Communiqué du 25 mars 2017 À propos des recommandations de la Haute Autorité de Santé Sur la contention en psychiatrie.

Dix mille personnes (soignants, soignés, parents, citoyens) ont signé l’appel lancé par le collectif des 39 dénonçant les pratiques de contention physique en psychiatrie (*).

Les contrôleurs des lieux de privation de liberté (Mr Jean Marie Delarue, puis Mme Adeline Hazan) ont constaté, évalué et dénoncé à leur tour ces pratiques d’un autre âge, aussi inacceptables que traumatisantes pour des patients en grande difficulté.

La H.A.S. vient de publier un guide de bonnes conduites, limitant ces pratiques qui devraient être sévèrement encadrées.

Une grande avancée disent certains, un moindre mal disent d’autres.

Mais de ces  recommandations peut naître le pire : la banalisation instituée de ces pratiques par la confirmation qu’il serait souhaitable de les utiliser «  à certains moments »,  sans s’interroger sur ce qui a conduit au retour de ces pratiques, à cette régression.

Le collectif des 39 maintient que ces pratiques doivent disparaître et que leur existence, ne serait-ce qu’a-minima , interdit de poser les vrais enjeux que pose l’accueil des personnes en détresse psychique : quelle conception de la souffrance, quels moyens, quelle formation?

Pour cela le gouvernement doit prendre ses responsabilités : arrêter d’organiser le saccage de la psychiatrie publique. Mais les soignants doivent aussi prendre les leurs : refuser, penser, agir pour sortir des impasses de la soumission ou de l’impuissance ; ou encore de la croyance en des théories sur-médicalisées où la complexité du fonctionnement psychique fait place à des raisonnements binaires incompatibles avec les spécificités du psychisme humain.

La confusion entre contention (attacher, sangler) et isolement thérapeutique, parfois nécessaire, est entretenue et rend difficile le grand débat éthique nécessaire à tout soin en psychiatrie. Pourquoi ? Comment ? Que se passe-t-il ? sont les questions incontournables qui devraient permettre, si elles étaient réellement soutenues, posées et pensées,  d’abolir des pratiques qui bafouent la dignité humaine,  tant pour celui qui les subit que pour celui qui les applique.

http://www.hospitalite-collectif39.org/?NON-A-LA-CONTENTION

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