Le prix de l’obéissance dans PRATIQUES n° 80

Sandrine Deloche, médecin pédopsychiatre                                                     Pratiques les cahiers de la médecine utopique n°80.                                  Dossier : la marchandisation des corps. Janvier 2018

Quand un symptôme de l’enfance tombe aux mains de logiques marchandes, sans surprise l’économie du sujet passe derrière les intérêts politico-financiers. Ici, ce sont les contours d’un scandale sanitaire qui interrogent notre propre obéissance à de telles manœuvres, et son prix.

Aujourd’hui quand un enfant pose problème à l’école, il n’est plus un élève en difficulté ni un enfant à part. Il est un trouble, un handicap, une maladie. Sans attendre, il est estampillé, fiché, étiqueté, traité, orienté. L’échec scolaire ne relève plus de l’Éducation Nationale, au sens strict du terme : une nation qui s’engage dans l‘éducation de ses enfants. Non, l’échec scolaire est devenu une valeur marchande. Il est sous-traité en surface par la Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH), et en profondeur par les laboratoires pharmaceutiques. Ces deux-là ont un pouvoir exorbitant. Ils ont fabriqué 2 substances hyper toxiques quant à la construction de l’enfant : la MDPH, la reconnaissance d’un handicap psychique à tout bout de champ et les « labo », un dérivé d’amphétamine prescrit larga manu, le méthylphénidate ou Ritaline, Continuer la lecture de Le prix de l’obéissance dans PRATIQUES n° 80

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PÉTITION de L’APPEL DU 7 – MONTPELLIER

Agnès Buzyn, Ministre des Solidarités et de la Santé : Une place digne pour chacune et chacun: c’est un droit !  

Une place digne pour chaque personne en situation de handicap, de précarité, de fragilité : c’est un droit !

Aujourd’hui, beaucoup trop de personnes en situation de handicap n’ont pas de solution de prise en charge adaptée à leurs besoins. Tous les secteurs sont touchés, de la petite enfance au secteur adultes, du social au secteur du médico‐social et de la psychiatrie. Des centaines de personnes, enfants et adultes, ayant pourtant une notification pour intégrer un établissement n’auront pas de places et très peu d’espoir d’en trouver rapidement.

Le constat est le suivant :

‐ Pas de places dans les établissements et services.

‐ Des listes d’attente extrêmement longues (généralement de plusieurs années)

‐ Pourtant des établissements ferment, des places disparaissent.

‐ Les budgets alloués à ces situations urgentes et vitales ne correspondent pas aux besoins.

‐ De plus en plus de familles en détresse.

‐ Des usagers fragilisés, oubliés, sacrifiés.

‐ Des professionnels en souffrance, de plus en plus de burn‐out, de turn‐over.

Le collectif de L’APPEL DU 7 se mobilise pour que demain, toutes ces personnes puissent prétendre à leurs droits. Nous réclamons la création et l’ouverture de places, d’établissement, de lieux d’accueil et de structures adaptées pour chaque personne.

Nous revendiquons le respect de ces personnes, le respect des lois et le droit à une place digne pour chacun. Mobilisons‐nous et signons cette pétition. Une place digne pour chacune et chacun : c’est un droit !

https://secure.avaaz.org/fr/petition/Agnes_Buzyn_Ministre_des_Solidarites_et_de_la_Sante_Une_place_digne_pour_chacune_et_chacun_cest_un_droit/?tNIIKmb

Intervention d’Hervé Bokobza sur France Culture le 26 janvier à 22h

Faire évoluer le mode de financement en budget réservé de remboursement des soins, le gouvernement promet de revoir l’organisation de la psychiatrie jusqu’à mettre fin au dualisme entre médecine somatique et psychique….mais la ministre de la santé…semble avoir pris la mesure des manques et souffrances puisqu’elle convient, je cite Agnès Buzyn : «  que la psychiatrie ne va pas bien et que c’est une discipline paupérisée » :

Nous sommes ravis d’avoir entendu cette déclaration de la ministre de la santé, je dirais enfin, le hic, le bémol je dirais, c’est que à la lectures des douze mesures d’urgence préconisées par madame la ministre, je ne retrouve aucune des vingt deux mesures d’urgence que tous les soignants en psychiatrie, les patients, les familles avaient exigées il y a maintenant quinze ans. Où nous disions à l’époque que si rien ne se produisait nous allions vers une catastrophe sanitaire grave.

Bravo à Mme Buzyn d’avoir pu se rendre compte où nous en sommes, hélas, grandement hélas, les mesures proposées ne vont pas dans le bons sens et je dirais même plus elles vont empirer la situation existante et le soin tout prêt( ?)(le son est incompréhensible) de la maltraitance qui commencent à s’opérer aujourd’hui dans notre pays en psychiatrie. Continuer la lecture de Intervention d’Hervé Bokobza sur France Culture le 26 janvier à 22h

Suite aux déclarations de Mme Buzyn, ministre de la santé

Le collectif des 39 ne comprend pas comment vous pouvez préconiser 12 mesures aussi éloignées de la réalité de l’intenable quotidien des personnels hospitaliers et de l’indigne condition d’accueil des personnes hospitalisées.

Est-ce du déni, du mépris, ou une méconnaissance technocratique qui vous amène à préconiser un stage en psychiatrie aux futurs généralistes en voie de disparition qui ont déjà bien du mal à recevoir leurs patients.

Qui vous amène à demander la mise en place d’indicateurs de qualité et de recommandations de bonnes pratiques qui laissent à entendre que les équipes de professionnels manqueraient d’efficience et seraient dans l’incapacité de trouver les organisations adaptées. Et, alors que nous sommes noyés depuis 2005 sous les questionnaires qualité, sous les certifications toujours plus gourmandes de procédures, de fiches et d’objectifs déconnectés de la réalité du cœur de notre métier à toutes et tous, le soin, l’écoute, la relation humaine, les bonnes pratiques se décréteraient-elles en dehors de la rencontre singulière avec la personne en souffrance ? Continuer la lecture de Suite aux déclarations de Mme Buzyn, ministre de la santé

Crise de la psychiatrie, crise de nos démocraties : quelle hospitalité pour nous-même ?

Roger FERRERI  membre des 39 contre la nuit sécuritaire.                    Article paru dans l’Humanité le 31 janvier 2018

Une des caractéristiques d’une époque civilisationnelle tient à la reconnaissance de ses marges et de leurs traitements. Traitement à l’évidence monstrueux dans les totalitarismes, ce qui nous contraint d’en faire un enseignement permanent de la question démocratique. Cette question se travaille plus qu’elle ne s’accueille.

Quelle hospitalité pour la folie n’y échappe pas. Sous les pavés la plage ne se suffira jamais à lui tout seul. Les bannières flottent assez au vent pour changer dans l’instant de direction avec lui. Il y faut la dynamique d’une diversité des pratiques de la folie s’enseignant les unes les autres de la prohibition de tous discours à visée universelle à son endroit.

L’universel comme prescription, dans les sciences de l’homme, ne fait que témoigner du désir de pouvoir de quelques-uns sur tous les autres, philosophes et psychanalystes compris. La prohibition de l’inceste n’est pas une loi universelle, elle n’est jamais que la représentation la plus universalisable, la force de vente, du concept d’interdit par notre espèce parlante. Continuer la lecture de Crise de la psychiatrie, crise de nos démocraties : quelle hospitalité pour nous-même ?

NEUROSCIENTISME ET PEDAGOGIE, UN COUPLE DANGEREUX !

Le Collectif des 39 souhaite réagir à la création à l’Education nationale du nouveau Conseil scientifique par le Ministre J.M. Blanquer, avec à sa tête le Professeur Stanislas Dehaene, spécialiste de psychologie cognitive, et médiatique promoteur des neurosciences.

Ce Conseil scientifique est d’une seule couleur théorique, uniforme et donc réductrice. Blanquer et Dehaene veulent imposer dans l’enseignement une nouvelle pédagogie « fondée sur les preuves » statistiques, à l’image de ce qui se pratique en médecine (Evidence Based Medecine), et que depuis de nombreuses années nos gouvernements successifs tentent d’imposer à la psychiatrie… Pourtant, les résultats de la science statistique peuvent-ils vraiment être directement appliqués, sans recul, ni possibilité de remise en question ? On sait que le moteur de toute(s) science(s) est la capacité de (re)mise en question, de doute fondamental et méthodologique, et que les « bons » résultats d’aujourd’hui constituent parfois les erreurs du lendemain… Continuer la lecture de NEUROSCIENTISME ET PEDAGOGIE, UN COUPLE DANGEREUX !

Attaque du médico social – Alerte enfance en danger !

Marie BAKCHINE   Psychologue / psychothérapeute dans un     CAMSP    Reims, 2017

Le secteur médico-social regroupe 900 000 salariés et prend en charge environ 1 million 500 personnes (enfants et adultes).

C’est un secteur complexe qui accueille dans 35000 structures une population hétérogène pour des missions de soins, d’accompagnement, de prévention, d’actions éducatives, d’intégration, de protection, d’hébergement.

La politique d’austérité mise en place par les gouvernements successifs a porté un coup sévère à la qualité des soins.

Le secteur médico-social et sa branche consacrée à la petite enfance (1) sont aujourd’hui menacés dans leurs pratiques. Jusqu’à présent, les politiques gouvernementales en matière de « santé mentale » ont eu pour conséquence un repli des structures publiques vers celles du médico-social, souvent gérées par des associations privées à but non lucratif.

Les CAMSP par exemple, (Centre Action Médico-Sociale Précoce, prés de 250 aujourd’hui en France) sont créés dans les années 1970 pour accueillir, dépister, annoncer un diagnostic et soigner sur un temps long, grâce à un plateau technique pluridisciplinaire, les enfants et leur famille touchés par un handicap ou une maladie chronique, dans des consultations précoces et proches du domicile. Ils sont aujourd’hui confrontés au démantèlement progressif des hôpitaux publics et plus particulièrement de la psychiatrie de secteur infanto juvénile.

En conséquence, les CAMSP sont contraints de prendre en charge, en nombre croissant, des pathologies psychiques de plus en plus lourdes, habituellement traitées dans les CMPE (2), tels que autismes et psychoses infantiles, afin de pallier une carence d’offre de soin en psychiatrie et de places en hôpitaux de jour. Ceci est le résultat de la mise en place des GHT (Groupements Hospitaliers de Territoire) qui visent la fusion des structures sanitaires et médico-sociales toujours dans une logique de réduction des coûts et au détriment des personnes en souffrance.

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«12 jours»: La folie ambigüe

Patrick Coupechoux  blog sur Médiapart

Chacun salue la façon dont Raymond Depardon montre des gens que l’on ne voit jamais, qui sont relégués, oubliés. Mais leur a-t-il donné réellement la parole ? Rien n’est moins sûr.

Ce qui est frappant dans le film de Raymond Depardon, c’est son ambigüité, c’est cette façon qu’a le cinéaste – certainement à son corps défendant – de susciter un malaise dont on ignore, sur le coup, réellement les causes.

Il y a tout d’abord cette idée reprise en chœur par tous les médias : celle d’une prise de parole – rare, voire « unique » – des patients. Il est vrai que le cinéaste montre des gens que l’on ne voit jamais, qui sont relégués, oubliés, et c’est l’un des intérêts de son film : avoir rendu visibles les invisibles. Mais leur a-t-il donné réellement la parole ? Rien n’est moins sûr.

Que voit-on en fait ? Des personnes souffrantes face à une institution qui les domine – juges et avocats malgré les efforts de ceux-ci pour se montrer « humains » – et qui clament dans leur parole malhabile, parfois délirante, leur désir de sortir de l’hôpital – ce qui est « la moindre des choses » dans une telle situation. Il est intéressant de comparer, de ce point de vue, 12 jours à un autre film de Raymond Depardon datant des années 1980, Urgences, où l’on entendait, aux urgences psychiatriques de l’Hôtel-Dieu à Paris, de vrais récits de vie – fussent-ils parfois délirants – des histoires humaines.

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Urgence pour les hôpitaux psychiatriques

Par Jean-Marcel Bouguereau        La république des Pyrénées

L’hôpital, havre de soins, laisse se perpétrer et se perpétuer des pratiques qui s’apparentent, dans certaines conditions, à des traitements inhumains et dégradants.

Inspecter les prisons, c’est parfois découvrir des conditions de détention dégradantes. Il y a un mois, 30 députés se sont rendus dans 26 établissements pénitentiaires : lors de visites surprises, à Bois d’Arcy ou encore aux Beaumettes, à Marseille, ils ont vu des cellules, des douches, « dans un état de délabrement malheureusement assez avancé », selon la députée LREM du Val-d’Oise, Yaël Braun-Pivet. À la même période, le député François Ruffin alertait sans succès la ministre de la Santé « sur la situation de l’hôpital psychiatrique Philippe-Pinel à Amiens et sur la psychiatrie en général : chambres sur-occupées, soins réduits au minimum, détresse des soignants ». Une autre députée LREM, Barbara Pompili, s’y est rendue aussi : « Je savais, on me l’avait dit. Mais je n’avais pas vu. Maintenant j’ai vu. Et je ne pourrai plus oublier. http://www.larepubliquedespyrenees.fr  Continuer la lecture de Urgence pour les hôpitaux psychiatriques

Un communiqué du Collectif des 39 à propos de la disparition programmée des Conventions Collectives du médico-social.

Le collectif des 39 est très inquiet des menaces de disparition des conventions collectives qui régissent actuellement les établissements associatifs du social, du médico-social et du sanitaire privé.

Ces conventions collectives, essentiellement celle dite de 66 et celle dite de 51 en fonction de leur année de création, sont en effet menacées par la mise en place des CPOM (Contrat Pluriannuel d’Objectifs et de Moyens), entités administratives et gestionnaires qui se généralisent partout dans le médico-social à marche forcée sous la pression des A.R.S (parallèlement à la mise en place des G.H.T dans le cadre du service public).

En effet l’article 50 du futur Projet de financement de la Sécurité sociale ( PLFSS ), spécifie que les conventions collectives des établissements regroupés dans les CPOM ne seront plus opposables aux décisions et pratiques de ces derniers puisqu’étant de nouvelles entités juridiquement distinctes.  Continuer la lecture de Un communiqué du Collectif des 39 à propos de la disparition programmée des Conventions Collectives du médico-social.