SITUATION ALARMANTE à l’hôpital psychiatrique de Béziers

Courrier adressé aux responsables administratifs et médicaux de l’hôpital

Messieurs 

L’association Santé Mentale France (ancienne Fédération Croix Marine) dont je préside la coordination locale Languedoc Roussillon est très inquiète de la situation que vient révéler la brutale mutation signifiée à Mike Perrin le 2 novembre de ce mois.

Nous nous étonnons qu’une telle décision ait été prise sans concertation avec l’intéressé, pas plus qu’avec les équipes médicales et sommes frappés par la rapidité de son exécution. Monsieur Perrin a été informé le 2 pour une mutation prenant acte 10 jours après. Quelle « nécessité de service » (puisque c’est le terme qui semble avoir été invoqué) motive une telle précipitation ?

Nous espérons nous tromper en percevant derrière cette mutation une forme de sanction déguisée à son encontre et un rude coup porté à l’équipe du Centre de Jour de Pézenas.

A entendre ses pairs, Monsieur Perrin a toujours été un infirmier fortement engagé dans sa pratique et y a démontré des qualités relationnelles reconnues par tous, aussi bien professionnels qu’usagers. Il a fait preuve d’un même dynamisme dans son engagement associatif local en étant, entre autres, une des chevilles ouvrières de l’animation annuelle des semaines d’information sur la santé mentale (SISM).

L’an dernier, il a contribué fortement réussite de la journée régionale Occitanie sur les GEM que nous avons organisée, à l’occasion de leurs 10 ans, sur le site de Sortie Ouest de Béziers. 

Monsieur Perrin est un militant très actif de notre Fédération depuis très longtemps. Membre du Comité d’organisation de nos Journées Nationales tenues à Béziers en 2009 (qui avaient accueillies 700 participants), il est membre de nos instances régionales depuis plus de 10 ans et a été appelé à occuper une fonction d’administrateur au niveau national pendant deux mandats. 

A travers ses relations avec ses collègues médicaux et paramédicaux, avec les partenaires sociaux et médicosociaux, avec les usagers et leur association le Fleis, il s’est toujours montré un ardent acteur des valeurs que notre Fédération défend depuis plus de 60 ans, à savoir une psychiatrie respectueuse de l’humanité des personnes qu’elle accueille et travaillant le soin dans son articulation constante avec le social.

Cette décision rencontre et risque d’aggraver une fragilisation inquiétante du Centre de Jour de Pézenas entamée depuis 2012. Son départ vient s’ajouter à la diminution du temps médical qui lui est alloué. Le professionnalisme et l’ancienneté de Monsieur Perrin dans le réseau y étaient d’autant plus appréciés et indispensables. Comment, dans ces conditions, maintenir la qualité du projet du CDJ et la consolidation de leurs relations locales qui en constituent un des principaux étayages ?

Une des graves difficultés que rencontre la psychiatrie actuellement réside, à nos yeux, dans un modèle qui ignore la vigilance à apporter à la singularité des personnes et des lieux. Le travail psychiatrique repose sur l’importance accordée à la durée : il faut du temps pour établir une relation de soin avec une personne gravement atteinte dans sa vie psychique. Cette relation exige, pour cette raison, la création de lieux appropriés et possédant chacun une coloration singulière en fonction de son implantation et de son histoire. L’organisation du secteur de Pézenas fut, à cet égard, pendant longtemps exemplaire. Le management des établissements psychiatriques ne peut se faire dans l’ignorance de ces spécificités indispensables au soin psychopathologique. Considérer que l’on puisse déplacer les professionnels de façon arbitraire et sans concertation, à l’image de pièces anonymes et interchangeables de n’importe quelle entreprise de production, constituerait une grave erreur.

Nous vous remercions de l’écoute que vous saurez apporter à l’inquiétude que nous nous permettons de vous exprimer et espérons que vous pourrez y apporter une attention vigilante.

Recevez, Messieurs, nos meilleures salutations

Pour SMF Occitanie-Languedoc Roussillon, 

Joseph Mornet, son président

 

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