Archives de catégorie : Articles 39

LES MOTS DU 2 MAI 21 !

RASSEMBLEMENT : Plus de 700 personnes de toute la France, « in vivo » et « en visio », ont répondu à l’appel des 3 collectifs (Appel des appels, Collectif des 39, Printemps de la psychiatrie) pour participer – en tant que soignants, patients ou familles – à l’expression de premières réactions, idées et propositions d’action face au défi lancé par les technocrates aux psychologues et aux soins psychiques des enfants.

COLLECTE DE SOUTIEN : https://www.helloasso.com/associations/quelle-hospitalite-pour-la-folie/collectes/collecte-suite-au-rassemblement-des-praticiens-du-soin-psychique-du-2-mai-2021

INTERVENTIONS :

Continuer la lecture de LES MOTS DU 2 MAI 21 !
Share

RÉPONSE à Madame Wonner QUI persiste et signe, suivie de la lettre de celle-ci

Danielle Lévy, pour le Collectif des 39

Stupéfaits de constater que Mme Martine Wonner, députée LREM  de la 4e circonscription du Bas Rhin, membre de la Commission des affaires sociales, psychiatre de profession, avait  signé une  pétition réclamant « l’exclusion des tribunaux, des hôpitaux et des universités, de la totalité des psychiatres et des psychologues se référant à la psychanalyse », des membres du Collectif des 39, de l’Appel des Appels, de  l’Union Syndicale de la psychiatrie et des universitaires du SIUEERPP (Séminaire Inter-Universitaire Européen d’Enseignement et de Recherche en Psychopathologie et Psychanalyse) avaient  écrit à Gilles Le Gendre, président du groupe parlementaire LREM, le 12 décembre 2019,  pour lui  demander de les  rassurer « quant aux options sur cette question du  groupe parlementaire qu’il  préside », et  « pour le prier instamment de veiller à ce que les membres de ce groupe  ne relayent pas les discours de haine et d’exclusion». (Nous vous rappelons que la pétition initiale intitulée  «la psychanalyse, exercice illégal de la médecine »,  qui a recueilli  2400 signatures dont celle de  Madame Wonner, a suscité la réaction, souvent indignée, de 35200  personnes.)

A ce jour, M. Le Gendre n’a pas répondu à cette lettre.                              Madame Wonner l’a fait, à un seul de ses signataires.

La lecture de sa réponse n’est pas de nature à nous rassurer. Continuer la lecture de RÉPONSE à Madame Wonner QUI persiste et signe, suivie de la lettre de celle-ci

Share

Lettre adressée à Gilles Legendre à propos d’une tribune signée par Martine Wonner ..

Paris , le 12 décembre 2019 

A Monsieur Gilles Le Gendre,

Président du Groupe parlementaire LREM

Monsieur le Président,

Nous portons à votre attention notre étonnement quant à l’engagement d’une députée LREM  en faveur d’un groupe de pression réclamant que soient exclus des tribunaux, des hôpitaux et des universités la totalité des psychiatres et des psychologues se référant à la psychanalyse.

Nous avons en effet été stupéfaits de constater que Mme Martine Wonner , député de la 4e circonscription du Bas Rhin, membre de la Commission des affaires sociales, a apporté son soutien à une tribune stigmatisant des citoyens, professionnels du soin, enseignants, chercheurs, tous acteurs engagés de la vie sociale; une pétition loin de ce que les citoyens doivent pouvoir attendre de leurs représentants chargés de faire évoluer et de moderniser dans la sérénité les lois qui régissent leur pays.(cf :  https://www.justicesanspsychanalyse.com) Continuer la lecture de Lettre adressée à Gilles Legendre à propos d’une tribune signée par Martine Wonner ..

Share

Psychiatrie: l’état d’urgence – PARTIE 3

analyse du livre par Frank Drogoul

25 propositions

De 1 à 6 : Dé-stigmatiser et favoriser le dépistage précoce

De 7 à 14 : Assurer des soins de qualité centrés sur les besoins des patients

15 à 16 : Promouvoir le rétablissement en pensant le parcours de vie

17 à 22 : Accompagner les transformations à l’œuvre grâce à la formation

23 à 25 : Soutenir les espoirs de la recherche

Les équipes mobiles

Un nouveau grade, les case managers

La recherche

L’épilogue de ce livre : « Pas encore guéri, mais rétabli et maître de mon destin »

Un livre rencontre actuellement un succès médiatique : Psychiatrie: l’état d’urgence de Marion Leboyer et Pierre-Michel Llorca. Continuer la lecture de Psychiatrie: l’état d’urgence – PARTIE 3

Share

Psychiatrie: l’état d’urgence – PARTIE 2

Décryptage du livre par Frank Drogoul

9 Bilan et perspective de cet ouvrage

10 Que faire de l’hôpital ? Les qualités du privé !

11 Autre point central, la rapidité du diagnostic et du traitement médicamenteux

12 La psychiatrie et la médecine somatique

13 Quels soins pour la psychiatrie moderne ?

14 Des thérapies protocolées remboursées mais à durée limitée

15 La revanche des CHU, GHU

16 La recherche : Le leurre des méta-analyses

Un livre rencontre actuellement un succès médiatique : Psychiatrie: l’état d’urgence de Marion Leboyer et Pierre-Michel Llorca. Continuer la lecture de Psychiatrie: l’état d’urgence – PARTIE 2

Share

Psychiatrie: l’état d’urgence – PARTIE 1

Décryptage du livre par Frank Drogoul

1 Que sont l’aliénisme et le secteur psychiatrique tant décrié ? 

2 L’ aliénisme et la loi de 1838

3 La psychiatrie ouverte ( 1926)

4 La psychiatrie de secteur, la matrice saint-albanaise et la spécificité de la psychiatrie

5 Les médicaments en psychiatrie

6 Les années 1970-1990 et le renouveau du secteur

7 Les années 1970, époque de l’antipsychiatrie

8 Constat de l’état désastreux de la psychiatrie depuis 30 ans

Un livre rencontre actuellement un succès médiatique : Psychiatrie: l’ état d’urgence de Marion Leboyer et Pierre-Michel Llorca.

Dressant le bilan dramatique de la psychiatrie française contemporaine, les auteurs prétendent soutenir les luttes en cours en avançant leurs arguments pour une psychiatrie du XXIème siècle. Continuer la lecture de Psychiatrie: l’état d’urgence – PARTIE 1

Share

Le délire scientiste : un déni de notre humanité.

Danielle  LÉVY

En 1937, à la fin de sa vie, Freud écrivait : 

« Il semble que la psychanalyse soit le 3ème de ces métiers « impossibles » où l’on peut d’avance être sûr d’un succès insuffisant, les deux autres, depuis bien longtemps connus, étant l’art d’éduquer et l’art de gouverner ». ( Analyse sans fin et analyse avec fin)           

Cette conscience des limites de  l’action  humaine, cette prudence, cette modestie ont  guidé et guident encore, fort heureusement, nombre de médecins, psychiatres, psychanalystes, psychothérapeutes, éducateurs, pédagogues, enseignants (et peut-être même quelques chefs d’état !) ceux qui décident de se lancer, malgré tout, dans ces métiers impossibles.                                                    

Mais les tenants de la nouvelle psychiatrie « basée sur les preuves » (dont  la fondation FondaMental, est un des fleurons), les adeptes d’une pédagogie s’appuyant sur  les  neurosciences  (soutenus par le ministre de l’Education Nationale, J.M. Blanquer) n’ont pas cette sagesse : soigner et  éduquer sont, pour eux, des missions qui  ne relèvent  pas de l’art mais de la Science, et la Science étant forcément infaillible, ils sont sûrs de leur réussite…

Une prétention insupportable à standardiser le vivant. Continuer la lecture de Le délire scientiste : un déni de notre humanité.

Share

le Collectif des 39 et le Fil Conducteur – 22 janvier 2019

Texte lu par le Collectif des 39 et le Fil Conducteur psy à la Manifestation « Journée nationale de la psychiatrie », le 22 janvier, place de la République à Paris.

Félicitations à tous pour cette formidable mobilisation !

Le collectif des 39 et le Fil conducteur s’associent à tous ces mouvements soutenant un désir puissant de transformation des conditions d’accueil et de soins des patients pour une psychiatrie respectueuse de la restauration du sujet. Continuer la lecture de le Collectif des 39 et le Fil Conducteur – 22 janvier 2019

Share

« Sauvés par Freud et les mammouths ! »

Sandrine Deloche, pédopsychiatre

Article paru dans Pratiques: les cahiers de la médecine utopiste. Juillet 18 n°82

Les coulisses savantes du pouvoir voudraient nous faire croire que le cerveau est monté comme un ordinateur. Rassurante conception du vivant servant dès demain à formater l’enfant apprenti, mais oublieuse d’une découverte de taille, l’inconscient et parmi ses diamants, l’humour. Incasable ! Continuer la lecture de « Sauvés par Freud et les mammouths ! »

Share

Entre savoir et culture: La barbarie – Michel Henry

Christian  GUIBERT      Pédopsychiatre                                                                   Intervention lors du meeting du Collectif des 39 – le 16 octobre 2016

Je  vous propose une lecture de ce livre de Michel HENRY paru en 1987  aux Presses Universitaires de France, car il me paraît aujourd’hui d’une brûlante actualité. Ce livre  part d’un constat simple mais paradoxal  celui d’une époque, la notre, caractérisée pas un développement sans précédent du Savoir allant de pair avec l’effondrement de la Culture.

Pour la première fois sans doute dans l’histoire de l’humanité , Savoir et  Culture divergent , au point de s’opposer dans un affrontement gigantesque – une lutte à mort  — s’il est vrai  que  le triomphe du premier entraine la disparition de la seconde.

Une telle situation, aussi dramatique que mystérieuse, s’éclaire  si l’on remonte à sa source, au tout début du dix septième siècle ,  lorsque Galilée qui a découvert que la terre tourne  autour du soleil , déclare que la connaissance  antérieure à laquelle l’homme se confie est «  fausse et illusoire » .

Cette connaissance est la connaissance sensible qui nous fait croire que les choses ont des couleurs, des odeurs, des saveurs, qu’elles sont sonores,  agréables ou désagréables. Bref que le monde est un monde sensible. Continuer la lecture de Entre savoir et culture: La barbarie – Michel Henry

Share

XVIèmes RENCONTRES DE LA CRIÉE 31 mai, 1 et 2 juin 2018

L’imaginaire dans la clinique    Patrick CHEMLA

Programme des journées:       http://lacriee51.blogspot.fr

Nous avons travaillé les années précédentes sur «le Collectif à venir», ce qui nous a conduits à relire plusieurs séminaires de Jean Oury, mais aussi à revisiter la catégorie de l’imaginaire. L’enjeu des «praxis instituantes» pour reprendre le terme de Pierre Dardot et Christian Laval, nous a renvoyés à une première lecture de l’élaboration de Cornelius Castoriadis. Celui-ci produit très tôt la catégorie de l’imaginaire radical, à entendre dans ses deux acceptions : à la racine du sujet, mais aussi dans son inscription dans les «productions imaginaires du social-historique». Là où Lacan mettait le symbolique, puis le Réel, au cœur de la problématique du sujet, Castoriadis place donc l’imaginaire radical, manière de se détacher très tôt du structuralisme, de tout déterminisme, et de ce qu’il  appelle «la pensée héritée». Il s’agit d’un tout autre imaginaire que celui du stade du miroir, puisqu’il évoque entre autres pour l’expliciter la possibilité d’envisager une composition musicale. Continuer la lecture de XVIèmes RENCONTRES DE LA CRIÉE 31 mai, 1 et 2 juin 2018

Share

DEUX CENTRES DE SOINS POUR ENFANTS SONT EN DANGER – NON A LA DELOCALISATION !

Collectif pluri-professionnel du Secteur 91-I-05

Nous vous appelons à signer cette pétition pour exiger le maintien de soins accessibles et de qualité pour les enfants de ce secteur : https://goo.gl/SvtgyA 

Le mardi 13 février 2018 les soignants du Centre Médico Psychologique (CMP) de Chilly-Mazarin et de l’Unité d’Accueil Familial Thérapeutique (UAFT) à Sainte Geneviève-des-Bois ont appris par la hiérarchie de l’Hôpital Barthélemy Durand la menace de délocalisations imminentes qui pèse sur le Service public de soins destinés aux enfants et leurs familles dans le nord de l’Essonne.

Cette décision de délocaliser le CMP et de l’UAFT vers la Zone d’Activités industrielles de Champlan, n’a fait l’objet d’aucune concertation. Elle remet en cause l’accès aux soins de proximité, et nuit à leur qualité. Continuer la lecture de DEUX CENTRES DE SOINS POUR ENFANTS SONT EN DANGER – NON A LA DELOCALISATION !

Share

Intervention d’Hervé Bokobza sur France Culture le 26 janvier à 22h

Faire évoluer le mode de financement en budget réservé de remboursement des soins, le gouvernement promet de revoir l’organisation de la psychiatrie jusqu’à mettre fin au dualisme entre médecine somatique et psychique….mais la ministre de la santé…semble avoir pris la mesure des manques et souffrances puisqu’elle convient, je cite Agnès Buzyn : «  que la psychiatrie ne va pas bien et que c’est une discipline paupérisée » :

Nous sommes ravis d’avoir entendu cette déclaration de la ministre de la santé, je dirais enfin, le hic, le bémol je dirais, c’est que à la lectures des douze mesures d’urgence préconisées par madame la ministre, je ne retrouve aucune des vingt deux mesures d’urgence que tous les soignants en psychiatrie, les patients, les familles avaient exigées il y a maintenant quinze ans. Où nous disions à l’époque que si rien ne se produisait nous allions vers une catastrophe sanitaire grave.

Bravo à Mme Buzyn d’avoir pu se rendre compte où nous en sommes, hélas, grandement hélas, les mesures proposées ne vont pas dans le bons sens et je dirais même plus elles vont empirer la situation existante et le soin tout prêt( ?)(le son est incompréhensible) de la maltraitance qui commencent à s’opérer aujourd’hui dans notre pays en psychiatrie. Continuer la lecture de Intervention d’Hervé Bokobza sur France Culture le 26 janvier à 22h

Share

Crise de la psychiatrie, crise de nos démocraties : quelle hospitalité pour nous-même ?

Roger FERRERI  membre des 39 contre la nuit sécuritaire.                    Article paru dans l’Humanité le 31 janvier 2018

Une des caractéristiques d’une époque civilisationnelle tient à la reconnaissance de ses marges et de leurs traitements. Traitement à l’évidence monstrueux dans les totalitarismes, ce qui nous contraint d’en faire un enseignement permanent de la question démocratique. Cette question se travaille plus qu’elle ne s’accueille.

Quelle hospitalité pour la folie n’y échappe pas. Sous les pavés la plage ne se suffira jamais à lui tout seul. Les bannières flottent assez au vent pour changer dans l’instant de direction avec lui. Il y faut la dynamique d’une diversité des pratiques de la folie s’enseignant les unes les autres de la prohibition de tous discours à visée universelle à son endroit.

L’universel comme prescription, dans les sciences de l’homme, ne fait que témoigner du désir de pouvoir de quelques-uns sur tous les autres, philosophes et psychanalystes compris. La prohibition de l’inceste n’est pas une loi universelle, elle n’est jamais que la représentation la plus universalisable, la force de vente, du concept d’interdit par notre espèce parlante. Continuer la lecture de Crise de la psychiatrie, crise de nos démocraties : quelle hospitalité pour nous-même ?

Share

NEUROSCIENTISME ET PEDAGOGIE, UN COUPLE DANGEREUX !

Le Collectif des 39 souhaite réagir à la création à l’Education nationale du nouveau Conseil scientifique par le Ministre J.M. Blanquer, avec à sa tête le Professeur Stanislas Dehaene, spécialiste de psychologie cognitive, et médiatique promoteur des neurosciences.

Ce Conseil scientifique est d’une seule couleur théorique, uniforme et donc réductrice. Blanquer et Dehaene veulent imposer dans l’enseignement une nouvelle pédagogie « fondée sur les preuves » statistiques, à l’image de ce qui se pratique en médecine (Evidence Based Medecine), et que depuis de nombreuses années nos gouvernements successifs tentent d’imposer à la psychiatrie… Pourtant, les résultats de la science statistique peuvent-ils vraiment être directement appliqués, sans recul, ni possibilité de remise en question ? On sait que le moteur de toute(s) science(s) est la capacité de (re)mise en question, de doute fondamental et méthodologique, et que les « bons » résultats d’aujourd’hui constituent parfois les erreurs du lendemain… Continuer la lecture de NEUROSCIENTISME ET PEDAGOGIE, UN COUPLE DANGEREUX !

Share

Vers la destruction du métier de soignant en psychiatrie ?

Serge Klopp,   Intervention à Appel des Appels,      Octobre2017

J’ai eu la chance de faire partie de cette génération d’ISP (Infirmiers de Secteur Psychiatrique) qui a inventé son métier.

Je suis entré en psychiatrie en 1978. C’était une époque, d’intenses débats et où l’on était persuadé qu’on allait tout changer, y compris en psychiatrie. Ces débats théoriques et politiques, nous les menions en cours avec les moniteurs du Centre de Formation, en stage avec les infirmiers et les psychiatres.

La formation d’ISP avant le diplôme unique de 1992, ne comprenait pas seulement plus de psychopathologie qu’aujourd’hui, mais nous inculquait une culture du sens et de l’engagement dans la clinique du sujet. Si, après l’obtention du diplôme, nous étions dorénavant autorisés à exercer le métier d’infirmier, on nous a expliqué que notre métier nous ne l’apprendrions vraiment que tout au long de notre carrière, à condition que de faire l’effort de continuer à lire, se former, s’interroger.

Tout au long de ma carrière d’infirmier, puis de cadre soignant, j’ai pu explorer et défricher de nouveaux territoires, dont celui de la psychothérapie. Psychothérapie qui même pour les ISP nous semblait interdite, chasse gardée des psychologues et des psychiatres. C’est pourtant sur cette question que le « groupe de Sèvres » s’était disputé à la fin des années 50.  Continuer la lecture de Vers la destruction du métier de soignant en psychiatrie ?

Share

Un site de l’Education Nationale

Le 29 septembre,  le groupe enfance du « Collectif des 39 contre la nuit  sécuritaire » a organisé à Nanterre,  avec  l’Association Pour la Psychanalyse ( où milite Gérard Pommier)  et d’autres associations, une action autour d’un colloque  sur les TDAH ( trouble déficit de l’attention avec hyperactivité). 

Ce colloque, parrainé par la faculté de Nanterre, faisait la promotion d’un trouble, érigé en maladie, et de son traitement essentiellement médicamenteux.  

Dans les suites de cette action, nous sommes tombés par hasard sur un site de l’Education Nationale, qui semble elle aussi privilégier l’abord médical de ce trouble, au détriment de son abord psychothérapeutique, qui permet pourtant  d’écouter l’enfant  dans sa subjectivité. 

 Un site de l’Education Nationale.

 Sur le site internet de l’Académie de Paris (Région Académique  Ile de France) nous avons trouvé une page  destinée  aux  parents et aux élèves.

Sur cette page, plusieurs propositions leurs sont faites :

  • résultats d’affectations au collège, au lycée
  • s’inscrire au collège, au lycée
  • bourses et aides financières
  • élèves à besoins éducatifs particuliers
  • déposer un dossier d’affectation en ligne
  • aménagement des examens pour les candidats en situation de handicap, etc…  

A côté, sous le titre « Parents contactez-nous », on trouve des liens utiles :

  • ma voie scientifique
  • mon orientation en ligne

Continuer la lecture de Un site de l’Education Nationale

Share

Anniversaire des Ceméa

80 ans des Cemea

La rencontre avec la psychiatrie, une aventure qui dure !

Comment un mouvement de recherche pédagogique d’Education Nouvelle né en 1937 et dont la tâche première a été d’inventer la formation des moniteurs de colonies de vacances, s’est retrouvé sollicité par des médecins psychiatres pour réfléchir à la formation des infirmiers d’hôpitaux psychiatriques?

50000 malades mentaux meurent de faim dans les asiles psychiatriques au sortir de la guerre. Sauf à l’hôpital de Saint-Alban en Lozère qui ouvre ses portes sur l’initiative des psychiatres F. Tosquelles et L. Bonnafé. C’est dans ce contexte que dès 1946, à peine près de dix ans après la création des Cemea, une première rencontre entre Germaine Le Guillant membre de la première équipe permanente des Cemea à Paris et Georges Daumezon, psychiatre, médecin-chef à l’hôpital de Fleury les Aubrais près d’Orléans se fait. Quelques temps après Georges Daumezon et Louis Le Guillant, psychiatre à Paris, proposent à Germaine de réfléchir à une action des Cemea pour  former les personnels: « Ce dont nous avons besoin, c’est que vous donniez aux infirmiers les outils qui leur permettront d’établir un dialogue avec le malade ». Continuer la lecture de Anniversaire des Ceméa

Share

Le Collectif des 39 à MARCIAC – Avec la Ligue de l’Enseignement du Gers

Le Collectif des 39 « Quelle hospitalité pour la folie ? »- Avec la Ligue de l’Enseignement du Gers- propose pour cette 7ème Edition
les vendredi 4, samedi 5 et dimanche 6 août 2017

Dans le cadre des après-midis de JAZZ IN MARCIAC
Deux représentations de la Compagnie Sujet Barré  
« Ha Tahfénéwai ! » Conception, écriture, mise en scène et interprétation  Sophie Warnant et Romain Vaillant

image1

Et une projection du film écrit par Fara C. journaliste Jazz     (Humanité)    « Le moine et la sirène – Le chant de Charles Lloyd » 
Film de 60 mn coréalisé par Fara C. et Giuseppe de Vecchi 

Ces moments seront suivis de débats publics animés par des membres du collectif des 39.

Vend. 4 et Dim. 6 Août 2017 à 14h 30
« Ha Tahfénéwai ! »
Cie Sujet Barré« Parler de santé mentale avec détachement, humour et poésie, évoquer la place de ces prétendus « fous » dans notre société, réinterroger la psychiatrie d’aujourd’hui, ses avancées et ses reculs… Voilà, en substance, les objectifs poursuivis par Sophie Warnant et Romain Vaillant au travers de leur spectacle « Ha Tahfénéwai ! » Pour mieux comprendre ce sujet sensible et encore tabou, les deux comédiens ont passé un long moment dans deux institutions spécialisées en France et près de Charleroi, en Belgique.
De ce voyage in situ, ils sont revenus grandis et nourris d’histoires et de paroles, qu’ils ont décidé de nous faire partager sans lourdeur ni voyeurisme. La lumière est brute, sans artifices et les deux comédiens racontent, par le texte, mais également par le mouvement, ce qu’ils ont vu et entendu, en élargissant le propos à des questions aussi essentielles que dérangeantes : la place du patient en institution, la question de l’enfermement, les traitements lourds… Toute la force de « Ha Tahfénéwai ! » réside dans sa forme épurée et son propos, jamais moralisateur ni manichéen ». Continuer la lecture de Le Collectif des 39 à MARCIAC – Avec la Ligue de l’Enseignement du Gers

Share

« Non à la nuit gestionnaire »

PRATIQUES Les Cahiers de la médecine utopique , 77 Avril 2017 Tout le Contraire

Sandrine Deloche, médecin pédopsychiatre.

La nouvelle loi de la Santé confisque la dimension artisanale du soin psychique. La prédation se loge partout : des groupements hospitaliers de territoire au dossier patient informatisé, en passant par l’invasion d’une novlangue technocratique. Après la nuit sécuritaire, Non à la nuit gestionnaire.

En Afrique, il existe une jolie formule pour lutter contre les pachydermes indigents, car toujours plus proches des villages, ravageant les récoltes. Il s’agit de bâtir des clôtures d’abeilles. Les ruches sont disposées dans les arbres, reliées par un fil, entourant un territoire à protéger. En tentant de franchir l’obstacle, les éléphants secouent les ruches, énervent les abeilles. La piqûre voire le seul bruit du bourdonnement de l’essaim les fait fuir. S’organise alors une sorte d’intelligence de préservation réciproque entre les différentes communautés végétales animales et humaines. L’expérience le prouve et s’étend. Continuer la lecture de « Non à la nuit gestionnaire »

Share

« Contre la Novlangue : des paroles contraires » (Comment Eric Blair est devenu George Orwell)

PRATIQUES, Les Cahiers de la médecine utopique 77 Avril 2017 Tout le Contraire

Yann Diener , psychanalyste

Quand l’administration fait tout le contraire de ce qu’elle devrait faire, il faut lui opposer des paroles contraires. C’est la position que prend l’écrivain Erri de Luca dans son livre La parole contraire (Gallimard, 2015), en s’appuyant sur l’étymologie française du verbe saboter.

Je travaille à Paris dans un Centre médico-psycho-pédagogique, où je reçois entre autres des adolescents, des lycéens. Lors des manifestations contre la loi travail en 2016, certains lycéens venaient à leurs séances en sortant un moment des manifs. Mais ils étaient souvent bloqués, nassés par les CRS, ils me téléphonaient et j’avais tout d’un coup à l’oreille toute la violence qui leur était faite. Ceux qui parvenaient à venir en séance  arrivaient qui le bras en écharpe, qui le visage tuméfié, super choqués par la violence des charges des CRS alors qu’ils n’avaient fait que chanter des jeux de mots avec le patronyme de la Ministre du chômage. Continuer la lecture de « Contre la Novlangue : des paroles contraires » (Comment Eric Blair est devenu George Orwell)

Share

L’hôpital Sainte-Anne, fossoyeur de la santé mentale des enfants.

Docteur Sandrine Deloche.   Médecin pédopsychiatre.

En 2017, l’hôpital Sainte-Anne fêtera ses 150 ans d’existence. L’occasion pour son personnel de témoigner de l’histoire de cette grande maison. Son directeur, Monsieur Jean-Luc Chassaniol, est président d’un vaste empire appelé  le « Groupement Hospitalier de Territoire Paris – Psychiatrie & Neurosciences »  réunissant 5 hôpitaux psychiatriques parisiens. Il a été gratifié d’avoir ouvert le bal de l’application des nouvelles directives ministérielles. A savoir, la création de groupements hospitaliers psychiatriques, avec mutualisation des moyens, qui visent à détruire un acquis social et sanitaire unique au monde : la psychiatrie publique de secteur, dont celle dévolue aux enfants 14ème arrondissement de Paris, gérée par l’hôpital Sainte-Anne.

Dans les faits, en janvier 2017, les équipes de pédopsychiatrie de secteur, récemment implantées Porte de Vanves vont subir un énième déménagement, embarquant avec elles plus de 900 familles suivies. Cette fois-ci, pour s’installer dans l’enceinte même de l’hôpital Sainte-Anne, à l’étage d’un pavillon appelé « local à tiroirs ». Continuer la lecture de L’hôpital Sainte-Anne, fossoyeur de la santé mentale des enfants.

Share

Un enfant peut-il encore trouver dans l’espace social des lieux…

José Morel Cinq Mars    Psychologue

Un enfant peut-il encore trouver dans l’espace social des lieux où grandir bien serait possible parce qu’on lui permettrait d’être insouciant, curieux et changeant ?

Un enfant peut-il encore être espiègle ? timide ?  turbulent ?  frondeur ?  lunaire ?  joueur ? distrait ?  sans que pression soit faite pour le « normaliser » ?

Un enfant peut-il encore être accompagné dans ses difficultés à l’école ou dans sa famille sans qu’on le désigne comme handicapé ? Continuer la lecture de Un enfant peut-il encore trouver dans l’espace social des lieux…

Share

Une nouvelle antipsychiatrie

Pierre Dardot   Philosophe

Double page Débats coordonnée par Nicolas Dutent et parue le mardi 25 octobre dans L’Humanité.

Nous faisons face à l’offensive d’une nouvelle antipsychiatrie. L’ancienne antipsychiatrie, celle des années 1960-1970, se voulait une contestation radicale de la psychiatrie comme institution. Rappelons que le terme de « psych-iatrie » désigne dès l’origine une spécialité médicale (iatros signifie médecin) qui ambitionne de soigner les maladies de l’âme (psuchè signifie âme). L’ancienne antipsychiatrie remettait précisément en cause l’obligation de soins en remettant en cause le type de savoir qui la légitimait : à ses yeux, ce savoir médical est un savoir objectivant qui écarte le discours que le fou tient sur lui-même. Aussi dénonçait-elle la violence par laquelle la psychiatrie se fait instrument de répression sociale et choisissait-elle de « défendre le fou contre la société » (Maud Mannoni). Continuer la lecture de Une nouvelle antipsychiatrie

Share

Ouvrir d’autres voies

 Liliane Irzenski    Pédopsychiatre

Double page Débats coordonnée par Nicolas Dutent et parue le mardi 25 octobre dans L’Humanité.

Quel avenir pour les enfants ? Quel avenir pour l’enfance de l’humanité ? Prévention ou prédiction ? Les 39 se sont constitués spontanément, fin 2008, en réaction à la violence d’un discours de l’ancien président de la République, tenu à l’intérieur de l’hôpital psychiatrique Erasme à Antony. Son discours ne niait pas l’existence de la folie, mais l’amalgamait avec des notions de dangerosité mensongères et abusives. Elles donnèrent lieu à la budgétisation immédiate de moyens de surveillance et de contraintes intolérables à l’encontre des patients. Ce discours aussi bête que démiurgique, médiatisé à haute dose, renforça une figure de l’ennemi intérieur en insufflant à toute la population le fiel de la peur. Il renforça aussi la méfiance envers les autres, déjà induite par la montée, de plus en plus inquiétante, du chômage et de la mise en concurrence des humains. Attiser la peur en orchestrant le sécuritaire exploite les sentiments d’insécurité et d’incertitude propres à chacun et amoindrit notre pouvoir et notre devoir de penser : qu’est-ce qui fait société ? Continuer la lecture de Ouvrir d’autres voies

Share

L’enfance effacée

 Sandrine Deloche   Pédopsychiatre

Double page Débats coordonnée par Nicolas Dutent et parue le mardi 25 octobre dans L’Humanité.

À propos de l’école, des tas d’enfants « à problèmes » vont voir un psy. La plupart sont estampillés « handicap psychique » par la MDPH (maison départementale des personnes en situation de handicap), car porteurs de maux/mots qu’on leur assigne : dyspraxie, troubles oppositionnels, hyperactifs, troubles attentionnels, précocité… Une fabrique de diagnostics qui marquent dans la chair et valorisent le traitement des effets et non des causes du système scolaire français, le plus inégalitaire de l’OCDE. Désigner ces enfants sans prendre la mesure de décisions politiques en amont, c’est cela effacer l’enfance. Comment ignorer la fermeture accélérée des classes uniques dans les villages ou dans les grandes villes les classes surchargées, la diminution des effectifs d’enseignants mais aussi de médecins, psychologues, assistantes sociales scolaires. La disparition des Rased (réseau d’aide scolaire pour enfants en difficulté), des maitres E ou G, des classes d’adaptation, des commissions locales d’orientation a destitué un dispositif de lutte contre l’échec scolaire. Au prétexte comptable, le démantèlement de ce savoir-faire a été remplacé par un nombre incalculable d’emplois de service précaires. Ce tour de passe-passe s’est fait grâce à l’expansion d’un pouvoir technocratique dont les visées gestionnaires, comme baisser les chiffres du chômage aux dépens des moyens de l’éducation nationale, ont abouti. Depuis 2005, la MDPH, en s’invitant à l’école, est la pire des ombres: elle déplace l’axe pédagogique en imposant le signifiant « handicap » et sa cohorte de solutions mensongères. Continuer la lecture de L’enfance effacée

Share

Handicap partout, soins nulle part

Carlos Parada, Psychiatre

Double page Débats coordonnée par Nicolas Dutent et parue le mardi 25 octobre dans L’Humanité.

Crétin, imbécile, stupide, schizo, débile, dément ou parano, triso, taré, maso et psychopathe ! Voilà bien des quolibets qui ont transité entre la médecine et le langage quotidien. Dans les cours de recréation, autiste est déjà une insulte banale. Le transfert des mots d’un domaine à un autre est courant et c’est ce qui se passe dans une catachrèse. Dans la clé USB, il n’y a ni clé ni serrure. Une table n’a pas plus de pieds que n’a la lettre. Votre scie n’a pas de dents, comme le métro n’a pas de bouche. Notez que dans ces formulations, nous ne rendons plus compte du détournement d’un mot de son usage d’origine. Transposé du social au champ clinique, en psychiatrie, le handicap a la valeur d’une catachrèse (observation inspirée d’une observation de Roland Gori sur un tout autre thème). Il y a peu, ce mot portait une vague notion anglaise, philanthropique et sociale. Il a gagné le domaine fragile du soin psychiatrique d’aujourd’hui. Il remplace ce qui était nommé autrefois comme déficience, retard mental, inadaptation, inhibition, problème psychologique, etc. Cette expansion du domaine du handicap sur le soin psychique est loin d’être anodine et mérite réflexion. Continuer la lecture de Handicap partout, soins nulle part

Share

A propos de l’article, J’ai fait un mauvais rêve.

Le Collectif des 39 publie, à nouveau, le texte qui a été confié à son Blog par Philippe Rassat, membre du Collectif des 39, afin de mener dans cet espace, dédié à la réflexion des professionnels et des proches des patients en psychiatrie, un débat autour des questions, des tensions, voire des tempêtes, concernant la pratique du packing.

En effet, sa publication avait été suspendue par prudence durant cet été, suite aux actions surprenantes de l’ARS d’ Aquitaine-Limousin-Poitou-Charente qui a non seulement condamné les opinions de Philippe Rassat (ce qui, en soi et sous cette forme, est déjà surprenant pour une agence publique), mais qui a décidé d’intervenir auprès de ses deux employeurs d’une façon qui aurait pu aboutir aux licenciements de ce professionnel ! Cela nous a paru extrêmement inquiétant et incompréhensible, et nous avons donc pris le temps nécessaire de réflexion et de conseil juridique.

 Le Collectif des 39 tient à préserver, malgré ces attaques qui témoignent d’une ambiance de plus en plus anti-démocratique, l’existence d’un espace d’expression respectueux à la fois de la liberté des opinions et du droit.

Nous tenons toutefois à faire remarquer, que les actions de l’ARS qui visent l’auteur du texte semblent, sur certains points, confirmer les préoccupations exprimées dans son texte par Philippe Rassat – acteur de terrain attentif, citoyen engagé et professionnel apprécié – sur la dimension idéologique autoritariste, antidémocratique, du management qui se répand dans le champ du soin. Les épisodes des Plans autisme, et celui plus récent de la création des GHT, en sont des exemples criants expérimentés par tous les professionnels.

Nous tenons à rappeler également que le film « Le Mur », soutenu par un collectif qui comprend à la fois des parents et des tenants des «thérapies» cognitivo-comportementales, dont parle Philippe

Rassat dans son texte, a d’abord été condamné à l’interdiction de diffusion. A notre connaissance cette interdiction a été levée en appel, en vertu de la liberté d’expression, sans pour autant que le tribunal d’appel désavoue le fait qu’il s’agit d’un montage manipulateur, qui nous apparaît digne des films de propagande des régimes extrémistes des années 30-40. L’immense majorité des familles des enfants autistes et des professionnels ne peut se reconnaître dans ces procédés condamnables.                                              

Le Collectif des 39.


Le texte est retiré à la demande de la présidente de l’union régionale Poitou-charentes d’Autisme France suite à la réunion de conciliation organisée par le conseil départemental de l’ordre des médecins de Gironde.

Il est remplacé par le texte suivant de Philippe Rassat :

« Sincèrement je n’ai jamais eu l’intention, en m’exprimant comme je l’ai fait, dans le cadre d’un débat d’idée, de heurter quiconque.  Si tel est le cas je le regrette et je présente mes excuses aux parents qui ont pu être affectés. »

Share

L’éthique : un levier pour réinventer une psychiatrie humaine !

Klopp Serge

Intervention Ethique Villejuif octobre 2016

En préambule je voudrais remercier les organisateurs de m’avoir invité et rappeler que vu le temps qui m’est donné, je vais forcément apparaître caricatural dans certains de mes propos qui nécessiteraient d’être plus explicités et illustrés d’exemples, mais nous n’en aurons pas le temps.

Jamais il n’a été autant question d’éthique qu’aujourd’hui. Et jamais notre société dans tous ses domaines n’a été aussi peu éthique. Au point que lorsque j’entends parler de mise en place d’un groupe d’éthique, je me demande quels reculs éthiques sont en train de se mettre en place.

En effet, le fait que l’on ait institutionnalisé les comités éthiques, cela ne laisse-t-il pas croire que les réflexions éthiques sont réservées aux spécialistes, aux experts du Comité Ethique ?

Cela ne risque t-il pas paradoxalement d’amener les soignants à faire l’économie d’une réflexion éthique personnelle singulière et donc à banaliser les pratiques non éthiques ?

Le fait que les comités Ethiques soient composés d’un nombre fermé de membres désignés cela n’est-il pas en soi une aberration éthique ? Continuer la lecture de L’éthique : un levier pour réinventer une psychiatrie humaine !

Share

ENFANCE EFFACÉE : RÉSISTER, INVENTER… REJOIGNEZ-NOUS !

Quel avenir pour les enfants ? Quel avenir pour l’enfance de l’humanité ? Prévention ou prédiction?

Liliane IRZENSKI – Pédopsychiatre

Les 39 se sont constitués spontanément, fin 2008, en réaction à la violence d’un discours de l’ancien président de la république, discours tenu à l’intérieur de l’hôpital psychiatrique « Erasme » situé à  Antony. Son discours ne niait pas  l’existence de la Folie, mais  l’amalgamait avec des notions de dangerosité mensongères et abusives. Elles donnèrent lieu à la budgétisation immédiate de mises en acte de contraintes intolérables, à l’encontre des patients.  Il ré-encensa  une figure de l’ennemi intérieur en   prescrivant à toute  la population le fiel de la peur ce qui renforça la méfiance envers les autres, déjà induite par la montée, de plus en plus inquiétante, du chômage et du virtuel.  Fabriquer des peurs sociales et de ce fait  attiser insidieusement la peur inhérente au désir,  atteste d’une orchestration  contraire à l’humanisation  car en creusant les sentiments d’insécurité et d’incertitude propres à chacun,  de tels propos   abêtissent notre pouvoir  de penser : qu’est-ce qui fait société ? Cette mise en scène de domination  bien familière aux politiques est  une  mise aux pas assassine de la population. C’est à partir  de ce discours aussi bête que démiurgique, médiatisé à haute dose,  qui contribua à  vouloir  légitimer la mise en place  d’une politique  sécuritaire que nous nous sommes retrouvés près de 2000, en février 2009, pour un premier meeting, à la Parole Errante, « CONTRE LA NUIT SECURITAIRE ». Nous étions  rassemblés par un désir  d’amitié, conjuguant résistance avec hospitalité et ce désir nous continuons  de l’affirmer en vous donnant rendez-vous le 16 octobre. Continuer la lecture de ENFANCE EFFACÉE : RÉSISTER, INVENTER… REJOIGNEZ-NOUS !

Share

ALERTE AUX DÉLITS D’OPINION

Un de nos collègues psychiatre, le docteur Philippe Rassat,  nous a fait part d’une lettre adressée par le directeur de l’Agence régionale de santé d’Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes à la Présidente de l’association qui gère un établissement dans lequel il exerce.

Le ton et l’esprit de cette lettre, les sanctions qu’elle annonce ouvertement, confirment avec éclat l’état de déliquescence du débat démocratique en France. A nouveau il faut constater que ce sont certaines associations de parents d’autistes (Autisme France) qui ont pour seul souci de faire régner leur vérité, à l’exclusion de toute autre. A nouveau, ce n’est ni plus ni moins qu’une interdiction professionnelle qui est appelée en lieu et place de tout débat. Les opinions de certaines associations de parents d’enfants autistes, opinions qu’elles ont bien évidemment le droit d’avoir, mais qui tirent à l’évidence leurs réputations d’interdire aux autres d’avoir une pensée différente de la leur au point que toute personne qui attaquerait leur raisonnement relèverait d’une plainte judiciaire est une atteinte gravissime à la démocratie.

A nouveau, on est stupéfait de voir l’empressement de hautes instances d’Etat à se glisser dans les ornières de cette politique nauséabonde. Nous avions déjà connu la mise en cause de la psychanalyse dans les pratiques et les formations soignantes, nous voici désormais face à la promotion d’un délit d’opinion. Qu’on les fasse taire ! disent ces associations, visant à travers Philippe Rassat, l’ensemble de la profession, non conforme à leurs yeux. Qu’on les sanctionne !, dit le représentant de l’Agence régionale de santé.

De quoi s’agit-il ? Le directeur d’une Agence régionale de santé, se disant informé par des associations de parents d’autistes qui auraient jugé les propos de ce médecin comme étant « de nature diffamatoire ou injurieux », annonce qu’une « information a été effectuée en ce sens par ses services auprès de la Haute autorité de santé. » Son initiative se fonde asur des extraits d’une lettre de ce médecin qui s’exprime dans le cadre d’un regroupement de personnes intitulé : « Collectif psychiatrie des 39 », soit dans le cadre de ce qu’on appelle communément l’expression d’une opinion politique. Ce collectif s’est fondé sur le refus d’une rhétorique d’exclusion qui superpose folie et criminalité, comme si les malades mentaux étaient par nature dangereux. On connaît la logique profonde de cette politique, et on en a vu les effets. C’est dans ce cadre que P. Rassat s’est exprimé, signant son propos, où il dénonce la mainmise grandissante d’une idéologie d’extrême droite dans le champ psychiatrique.

Dans l’extrait cité, il est impossible de tenir pour diffamatoires ou injurieux les propos concernant des faits, produits par le régime nazi et historiquement avérés, sauf à tomber sous le coup de la loi sur le négationnisme. Ce sont donc les énoncés concernant des associations qualifiées dans le texte d’extrême droite qui seraient injurieux, non pas du fait qu’ils soient d’extrême droite, mais qu’ils pourraient laisser croire sans doute qu’ils sont de l’ordre du nazisme. Raisonnement très enseignant puisqu’il laisserait supposer, concernant les opinions politiques, qu’il ne serait permis que de proférer uniquement celles qui s’avéreraient absolument vraies. Pour ceux dont la crainte du nazisme leur laisserait supposer qu’il vaut mieux prévenir que guérir, un tel raisonnement leur interdirait d’émettre une quelconque inquiétude, et seule l’authentification du régime nazi par sa présence effective permettrait d’énoncer la chose établie !

Devant une telle dégradation du débat politique on ne peut plus se contenter de baisser les bras, car hélas des affaires plus ou moins spectaculaires se succèdent les unes après les autres, participant de la mise en place par essais successifs d’un ordinaire antidémocratique. Il faut le dire : la posture du directeur de l’Agence de santé est d’une extrême gravité, car elle signe une atteinte profonde à la liberté d’expression : que l’on soit d’accord politiquement ou pas avec les propos de notre collègue Philippe Rassat, cela n’autorise en aucun cas d’en interdire l’expression.

Pour notre part, nous sommes profondément d’accord avec ce que son texte contient d’un constat d’alerte. Mais ce que nous défendons ici n’est pas la pure vérité de ce qu’il dit, mais son droit de le dire. A l’inverse, on peut s’interroger : d’où le directeur de l’ARS peut-il bien tirer une quelconque compétence réglementaire lui permettant de porter ainsi atteinte à l’expression politique ? Cette « autorité » dont son titre le pare serait-elle de nature scientifique ? Il faut souligner ici ce qui est peut-être le plus inquiétant, dans la présente affaire comme dans les précédentes concernant la psychanalyse, c’est que la « vérité-HAS » prétend s’avancer sous les traits de la norme et de la règle. A quel titre le Directeur de L’ARS peut-il prétendre avoir autorité à faire taire le débat ? Quel est le fondement de son autorité en la matière ?

Il y a hélas dans notre pays une tendance croissante à faire du débat d’opinion l’affaire des experts. La bureaucratie, c’est d’abord la prétention à effacer toute dispute pour la résoudre en consensus d’experts. Voici où cela mène : à une forme de police bureaucratique qui, sous couvert de discours scientifique épuré de toutes contradictions, prétend incarner la vérité politique, comme on l’a vu dans des états totalitaires, toutes idéologies confondues.

En démocratie, nous avons le droit de critiquer des opinions avec lesquelles nous ne sommes pas d’accord. Mais les gouvernements qui tirent leur fonction d’avoir été élus par le peuple délèguent de plus en plus le débat politique aux appareils techno-bureaucratiques et mettent gravement en péril les démocraties qui ont mis des siècles à se mettre en place. Acceptons, même si nous ne pouvons pas le démontrer de manière absolue, que les régimes démocratiques ne sont pas à jamais irrémédiablement inscrits dans nos sociétés et qu’il convient d’en partager les choix pour se mobiliser afin de les maintenir.

C’est pourquoi cette affaire est gravissime. Le directeur de l’Agence régionale doit faire amende honorable des propos qu’il a tenus, et le gouvernement doit cesser de participer de cette dérive. Mais il appartient surtout à chacun de participer à l’instauration d’un débat de fond, non sur les questions techniques, mais bien sur les enjeux éthiques et politiques que posent nos pratiques.

Franck CHAUMON        Roger FERRERI

Share

Intervention à la Criée 2016 : La loi Santé et les GHT

La loi Santé et les GHT visent à démanteler tout le dispositif sanitaire mis en place depuis la Libération tout ce qui subsiste de la politique de Secteur    Serge KLOPP

Au travers de la mise en place de la loi Santé, nous assistons actuellement, dans l’ignorance générale, à la plus grave attaque contre le système de santé français depuis la création de la Sécurité Sociale.

Après la Libération, le programme du CNR avait pour objectif de faire passer l’hôpital public d’hôpital pour indigents à l’hôpital de qualité et de proximité pour tous que nous connaissons actuellement.

La loi santé vise à démanteler tout ce qui a été construit depuis.

Depuis 25 ans nous assistons certes à des restructurations visant à fermer un hôpital de proximité ici, une maternité là… Continuer la lecture de Intervention à la Criée 2016 : La loi Santé et les GHT

Share

Pas de Canada pschy’t pour les peintres Haïtiens ?

« L’objectivité scientifique m’était interdite, car l’aliéné, le névrosé, était mon frère, était ma sœur, était mon père » Franz Fanon

Imaginons un monde où règnerait un déni de la castration. Un monde régit par « ça n’existe pas ». Une société qui, par exemple, dirait : « le collectif, ça n’existe pas ». Cet univers est celui de la foule solitaire, celui de l’isolement à tous les étages. Ici tout est auto : autonomie, autoformation, autoévaluation, autorité, voire autoroute et autopsie. C’est là que le Canada Pschy’t pointe le bout de son nez. Dans les années 70, des publicitaires présentaient une boisson post-prohibition transférée dans de vieilles tractions. Le slogan scandait : « ça a la couleur de l’alcool, mais ce n’est pas de l’alcool ». Au voulant pas d’Al Capone, il est mort depuis bien longtemps. L’époque n’est plus à la prohibition, quoi que, mais assurément au marketing qui se soutient de la théorie des pulsions. Merci tonton, ça marche (Bernays, 1928) cf note 1 ! Les ventes augmentent. Le public adhère. C’est drôle, ça a le goût de l’interdit et c’est sans risque, croit-on, puisque tout est secure, zéro défaut.

À grand renfort de Com’, même chez les Psy, un système Canada Pschy’t, c’est comme la traction de l’époque de la prohibition dans la publicité, ça à la saveur romanesque du parfum de l’interdit mais c’est plus moderne et plus ambitieux. C’est plus vaste qu’un quartier, ça prend tout un territoire. Exit, le lien intime au social et la relation de proximité dans la continuité. L’époque est à la mégapole. La ville s’éclipse. Les communautés de communes sont dans le vent et maintenant que l’alcool n’est plus prohibé, on peut boire du tonic à loisir aux quatre coins du monde.  Continuer la lecture de Pas de Canada pschy’t pour les peintres Haïtiens ?

Share

Lettre ouverte à Madame Marisol Touraine et Madame Ségolène Neuville

N’hésitez pas à reprendre cette lettre en partie ou en totalité pour l’adresser à: 

Madame Marisol Touraine 

Adresse twitter @MarisolTouraine

Adresse postale : Ministère des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes, 14 Avenue Duquesne, 75007 Paris

Madame Ségolène Neuville

Adresse twitter @s_neuville

Sur le site : http://www.segoleneneuville.fr/

39

Paris, 27 mai 2016

Lettre ouverte à
Madame Marisol Touraine,
Ministre des Affaires sociales et de la Santé
Madame Ségolène Neuville,
Secrétaire d’Etat aux Personnes Handicapées

Mesdames les Ministres,
C’est avec consternation et colère que nous avons pris connaissance de la circulaire du 22 avril 2016 « relative aux orientations de l’exercice 2016 pour la campagne budgétaire des établissements et services médico-sociaux accueillant des personnes handicapées et des personnes âgées ». Cette circulaire, que vous avez conjointement signée, porte interdiction à tout service ou établissement accueillant des personnes handicapées de recourir à la technique dite « du packing », sauf à voir compromis son financement par l’Etat.
Nous nous élevons fermement contre cette interdiction. Une telle décision constitue une dérive grave dans la mesure où prescrire comment soigner ou traiter telle ou telle pathologie dépasse outrageusement le cadre de ce qui peut entrer dans un texte de financement. Depuis quand un législateur ou un administrateur, un gestionnaire ou un technocrate aurait-il compétence pour décider comment soigner un enfant ou un adulte ? Continuer la lecture de Lettre ouverte à Madame Marisol Touraine et Madame Ségolène Neuville

Share

On ne soigne plus un sujet, on attaque un symptôme

Je voudrais souligner la dimension de maltraitance de l’Etat, vis à vis de l’enfant et de ses parents, des adultes et de la société en général.

En effet, il convient de ne pas tomber dans l’erreur de se centrer sur l’enfant, mais  de souligner la dimension collective et historique, de l’enfant et de sa famille  car ce sont les liens entre eux, et avec le restant de la famille ,  que nous soignons , et non l’enfant cible , symptôme , tel que le véhicule l’idéologie actuelle .

C’est la  question idéologique qui est au centre du débat actuel, à savoir la reconnaissance de la vie psychique.

Il convient d’expliquer au Sénat , qu’auparavant , et même si ce n’était pas parfait , il existait une politique du soin psychique adressée aux enfants et à leurs parents , au travers d’une organisation , le Secteur , qui s’articulait avec la Maternité ,  la PMI ,  puis autour de la médecine scolaire et des Rased à l’ecole . Ces personnes étaient en contact avec le service de Pédo Psychiatrie ou le CMPP et se réunissaient régulièrement en commission de circonscription pré-élémentaire une fois par mois. Il existait donc un système de prévention et de diagnostic, qui a disparu quand on a fait disparaître la Pédo Psychiatrie  de l’instance organisatrice de la politique de soin. Continuer la lecture de On ne soigne plus un sujet, on attaque un symptôme

Share

En psychiatrie, la déshumanisation à l’œuvre

En psychiatrie, la déshumanisation à l’œuvre

IMGP2811

Les révélations de Madame Adeline Hazan, Contrôleure Générale des Lieux de privation de liberté, à propos des entraves inouïes et systématisées aux libertés élémentaires découvertes à l’hôpital psychiatrique de Bourg en Bresse, provoqueront-elles, sans faire de mauvais jeu de mots, un électrochoc salvateur ?

« Nous n’avions jamais vu cela, détaille Adeline Hazan. Des pratiques centralisées, honteuses, et choquantes».(…)« Sidérée que l’Agence régionale de santé, que la Haute Autorité de santé, que les différentes commissions départementales, toutes ces structures, venues ces dernières années, voire pour certaines ces dernières semaines, n’aient pas observé ce que notre mission a vu. Et qu’elles n’aient, en tout cas, pas réagi. Cela me laisse sans voix», a t elle ajouté.

En clair, ce n’est pas un acte isolé mais, aux dires de la contrôleure, une dérive systématique, organisée. Ainsi, pour chaque patient, se tenait un cadre de soins intégrant les interdits, le tout formalisé au cas par cas par un document standardisé intitulé «prescription de restriction de liberté d’aller et venir». Interdiction de sortir, de fumer (ou alors une demi-heure par jour), interdiction de communiquer aussi. Le tout avec «un recours à l’isolement et à la contention utilisé dans des proportions jamais observées jusqu’alors et non conforme aux règles communément appliquées ».[1]

Aussi les connivences, les compromissions de l’ensemble des personnels sont insupportables et nous font honte, tant elles jettent l’opprobre sur toute une profession.

En tant que psychiatre, en tant que soignant, on ne peut se sentir que salis !

« Porter atteinte à un homme, c’est atteindre toute l’humanité ! ». Continuer la lecture de En psychiatrie, la déshumanisation à l’œuvre

Share