«12 jours»: La folie ambigüe

Patrick Coupechoux  blog sur Médiapart

Chacun salue la façon dont Raymond Depardon montre des gens que l’on ne voit jamais, qui sont relégués, oubliés. Mais leur a-t-il donné réellement la parole ? Rien n’est moins sûr.

Ce qui est frappant dans le film de Raymond Depardon, c’est son ambigüité, c’est cette façon qu’a le cinéaste – certainement à son corps défendant – de susciter un malaise dont on ignore, sur le coup, réellement les causes.

Il y a tout d’abord cette idée reprise en chœur par tous les médias : celle d’une prise de parole – rare, voire « unique » – des patients. Il est vrai que le cinéaste montre des gens que l’on ne voit jamais, qui sont relégués, oubliés, et c’est l’un des intérêts de son film : avoir rendu visibles les invisibles. Mais leur a-t-il donné réellement la parole ? Rien n’est moins sûr.

Que voit-on en fait ? Des personnes souffrantes face à une institution qui les domine – juges et avocats malgré les efforts de ceux-ci pour se montrer « humains » – et qui clament dans leur parole malhabile, parfois délirante, leur désir de sortir de l’hôpital – ce qui est « la moindre des choses » dans une telle situation. Il est intéressant de comparer, de ce point de vue, 12 jours à un autre film de Raymond Depardon datant des années 1980, Urgences, où l’on entendait, aux urgences psychiatriques de l’Hôtel-Dieu à Paris, de vrais récits de vie – fussent-ils parfois délirants – des histoires humaines.

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Urgence pour les hôpitaux psychiatriques

Par Jean-Marcel Bouguereau        La république des Pyrénées

L’hôpital, havre de soins, laisse se perpétrer et se perpétuer des pratiques qui s’apparentent, dans certaines conditions, à des traitements inhumains et dégradants.

Inspecter les prisons, c’est parfois découvrir des conditions de détention dégradantes. Il y a un mois, 30 députés se sont rendus dans 26 établissements pénitentiaires : lors de visites surprises, à Bois d’Arcy ou encore aux Beaumettes, à Marseille, ils ont vu des cellules, des douches, « dans un état de délabrement malheureusement assez avancé », selon la députée LREM du Val-d’Oise, Yaël Braun-Pivet. À la même période, le député François Ruffin alertait sans succès la ministre de la Santé « sur la situation de l’hôpital psychiatrique Philippe-Pinel à Amiens et sur la psychiatrie en général : chambres sur-occupées, soins réduits au minimum, détresse des soignants ». Une autre députée LREM, Barbara Pompili, s’y est rendue aussi : « Je savais, on me l’avait dit. Mais je n’avais pas vu. Maintenant j’ai vu. Et je ne pourrai plus oublier. http://www.larepubliquedespyrenees.fr  Continuer la lecture de Urgence pour les hôpitaux psychiatriques

Un communiqué du Collectif des 39 à propos de la disparition programmée des Conventions Collectives du médico-social.

Le collectif des 39 est très inquiet des menaces de disparition des conventions collectives qui régissent actuellement les établissements associatifs du social, du médico-social et du sanitaire privé.

Ces conventions collectives, essentiellement celle dite de 66 et celle dite de 51 en fonction de leur année de création, sont en effet menacées par la mise en place des CPOM (Contrat Pluriannuel d’Objectifs et de Moyens), entités administratives et gestionnaires qui se généralisent partout dans le médico-social à marche forcée sous la pression des A.R.S (parallèlement à la mise en place des G.H.T dans le cadre du service public).

En effet l’article 50 du futur Projet de financement de la Sécurité sociale ( PLFSS ), spécifie que les conventions collectives des établissements regroupés dans les CPOM ne seront plus opposables aux décisions et pratiques de ces derniers puisqu’étant de nouvelles entités juridiquement distinctes.  Continuer la lecture de Un communiqué du Collectif des 39 à propos de la disparition programmée des Conventions Collectives du médico-social.

Communiqué du 25 novembre 2017

Le collectif des 39 salue la mise en ligne de la pétition « Le TDA/H me fâche ! », qui s’inscrit dans le mouvement actuel de prise de conscience des familles et des professionnels du soin et de la santé mentale face aux enjeux de la politique de l’enfance.

Les concepteurs et signataires de cette pétition attirent l’attention sur la question de la validité de ce diagnostic, sur les risques du traitement médicamenteux et sur la présence d’instructions diagnostiques sur un site de l’Education nationale.

Le Collectif des 39 a déjà débattu des questions de l’enfance, notamment lors des assises du sanitaire et du médico-social en 2013 (http://www.collectifpsychiatrie..fr/?p=6869). L’élaboration d’une réflexion a continué en novembre 2014, lors d’un grand forum rassemblant familles, professionnels, citoyens, artistes (http://www.collectifpsychiatrie.fr/?p=7365), puis lors d’un colloque au Sénat en 2015 (http://www.collectifpsychiatrie.fr/?p=7835) et  en octobre 2016 avec le Meeting «Enfance effacée, Résister, Inventer » pour alarmer  sur l’inhospitalité des pratiques prescrites (http://www.collectifpsychiatrie.fr/?p=8317).

D’autres professionnels ont fait de même (pétition « TDA-H : une dangereuse surmédicalisation ? », http://www.stopmedikids.org), afin de contrer la tendance actuelle qui vise à évacuer la dimension psychique, relationnelle et multifactorielle des perturbations de l’attention et de la psychomotricité chez les enfants, qui amène ainsi à « oublier » la possibilité d’un soin psychothérapeutique.

Nous tenions à dénoncer plus précisément le management actuel des soins aux enfants et familles en difficultés. Management organisé par les injonctions de la Haute Autorité de Santé (Recommandation de bonne pratique, décembre 2014), relayées sur l’ensemble du territoire par les Agences Régionales de Santé, et appliquées in fine par les Maisons Départementales des Personnes Handicapées dans le cadre de l’Education nationale. Les MDPH sont les rouages institutionnels qui, en triant bureaucratiquement (sur dossiers) les populations, classent et stigmatisent chaque jour un plus grand nombre d’enfants et de parents, pour une école dite « inclusive ».

En rappelant ces initiatives nous souhaitons œuvrer dans le sens d’une convergence des forces des professionnels,  des familles et des citoyens, pour une meilleure hospitalité pour l’enfance et, plus généralement, contre une « nouvelle psychiatrie » réduite au traitement bio-éducatif des souffrances psychiques.

Débranchez-les !

Sandrine Deloche. Médecin pédopsychiatre                                            Pratiques Les cahiers de la médecine utopique n° 79. Octobre 2017 Dossier : Santé connectée

Quand le numérique s’invite au berceau, on est loin du conte de fée. Irritabilité, agitation, troubles du sommeil, de la communication, retard de langage voire syndrome autistique ont été constatés lors d’une surexposition aux écrans. Une alerte a été lancée sur la toile  !

Un bébé de 7 mois, est assis sur l’herbe à côté de sa mère. Il la regarde parler au téléphone, puis envoyer un texto. Tout est calme bucolique et ensoleillé. La mère dépose le téléphone du côté de l’enfant pour parler à un adulte. Le bébé saisit le téléphone, le met à la bouche, en explore les contours. La mère surprend la scène, lui retire l’objet pour un jouet. Elle reprend, elle, le téléphone en « textotant » quelques instants, le buste et la tête penchés sur l’écran. Le bébé s’impatiente, s’agite. La mère lui parle sans regarder l’enfant qui ne se calme pas. Finalement la mère finit par lui donner le téléphone, qui lui sera retiré par le grand-père, au moment où la mère se lève. Une interaction commence en face à face, le bébé ne réclame plus l’objet. Que nous livre cette scène ? La grande réceptivité du bébé à ce qui nous occupe. Et plus encore, si « ce » est matérialisé. De cette suprématie de l’objet, le bébé en cherchera les ressorts. S’en suit un implicite tenace : l’objet a un pouvoir ! Continuer la lecture de Débranchez-les !

2024 : ÉCRAN TOTAL

Sandrine Deloche. Médecin pédopsychiatre,                                            Pratiques Les cahiers de la médecine utopique n° 79. Octobre 2017 Dossier :  Santé connectée 

Plongez dans l’ère numérique de la Santé Mentale labélisée par le Ministère. www.netcarepedopsy.fr  répond en un clic à tous les soucis de votre enfant.

Pour Émile, vous avez scrupuleusement respecté le programme de préparation à l’école maternelle, en téléchargeant l’application school beauty labélisée par Prevention-Care, conseillé pour chaque petit, afin d’éradiquer les troubles « dys » tout azimut : dysphasie, dyspraxie, dyslexie, dyscalculie…

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Mais, des nuits sans sommeil, des absences de sourires, des cris stridents, des balancements, des colères sans motif d’Émile vous mettent le doute et les nerfs à vif. N’y tenant plus, vous accédez au site www.netcarepedopsy.fr   . Continuer la lecture de 2024 : ÉCRAN TOTAL

Jack Ralite est mort le 12 novembre

Nous venons d’apprendre avec émotion le décès de Jack Ralite. Le collectif des 39 « Quelle hospitalité pour la folie ? »  tient tout particulièrement à lui rendre hommage.

Nous saluons son parcours de militant, et pour ce qui concerne la santé, son travail de ministre initiateur du Rapport Demay – « Une voie française pour une psychiatrie différente » – à la suite de son discours profondément humain et désaliéniste le 12 octobre 1981 à la  préfecture de  Rouen. Ce rapport novateur proposait un dépassement de l’hospitalo-centrisme par des établissements locaux de santé mentale. Il posait clairement le secteur comme un outil de soin géré sur le territoire, là où se déroulent des négociations et des élaborations démocratiques en fonction des besoins des populations et de leurs évolutions. Le soin psychiatrique était placé dans sa dimension désaliéniste et de psychothérapie institutionnelle.

Chacun garde en mémoire ses interventions aux côtés de notre collectif depuis sa fondation en décembre 2008 SAM_1249

Il faut l’avoir entendu dans les meetings des 39 et dans d’autres lieux des pratiques de la folie

Il faut l’avoir entendu parler de son rapport à la culture et du rapport de la culture à l’émancipation.

Il faut se rappeler qu’il disait à propos du ministère de la culture que les affaires de l’esprit avaient laissé la place à l’esprit des affaires.

Assurément une pensée et un soutien qui manqueront.

Psychiatrie à l’Assemblée Nationale: le député François Ruffin face au Dr Wonner et à Mme Buzyn

REGARDEZ cette vidéo accompagnée d’un commentaire démontrant comment la démarche-qualité est en décalage avec la réalité, ou plutôt comment elle décale la réponse à un problème concret  vers une réponse formelle. La réponse de Mme Buzyn est une démonstration de l’inutilité de la démarche-qualité et donc de l’HAS, d’où la nécessité d’un débat-combat pour sa suppression…     

* La première intervenante, le Dr Martine Wonner, médecin psychiatre (pléonasme) , députée LREM  défend les protocoles…. Elle a fait des études de psychiatrie à l’Université de Strasbourg,  a  travaillé pour le CNAM puis dans le groupe privé Générale de santé. Elle a ensuite dirigé le Samu social de Paris pendant près de trois ans, avant de rejoindre un groupe de cliniques privées…

* Quant à Mme Buzyn, la ministre,  à qui on ne fait pas la leçon, en effet c’est presque trop beau pour être vrai ! Elle ne va pas arriver à cacher longtemps que, fille de psychanalyste ou pas, elle est le perroquet (ciel, mes plumes !) du discours managérial qui est la marque de ce gouvernement.

Vers la destruction du métier de soignant en psychiatrie ?

Serge Klopp,   Intervention à Appel des Appels,      Octobre2017

J’ai eu la chance de faire partie de cette génération d’ISP (Infirmiers de Secteur Psychiatrique) qui a inventé son métier.

Je suis entré en psychiatrie en 1978. C’était une époque, d’intenses débats et où l’on était persuadé qu’on allait tout changer, y compris en psychiatrie. Ces débats théoriques et politiques, nous les menions en cours avec les moniteurs du Centre de Formation, en stage avec les infirmiers et les psychiatres.

La formation d’ISP avant le diplôme unique de 1992, ne comprenait pas seulement plus de psychopathologie qu’aujourd’hui, mais nous inculquait une culture du sens et de l’engagement dans la clinique du sujet. Si, après l’obtention du diplôme, nous étions dorénavant autorisés à exercer le métier d’infirmier, on nous a expliqué que notre métier nous ne l’apprendrions vraiment que tout au long de notre carrière, à condition que de faire l’effort de continuer à lire, se former, s’interroger.

Tout au long de ma carrière d’infirmier, puis de cadre soignant, j’ai pu explorer et défricher de nouveaux territoires, dont celui de la psychothérapie. Psychothérapie qui même pour les ISP nous semblait interdite, chasse gardée des psychologues et des psychiatres. C’est pourtant sur cette question que le « groupe de Sèvres » s’était disputé à la fin des années 50.  Continuer la lecture de Vers la destruction du métier de soignant en psychiatrie ?

Un site de l’Education Nationale

Le 29 septembre,  le groupe enfance du « Collectif des 39 contre la nuit  sécuritaire » a organisé à Nanterre,  avec  l’Association Pour la Psychanalyse ( où milite Gérard Pommier)  et d’autres associations, une action autour d’un colloque  sur les TDAH ( trouble déficit de l’attention avec hyperactivité). 

Ce colloque, parrainé par la faculté de Nanterre, faisait la promotion d’un trouble, érigé en maladie, et de son traitement essentiellement médicamenteux.  

Dans les suites de cette action, nous sommes tombés par hasard sur un site de l’Education Nationale, qui semble elle aussi privilégier l’abord médical de ce trouble, au détriment de son abord psychothérapeutique, qui permet pourtant  d’écouter l’enfant  dans sa subjectivité. 

 Un site de l’Education Nationale.

 Sur le site internet de l’Académie de Paris (Région Académique  Ile de France) nous avons trouvé une page  destinée  aux  parents et aux élèves.

Sur cette page, plusieurs propositions leurs sont faites :

  • résultats d’affectations au collège, au lycée
  • s’inscrire au collège, au lycée
  • bourses et aides financières
  • élèves à besoins éducatifs particuliers
  • déposer un dossier d’affectation en ligne
  • aménagement des examens pour les candidats en situation de handicap, etc…  

A côté, sous le titre « Parents contactez-nous », on trouve des liens utiles :

  • ma voie scientifique
  • mon orientation en ligne

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