>Interne de Garde Et Contrainte

 

 

 

Trois portes verrouillées me séparent de la chambre d’isolement, de la chambre d’exclusion. Au sein même de ce lieu, lieu d’accueil de la folie, une frontière sépare les « fous ordinaires » des autres, les fous dits dangereux, ou potentiellement dangereux, ceux qui suscitent la peur parmi les soignants.

 

Dans cette zone de non droit, il suffit parfois de peu pour basculer de l’autre coté de la frontière.

L’organisation des soins prend une allure autoritaire. Un simple refus de traitement peut conduire à l’isolement, voire à la contention si la révolte est trop vive. 

En psychiatrie, la dangerosité supposée se mesure au nombre de portes qui sépare un patient du reste de l’institution. C’est notre échelle de la douleur à nous.

Des bruits de clefs, des portes qui s’ouvrent et se referment aussitôt. Toujours fermer les portes. Moi aussi j’ai des clefs, je suis l’interne de garde, une sorte de gardien de prison…

Dans la chambre d’isolement, dans la chambre d’exclusion, le patient est contenu, le patient est attaché. De la camisole de force à la « contention thérapeutique », seuls les mots ont changé, la violence, elle, reste la même. Une violence qui ne dit plus son nom. Les mots nous mentent. Ils nous donnent l’illusion que nos pratiques ont évolué, que le temps de l’asile est révolu. Des mots pour faire passer la pilule. «Soyez raisonnable » disent les soignants convaincus de la légitimité de leurs pratiques, « lorsque vous serez plus calme nous lèverons la contention. » Il faut entendre : Lorsque les médecins feront leur travail et que vous serez tassé par les neuroleptiques. Lorsque votre corps ne sera plus une menace pour nous, que nous n’aurons plus peur, nous vous détacherons.

Pour l’heure, dans la chambre d’exclusion, les soignants sont inquiets. Le montant du lit brisé sous l’assaut de la rage et du désespoir, menace, par son tranchant, l’intégrité corporelle du patient. Les soignants veulent le déplacer pour le protéger, car en ces lieux, on se soucie de prévenir les blessures corporelles, celles qui laissent des traces visibles. Le corps du patient attaché, ce corps qu’on veut préserver, est aussi ce corps menaçant, qui fait peur. Il ne sera déplacé qu’à condition que je le rendre inerte, inoffensif. C’est le rôle qui m’est assigné.

Le patient sait ce qui l’attend. Comme un condamné avant son exécution il formule un vœu, un dernier vœu, recouvrer sa dignité …enfin, un peu. Il macère dans ses urines depuis des heures, il voudrait juste prendre une douche, se changer.

« Pas question » rétorque l’infirmière armée de sa seringue, « nous verrons ça plus tard ». Elle aurait pu ajouter « si vous êtes sage ». C’est sans appel.

« Il l’a fait exprès pour qu’on le détache » me dira-t-elle plus tard.

Quel cynisme ! 

A-t-on seulement conscience que ce patient, ce malade, ce fou, est un homme ? Qui se soucie en cet instant de ce qu’il peut éprouver, de ces blessures invisibles que nous lui infligeons ?

Je suis au chevet de cet homme, trop près diront certains, je lui parle, j’essaye de le rassurer. Comment pourrais-je l’apaiser alors que je suis moi-même horrifiée par cette scène ! Ma bienveillance à son égard est dérisoire…j’en suis douloureusement consciente.

En cet instant, je me sens écrasée par ce monstre sans âme qu’est devenue la machine institutionnelle.

Désemparée, je cherche du regard de l’aide parmi les soignants, mais en vain. Leurs visages sont fermés, ma détresse, pas plus que celle du patient, n’est entendue. J’éprouve la violence de son isolement. 

Nous sommes encerclés par les renforts. Cette milice toute puissante semble jouir de sa force. Place à l’intimidation…ils sont là pour mater la rébellion.

Le patient est sommé de se soumettre, d’accepter sans résister l’injection qui le rendra, pour un temps inoffensif.

Ses plaintes se muent en sanglots, puis en rage lorsqu’un infirmier qu’il ne connaît pas s’adresse à lui d’un ton condescendant en lui tapotant sur la tête.

Sa révolte est perçue comme une preuve ultime de sa violence, justifiant ainsi le traitement qui lui est réservé.

L’homme finit par se soumettre. Comment aurait-il pu en être autrement. La camisole chimique prendra momentanément le relais de la camisole de force afin que son corps inanimé soit déplacé sans peur. La peur, ce fléau de l’institution.

Combien de jours, combien de semaines cet homme restera-t-il attaché, je l’ignore. Mais pour avoir vécu ça en d’autres lieux, pour avoir vu la nécrose s’emparer de ces corps mortifiés, je sais à quel point l’aveuglement des hommes peut les rendre cruels.

Je suis furieuse qu’on maltraite un homme avec tant d’indifférence. Furieuse d’être le témoin impuissant, mais non moins complice de cette barbarie.

Les infirmiers, surpris par mon indignation et par les larmes que je peine à contenir, m’écoutent avec complaisance, mais ne m’entendent pas. Ils n’entendent pas sa souffrance à travers moi. 

Les murailles défensives qu’ils ont élevées pour se préserver les coupent de leur humanité, sans cela, comment supporteraient-ils d’infliger à un homme un tel traitement ?

« Contention thérapeutique ». Attacher pour soigner, quel paradoxe !! Qui a dit qu’attacher un homme comme un chien enragé pouvait le soulager de sa souffrance ? 

Le plus terrifiant pour moi, c’est que, durant ma courte mais édifiante expérience d’interne en psychiatrie, je n’ai jamais entendu quiconque remettre en question la légitimité de cette pratique. Pourtant, les dérives sont quotidiennes : de la contention préventive à la contention comme châtiment, en passant par la contention comme moyen de maîtriser les patients « turbulents »  dont on n’a pas le temps de s’occuper, qui font désordre dans l’institution.

Nos patients ne sont-ils pas suffisamment malmenés par cette société ?

N’est-on pas censé accueillir leur souffrance quelle que soit la forme qu’elle revêt ? Ne doit-on pas les restaurer dans leur dignité, plutôt que relayer un discours politique et médiatique scandaleux, qui les désigne comme des criminels dangereux ? 

Je refuse d’être un agent au service de la prévention de la dangerosité. Je refuse de voir en chacun de mes patients un criminel potentiel. Et pourtant j’étais là, entourée d’une garde renforcée déployée autour de moi parce qu’on prêtait à cet homme des intentions violentes.

Q’en est-il de la violence que nous lui faisons subir à lui, et à tant d’autres, au nom du principe de précaution ! Aurions nous le monopole de la violence ?

Les passages à l’acte de certains patients ne sont-ils pas le reflet de notre toute puissance, induits par le climat de suspicion et  d’insécurité qui s’est insinué dans nos institutions ?  

La contention préventive est régie par les mêmes principes que la rétention de sûreté. Et en laissant ces principes infiltrer nos pratiques, dans cet espace d’accueil de la différence, nous trahissons l’essence même de nos fonctions.

La transformation de l’institution psychiatrique en univers carcéral, bien qu’elle ait été officialisée il y’a quelques mois, se prépare depuis bien longtemps.

C’est l’aboutissement d’une volonté politique, enfin affichée, qui tend, depuis des années, à instrumentaliser les soins psychiques à des fins normatives et répressives. A faire de nous, soignants, des outils du contrôle social, mis en demeure, par les plus hautes autorités, de réduire la folie au silence.

La protocolisation des soins en psychiatrie, qui tend à se généraliser, est l’une des armes redoutables visant à nous soumettre.

Le protocole tue la pensée. Il nous enferme dans une technicité déshumanisante qui exclut toute dimension subjectale. Plus de place pour la rencontre essentielle  de l’autre, pour l’imprévu, pour la création dans toute sa dimension soignante.

Pas de discussion possible. Un protocole, ça ne se discute pas, ça s’applique ! Le protocole est la matérialisation de la pensée unique, il tue l’esprit libre.

L’institution psychiatrique est en souffrance. Les soignants sont usés par les maltraitances administratives. Ils sont acculés par des tâches bureaucratiques ingrates censées rendre compte de la qualité des soins au détriment même des soins. La réduction des effectifs infirmiers rend impossible l’accomplissement des soins dans toute la dimension transférentielle que cela requière. 

Les temps d’échanges et d’élaboration se réduisent comme peau de chagrin laissant les soignants désemparés dans une institution que la pensée a désertée. Leur isolement et leur détresse croissante renforcent leur sentiment d’insécurité, et par là même, le cercle vicieux des violences institutionnelles. Les valeurs si riches du travail collectif sont abandonnées au profit d’un cloisonnement des tâches et des fonctions, aboutissant aux clivages que l’on connaît dans les équipes.

Le travail à la chaîne remplace la création, dans une institution psychiatrique transformée en usine de traitement des déchets.

A l’aire de la « santé mentale », le sujet est réduit à des dysfonctionnements neurobiologiques, nié dans sa singularité, dans sa complexité. Il est sommé de taire sa souffrance, au risque d’être relégué au rang des incurables, des handicapés comme on les appelle maintenant. Encore une manière sournoise d’inscrire la souffrance dans le corps, sous l’angle de la défaillance.

Quand aux jeunes internes, victimes, pour la plupart, d’une rupture de transmission, soumis au discours dominant réducteur, ils n’ont désormais pour références que le DSM IV et le vidal. Dressés à chasser les symptômes, ils revendiquent fièrement leur statut de « médecins comme les autres », et se retranchent derrière leurs blouses blanches et leurs bureaux en n’ayant pas conscience qu’ils sont eux même un symptôme. Symptôme d’une société déshumanisée qui chasse les spectres en tous genres, et refuse d’admettre qu’elle produit le mal qui la ronge.

N’a-t-on pas entendu des internes en psychiatrie suggérer que des cours de self-défense soient intégrés à notre formation ? « Pour maîtriser nos patients sans leur faire de mal » disaient-ils ! 

On pourrait se munir de bombes lacrymogènes tant qu’on y est, ou de pistolets à décharges électriques…ça ne ferait jamais qu’une décharge de plus !

La réalité dépasse parfois la fiction ! Des murs surmontés de barbelés, des chambres d’isolement «dernier cri », des caméras de surveillance, des bracelets électroniques en guise de lien thérapeutique, c’est ce que l’avenir nous réserve si nous ne réagissons pas. Ne manqueront plus que les sentinelles…mais qui sait…la paranoïa est de rigueur.

Le projet de soins ambulatoires sous contrainte nous réserve également un avenir bien sombre ! Nos patients seront fichés et traqués sans merci, ils devront pointer aux CMP comme des criminels en sursis au risque de se voir dénoncés puis enfermés. La collaboration médico-policière a de beaux jours devant elle ! 

Prêts pour le grand nettoyage ?

Les hommes n’ont-ils toujours rien retenu de l’histoire ? Ont-ils oublié où la soumission et la collaboration pouvaient mener !

Combien de temps encore fermerons nous les yeux sur ces dérives ?

Nous devons mettre un terme à cette escalade, refuser de nous laisser instrumentaliser, refuser la mise à mort des soins psychiques.

Notre richesse réside dans la singularité de nos pratiques, puisons notre force dans la mise en commun de nos expériences. Nous devons recréer du collectif, de l’hétérogène, des espaces d’élaboration pour résister aux consensus qui écrasent la pensée.

Nous avons les moyens et le devoir d’empêcher le pire. La psychiatrie a toujours été, et sera toujours menacée de dérives idéologiques. C’est en questionnant perpétuellement nos pratiques, en redevenant subversifs que nous échapperons à l’enfermement.

Je voulais témoigner de mon expérience au singulier parce que c’est la singularité même qui est menacée par le rouleau compresseur de cette politique normative.

Parce que cette machine infernale menace de broyer sur son passage tous ceux qui s’écarteront de cette norme absurde.

Parce que nos patients, symboles malgré eux de l’insoumission et du hors norme, sont en première ligne face à cette entreprise d’épuration.

Je voudrais témoigner de mon espoir au pluriel, parce que c’est d’une révolte collective que cet espoir est né.

Parce que des voix se sont élevées parmi les soignants pour dénoncer la violence institutionnelle érigée en modèle.

Parce que je suis sortie de cet isolement mortifère, déterminée à me battre aux  cotés de ces hommes et ces femmes pour réinstaurer la parole comme acte fondateur du soin, et de la relation soignant

 

Mounia Terki

Interne en Psychiatrie

 

Texte présenté aussi au Forum de la Nuit Sécuritaire au Colloque Europsy d’octobre 2009.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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29 réflexions sur « >Interne de Garde Et Contrainte »

  1. Merci pour ce texte.
    Enfin quelqu'un qui ne se cache pas derrière les chambres de soins intensifs et les contentions thérapeutiques. Ces mots, je les déteste, je les trouve même carrément pervers, niant la souffrance de celui qui subit ça, lui faisant comprendre que c'est pour son bien que comme toujours il ne comprend pas, et surtout servant à ceux qui ont eu un jour la vocation de soigner et sont devenus maltraitants à garder bonne conscience.
    Dans le documentaire sur Sainte-Anne, une interne attache une jeune fille parce qu'elle ne veut pas mettre son uniforme (grave pathologie!!), celle-ci lui dit "mais pourquoi me faites-vous ça? mettez-vous à la place" et l'interne répond "vous, mettez-vous à ma place, je dois vous protéger". Dans ma tête, je lui ai fait dix fois la réponse que ne lui a pas fait la jeune fille, que je n'aurais pas pu faire non plus dans cette situation:
    Mais jamais je ne mettrai à votre place, je préfère la mienne, je préfère ma place de jeune fille angoissée à l'extrême qui se fait attacher sans pitié, je préfère cela à l'insensibilité, au pouvoir que vous vous donnez, à l'indifférence devant la souffrance des autres, à la maltraitance que vous justifiez n'importe comment, parce que si un jour vous ouvrez les yeux devant le mal que vous avez fait, non vraiment je ne voudrais pas être à votre place ce jour-là. Piétinez les autres, les regardez souffrir, appeler à l'aider et les achever, je ne veux pas de cette place. Et si vous n'ouvrez jamais les yeux, peut-être est-ce pire, et je ne veux pas de cette place de bourreau qui se donne bonne conscience, je préfère ma souffrance.
    Et après ça on nous accuse de ne pas vouloir nous soigner quand on refuse d'être hospitalisé. Non, on veut juste ne pas en rajouter à notre souffrance, qui est bien assez grande comme ça.

  2. Merci pour ce texte, c'est tout ce qu'on aimerait entendre.
    Malheureusement minoritaire.
    Enfin ça fait tout de même du bien à entendre, au moins ça existe!

  3. Pour ajouter qu'un autre modèle est possible,
    mon ex femme est tombée malade en Norvège
    Alors qu'en France elle est systématiquement mise en chambre d'isolement
    jamais, cela n'a été fait en Norvège et on la laissait sortir sous la surveillance d'une infirmièr(e).
    Tout c'est très bien passé.
    A noter qu'elle est chambre d'isolement pas parce que violente uniquement parce que dérangeante à tout bout de champs.

  4. Ce qui me frappe, c'est que l'endroit où on a le moins le droit d'être fou, c'est l'HP. D'ailleurs on n'a même pas le droit d'avoir des émotions normales, c'est à peu près aussi dangereux que d'exprimer ses symptômes. Par danger, j'entends évidemment isolement et contention.
    Quelqu'un est dérangeant? Hop, à l'isolement. Car comme chacun sait, les malades mentaux ne doivent déranger personne et surtout pas ceux censés les soigner.
    Une jeune fille a expliqué sur mon blog qu'elle avai été isolée et attachée pour avoir vomi. Une anorexique qui se fait vomir? Mais quelle horreur, voilà un comportement totalement incongru en psychiatrie! Et sans doute on se persuade que c'est thérapeutique, c'est vrai, quoi, elle ne vomit plus. C'est à peu près aussi subtil que d'amputer le pied de quelqu'un qui a un ongle incarné pour l'empêcher de souffrir, et les conséquences sont souvent aussi graves même si moins visible, mais visiblement il y en a qui s'en accomodent très bien.

  5. Merci beaucoup pour cet article. ça fait plaisir d'entendre un futur psychiatre parler comme cela et partir avec ces idées là dans la tête. Moi j'ai subit la contention avec des infirmiers chien de garde armoire à glace et pourtant je n'avais tapé ni tué personne.  J'en ai fait des cauchemards pendant longtemps et malheureusement l'hôpital est plus souvent un lieu où l'on se sent maltraité qu'accueilli, que rassuré et où l'on puisse souffler un peu. Je suis d'accord avec la philosophie de ce site plus on développe de l'attention et du respect pour nous mieux ça va et mieux on évolue, mieux on vit avec nos troubles, moins on recule le moment d se faire prendre en charge. J'ai appris qu'il existe en ce moment un étude de médecine qui a pour sujet la contention : espérons que ces conclusions nous apportent un peu plus d'humanité. 

  6. Encore faudrait-il que cette étude soit bien diffusée, et contre la contention!
    Quand on feuillette les livres pour les étudiants en psychiatrie, ceux qui font partie de séries avec un volume pour chaque spécialité, ceux sur la psychiatrie sont assez effarants. Il y a des chapitres sur la contention, où explique sans états d'âme ni réflexion comment attraper les patients, un infirmier par membre, comment l'attacher, quelles sortes de contention existent, etc… On explique ça comme on explique comment faire une prise de sang, pas de problème éthique en vue. A côté de ça, il existe aussi des manuels de self-défense pour les soignants.

  7. Laurence…" Les hommes n’ont-ils toujours rien retenu de l’histoire ? Ont-ils oublié où la soumission et la collaboration pouvaient mener !"
    behemothe …Alors qu'en France elle est systématiquement mise en chambre d'isolement
    La France est un pays hors normes …hors tout……toutes les instances internationales la condamnent régulièrement…comment est ce possible…???de la part du pays des soit disant droits de l'homme…soit disante démocratie… exemplaire…à exporter…!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
    L'histoire de la France démontre que la France n'a jamais été et n'a jamais voulu être une vraie démocrartie, sinon pourquoi aurait elle gardé tant de lois anti démocratique, dont une qui fait même de rumeurs de ragots… appelé pour la cause… LA NOTORIETE PUBLIQUE des preuves irréfutables pour vous interner en HO….et ceci depuis napoléon 1, avec l'article L-3213-2
    Laurence…."…qui ont eu un jour la vocation de soigner et sont devenus maltraitants à garder bonne conscience…."..
    Laurence…des soignants de se genres, qui ont perdu tout contrôle d'eux même le font car ils savent que les autorités genre préfet (1) les couvrent…Il suffit de constater ce que se permettent les policiers ripoux qui ne se gênent même pas de manifester leur droit à être des ripoux …sous les encouragements et félicitations de préfets et de leur ministre…et du chef de l'état muet pendant plusieurs jours…
    J'espère que le jour est proche, où toutes les racailles du et des gouvernements, les racailles au sein de toutes les institutions (ex. préfectoral), les politicards… seront amenées à passer à la caisse puis direction les geôles
    (1) les préfets chapotent tout et tous, même que des magistrats et des avocats se laissent intimider par la puissance de l'autorité d'un préfet…. Ne pas oublier qu'un préfet n'a pas à respecter les lois, mais à faire ce que son seul maître lui dicte… qui n'est d'autre que le président de la république.
    Jean-Luc LUMEN
    victime de véreux sans scrupules (maire, gendarmes, préfet, magistrats)

  8. Les préfets sont sous les ordres du ministre de l'intérieur
    soit Hortefeux, doublement condamné, pour racisme et déni de la présomption d'innocence ce qui commence à faire beaucoup pour un seul ministre. Mais à cela on peut rajouter pèle mêle une directive discriminatoire contre les Rroms, la critique d'une décision de justice qui condamne des policiers qui ont fait un faux rapport pouvant entrainer une peine de détention à perpétuité.
    Ce n'est plus un ministre de l'intérieur que l'on a mais un dangereux récidiviste qu'il serait temps d'évacuer rapidement.

  9. S'il vous plaît…
    Autant je comprends et partage ces mouvements d'indignation qui vous animent face à ce qui apparaît comme la violence des pratiques de contention, autant je m'inquiète de voir, lire, qu'elle (la violence) se répercute dans un manque de discernement qui viendra opposer, sans craindre la caricature, les infirmiers bestiaux et armoires à glace (concrètement, c'est la portion congrue des personnels des HP) aux bons internes soucieux d'écouter, prendre soin etc… On pourra à l'inverse vous rapporter à l'envi des situations opposées d'infirmier(es) qui se désespèrent d'être de moins en moins disponibles pour faire leur boulot et contribuer aux soins psychiques, et qui se désolent tout autant de voir des internes et médecins psychiatriques qui n'ont parfois plus grande idée de ce dont il s'agit sans parler de travail institutionnel réel…
    On a plus intérêt, les uns et les autres, à se poser la question de ce qui rend les rencontres humaines si difficiles, douloureuses et torturées parfois qu'elles entraînent justement, à des pratiques d'exclusion et de refus de l'autre, et là on est tous concernés, patients inclus, puisque jusqu'à preuve du contraire on partage la même humanité. Enfin ça j'y tiens.

  10. Quand je dis soignants devenus maltraitants, je ne parle pas des infirmiers en général. Je parle des infirmiers, des psychiatres, des aide-soignants qui font leur métier de cette façon. Et je sais qu'il y en a qui le font autrement, heureusement. Il ne s'agit pas pour moi d'opposer des catégories de personnes.
    Simplement, c'est vrai que je m'interroge particulièrement sur la motivation des IDE. Je comprends pourquoi certains psychiatres sont froids et se fichent de faire du mal, j'en ai eu un comme ça, il a fini en prison pour abus sexuels sur patientes. Pour moi, ce sont des gens qui ont fait médecine pour le prestige et psychiatrie pour ne pas se salir les mains dans le sang. Mais les IDE? Il y a ceux qui aiment la psychiatrie, qui le font bien, j'en ai déjà parlé, notamment sur le site des cahiers pour la folie ou sur mon blog. Mais ceux qui sont visiblement inensibles à la souffrance de leurs patients, qui trouvent normal de les attacher, des les isoler, quel est leur intérêt à travailler en psy? Les infirmiers claquent des doigts et trouvent un travail, donc pourquoi rester en psy quand on n'y comprend rien? Ces gens ont bien eu un jour l'envie de soigner, d'aider, puisqu'ils sont devenus infirmiers. Pourquoi ils en sont arrivés là, je peux encore arriver à le comprendre, le poids de l'institution, l'habitude, la facilité. Mais pourquoi ils y restent? Ca me dépasse. Quelle satisfaction a-t-on à aller travailler le matin quand on finit par faire du mal au lieu d'aider? A enfoncer des gens qui souffrent? A ne plus voir leur souffrance?
    Je sais que les relations humaines sont difficiles, je travaille dans le commerce. Mais si on devait attacher les gens pour les raisons pour lesquelles on les attache parfois (souvent?) en psy, on ne ferait que ça! Il n'y a pas qu'en psychiatrie que les relations humaines sont compliquées. Je me suis déjà fait traiter de pute, de connasse et même menacer de me faire casser la gueule parce que je fermais simplement le magasin. Mais en psy on a des solutions de facilités pour faire taire les gens qui sont intolérables. Comme je l'ai dit, on ne tolère plus des fous le quart de ce qu'on tolère chez les autres. Quand j'ai des conflits avec des clients, ça me mine, et ce sont les relations d'échange qui font l'intérêt de mon métier. Donc, quand on est tout le temps dans le pouvoir, voire l'abus de pouvoir, comment être satisfait de ce qu'on fait?
    Et quand bien même j'ai un conflit avec un client, il râlera en sourdine ou m'insultera, mais il n'en fera pas des cauchemars pendant des années. Il faut quand même penser qu'en psy on a devant soi des gens qu'on peut sérieusement abîmer, c'est la base du métier, non? Et c'est surtout ce qui en fait la richesse, de pouvoir les aider vraiment.
    Pour que les choses soient claires, je répète que je condamne ces comportements parce que je sais tout le bien que peut faire la psychiatrie. Ca me désole, le mot est faible, de voir ça alors que je sais qu'on peut aider les psychotiques quand on s'en donne les moyens.
    Pour preuve, je refais une petite dédicace à Adela qui m'a juste pris la main et est venue me dire à demain à la fin de son service, dans un HP déshumanisant qui m'a filé deux ans de cauchemars. Je n'oublierai jamais ces deux simples gestes, je lui en serai toujours reconnaissante.

  11. Oui, j'entends bien vos remarques, Laurence. Mon commentaire s'adressait beaucoup à M. Terki qui fustige le cynisme et l'indifférence de la milice des soignants, essentiellement infirmiers.J'ai entendu récemment un médecin psy s'adresser à des soignants désespérés face à leur impuissance devant une patiente anorexique qui flirtait avec les 30 kgs et un pronostic vital plutôt mal engagé. Face à leur désarroi clairement exprimé il leur fut rétorqué que les "anorexiques" meurent parfois à l'HP et que c'est comme ça. Un peu court, non ? Mais je ne souhaite pas pour autant rentrer dans ce cycle d'accusation qui tendrait à dresser les uns contre les autres, je me dis simplement, pour réagir à l'article, que je ne connais pas beaucoup de soignants qui ne soient passés par un tel type d'indignation accusatrice des "autres". Le collègue qui fait mal son boulot, le médecin qui, l'infirmier qui etc… Après ce premier mouvement (ou avec) on peut parfois aussi se mettre à questionner, progressivement, ce qu'il en est de ses propres zones de cécité et d'intolérance, et là, croyez moi, c'est une autre paire de manches et c'est là aussi que ça commence à travailler, et c'est sans fin.

  12. behemothe...Non…les préfet n'ont qu'un chef …le président de la république, administrativement ils sont rattachés au ministère de l'intérieur
    jacquesdt…"…se répercute dans un manque de discernement..."…non comme pour les policiers ripoux …il y a un très grand discernement puisque ne sont concerné que les ripoux et pourritures.
    Dans le cas des policiers qui ont manifestés…ce n'était que des ripoux, qui d'ailleurs devraient être virés de la police…mais qu'attendre d'un ministre et d'un président ripoux.

    de plus je dirais que tous les politiciens qui ont soutenus les ripoux devraient perdre leurs droits civiques

    "..On a plus intérêt, les uns et les autres, à se poser la question de ce qui rend les rencontres humaines si difficiles,…"…la situation n'a fait qu'empirer depuis qu'un  certain Sarközy a mis les pieds au ministère de l'intérieur, se type est un très grave trouble à l'ordre publique
    "puisque jusqu'à preuve du contraire on partage la même humanité. Enfin ça j'y tiens."...nous partageons la même planète…mais pas la même humanité
    Heureusement qu'il y a encore de bons soignants (du haut au bas de l'échelle), car  il faut se dire que ce ne sont pas les pourritures qui ont manifester ou qui ont signés la pétition …les mauvais soignants (du haut au bas de l'échelle) ne font que profiter du système et ne font pas parti de…lisez ci-dessous…ceci concerne toutes les institutions.

    Extrait concernant le teste de Stanley Milgram
    "Il semble donc que l'espoir repose et continue de reposer sur la présence d'individus ou de groupes oeuvrant sans arrêt à dénoncer les abus et l'injustice, afin de servir de contrepoids aux tendances à l'apathie et à la soumission, qui caractérisent la majorité. à méditer

    http://www.psychoweb.fr/articles/psychologie-sociale/218-torture-et-obeissance-soumission-a-l-autorite-stanley-mi.html
     
    Jean-Luc LUMEN

  13.  
    Merci pour ce témoignage cela fait du bien de se sentir soutenue par d'autres dans cette révolte face au quotidien de ce qu'est devenu notre travail en psychiatrie. Moi même psychologue clinicienne, je n'ai pas eu l'autorisation d'aller voir en chambre d'isolement un patient que je connaissais bien. Au nom d'un fonctionnement, de protocoles de plus en plus déshumanisants, de peurs sans solutions, au nom de la sécurité, des patients sont enfermés, isolés, livrés aux injonctions féroces des voix qui les envahissent sans aucune médiation. Aller les voir ? leur parler ? Cela mettrait le traitement en péril, cette coupure est présenté comme salutaire…"Cela permettrait au patient de se poser" … Alors quelle humanité ? Nous qui avons passé notre vie à défendre le tissage du lien …La parole est devenue dangereuse, l'écoute perturbante, laissons les médicaments agir … La sécurité… Les infirmiers contraints à mettre des gants pour recevoir les patients en crise …De quoi les protègent-ils ? La Police appelée au sein des pavillons quand un patient devient trop violent ! Face à des soignants sans formation, la Peur règne. Je me sens de plus en plus en isolée, enfermée face à un système aveugle où chacun devient un rouage d'une machine à broyer… Il me reste encore des années avant la retraite, j'aime mon travail mais comment lutter quand il ne m'est plus permis de le faire ? Elle est loin la thérapie institutionnelle… Des formation stupides en 3 jours sont même proposées pour "Gérer" la violence… Voilà, je suis assez démoralisée vous lire est un véritable réconfort. Arriverons nous à nous faire entendre ou nos patients finiront-ils tous enfermés derrière des barreaux derniers remparts pour la sécurité absolue ?

  14. C'est sans fin, c'est ce que je me suis dit avant de lire le votre. Oui, je le sais, parce que je le fais aussi dans mon métier, c'est dur de se confronter aux gens, et c'est vrai il y a des emmerdeurs, des gens grossiers, violents, méprisants, etc… et parfois on réagit mal, et encore pire, on réagit mal avec la personne qui suit l'emmerdeur et qui n'en peut rien. Disons que quand on n'a pas de CI et de contentions, on est bien obligés de réfléchir autrement. Et en psychiatrie, il faut en plus réfléchir sur la psychose, entre autre, sur des choses incompréhensibles à la base pour des gens "normaux". C'est vrai, c'est long et exigeant, et pas à la portée de tout le monde, mais tellement plus intéressant. Et surtout il ne faut pas se dire "c'est comme ça", parce que sinon on devient un robot. Je sais qu'il est très dur de trouver une juste proximité ou distance avec les gens, j'ai travaillé avec des enfants en difficulté quant j'étais plus jeune, et quand l'un d'eux pleurait dans mes bras, je peurais aussi (en le cachant, mais quand même), ce qui n'aide personne. Mais j'ai l'impression que si on se protège trop, on devient insensible, et c'est pire.
    C'est un métier très exigeant, et j'admire ceux qui le font bien. Moi j'avoue qu'une vieille dame à qui je dois répèter 15 fois la même chose, ça me fatigue vite, même si j'essaye de ne pas le montrer. Mais je ne travaille pas en gériatrie, je ne pourrais pas. Je crois qu'il faut savoir ce qu'on veut faire, ce qu'on peut faire. Si on ne peut pas aider une patiente qui vomit autrement qu'en l'attachant, on change de métier. Si on se fout de la gueule d'une patiente qui veut aller fumer une clope en lui disant qu'elle n'a qu'à y aller sans pull, qu'elle fumera plus vite, pareil, on fait autre chose, gardien de prison par exemple. Et encore, non, je suis tout aussi scandalisée par les conditions de détention.
    Peut-être qu'il faudrait organiser un grand congrès national, pour que tous les soignants réflechissent sur ces pratiques, avec les patients,que tout le monde puissent savoir qu'on a fait autrement et qu'on fait encore autrement, et qu'en plus c'est plus efficace., et qu'on recommence tout d'une autre façon. Parce que j'imagine qu'un jeune infirmier qui n'a lu que les livres dont je parlais et n'a vu qu'un service de ce genre prend ça pour une fatalité. On devrait plutôt leur faire lire Paumelle. Bon, mais la je m'égare, je rêve un peu trop.
    Je prépare un livre avec un infirmier, qui va raconter l'histoire de son service, passé du vieil asile à un service ouvert, communautaire, sans CI, sans contention, avec des chiens dont s'occupent les malades, des psychotiques non stabilisés. Je lui ai dit je suppose que la violence a diminué maintenant qu'on traite bien les gens? Eh bien, non, elle n'a pas diminué, elle a disparu!! Bien sûr, il y a des éclats de voix, et parfois des insultes, mais comme partout, non? Et on peut gérer ça dans la vie, alors pourquoi pas à l'HP?
    Donc dites à Sarko qu'il faut confier des bergers allemands aux schizophrènes au lieu de les attacher, c'est ça qui fait disparaître la violence! Et en plus les patients vont mieux.

  15.  
    La chambre
    La chambre donnait sur une porte fermée nuit et jour. La vitre était opaque et donnait sur la liberté…
    Sur les murs, il ne restait que la colle d'un papier peint arraché. Le lit était scellé et l'unique meuble se résumait en un pot de chambre garni d'un couvercle sur lequel, je jouais du tam tam. Il y faisait froid et je m'y réchauffais en faisant des Katas imaginaires et qui me faisaient perdre le souffle…
     
    La journée était entrecoupée des trois repas et le meilleur moment était le matin, où j'avais le droit de me laver et donc de sortir à la douche, et enfin, de fumer une seule cigarette sur laquelle je tirais des bouffées de bonheur. Puis l'infirmier refermait la porte et l'enfer recommençait jusqu'au repas du midi où la porte s'ouvrait à une heure dont je n'avais aucune idée et qui me donnait l'impression que j'allais exploser…
     
    Les jours passaient et je me voyais enfermé dans cette chambre d'isolement pour l'éternité…Un système d'aération qui produisait une soufflerie me mettait les nerfs à vif…
     
    Le médecin passait me voir quand il en avait le temps et je lui suppliais de sortir de cette enfermement… Cela dura pratiquement deux mois…
     
    Quand j'en suis sorti, je pesais 45 kg…
     
    Et je chantais sans cesse cette chanson des années 7O de Béranger : "vous n'aurez pas ma fleur, celle qui me pousse à l'intérieur

  16. C'est vrai que les chambres d'isolements sont de plus en plus "remplies" du fait d'un manque de personnels "expérimentés" et tout simplement d'un manque croissant de personnel .Je sais aussi qu'une personne en souffrance psychique très hallucinée peut être dangereuse car terrorisée ,je me demande d'ailleurs toujours comment ils nous perçoivent .Je suis infirmier de secteur psychiatrique depuis 23 ans et je ne compte pas le nombre de coups que j'ais pu recevoir ,sans doute par une mauvaise évaluation de la distance ,d'une tentative d'étranglement a laquelle j'ais pu m'échapper in extrémis grâce a un collègue ,d'un patient qui m'agressait chaque jour pour récupérer un bout de"tête" que je lui avais volé (il n'était pas en CSI ). On ne parle jamais de mes collègues agressé a l'arme blanche par de vrais psychopathes ,d'un autre qui s'était fait couper son circuit de frein sur sa voiture …et malgré tout je ne suis pas pour la mise en CSI de manière systématique ,alors imaginez un service de 25 patients avec en tout et pour tout 2 infirmiers et 1 aide soignant ,vous êtes la pour 8h ,35h par semaine ,vous avez 2 patient hallucinés avec des troubles du comportement (exibitionisme ,agressivité ….) vous faites quoi ?merde ,on est toujours les pieds dans la souffrance psychique et vous parlez des infirmiers "armoires a glace " ,"fermés","cyniques" .On a en plus de plus en plus de justificatifs a remplir ,les jeunes diplomés ont eu 9h d'apport théorique sur la psychiatrie en 3 ans … Le problème c'est qu'avec ce rouleau compresseur économique et le lobby des labos ,un service de psychiatrie est un service ou il ne se passe plus rien ,une ancienne collègues me disait "que ça se passe bien ou mal ,du moment qu'il se passe quelque chose " et bien voila on a plus les moyens qu'ils se passe quelque chose et plutôt que de vous lamenter ,agissez BON DIEU !!! 

  17. Oui, oui la composante économique ne peut pas être nier pas plus que la composante politique qui est dans le tout répressif quelque soit les causes car c'est idéologique. Une idéologie qui s'applique à toute la société, pas qu'aux fous et qui à la violence oppose la violence répressive uniquement, ne faisant par la même que perdurer cette violence au lieu de l'éradiquer. C'est un véritable processus destructeur qui est ne marche et dont on aura énormément de mal à s'en sortir, car ceux qui l'auront connu auront du mal à s'en défaire tellement elle fait maintenant parti de son être. En un mot on crée des gens violents.
    Ceci étant dit je reconnais qu'il doit y avoir des cas où cela s'impose, mais ce qui est dit ici et reproché c'est qu'on est passé d'un mode exceptionnelle à un mode usuel de la chambre de contention. Un banalisation qui est inadmissible. Voilà le problème.
    De tout façon les infirmier(e)s sont des hommes et comme tel ils sont plus moins fiable. Moi je ne leur reproche pas d'être comme ils sont. Ce qui m'ennuie c'est qu'il soit toujours en psychiatrie. Il parait donc nécessaire qu'une sélection soit mise en place pour faire un métier qui demande plus qu'exécuter mais d'avoir de réelle qualité humaine. Et ça personne ne veut en entendre parler.

  18. Qu'est ce être fiable ? heureusement que l'on a tous nos fragilités et heureusement que l'on peut encore les "travailler " …  En tout cas je reste en psychiatrie pour résister et pour transmettre tout ce que j'ais appris de mes expériences passées dans des associations qui travaillaient sur la parole ,l'écoute ,la mise en sens de la pensée souffrante avec pour référence Tosquelles et Bonnafé entre autre ,et qui ont fermées a cause de prix de journée alloués beaucoup trop bas ."Ce qui m'ennuie c'est qu'ils soient toujours en psychiatrie " ,alors la bravo ,avec une phrase comme ça tu fais vraiment avancer le smilblick ,mais mon pauvre gars si je suis en psychiatrie c'est que mon boulot me passionne toujours ,me questionne sans arrêt et  si je peux transmettre a mes jeunes collègues un autre point de vue que celui que l'on essaye de nous imposer je pourrais peut être commencer a être en devenir soignant .Continue a te gargariser et a flatter ton ego Behemothe de terre .

  19. Ok, les patients doivent arrêter de se lamenter, de flatter leur égo et agir. Mais vous savez quand même que les patients en crise, donc les premières victimes de ces violences, épuisent déjà toutes leurs forces à lutter contre leur maladie, que leur parole est niée puisqu'ils sont considérés comme fous et qu'ils n'ont pas de droit réels?
    Ceux qui peuvent agir, ce sont ceux qui vont mieux. Parmi ceux-là, beaucoup veulent oublier ces évènements trop douloureux. Parce qu'aussi stabilisé qu'on soit, c'est très très douloureux de remuer tout ça, et même cause de rechute.
    On peut témoigner, c'est ce que je fais. Mais que peut-on faire d'autre? Est-ce que c'est nous qui avons les clés, est-ce que c'est nous qui décidons des traitements, des effectifs, des budgets alloués à la psychiatrie, de la formation, de le remise en question des soignants sur leurs pratiques?
    Moi je veux bien agir autrement, mais dites-nous comment.

  20. @Laurence
    Je ne parle pas des personnes en souffrance psychique ,car eux effectivement ont de quoi se lamenter face a un système de soin aseptisé ou rien ne doit dépasser ,nous sommes dans une période obscurantiste ou la folie ne doit pas déranger ,et pourtant avec le manque de moyens combien de ces hypersensibles retrouve t'on dans le métro ,les gares et qui dès qu'ils dérangent un peu trop sont hospitalisés sous placement ? Face a la fermeture des lits (50000 en10 ans ) on nous avait promis de renforcer les moyens sur l'extra-hospitalier ,on attend toujours …Plus de place en intra (sauf avec les lits sups ) pas assez de moyen en extra ,ou est la place du malade ? sur un quai de gare ,en attendant qu'un train l'accompagne vers un vrai lieu de soin ? Les traitements médicamenteux ont pris le dessus ,les patients sont très peu écoutés … Et pourtant j'y crois encore , c'est peut être moi le malade .

  21. Malgrés mes accés maniaques, plus de 4 ans d'enfermement et la psychanalise, je suis devenu médecin généraliste dans un quartier sensible. J'ai connu L'équipe du professeur Aime à St Anne et jamais je n'ai été enfermé et puis j'ai connu Pinel à Amiens qui pratique la contention par manque de personnel. Pourquoi rajouter au traumatisme un traumatisme ? Dans ma pratique je n'adresse plus jamais un patient au CHS, c'est devenu l'incurie psychiatrique. Et pourtant il m'arrive de me faire menacer de mort par des psychopathes. Je recommande le livre de Maud Mannauni : " le psychiatre son fou et la psychanalise". Le psychiatre parfois cet interné volontaire…le fou, le symptome de la famille…le psychanaliste, le thérapeute.

  22. @retleb
    Je ne vous connais pas donc en aucun vous n'étiez visé. Il faut rester calme. Par contre j'en ai connu pour lequel cela était malheureusement que trop vrai, vous voulez en nier l'existence par esprit de corporatisme, grand bien vous en fasse. Ce que je sais c'est que j'étais obligé de recoller les morceaux après.
    Il faut se bouger, mais je le fais et je sais que c'est peanuts, et que cela ne sert à rien, mais je le fais quand même en relayant autant que je peux l'appel des 39 et la nuit sécuritaire. J'ai ma conscience pour moi car je n'ai jamais voté Sarkozy, maintenant que tout le monde sait j'espère que les gens vont faire le moins pire choix. Car il s'agit bien de choisir le moins pire et non pas le meilleur.
    La seule façon de faire rentrer un peu d'équité dans le HP va être de demander à la justice comme cela a été fait d'y mettre son nez. Un comble non ? mais que j'appelle de tous mes voeux.
    Je vous souhaite une bonne soirée et m'excuse si je vous ai offensé

  23. Retleb, désolée, j'ai mal compris, mais comme vous vous adressiez à Béhémote et qu'avant votere premier message il y avait beaucoup de posts de patients, j'ai cru que c'était à nous que vous parilez.

  24. @Behemothe 
    C'est moi qui doit m'excuser ,mais franchement ce que nous vivons en "devenir soignant",est souvent très fragilisant ,entre la violence institutionnelle et ce que nous essayons de donner ,de restaurer ,de défendre … Nos motivations sont misent a rude épreuve ,mais bon comme je dis ,j'y crois encore et je ne suis pas le seul .Depuis que j'ais commencé (en 1987) les conditions de travail n'ont fait que se dégrader ,Notre fonction a tellement été amputé de ses dimensions relationnelles (accompagnements ,entretiens ,réunions cliniques …)pour nous faire entrer dans un moule de parfaits techniciens gardiens sans état d'âme , que mon énergie passe a défendre et a transmettre les valeurs (St Alban…) qui me portent et font que je reste en intra comme on dit , c'est "La moindre des choses " . A bientôt .

  25. En réalité, je crois que le problème est général, je me demande si on ne devrait pas tous réagir, mais comment, je ne sais pas, franchement j'avoue me sentir écrasée par un ordre mondial contre lequel je ne sais pas lutter.
    Quand je dis que le problème est général, je veux dire que partout ou presque, on empêche les gens de faire leur travail correctement, c'est-à-dire en étant centré sur l'humain et pas la rentabilité.
    Je travaille en librairie depuis neuf ans, ce qui n'est pas tant que ça, mais j'ai vu les conditions se dégrader de façon spectaculaire. Nos patrons actuels veulent une seule chose, du fric, des cartes de fidélité. S'il faut sacrifier la culture pour le fric, ils le feront, ça ne les dérange pas du tout. Tout passe par l'uniformisation, on n'est plus que des pions. Nous les anciens, on se bat pour continuer à faire notre travail correctement: c'est-à-dire être honnête avec les clients, privilégier la relation au fric et à l'enregistrement de données pour envoyer des pubs ciblées, à défendre la culture, le fonds, la spécialisation des libraires, bref à vendre des livres et à partager notre passion, bien sûr en gagnant de l'argent parce qu'il en faut pour faire vivre le commerce et donc la transmission de la culture,  et pas à faire n'importe quoi pour gagner du fric. Les gens qu'ils engagent maintenant, ils veulent les formater, et le principal n'est pas leur culture littéraire, mais dans les postes décisifs le fait d'avoir faite des études de marketing, et dans les autres le fait de faire ce qu'ils ont décidé sans râler.
    C'est juste un exemple, mais des gens qui vivent ça, il y en a partout. Alors forcément, au nom de ce sacro-saint argent, la psychiatrie a été dans les premiers sacrifiés, mais le rouleau compresseur atteint la culture, la santé, l'éducation, tout. Et pour quel intérêt? Plus d'argent pour une minorité, qui en feront quoi, je me le demande, une fois que le monde aura perdu son âme?

  26. Je vais vous racconter deux histoires horribles à l'HP. La première, c'est celle d'un patient qui meurt en chambre d'isolement parce qu'il est violent …Philippe… La deuxième c'est une patiente IMC qui décéde ébouillantée dans une baignoire, morte comme une écrevisse dans un servive de Philppe Pinel à Amiens. Qui est responsable ? La maltraitance ? Mais la maltraitance n'a jamais de noms…Incognito ! la cruauté, l'animalité; la barbarrie…

  27. Un des problèmes de l'HP, c'est le fait qu'on fait abstraction des maladies physiques. Je ne sais pas comment est mort ce patient en isolement, mais le fait est qu'on nous accuse souvent de se plaindre pour rien.
    Des exemples: une patiente qui est en septicémie suite à une crise d'appendicte qu'on voit dans les Infilitrés, dans le même hôpital un des mes amis qui reste trois jours sans uriner sans que personne ne fasse rien, des problèmes de dents qui pousseront la dentiste a écrire à un mec qui a fait douze ans de médecine qu'il faut envoyer le patient chez elle s'il se plaint encore, une des mes amie qui s'évanouit, chute de tension suite à sa première prise de neuroleptiques, et se fait traiter de simulatrice, sommée de se relever, une personne qui a des symptômes assez inquiétants vu la dose de neuroleptiques qu'il prend et qu'on envoit simplement se coucher, etc…
    Mais ça va dans l'autre sens aussi. Je me suis fait opérer récemment de l'appendicite, et ironie du sort, je me suis fait engueuler parce que je voulais prendre mon neuroleptique, on m'a dit que je pouvais m'en passer, que ce n'était pas pour une nuit. J'ai dû expliquer, de la même façon qu'à l'HP je voulais une dose moindre en énumérant mes effets secondaires, ce qui allait se passer si je ne le prenais pas.
    On dirait que les fous n'ont pas de corps! S'il sont en psy, ils ne peuvent pas souffrir d'autre chose, s'ils sont dans un autre service, ils ne peuvent pas avoir une maladie mentale.

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