>Réforme de la Psychiatrie : Une déraison d’Etat (Pétition)

 

Nouvel appel des 39 Contre la Nuit Sécuritaire

 

EXIGEONS le retrait de ce projet loi qui va organiser  le retour au "grand renfermement".

Masqué par une appellation toute séduisante : « Projet de loi relatif aux droits et à la protection des personnes faisant l'objet de soins psychiatriques et aux modalités de leur prise en charge», il a été adopté au Conseil des Ministres du 26 janvier 2011, et va être débattu au Parlement au printemps.

 

 

Trente mille personnes ont signé avec nous l’Appel contre La Nuit Sécuritaire, lancé en réaction au discours du président de la République le 2 décembre 2008 qui assimilait la maladie mentale à une supposée dangerosité. À nouveau, le Collectif des 39* en appelle à l’ensemble des citoyens.

 

Ce discours promettait un traitement sécuritaire des malades mentaux.

 

Il a depuis largement pris corps dans la pratique quotidienne : les lieux de soins psychiatriques sont désormais truffés de caméras de surveillance et de chambres d’isolement, des grillages ont été disposés, des protocoles de neutralisation physique des patients ont vu le jour, les préfets empêchent les levées d’internements caducs.

 

Un projet de loi propose aujourd’hui un cadre juridique à cette dérive sécuritaire.

Adopté le 26 janvier 2011 en Conseil des Ministres, il sera discuté au Parlement le 15 mars après un simulacre de concertation.

 

– Dans un vocabulaire relevant du code pénal, il cautionne la défiance à l’égard de citoyens souffrants.

 

– Dans ce dispositif, seul le trouble à l’ordre public est pris en compte.

 

Il instaure un changement paradigmatique sans précédent : l’institution des « soins » sans consentement en ambulatoire.

 

En effet, le projet de loi n’identifie plus seulement l'hospitalisation comme contraignante, mais les soins eux-mêmes,à l’hôpital comme à l’extérieur, avec le risque majeur de la mise en place d’une surveillance sociale planifiée.

 

Ainsi, pour répondre à l’inquiétude légitime des patients et de leurs familles, ce projet de loi, sous couvert de déstigmatisation, va instituer une logique de dérive sécuritaire induisant un contrôle inédit de la population. Il s’appuie sur un principe de précaution inapproprié.

 

La mystification est totale :

Il ne s’agit pas d’un projet de soins, mais d’un engrenage portant atteinte aux libertés fondamentales dans un état démocratique.

 

Prétendant améliorer « l’accès aux soins » et leur « continuité », ce projet propose uniquement un accès à la contrainte sans limite de durée.Il détourne la fonction des soignants vers une orientation de dénonciation, de rétention, de « soins » sous contraintes et de surveillance.

 

Il impose aux patients d’accepter des « soins » stéréotypés, protocolisés, identiques pour tous. Ils seront sous surveillance, associée à un contrôle de leur dignité : ainsi se met en place une police de l’intime. Il instaure un fichier national, « un casier psychiatrique ? », de toute personne ayant été soumise ne serait-ce qu’une seule fois aux soins sans consentement.

 

Il institue un mensonge en laissant penser que seuls les médicaments psychotropes administrés sous contrainte suffisent à soigner les patients gravement atteints : enfermés chez eux, malgré eux.

 

Une partie des citoyens a été désignée à la vindicte médiatique. Le mot schizophrène, jeté à tort et à travers, en bafouant le secret médical, n’est plus un diagnostic mais une menace, qui accable les malades et leurs familles, effraie jusqu’à leur voisinage.

 

Penser que ce projet de loi va améliorer cette situation est une déraison d’Etat.

 

Bien plus, il risque de s’opposer frontalement à toute réforme sanitaire digne de ce nom, qui aurait pour principes élémentaires de reposer sur une fonction d’accueil, une logique ouverte et déségrégative, des thérapeutiques diversifiées centrées sur le lien relationnel et la confiance, dans la durée.

 

Ce projet va à l’encontre d’une politique de soins psychiatriques respectueuse des libertés, offrant une hospitalité pour la folie au cœur du lien social, qui allierait sécurité publique et soins à la personne.

 

Il institue la défiance envers les professionnels dans une démarche politique analogue à celle appliquée récemment aux magistrats et à la Justice, comme à d’autres professions.

 

Nous voulons que les budgets subventionnent des soins et non des aménagements carcéraux, la formation des personnels, des effectifs conséquents, pour une conception humaine de l’accueil de la souffrance.

 

Nous rejetons les réponses démagogiques qui amplifient délibérément l’émotion suscitée par des faits-divers dramatiques. Ces réponses ne font qu’accroître et entretenir la peur de l’autre.

 

– Nous voulons résister, nous opposer, avec une élaboration citoyenne de propositions pour une politique de soins psychiatriques au plus proche des réalités de terrain. La psychiatrie est l’affaire de tous.

Nous soignants, patients, familles, citoyens appelons au retrait immédiat de ce projet de loi.

 

SIGNER LA PETITION : http://www.collectifpsychiatrie.fr/phpPetitions/index.php?petition=8

 

* Le Collectif des 39 s'est constitué le 12 décembre 2008, autour de l'Appel contre La Nuit Sécuritaire signé depuis par près de 30.000 citoyens. Il réunit des professionnels de la psychiatrie tous statuts confondus (en grande majorité), et des personnes du monde de la Culture et des citoyens qui nous ont rejoints.

 

 

 

La liberté peut être aussi thérapeutique

 

La justice, les magistrats, les professionnels du monde judiciaire sont attaqués, dénoncés comme coupables des crimes commis, dénigrés, comme jamais. 

 

L’école, les enseignants, les parents tout autant. 

 

La psychiatrie, les fous, les malades mentaux, les professionnels des soins psychiatriques ne sont pas en reste. 

 

Depuis son arrivée au ministère de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy n’a eu de cesse de mettre en œuvre son obsession : assimiler les malades mentaux à des délinquants. En février 2007, sous la pression de la mobilisation des professionnels, des associations de familles et d’usagers de la psychiatrie, il a retiré cette disposition de sa loi de Prévention de la Délinquance. En promettant qu’il y reviendrait ….

Ce fut chose faite avec son discours, prononcé le 2 décembre 2008 à l’hôpital Érasme d’Antony en tant que Président de la République. L’auteur de l’Éloge de la Folie qui a donné son nom à cet établissement psychiatrique a dû se retourner dans sa tombe. « Les malades mentaux sont, selon ce Président, potentiellement dangereux, voire criminels ». 

 

Depuis ce discours, le grand renfermement a commencé. Augmentation des chambres d’isolement, construction de murs, élévation des grillages, installation de caméras dans les hôpitaux et même dans certains services ! Un budget de 70 millions d’euros a été immédiatement débloqué uniquement pour ces équipements sécuritaires. Les moyens, pour les personnels soignants, pour l’amélioration des conditions d’accueil et de soins attendront.

 

Le pacte républicain qui soutient la séparation des pouvoirs, est rompu : les préfets discréditent les avis des psychiatres, décident contre leur avis.  Si l’hospitalisation protège le patient pour des soins, celle-ci devient un enfermement arbitraire quand le préfet refuse la sortie demandée par le psychiatre.

 

C’est dans ce contexte, dans ce climat délétère et morbide que nous est proposée une modification de la loi de 1990, avec un projet de loi qui donne un cadre juridique à cette dérive sécuritaire.

 

Masqué par une appellation toute séduisante :« Projet de loi relatif aux droits et à la protection des personnes faisant l'objet de soins psychiatriques et aux modalités de leur prise en charge», il a été adoptée au Conseil des Ministres du 26  janvier 2011, et va être débattu au Parlement au printemps.

 

Ce texte s’inscrit dans le droit fil du projet sécuritaire de Nicolas Sarkozy. Explicitement énoncé dans l’exposé des motifs : 

 

« Divers événements dramatiques survenus ces derniers temps attestent de la nécessité, 

rappelée par le Président de la République, de mieux encadrer les sorties 

des établissements de santé et d’améliorer la surveillance de certains patients ».

 

Au sécuritaire, s’associent l’objectif strictement gestionnaire qui met le contenu des soins à l’arrière plan, et l’idéologie du principe de précaution appliquée en contre-point des risques encourus par tout un chacun.

 

Dans un vocabulaire relevant du code pénal, il cautionne la défiance  à l’égard de citoyens souffrants. Dans ce dispositif, seul le trouble à l’ordre public est pris en compte. 

 

Ce projet de loi s’inscrit dans une stratégie de communication qui s’appuie sur l’amalgame « fou – dangerosité », utilisant le désarroi des familles, et la peur dans l’opinion publique. Le recours désormais facile à la disqualification des professionnels, et notamment de ceux qui ont développé des logiques de soins ouvertes et déségrégatives,  est sous-jacent dans l’esprit de ce texte, organisé autour de la réduction des soins aux seuls traitements médicamenteux.

 

Le changement prévu par le gouvernement est une modification sans précédent, un bouleversement sociétal sous la parure d’une meilleure gestion de l’accès aux soins. 

 

Au cœur de ce dispositif, un changement paradigmatique sans  précédent : l’institution des « soins » sans consentement en ambulatoire

 

Depuis la loi de 1838,  l'hospitalisation seule pouvait faire l'objet d'une contrainte identifiant les soins à un lieu. Ce projet de loi n'identifie plus l'hospitalisation, mais les soins eux-mêmes à la contrainte, les réduisant à une pure surveillance. L'obligation prend le pas sur le contenu même du soin. Cette dérive vers la surveillance, le contrôle des patients penche dangereusement vers des choix totalitaires, des choix « contrôlitaires ». C'est un lourd tribut : le monde de la psychiatrie, la société française sont-ils prêts à s’y soumettre ? à le payer ? 

 

La mystification est totale : 

Il ne s’agit pas d’un projet de soins, mais d’un engrenage portant atteinte aux libertés fondamentales dans un état démocratique. 

 

Prétendant améliorer « l’accès aux soins » et leur « continuité »,  ce projet propose uniquement un accès à la contrainte sans limite de durée.

 

Il détourne la fonction des soignants vers une orientation de dénonciation, de  rétention, de « soins » sous contraintes et de surveillance.

 

Il impose aux patients d’accepter des « soins » stéréotypés, protocolisés, identiques pour tous. Ils seront sous surveillance, associée à un contrôle de leur dignité : ainsi se met en place une police de l’intime. Il instaure un fichier national, « un casier psychiatrique ? », de toute personne ayant été soumise ne serait-ce qu’une seule fois aux soins sans consentement.

 

Ce projet de loi concerne l’ensemble de la société, pas seulement les malades désignés comme dangereux. L’extension du domaine de la norme, – troubles du comportement, désordres psychiques, dangerosité, troubles affectifs -, fait qu’un tiers de la population  est considéré comme atteinte d’un « trouble psy ». Nous entrons dans l’ère de la « Police Sanitaire », avec en toile de fond la perspective du « bien-être mental pour tous », cette idéologie du  santémentalisme promu par quelques apprentis sorciers.

 

Ce projet de loi se soutient d’une vision simpliste, et s’appuie sur la peur dans l’opinion publique. Il détourne l’opinion en utilisant l’illusion, la tromperie, le  mensonge … et les menaces pour les libertés individuelles. 

  • Illusion pour les familles, qui confrontées à des difficultés majeures pour obtenir le soutien nécessaire et l’assurance de la continuité des soins pour leur proche, espèrent que cette loi va atténuer leur désarroi et leur solitude. Alors que seuls une amélioration de la formation, le développement de soins de proximité pourront permettre de tisser des liens, et pousser des équipes plus attentives et en nombre, à prendre en compte les attentes des familles.
  • Tromperie, car ce que laisse entendre ce projet de loi, c’est qu’une contrainte aux soins, une obligation de soins se réduit à des traitements médicamenteux imposés à domicile ou à l’hôpital. Alors que l’expérience nous apprend que ce n’est qu’au prix d’une disponibilité, d’un travail autour de la fonction d’accueil, s’appuyant sur le lien relationnel, l’établissement progressif d’une confiance réciproque, que la peur peut être atténuée et l’efficacité d’une thérapeutique patiente, longue et diversifiée être obtenue.
  • Mensonge car il s’agit de faire croire à l’opinion publique, qu’avec cette loi, le risque zéro sera possible.  Des dispositions sont prévues obligeant les soignants à dénoncer les manquements aux soins, brisant toute confiance thérapeutique possible, et provoquant  l’intervention de la force publique pour ré-interner un malade. Aveuglés par leur idéologie sécuritaire, les responsables de ce projet de loi ignorent que,  délaissés de toute relation soignante de confiance et acculés à la méfiance qui exacerbe leur sentiment de persécution, certains malades pourraient d’autant plus passer à l’acte.
  • Enfin, menaces sur les libertés individuelles des patients mais aussi quiconque potentiellement confronté à un désordre psychique, affectif, moral, généré par le contexte social, le travail, l’entourage. L’orientation de l’obligation de soins passe ainsi dans les mœurs, dans la banalité du ça va de soi. 

A l'encontre de toute démarche sanitaire, cette loi va devenir un abri "légal" pour la déresponsabilisation des soignants auprès des patients les plus en souffrance.

 

Faute d'améliorer  l’accès aux soins et leur continuité en instaurant un budget spécifique pour la psychiatrie, de corriger la pénurie des effectifs soignants, de transformer la formation de tous les personnels, ce projet propose un accès à la contrainte et une continuité de celle-ci. Il est certainement plus « économique » de contraindre que de créer les conditions dignes et humaines pour soigner.

 

Ce projet de loi esquisse une perspective de normalisation, d’uniformisation et de contrôle, par le biais d’un objectif d’une santé mentale plus proche d’une police sanitaire que respectant la singularité de chaque individu.

 

Mais aussi, il institue la défiance envers les professionnels dans une démarche politique analogue à celle appliquée récemment aux magistrats et à la Justice, comme à d’autres professions.

 

La complexité de la question que pose la folie, la maladie mentale dans la société, la nécessité de l’élaboration d’une politique de soins psychiatriques dignes et respectueux des libertés, qui prenne en compte les besoins des malades, les attentes des familles et le soutien aux professionnels de la psychiatrie, justifient la mise en œuvre d’une immense réflexion dans le pays, à l’échelon local, départemental, régional et national. 

 

Aux réponses démagogiques et précipitées à l’émotion suscitée par des faits divers dramatiques, réponses qui ne font qu’accroître et entretenir la peur de l’autre, nous voulons opposer l’élaboration citoyenne de propositions pour une politique de soins psychiatriques du XXIème siècle au plus proche des réalités de terrain. 


La psychiatrie est l’affaire de tous.

 

À la complexité de l’humain dont la folie est partie intégrante, il n’y a pas de réponses simplistes qui s’appuient sur un scientisme en expansion et des marchands d’illusion. 

 

Le poète nous éclaire avec ces quelques vers :

« Il n’y a pas de chemin, 

Le chemin se fait en marchant. » 

Antonio Machado. 

 

Pour construire ce chemin, à l’aune des enjeux fondamentaux de la démocratie, citoyens, usagers, familles, professionnels, nous voulons une toute autre démarche que celle qui nous est proposée.

 

Nous rejetons totalement ce projet de loi. Nous nous engageons à tout mettre en œuvre pour cette seule exigence, son retrait.

 

 

Le collectif des 39, le 20 février 2011.

 

 



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31 réflexions sur “ >Réforme de la Psychiatrie : Une déraison d’Etat (Pétition) ”

  1. Avec mes moyens, j'informe les réseaux graphistes, réalisateurts de site internet et les professionnels de la santé suisse et belgique. J'informe également des euro-députés en belgique de ce qui se passe en France.
    J'informerai aussi les instances européennes dans le cadre de mes visites à titre privé d'une réalité gravissisme présentant des prémisses de dangerosité dans la gouvernance actuelle.
    La gravité des passages à l'acte de Sarkozy et ses sbires, la mise en place d'un mille-feuille administratif lié à des envies de "contrôle", d'enfermement me semblent pathologiques, au sens clinique du terme.
    Comme vous le savez, je suis une des victimes d'institutions répressives et d'autant plus concernée. Toutefois, je suis objective et soutenue en cette dimension par un travail analytique.
    Le front de résistance doit se mettre en place à tous les niveaux-clés de la société : magistrature, psychiatrie, éducation-enseignement, santé et santé mentale ; la déraison de l'Etat peut devenir une "folie" non ordinaire.
    Résistance est le maître-mot : rappel de l'Histoire. OUi, la révolution française a été utile ; OUI, le front populaire et la commune (réprimée sauvagement par Thiers) a été utile ; OUI, mai 1968 a été utile. L'Histoire que veut balayer Sarkozy d'un revers de main inconséquent est utile.
    Résistons……………………………….

  2. Bonjour,
    J'ai signé votre pétition cet après-midi, mais je n'ai pas reçu de mail pour validation ; mon nom n'apparait pas dans la liste des signataires et à chaque nouvel essai de signature que je fais, j'ai la réponse "vous avez déjà signé."
    Je l'ai également signé au nom de mon époux, qui lui a reçu le mail pour validation.
    Je ne sais pas pourquoi, mais c'est un problème qui revient régulièrement sur ma messagerie, et je surveille attentivement mes indésirables.
    Je suis très concernée par cette politique, mon petit frère étant schizophrène. Vers la fin février, il a fallu l'hospitaliser deux fois, et deux fois, après une prise en charge d'une nuit, il a été remis dehors faute de place à l'hôpital, alors qu'il avait avalé son flacon de médicament.
    Nous avons réussi à le faire hospitaliser le 24 décembre 2010, après l'avoir trouvé le front en sang chez lui. Nous l'avons sorti samedi dernier pour l'habiller, il allait beaucoup mieux, mais devait être dirigé vers une maison de repos.
     L'hôpital vient de le remettre dehors, faute de place encore une fois et il n'y a aucune place dans la maison de repos.
    Nous sommes plutôt désemparés pour son sort, d'autant plus qu'à chaque rechute, il jette tout dans la benne à ordures près de chez lui. Cette fois encore, aspirateur, vaisselle, linge, etc…tout est parti à la benne.
    Pourriez-vous voir mon problème de validation de mail s'il-vous-plait ? Merci d'avance.

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    Bonjour,
    Je signe cette pétition en toute conviction, avec l'espoir que cette initiative puisse démontrer notre détermination devant l'ignorance et la démagogie sécuritaire.
    Néanmoins, du côté des professionnels qui travaillent dans les institutions, il faut aller au-delà des sempiternelles revendications autour du manque des moyens et de la maltraitance.
    Il est urgent de faire une analyse approfondie des dysfonctionnements dans la dynamique du travail des équipes, ceux qui peuvent mettre à mal la qualité du travail de soins et de collaboration avec d'autres institutions, sociales, judiciaires, scolaires etc.
    Malheureusement, l'analyse des pratiques en tant que dispositif de réflexion au sein d'une équipe et à fortiori, entre les équipes de différentes institutions est encore peu utilisée en France. Les notions d'évaluation et de régulation d'équipe sont très souvent assimilées au contrôle et au flicage. Parfois on confond autonomie et discontinuité avec des logiques institutionnelles qui peuvent entraîner des incohérences qui sont alors allégrement récupérées par l'idéologie sécuritaire. A mon avis il faut absolument avancer dans la direction de plus de rigueur et plus d'espace et de temps de pensée pour les équipes, elles aussi en souffrance "insécuritaire".


  4. « Réforme de la psychiatrie, une déraison d’Etat »
     La raison d’Etat doit être fondée, en démocratie, dans une pratique respectueuse des droits de l’homme et du citoyen. Il y a déraison d’Etat, au sens politique du terme, quand l’Etat impose l’impératif normatif et sécuritaire, -sous couvert de rationalité politique et de réalisme économique-, au détriment de ces droits. Il y a également déraison, au sens éthique du terme, quand l’Etat porte atteinte à la dignité humaine. Il y a enfin déraison d’Etat, au sens pragmatique du terme, quand l’Etat préconise un remède pire que le mal visé.
    Le gouvernement actuel réforme à tout va les services publics dans une visée managériale et sécuritaire, pas seulement pour des raisons économiques et politiques, plus globalement, il tente d’imposer un modèle de société antihumaniste, où la volonté collective n’est plus au service de l’homme. Rappelons que la définition courante de l’humanisme renvoie à l’idée que l’individu humain a une dignité inaliénable de sorte qu’elle doit être défendue contre toutes les attaques : politique, juridique, économique, technocratique. Le fait démocratique et la raison humaniste sont mis en péril par la dérive sécuritaire (hantise immunitaire ?). Si les enjeux de la réforme de la psychiatrie  concernent au premier chef, les malades, leurs familles et leurs proches, et les professionnels de la santé et du social, plus généralement, ils posent le problème de la place accordée à l’individu humain  et celui de savoir dans quels termes il sera défini et traité par le pouvoir.
    Dans ce contexte de restructuration de la société, les termes normal-anormal, (adaptation-inadaptation), se sont imposés dans tous les domaines, – en particulier dans l’éducation et la santé mentale. Ce binaire, -nouveau paradigme sociétal-,  conditionne dès à présent le traitement des citoyens, selon une logique subtilement discriminatoire. L’entente sociétale pour la sécurité s’établit sur le dos de ceux dont la différence est présentée comme négative : affectée du signe pathologique (les fous), du signe déviant (les racailles) et/ou étranger (les Roms), par rapport à la norme. Si les distinctions entre groupes restent encore vaguement de classes, le pouvoir y a ajouté des distinctions relatives à l’existence des sujets, (folie, échec scolaire, nomadisme), considérée sous l’angle, soit des pathologies, soit des dysfonctionnements de l’adaptation.
    C’est l’occasion de rappeler la leçon de Canguilhem  sur les paradoxes du rapport normal-anormal : « L’anormal n’est pas tel par absence de normalité. Il n’y a point de vie sans normes de vie, et l’état morbide est toujours une certaine façon de vivre. ». Si Canguilhem fait référence au concept  de normal en biologie, sa réflexion a une portée plus générale. On peut l’appliquer à la santé mentale et au social. « Une norme, une règle, ajoute-t-il, c’est ce qui sert à faire droit, à dresser, à redresser. Normer, normaliser, c’est imposer une exigence à une existence, à un donné, dont la variété, la disparate s’offrent, au regard de l’exigence, comme un indéterminé hostile plus encore qu’étranger. » (in Le normal et le pathologique).
    Le système politique vise à circonscrire tout « indéterminé » groupal ou individuel, supposé nécessairement hostile, -virtuellement dangereux-. C’est ainsi que l’on est passé :
    – de l’histoire collective et individuelle à l’hérédité, et de celle-ci au déficit,
    -du milieu (familial, social), et pire de l’origine ethnique, à la déviance,
    -de la souffrance psychique au cerveau,
    -des dysfonctionnements cognitifs à l’inadaptation sociale, et de ceux-ci au handicap,
    -enfin dernier avatar de ces glissements sémantiques, scientifico-politiques, de la maladie mentale au crime.
    Selon cette logique, la politique de  santé mentale préconise, moins les soins et l’accompagnement (l’hospitalité), que la mise aux normes des comportements et des conduites. Il y aurait beaucoup à dire sur les subtilités discriminatoires du discours officiel lequel reprend à son compte le paradoxe contemporain, consistant à:
    -définir l’individu en termes déficitaires ou déviants,
    -prévoir des mesures compensatoires pour ses dysfonctionnements,
    -et en cas d’échec de celles-ci, à imposer  des mesures de rétorsions annulant son statut de victime, lié au handicap.
    Où l’on voit que la néo-ségrégation (malades mentaux = handicapés = victimes) peut s’inverser en ségrégation pure et simple (malades mentaux = criminels virtuels = coupables).
    Les méthodes de compensation (issues des psychotechnologies) sont de l’ordre du dressage humain dans les faits, mais empruntent au développement personnel, ses techniques comme son vocabulaire. Le dressage humain paraît ainsi plus soft, même s’il précède et complète une approche disciplinaire visant par la surveillance, l’exclusion ou l’enfermement à préserver la société de ses éléments virtuellement (supposés) nuisibles.
    Comme l’avait montré Freud dans Malaise dans la civilisation, la culture échoue à apporter le bonheur promis. Ni les progrès sociaux, ni ceux de la science, -ajoutons ni les réformes faites à la hâte et sans la concertation des citoyens-, ne parviennent à réguler les relations des hommes entre eux, pas plus qu’ils n’apaisent leur souffrance. Le pessimisme freudien est revigorant en ces temps d’illusionnement néolibéral dont l’envers, est aussi déshumanisant que  liberticide. Le point de vue freudien n’est pas défaitiste, plutôt lucide. Il met l’accent sur le rôle de l’agressivité et de la destructivité, inhérent à la civilisation. Les nouvelles mesures disciplinaires loin de tempérer l’agressivité et la destructivité, risquent de  les accentuer, voire de les déchaîner.
    La folie est toujours « une certaine façon de vivre ». La souffrance psychique, pour être inouïe dans le cas de la psychose, n’objecte pas à l’intelligence, à la créativité, et à la citoyenneté. L’humanité est faite de disparates. Comme le disait Montaigne : « Chaque homme porte la forme de l’humaine condition », forme singulière, non normative.

  5. Je réponds au dernier commentaire. Nombre de philosophes au cours des siècles, de psychiatres tels Heidegger par exemple, de psychanalystes dont Freud se sont penchés sur le problème de l'éducation. Freud disait qu'il était impossible de : "gouverner, soigner, éduquer". Il faut effectivement accepter le manque, renoncer à la toute-puissance de la gouvernance, du soin et de l'éducation. Les personnes en souffrance psychique ont un vécu, une Histoire qui ne se ressemblent pas et qui déterminent la difficulté présente. Il est intéressant de rappeler que beaucoup de personnes et d'enfants en pédopsychiatrie sont des victimes de la société dans laquelle ils vivent ; la prise en charge de ceux-ci doit être bien différente que les personnes atteintes de troubles mentaux persistants et récurrents (Ruffo). Il ne s'agit pas de dresser, de redresser, de rééduquer, des termes employés dans les centres asiatiques, russes à une époque et d'actualité dans des pays d'amérique du sud. L'écoute, l'échange, la thérapie, la prévention ne peuvent s'allier avec des dispositifs d'enfermement, de contrainte, d'exclusion. De plus comme dans le secteur social et éducatif, des lois existent antérieurement aux lois sécuritaires de sarkozy. Le pas allègrement pris par l'Etat Français de ne pas respecter les lois constitutionnelles ne sont que le reflet d'un mépris du genre humain.
    D'autre part, en tant qu'artiste et art-thérapeute, et en lien avec nombre de professionnels thérapeutes, je m'élève contre le mot "folie" qui n'a aucune terminologie objective et scientifique. Nous oeuvrons également pour que la créativité ne soit pas employée à tort et associée au mot sans substance de "folie".
    Le malade mental n'est pas dans la création ni la créativité. Nombre de centres hospitaliers disposent d'ateliers "peinture" gérés soit par des soignants "formés sur le tas", soit des artistes amateurs et le mot d'ordre dans la psychiatrie depuis les années 1070 (l'anti-psychiatrie), c'est "l'expression".
    "L'expression" n'a aucune dimension de soin ; ce n'est que l'étalage d'un quelconque reflet de la personne, parfois d'un mimétisme (des personnes qui font refaire à des malades mentaux des peintures d'artistes : de la copie ; à quoi cela sert ? …. à rien), rarement une projection qui peut donner du Sens et orienter vers une thérapeutique.
    Dans le cadre de l'art-thérapie dans le soin mental, ce que je mets en place avec des personnes diagnostiquées dans le registre de la psychose, c'est une méthodologie de travail qui ne base rien sur l'expression. Je ne recherche pas l'expression car l'expression de la psychose ne m'intéresse pas en tant que thérapeute ; une fois que nous savons ce qu'est la psychose chez un individu, quel intérêt à la montrer ?.
    Il s'agit plutôt d'un accompagnement thérapeutique (de signifiants) utilisant une dimension  artistique avec des outils de travail, des objectifs intermédiaires à réaliser, et, en lien avec une équipe de soignants et le médecin-psychiatre pour reprendre et verbaliser les contenus des séances.
    Il faut clore l'illusion de la créativité et de la création chez le malade mental qui me paraît être souvent le souhait du soignant et correspond à l'Histoire de la psychiatrie. Un mental, quelqu'il soit, névrose ou psychose, peut se soigner dans une prise en charge art-thérapie mais certainement pas dans la création et la créativité.
    Il faut rappeler, et je fais partie de ces artistes, que la véritable création ne passe que par la "domestication" de son don de la création, de la rationalisation de sa pensée et de son imaginaire pour aller vers la production, de l'approche et de la compréhension de ses pulsions créatrices qui peuvent trouver leur pendant dans le terme de libido. La créativité et le véritable créateur doit dominer cette source, demandant un mental construit, capable d'élaboration, de réflexion, de construction.
    Il est donc plus intéressant "d'accompagner" l'Autre dans une réalisation artistique vers un mode construit ; en fonction de la problématique ou de la maladie mentale, les indications sont différentes. Une grille 1) de positionnement 2) de méthodologie 3)d'observations 4)d'analyse doivent permettre de bilans intermédiaires en lien avec l'équipe de soins.
    Il faut à mon avis remettre du Sens en psychiatrie sur les conduites artistiques menées pour qu'elle soient réellement du soin, de la thérapeutique, et, pas seulement le plaisir béat des soignants et des soignés sous le mode de "l'expression à tout va"….. décharge, voyeurisme, jouissance, complaisance.
    Et quand l'indication thérapeutique de "l'expression" est utilisée dans le cadre des séances, c'est bien évidemment avec des modalités, des applications et des objectifs de travail à définir en amont.
    Mylène Hadelin   Art-thérapeute   (site en cours d'actu : http://www.mylene-hadelin.com

  6. Je suis assez choquée par vos propos. Je suis d'accord avec le fait qu'être malade ne suffit pas à être créatif, qu'on ne peut pas demander à tout le monde de l'être pour faire de l'art-thérapie.
    Par contre, dire qu'avoir une maladie mentale nous empêche d'être créatif, je ne suis pas d'accord. De nombreux exemples dans l'histoire nous le montre. Je connais des artistes de talents qui ont créé en étant malades, et qui commencent à être reconnus, en tant que peintre ou auteur, et pas en tant qu'artistes d'art brut, mais juste d'artistes, et qui continuent une oeuvre cohérente.
    Dire que ça ne sert à rien d'exprimer la psychose, je ne suis pas d'accord non plus. Une fois qu'on la connaît, dites-vous, mais vous savez après quinze ans de schizophrénie, je pense ne pas la connaître encore totalement. L'écriture m'a sauvée. Exprimer la psychose m'a sauvée, sans elle je crois que je serais tombée encore plus bas. Est-ce de la création? Je crois que oui, car si c'est vrai j'ai écrit ça sans relire une ligne, avec mes tripes, l'écriture était tout de même une façon de sublimer les choses. Et des années après, des gens s'y intéressent pour le côté littéraire. Pourquoi, parce que j'ai écrit ça en étant malade, est-ce que ça devrait avoir un statut moindre que quelqu'un qui a réfléchi, construit, relu, etc…?
    Pour revenir à l'expression de la psychose, le seul moyen qu'on a parfois de le faire est l'art. A 17, 18 ans, j'étais totalement incapable d'exprimer la psychose. Je ne pouvais le faire que par l'écriture. Cette incapacité à m'exprimer m'enfermait en moi-même, c'était vraiment très dur. Donc peut-être que les soignants savent ce qu'est la psychose, théoriquement, mais exprimer ce que nous vivons, que les mots médicaux expriment mal, est souvent vital. Tant pis si ça n'intéresse pas les soignants, mais sortir ça de soi, comme on peut, un petit peu, oui ça sert à quelque chose. Evidemment, ça ne veut pas dire qu'il faut faire de l'art-thérapie en disant "bon, vous allez exprimer votre psychose".
    J'ai fait des collages à un moment, pour éviter de m'automutiler. Ce n'était pas de l'art, loin de là, ça c'était juste de la thérapie. Par contre, écrire est la seule chose que j'ai jamais su faire, bien avant d'être malade. Et je considère que ce que j'ai écrit n'est pas à mettre sur le même pied que ces collages. Ce que j'écrit maintenant n'a pas plus de valeur parce que je vais mieux.
    Peut-être que je me trompe sur ce qu'est l'art, mais pour moi le plus important est ce que la personne met d'elle-même dedans. Bien sûr mettre de soi-même ne suffit pas à faire quelque chose de bien, mais ne rien y mettre encore moins. Et les psychotiques qui créent, car je reste certaine qu'il y en a, mettent énormément d'eux-même. En tout cas, moi j'ai écrit avec une sincérité totale, sans barrière, et c'est ça qui touche les gens qui me lisent (c'est eux qui me l'ont dit).

  7. PS: la psychose, j'essaye toujours de l'exprimer, depuis 15 ans, je l'ai fait des tas de fois, avec des tas de gens, par la parole, l'écriture, les collages, etc… Mais je n'y arrive jamais comme il faut, jamais. Il manque toujours quelque chose, les mots n'expriment pas la psychose, rien n'exprime la psychose exactement. Donc comment pouvez-vous doire "une fois qu'on la connaît"? Et ça sert de la montrer, parce qu'essayer de la montrer comme on peut, sans jamais y arriver vraiment, c'est essayer d'entrer en contact avec celui qui n'est pas psychotique, qui ne connaît pas ce monde inexprimable.
    Sur mes murs j'ai cette phrase d'un auteur de SF "Vous sur une rive, nous sur l'autre, nous resterons des étrangers". J'ai accepté cet état de fait, c'est comme ça, c'est l'inexorable solitude des psychotiques. Mais exprimer, montrer la psychose à quelqu'un qui n'est pas psychotique, d'autant plus un soignant, c'est essayer malgré tout de tendre le bras par-dessus la rive, parce que cette solitude, elle est radicale et douloureuse, et même si on sait qu'on ne s'en défera pas totalement, on veut essayer de la diminuer un peu.

  8. "Il faut rappeler, et je fais partie de ces artistes, que la véritable création ne passe que par la "domestication" de son don de la création, de la rationalisation de sa pensée et de son imaginaire pour aller vers la production, de l'approche et de la compréhension de ses pulsions créatrices qui peuvent trouver leur pendant dans le terme de libido. La créativité et le véritable créateur doit dominer cette source, demandant un mental construit, capable d'élaboration, de réflexion, de construction."
    pouah, quel horreur! Vous me permettrez de ne pas être de cet avis. Mais je vous rassure tout de suite je ne suis pas soignant, mais soigné. ceci explique peut-être cela.
    Heureusement vous êtes loin de faire l'unanimité. Suis-je un Rousseauiste je ne pense pas, je pense seulement qu'il n'y a pas qu'une création qui devrait être codifié, mais plusieurs créations et qu'il n'y a aucune raison d'en exclure une ou l'autre.
     

  9. Rarement j'ai lu choses aussi absurdes…
    "Il faut clore l'illusion de la créativité et de la création chez le malade mental qui me paraît être souvent le souhait du soignant et correspond à l'Histoire de la psychiatrie"
    Camille Claudel, Vincent Van Gogh, et bien sûr : Antonin Arthaud : aucune créativité chez ces malades mentaux qui s'exprimaient, de façon médiocre, comparés à vos talents d'artiste et d'art-thérapeute, chère Madame Hadelin…bien entendu.
    "Le malade mental n'est pas dans la création ni la créativité" : mais oui, bien entendu, on ne crée rien quand on est malade mental, ben voyons…heureusement qu'il y a des arts-thérapeutes comme vous pour nous le rappeler."
    "Il est donc plus intéressant "d'accompagner" l'Autre dans une réalisation artistique vers un mode construit ; en fonction de la problématique ou de la maladie mentale, les indications sont différentes. Une grille 1) de positionnement 2) de méthodologie 3)d'observations 4)d'analyse doivent permettre de bilans intermédiaires en lien avec l'équipe de soins."
    Oui, l'art avec des grilles, c'est tellement mieux !
    Bravo et merci encore pour ces formidables conseils qui déshonorent totalement la profession d'art thérapeute ainsi que les artistes malades mentaux, les fous créatifs, quoi…
    Je ne vous salue pas.

  10. L'art avec des grilles, pour moi ça n'a pas de sens. Au lycée, on nous faisait écrire des contes selon le schéma de Greimas, comme si ce schéma n'était pas venu après l'écriture pour y trouver quelque chose d'universel. A la fac, un prof nous faisait écrire aussi avec une grille. Je n'ai jamais écrit que d'instinct, comme ça me venait, et avec ses grilles je n'ai fait que des textes ridicules pour obtenir ma moyenne.
    Je ne suis pas contre les grilles, les analyses, tout ce qu'on veut, je suis diplomée en grilles d'analyse de textes, entre autre. Mais est-ce que je pleure en lisant Musset ou en l'analysant? Ce sont deux choses différentes. Un prof nous avait même dit que pour analyser un texte, peu importait ce qu'avait voulu dire l'auteur. Je n'ai pas trop compris sur le moment, mais il avait raison: il y a l'acte créateur, le moment de l'écriture, l'émotion de la lecture, et après il y a les analyses de textes, qui elles n'ont rien à voir avec l'art.
    On ne s'exprime pas à travers une grille. L'art est par essence quelque chose de libre qui n'a pas à être limité par une grille. Sinon, ça s'appelle un exercice.
    Et quand bien même pour vous l'art est la-dedans, on peut imaginer qu'il y a plusieurs façons de faire de l'art. Il y a des gens qui travaillent beaucoup, corrigent, refont, etc… et d'autres qui font les choses spontanément, directement. L'un n'exclut pas forcément meilleur que l'autre. Victor Hugo qui écrivait comme il respirait n'est pas moins un grand auteur que Flaubert qui passait des heures sur une phrase.

  11. Bon je reviens aux fondamentaux, Sarkozy et sa politique de santé mentale, bon en fait ce n'est pas une politique de santé mentale, c'est plutôt une politique répression mentale ce qui est normal quand on se considère le premier flic de France.
    J'ai donc contacté tous les députés de mon département. Vous pouvez faire de même en vous connectant à cette adresse :
    http://www.assemblee-nationale.fr/13/qui/circonscriptions/index.asp
    Surtout n'hésitait pas à en abuser, ils sont payés pour cela. Il faut surtout ajouter un petit mot pour personnaliser, sinon le mél a toutes les chances d'aller à la poubelle.

  12. Bonjour ; peu de temps pour répondre sur le débat ouvert "créativité" et "création" auprès des personnes atteintes de troubles mentaux et de psychose particulièrement. Mon livre "Comment on a voulu la tuer" mixe entre la réalité et la fiction (supports trouvés auprès des prises en charge de psychotiques) est à lire. Je ne change rien à ma méthode de travail puisque en tant qu'art-thérapeute, j'obtiens des résultats. Je comprends que pour des personnes schizophrènes ou psychotiques, ma position de thérapeute peut renvoyer des constats difficiles.
    Pour "la déraison de l'Etat" dans les lois sécuritaires, je reste solidaire ; étant à l'étranger, les personnes membres de l'UE considèrent de plus en plus l'Etat Sarkozy comme néo-fascisme ; les italiens l'assimilent à Berlusconi, c'est pour dire !! En Belgique, il n'y a pas de prison poujr les schizophrènes mais bien une hospitalisation puisque même dangereux, ils méritent avant tout des soins. Pour la Suisse, l'Etat Français est vécu comme une "démocrature" !
    Très rassurant l'image que la France peut avoir sur l'étranger ; les lois sécuritaires et particulièrement dans le domaine de la psychiatrie CHOQUENT.
    Mylène Hadelin- thérapeute-site actualisé cette semaine-www.mylene-hadelin.com- et blog

  13. Hadelin, il ne s'agit pas d'être renvoyés à des constats difficiles, personnellement je ne fais pas les mêmes constats. Je ne suis pas d'accord avec votre vision, c'est différent que de ne pas vouloir voir la réalité en face.

  14. Bonjour, 
    Je signe la pétition uniquement dans le but de faire avancer le débat. Je relaye également l'article par l'intermédiaire de mes comptes internet.
    La réponse apporté par le chef de l'état n'est certes pas la bonne, mais rester sur des acquis n'a jamais fais évoluer les choses. La science, ouvre de nouvelles approches aujourd'hui dans des maladies telles que la dépression et autres. Pourquoi n'en serait'il pas de même demain pour la schizophrénie
    Le fait que vous parliez des malades avec des qualificatifs tel que fous ou malades mentaux ne fait pas avancés non plus le sort des patients. Certains comportementalistes parlent aujourd'hui de symptômes mesurables et quantifiables. Ces approches ne sont peut-être pas les vôtres, mais leur terme stigmatisme quand moins le patient.
    Ce que je veux dire, c'est que rester figé sur des positions anciennes, ne fera pas avancer le débat. La recherche avance et nous promet de nouvelles molécules plus adéquate. De nouvelles pistes sont explorées dans le domaine de la recherche. Donc il conviendrait d'avoir de nouvelles approches, de nouvelles logiques, pour non plus aidé uniquement le patient dans le combat contre sa maladie, mais le laisser entrevoir, un retour effectif au sein de la société. Chose qui vous parait peut-être incongrue aujourd'hui mais qui sera la réalité d'un jour, peut-être plus proche qu'on ne le pense.
     


  15. Réponse à Mylène Hadelin
     
    Vous témoignez par votre réponse à mon commentaire que le prêt à penser (dans votre cas art-thérapeutique) est dans l’air du temps. On le respire à plein nez si bien qu’on ne se rend même plus compte qu’on est intoxiqué.
    Quelques remarques  au sujet de votre réponse.
    Concernant le mot « folie » , vous dites que c’est un mot « sans substance ». Ce mot suppose une notion commune (partagée par le plus grand nombre), englobant diverses acceptions . Si son usage pose différents problèmes, il a l’avantage d’être une notion (certes non stabilisée et qui évolue avec le temps), mais comprise par tous. De là, le titre Contes pour la folie (collectif des 39) plutôt que Contes pour la psychose ou celui choisi par Gérard Garouste pour son livre, L’intranquille, autoportrait d’un fils, d’un père, d’un fou, plutôt qu’Autoportrait d’un fils, d’un père, d’un bi-polaire
    Pour être « sans substance » le mot folie n’est pas sans attributs (ou qualités) par rapport au concept de normalité. Sur le versant de la négativité : altérité, hostilité, étrangeté, inadaptation ; sur celui de la positivité (romantique) : créativité, génie (saturnien), subjectivité libre. Pas sans histoire non plus. Foucault en a fait l’archéologie ( c.f. Histoire de la folie à l’âge classique).
    Concernant votre formule maladroite (Winnicott mal digéré ?), « le malade mental n’est pas dans la création, ni la créativité », il semble que vous n’échappez pas à la naïveté objectiviste et à son  langage du renfermement .
    Je ne défends pas le mythe romantique de la folie comme origine du génie et garantie de l’art, juste le fait qu’un artiste peut, dans certains cas, être un « sujet psychosé » (cela dit avec des guillemets et des pincettes), un fou comme Gérard de Nerval ou Antonin Artaud, un fou comme le dit Gérard Garouste de lui-même. Comme un sujet « malade psychique » peut être également un grand mathématicien (Cantor) ou un philosophe (Wittgenstein). Tous les malades ne sont pas des artistes ou des penseurs, pour autant ils ne sont pas interdits ni de sublimation, ni d’intelligence.
    Je vous invite à lire la correspondance d’Antonin Artaud et de Jacques Rivière. A. Artaud  y démontre une clairvoyance douloureuse quant aux progrès de sa maladie (très enseignante) et J. Rivière une compréhension aussi respectueuse qu’affectueuse. On n’y rencontre pas ces mots dématérialisés qui font florès dans le discours des experts modernes et que vous reprenez sans esprit critique (« terminologie objective et scientifique », précisez-vous, croyant ainsi vous remparder d’une autorité indiscutable).
    Vous êtes artiste, dites-vous. Tout artiste vrai est possédé par un désir un peu spécial qui le fait à l’occasion délirer, ou disait Proust « écrire dans une langue étrangère ». Le mot « délirer » vient du latin « délirare », s’écarter du sillon.
    Je vous engage à vous écarter un peu du sillon, pour votre bien, comme pour celui de vos « patients ».
     
    NB : extrait d’une lettre de J. Rivière à A. Artaud (6/06/1924) : «  Une âme physiologiquement atteinte. C’est un terrible héritage. Pourtant je cois que sous un certain rapport , sous le rapport de la clairvoyance, ce peut être aussi un privilège. Elle est le seul moyen que nous ayons de nous comprendre un peu, de nous voir, tout au moins. Qui ne connaît pas la dépression, qui ne se sent jamais l’âme entamée par le corps, envahie par sa faiblesse, est incapable d’apercevoir sur l ‘homme, aucune vérité ; il faut venir en dessous; il faut regarder l’envers,; il faut ne plus pouvoir bouger, ni espérer, ni croire, pour constater. (…) Ce doit être la consolation de ceux qui expérimentent ainsi à petits coups la mort qu’ils sont les seuls à savoir comment la vie est faite. » Et ci-après «  Bien entendu, la santé est le seul idéal admissible, le seul auquel ce que j’appelle un homme ait droit ; mais quand elle est donnée d’emblée dans un être , elle lui cache la moitié du monde »
     
     
     
     

  16. Je n'ai pas lu tous les commentaires, mais, seulement : y aurait-il l'utilité, quelque part dans ce dernier espoir d'éviter cette loi avilissante, d'une étudiante ayant "quasi" tout son temps pour informer ?
    J'informe là où je peux, mais ce n'est pas grand chose.

  17. Afin d'éviter cette loi avilissante, ainsi que d'autres lois qui vont à l'encontre du peuple, il n'y a qu'une Assemblée Constituante.
    L'Islande a ou va avoir sa Constituante,  la Tunisie va avoir sa  Constituante Tunisie | En route pour la deuxième République tunisienne
    N'attendez plus, et rejoignez nous sur le groupe de travail :  Groupe de travail sur une Assemblée Constituante
    Toutes les réformes qui sont prises à Bruxelles vont à l'encontre des peuples et vont être appliquées rapidement, il n'est pas question de laisser le secteur de la santé aux mains des marchés financiers.

  18. INJECTION DE FOLIE DOUCE POUR LA SOCIETE!!! RDV pour la manif le 15 mars à 16h00 devant l'Assemblée Nationale.

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