associant professionnels, patients et entourage — veut porter dans le débat public ».

Mercredi 1er août 2012 à 14h30 : Projection du film « Les Voix de ma sœur », de Cécile Philippin. Débat avec la réalisatrice, Yves Gigou, infirmier et formateur, ( Villejuif 94) et Paul Machto, psychiatre, (Montfermeil 93) membres du Collectif des 39. Débat animé par Sophie Dufau, journaliste à Médiapart.fr

« Les voix de ma sœur » est un portrait et un témoignage. Il prend la forme d’un journal intime à plusieurs voix :
- celle d'une patiente, décrivant avec lucidité sa pathologie, 
- celle de sa famille combattant la culpabilité et le déni, 
- celles de ses soignants de l'hôpital Saine Anne à Paris.

Ce document a vocation de dé-stigmatisation des personnes souffrant de troubles schizophréniques et de sensibilisation au travail des familles et des soignants.

Les voix de ma sœur n’est pas un documentaire sur la schizophrénie, un énième qui montrerait combien la maladie psychique est dure, est triste, chronique, presque sans espoir…Ce film est la déclinaison des modes de la liberté humaine, y compris dans la folie qui l’excède. C’est un éloge de la parole et de ses effets. Dr Philippe Lavergne »

avec Paulette, Valérie et Hélène Philippin, Pr Jean-Pierre Olié, Odette Forestier, SHU Sainte Anne, Unafam 92, Gem des 4 Communes.

Tournage : février – octobre 2011- durée : 49 minutes.

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>Politique de l'hospitalité : XIIIème rencontre de la Criée le 1er et 2 juin

 

Reprendre une fois encore cet enjeu crucial de l’hospitalité dans ce moment de crise, traversé d’attaques aux fondements de la Culture, nous conduit nécessairement à une prise de position politique. Comment passer sous silence l’insupportable montée du racisme et de l’antisémitisme, l’hostilité explicite aux étrangers qui menaceraient tellement l’identité nationale qu’il faudrait les expulser sans cesse ?

Se trouve ainsi ravagée toute une tradition du droit d’asile et des lois de l’hospitalité qui sont au fondement même du lien social et des processus de symbolisation. Ce que l’anthropologie a pu reconnaître et investiguer en termes d’éloge du don et du pottlach, de la régulation qu’opère aussi le sacrifice rituel dans la religion monothéiste, tous ces montages textuels et sociaux se trouveraient déniés par une lame de fond que l’on dit postmoderne.

Un tel contexte où la haine de l’étranger vient à se dire de façon de plus en plus explicite ne peut qu’exacerber la peur et la haine du différent, et retentir dans nos pratiques d’accueil de la folie. Quand un magistrat, Serge Portelli, vient nous dire que nous serions dans un « Etat limite », dans la hantise d’un Etat autoritaire qui pourrait produire des ravages inédits, nous aurions intérêt à nous sentir pour le moins concernés, si ce n’est menacés par de telles dérives. Ce qui s’énonce comme une politique sécuritaire, prend le visage précisément de la rupture avec une tradition d’accueil et de soins qu’il ne s’agit pas d’idéaliser, mais qui ne mettait plus en avant, depuis les avancées du Secteur et de la Psychothérapie Institutionnelle, ces idéaux de contrainte et de « soins sans consentement » qui reviennent aujourd’hui sans vergogne.

Cette rupture s’opère, parée maintenant des vertus présumées d’une déshospitalisation qui se trouve pervertie, en rejetant les patients à la rue ou en les condamnant à la prison. Une nouvelle loi nous promet le meilleur des mondes en avançant la généralisation de « soins obligatoires en ambulatoire », soins qui sont imaginés selon une conception du sujet où tout désordre trouverait son remède. Que ces remèdes soient en premier lieu imaginés comme médicaments administrés de force témoigne d’une méconnaissance active, voire d’un refus de tout l’abord psychanalytique du sujet, de la folie, et de soins psychiques fondés en raison sur l’accueil du délire. Nous ne pouvons pas non plus ignorer la possibilité de « psychothérapies sur ordonnance » qui seraient exécutées par des praticiens « certifiés conformes » par l’Etat, censées résoudre ainsi le malaise et produire l’adéquation d’un monde parfait.

L’appui sur l’abord freudien nous sera donc essentiel pour questionner l’accueil de l’étrangement inquiétant (unheimilich) et soutenir en acte la possibilité du transfert. Le concevoir comme une offre en rapport avec le désir d’analyse pourrait polariser cette hospitalité où l’analyste, le soignant offre son espace psychique pour accueillir autrui.

Ce don premier qui est une bejahung, une affirmation primordiale et une ouverture à l’altérité, constitueraient autant de fondations précieuses qu’il s’agirait de relancer sans cesse, dans leur précarité d’autant plus essentielle qu’elle se trouve menacée de façon explicite par l’idéologie de notre époque.

Penser l’hospitalité à l’entrecroisement hétérogène de plusieurs champs s’impose avec insistance, et nous aurons besoin, pour soutenir ce mouvement et retrouver du souffle, d’autres abords philosophiques, littéraires, poétiques … L’enjeu consisterait, en évitant la nostalgie d’un âge d’or, à soutenir les collectifs qui résistent et soutiennent une pratique inventive, tout en évitant un repli dans des institutions qui pourraient vite devenir de petites « forteresses vides », si nous cessions d’y relancer un mouvement de subversion de l’institué.

Patrick CHEMLA

Télécharger le programme et les bulletins d'inscription : La-CRIEE-2012

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