Communiqué dU 14 Janvier 2019

Cela fait dix ans et c’est pire encore !

Un soir de décembre 2008, 39 professionnels de la psychiatrie se sont retrouvés en urgence après le discours sécuritaire tenu à l’hôpital d’Antony par le président de la République de l’époque. Psychiatres, psychologues, infirmières, travailleurs sociaux, éducateurs, exerçant dans le public, le libéral, l’associatif, aucun des participants de cette soirée ne pouvait imaginer qu’un collectif allait se créer et qu’il serait toujours en mouvement 10 ans plus tard.

Le collectif des 39 rédigea en réaction, un appel « Contre la Nuit Sécuritaire » qui eut un immense retentissement public en recueillant l’adhésion de près de 40.000 personnes, soignants, patients, et de très nombreux autres citoyens ; une manifestation de soutien inattendu pour cette question sociale et culturelle, l’accueil de la folie et des personnes malades. Notre mouvement a été également soutenu par un nombre important d’artistes, intellectuels et gens de culture.

Nous nous sommes mobilisés pour défendre une hospitalité « suffisamment bonne » pour la folie. Au cours de nombreux meetings et forums tout au long de ces années nous avons porté une analyse collective pour dénoncer les dérives normatives, sécuritaires et scientistes responsables de la dégradation inexorable des modalités d’accueil et de soin dans le sanitaire et le médico-social.

Notre mouvement a eu aussi le mérite de porter sur le devant de la scène l’insupportable banalisation des pratiques d’isolement et de contention qui se sont multipliées au cours des vingt dernières années. Désormais cette question, dont s’est saisie la Contrôleure Générale des Lieux de privation des libertés, mais aussi des associations de patients et de familles, ainsi que de nombreux médias n’est plus un tabou.

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Soutien à la Journée nationale de la Psychiatrie du 22 janvier 2019

 Soutien au 22 janvier 2019 !

Réunis ce jour de solstice d’hiver – 10e depuis sa création – les membres du Collectif des 39 soutiennent et appellent vigoureusement à participer à la Journée nationale de la Psychiatrie du 22 janvier 2019 à Paris, à 11:00 Place de la République, et de s’y manifester sous quelle que forme que ce soit.

Cette action rapproche les mobilisations des soignants de « Pinel en lutte » d’Amiens, des « Perchés » du Havre, des « Blouses noires » du Rouvray, des « PPU » de Paris, et toutes les autres actions qui se sont déroulées ces derniers mois dans les Secteurs psychiatriques d’un côté, et la mobilisation du champ social et médico-social de l’autre. 

Nous pensons que cette journée devrait servir d’accélérateur au combat visant à pouvoir accueillir et soigner dignement les patients, au combat pour les formations spécifiques et diversifiées, au combat contre la déshumanisation et les maltraitances qui envahissent les pratiques actuelles en psychiatrie, médico-social et social, et plus largement l’existence quotidienne des citoyens. Les causes sont communes !

Paris, le 21/12/2018

Collectif des 39

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VIDÉOS du meeting ENFANCE EFFACÉE du 16 octobre 2016

ENFANCE EFFACÉE ..?  RÉSISTER, INVENTER…

Journée poétique et politique 

Nous sommes inquiets et en colère. Les politiques s’attaquent à notre humanité dès l’enfance.

Ainsi commençait le meeting du 16 octobre 2016.                                      Ces  propos restent  cruellement  d’actualité.

Retrouvez les vidéos en cliquant sur ce lien  http://collectifdes39.fr

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SITUATION ALARMANTE à l’hôpital psychiatrique de Béziers

Courrier adressé aux responsables administratifs et médicaux de l’hôpital

Messieurs 

L’association Santé Mentale France (ancienne Fédération Croix Marine) dont je préside la coordination locale Languedoc Roussillon est très inquiète de la situation que vient révéler la brutale mutation signifiée à Mike Perrin le 2 novembre de ce mois.

Nous nous étonnons qu’une telle décision ait été prise sans concertation avec l’intéressé, pas plus qu’avec les équipes médicales et sommes frappés par la rapidité de son exécution. Monsieur Perrin a été informé le 2 pour une mutation prenant acte 10 jours après. Quelle « nécessité de service » (puisque c’est le terme qui semble avoir été invoqué) motive une telle précipitation ?

Nous espérons nous tromper en percevant derrière cette mutation une forme de sanction déguisée à son encontre et un rude coup porté à l’équipe du Centre de Jour de Pézenas.

A entendre ses pairs, Monsieur Perrin a toujours été un infirmier fortement engagé dans sa pratique et y a démontré des qualités relationnelles reconnues par tous, aussi bien professionnels qu’usagers. Il a fait preuve d’un même dynamisme dans son engagement associatif local en étant, entre autres, une des chevilles ouvrières de l’animation annuelle des semaines d’information sur la santé mentale (SISM).

L’an dernier, il a contribué fortement réussite de la journée régionale Occitanie sur les GEM que nous avons organisée, à l’occasion de leurs 10 ans, sur le site de Sortie Ouest de Béziers. 

Monsieur Perrin est un militant très actif de notre Fédération depuis très longtemps. Membre du Comité d’organisation de nos Journées Nationales tenues à Béziers en 2009 (qui avaient accueillies 700 participants), il est membre de nos instances régionales depuis plus de 10 ans et a été appelé à occuper une fonction d’administrateur au niveau national pendant deux mandats. 

A travers ses relations avec ses collègues médicaux et paramédicaux, avec les partenaires sociaux et médicosociaux, avec les usagers et leur association le Fleis, il s’est toujours montré un ardent acteur des valeurs que notre Fédération défend depuis plus de 60 ans, à savoir une psychiatrie respectueuse de l’humanité des personnes qu’elle accueille et travaillant le soin dans son articulation constante avec le social.

Cette décision rencontre et risque d’aggraver une fragilisation inquiétante du Centre de Jour de Pézenas entamée depuis 2012. Son départ vient s’ajouter à la diminution du temps médical qui lui est alloué. Le professionnalisme et l’ancienneté de Monsieur Perrin dans le réseau y étaient d’autant plus appréciés et indispensables. Comment, dans ces conditions, maintenir la qualité du projet du CDJ et la consolidation de leurs relations locales qui en constituent un des principaux étayages ?

Une des graves difficultés que rencontre la psychiatrie actuellement réside, à nos yeux, dans un modèle qui ignore la vigilance à apporter à la singularité des personnes et des lieux. Le travail psychiatrique repose sur l’importance accordée à la durée : il faut du temps pour établir une relation de soin avec une personne gravement atteinte dans sa vie psychique. Cette relation exige, pour cette raison, la création de lieux appropriés et possédant chacun une coloration singulière en fonction de son implantation et de son histoire. L’organisation du secteur de Pézenas fut, à cet égard, pendant longtemps exemplaire. Le management des établissements psychiatriques ne peut se faire dans l’ignorance de ces spécificités indispensables au soin psychopathologique. Considérer que l’on puisse déplacer les professionnels de façon arbitraire et sans concertation, à l’image de pièces anonymes et interchangeables de n’importe quelle entreprise de production, constituerait une grave erreur.

Nous vous remercions de l’écoute que vous saurez apporter à l’inquiétude que nous nous permettons de vous exprimer et espérons que vous pourrez y apporter une attention vigilante.

Recevez, Messieurs, nos meilleures salutations

Pour SMF Occitanie-Languedoc Roussillon, 

Joseph Mornet, son président

 

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« Sauvés par Freud et les mammouths ! »

Sandrine Deloche, pédopsychiatre

Article paru dans Pratiques: les cahiers de la médecine utopiste. Juillet 18 n°82

Les coulisses savantes du pouvoir voudraient nous faire croire que le cerveau est monté comme un ordinateur. Rassurante conception du vivant servant dès demain à formater l’enfant apprenti, mais oublieuse d’une découverte de taille, l’inconscient et parmi ses diamants, l’humour. Incasable !

Il existe actuellement un gros bazar de « solutions clefs en mains » pour bambins en perdition toute génération confondue. Il vise à supplanter la psychanalyse au service de la souffrance des enfants comme des adultes, jugée ringarde, nocive voire politiquement incorrecte. Une foire aux trouvailles, un marché juteux, déballe chaque jour ses inventions bidon à coup de pub, de langue de bois et de scientisme à la noix. Ce consumérisme est une manne pour les escrocs politiques comme financiers. La part du lion revient évidemment aux laboratoires pharmaceutiques. Car sans la moindre hésitation, le méthylphénidate, la fameuse Ritaline, dérivé amphétaminique est prescrit larga manu pour des enfants agités, turbulents, rêveurs, paresseux, peu performants en classe, ou reclus dans leur monde. Dit comme ça, il serait aisé de se convaincre qu’on  devrait leur trouver d’autres solutions face à la difficulté universelle d’exister. Seulement voilà, quand la science s’en mêle, on ne parle Continuer la lecture de « Sauvés par Freud et les mammouths ! »

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ARNAQUE en vue : le plan BUZYN Aucun espoir d’être mieux soignés pour les patients en psychiatrie

39

Communiqué de presse – Collectif des 39

ARNAQUE en vue : le plan BUZYN

Aucun espoir d’être mieux soignés pour les patients en psychiatrie

La mobilisation exceptionnelle et inédite des soignants depuis cet été, a témoigné de l’asphyxie de la psychiatrie et permis que le manque de moyens humains soit unanimement reconnu.

Plus personne ne peut ignorer :

  • La dégradation de l’hospitalité et des soins dus aux patients : augmentation du recours à la contrainte, hypermédication, suivi rendu impossible, délais d’attente inacceptables
  • Le désespoir des infirmiers contraints à des pratiques contraires à leur éthique et dénaturant le sens de leur métier
  • La détresse des patientset de leurs familles devant la banalisation des pratiques archaïques de contention et d’isolement

Aux dires de la ministre et du lobbying d’un courant de pensée en psychiatrie, non seulement cette situation serait la conséquence de l’insuffisance du rattachement de la psychiatrie à la médecine, mais encore, tout serait résolu si les maladies psychiatriques étaient considérées et traitées comme « des maladies comme les autres » !

Cette conception de l’homme et des maladies mentales réduit la souffrance psychique à un dysfonctionnement du cerveau.  Les patients subissent alors une prise en charge sans écoute ni accompagnement, qui leur interdit d’interroger le sens de ce qu’ils traversent et ignore la singularité de leur souffrance.

Nous, collectif des 39, tenons à rappeler que la psychiatrie est au carrefour de plusieurs disciplines : médecine, biologie, psychologie, psychanalyse, sociologie, anthropologie, philosophie… C’est la mise en perspective de ces différents champs qui signe la spécificité de la psychiatrie et permet une réelle hospitalité pour la folie.Cette conception nécessite des moyens humains et des formations qui placent la dimension relationnelle au cœur du soin : sans relation pas de soin psychique !

Or il n’y a rien dans les mesures annoncées par la ministre de la santé qui apporterait des réponses quant aux moyens humains, et qui permettrait aux soignants, par exemple, d’échapper à la fonction d’agent du « code-coche-cote » sur leurs ordinateurs. Il n’y a rien qui supprimerait les processus d’évaluation, d’accréditation et de « démarche qualité», si chronophages et qui, chacun le sait, s’opposent à la rencontre.

Traiter les différentes maladies au lieu de prendre soin de la personne malade, tel est le nouvel étendard brandi par le ministère : et ils osent appeler ça progrès et innovation !!

Le collectif des 39 soutient les mouvements qui entrent en résistance pour la défense d’une hospitalité suffisamment bonne pour la folie et s’associera aux initiatives qui luttent contre cette arnaque.

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Ce que cachent les « bonnes pratiques » : actualité du péril soignant en psychiatrie et ailleurs

Ce que cachent les « bonnes pratiques » : actualité du péril soignant en psychiatrie et ailleurs

article extrait de la page du blog du collectif médecins de la CGT à cette adresse : http://medecins-cgt.fr/

Avec l’autorisation de l’auteur.

Treize hôpitaux psychiatriques ont obtenu en 2017 une dérogation à faire partie d’un GHT[1], conformément à la loi du 26 janvier 2016[2]. Dans la nébuleuse des services de psychiatrie français, vaste ensemble hétéroclite de services sectorisés ou non, il s’agit d’un nombre ridiculement faible d’établissements qui sont concernés par ces dérogations. Autant dire que ceux qui l’ont demandée, au nom de leurs spécificités, sont loin de représenter un danger pour l’équilibre budgétaire de l’Etat français…

Pourtant la ministre de la santé, depuis le 18 avril, n’a de cesse d’affirmer[3] que ces régimes dérogatoires doivent cesser. Pourquoi une telle insistance ? Qu’est-ce qui la dérange ? Mme Buzyn ne cache pas son argumentaire : la psychiatrie publique aujourd’hui, de son point de vue de ministre et néanmoins médecin universitaire, est dépassée, poussiéreuse, archaïque. Elle le martèle[4] d’abord en mettant en avant les soins somatiques dont bénéficient les patients souffrant de troubles psychiatriques, feignant d’ignorer que des soins somatiques de qualité sont mis en place dans les hôpitaux psychiatriques depuis bien longtemps, ou que les patients atteints de troubles psychiatriques sont aussi des personnes précarisées sur le plan social, familial, financier, professionnel, toutes situations qui renforcent les difficultés d’accès aux soins de ces patients. Elle place la responsabilité du côté de la psychiatrie, quand la pratique quotidienne des « psys » démontre que c’est le milieu de soin somatique qui, par manque de moyens autant que par peur ou méconnaissance, exclue les patients psychiatriques en entravant leurs prises en soins somatiques en milieu hospitalier général.

Comment donc comprendre alors qu’une éminente universitaire, qui se prévaut de son statut d’ancienne directrice de la HAS, et prétend de ce promontoire imposer à tout un peuple de soignants les « bonnes pratiques », se permette de raconter pareilles inepties ?

La psychiatrie est pourtant le terrain d’expérimentation et d’invention d’un soin humain, bienveillant, qui doit aujourd’hui servir de phare et d’horizon à tous les soignants de notre pays. Car si la dimension technique des soins en médecine ne peut pas être ignorée, il est désormais urgent de rappeler à ceux qui sont sur le point de nous imposer des pratiques soignantes autoritaires et maltraitantescf(. l’intervention fleuve désastreuse de Mme LEBOYER, universitaire et psychiatre sur l’antenne de France Inter le 7 septembre[5]), ce que doivent être les bons soins que l’on donne en France, qui n’ont rien à faire de l’application de protocoles. Tout au contraire de l’affirmation sidérante de la ministre, qui clame vouloir uniformiser[6] les pratiques en psychiatrie, il est urgent de faire savoir que les soins, partout, dans tous les services hospitaliers, relèvent par- delà leur technicité et leur garantie de sécurité, d’une rencontre entre un soignant et un patient, où émergera une parole, une écoute, un geste, un regard, et que cela ne peut être écrasé par les procédures bureaucratiques qu’exige notre ministre. Et ce geste ou ce regard, voilà bien qui ne sera jamais à même d’être uniformisé.

Il est temps aussi d’affirmer que si l’on exige d’une infirmière en psychiatrie la capacité d’accueillir la douleur morale d’un patient déprimé, et que cela passe par son écoute singulière qui n’a justement rien d’un protocole, c’est le même métier qu’exerce une infirmière en hématologie à l’heure de perfuser une chimiothérapie d’un patient en plein état de panique. A cet instant de la rencontre, aucune bonne pratique ne répond, il n’y a que la présence humaine dans la rencontre qui puisse traiter la douleur.

Dans ce combat pour des soins humains, les établissements psychiatriques qui ont obtenu une dérogation à faire partie d’un GHT ne sont que de petits ilots de résistance à la raison économique qui se cache derrière les « bonnes pratiques ». Mieux vaut en effet pour Bercy 24 séances de remédiation cognitive pour traiter un patient schizophrène, que de longues années d’hôpital de jour. Mais qui ne sait pas que lorsque le service universitaire a (évidement…) échoué à traiter la psychose à coup de protocoles de résonance magnétique transcrânienne, il renvoie le patient dans le secteur psychiatrique public ? C’est pourtant ce qui se passe, tous les jours. Les hôpitaux universitaires captent des budgets fléchés pour appliquer des protocoles de « bonnes pratiques », qui ne marchent pas, développer des centres expert dont l’expertise exclut tout le champ de la schizophrénie dite « résistante », et abandonnent les patients sitôt l’aveu de leur échec établi. C’est au nom de ces bonnes pratiques-là que l’on dit vouloir faire rentrer toute la psychiatrie en GHT, réduire ses budgets, régenter ses actes thérapeutiques, les contrôler. Où vont déjà, aujourd’hui, les patients psychotiques ? Ils sont renvoyés dans leurs familles, dans des GEM, en Belgique…

Alors que Mme Buzyn écoute enfin les soignants, les vrais, ceux qui donnent de leur corps, de leur voix auprès des patients, ceux qui donnent de l’oreille, qu’elle rabatte ses illusions scientistes, et que ses comités autoritaires de pilotage[7] de la psychiatrie se dissolvent et disparaissent ! Surtout, que tous les soignants en France se lèvent, et pas seulement les hôpitaux psychiatriques sous dérogation, tous les hôpitaux psychiatriques, tous les hôpitaux généraux, pour faire valoir que les « bonnes pratiques », c’est nous professionnels, qui les avons !

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Dr. Benoit Marsault

[1] https://www.apmnews.com/depeche/100696/309673/psychiatrie–entr e-ght–polyvalents-ou-non–et-derogations

[2] https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexteArticle.do?cidTexte= JORFTEXT000031912641&idArticle=JORFARTI000031913559&categorieL ien=cid

[3] https://www.lequotidiendumedecin.fr/actualites/article/2018/06 /28/agnes-buzyn-je-veux-favoriser-une-vision-moderne-de-la- psychiatrie-_859379,https://www.franceculture.fr/emissions/linvite-des-matins-2eme -partie/la-sante-cest-du-travail-entretien-avec-agnes-buzyn- ministre-des-solidarites-et-de-la-sante-2eme,https://www.franceinter.fr/emissions/l-invite-de-8h20-le-grand -entretien/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien-24-mai-2018, etc.

[4] https://www.apmnews.com/story.php?uid=100696&objet=308374

[5] https://www.franceinter.fr/emissions/l-invite-de-8h20-le-grand -entretien/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien-07- septembre-2018

[6] Ibid le quotidien du médecin : « Tous les établissements de santé mentale seront intégrés aux GHT, avec des projets partagés. Je veux favoriser une vision moderne de la psychiatrie. Elle doit répondre aux mêmes types d’évaluation et avoir les mêmes exigences de pratiques et de résultats que les autres disciplines. Pour avoir assisté à la certification des établissements de santé mentale, en tant que présidente de la HAS, on voit que les pratiques sont hétérogènes sur le territoire. Ça ne peut plus durer. »

[7] https://www.lequotidiendumedecin.fr/actualites/breve/2018/06/2

9/les-psychiatres-hospitaliers-publics-contestent-la- composition-du-comite-strategique-pour-la-sante-mentale-et-la- psychiatrie_859411

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AMPI 2018 XXXII Journées de Psychothérapie Institutionnelle

SE FORMER À LA RENCONTRE DU PROTOCOLE À L’ÊTRE AVEC…

AMPI 2018      Bulletin d’inscription 2018

Dans la psychiatrie du 21ème siècle, les débats théorico-cliniques ont disparu, créant un vide de la pensée occupé par un discours technicisé portant une conception organiciste de la pathologie psychiatrique, devenue maladie du cerveau.

Cette approche purement « objective » du Trouble psychique s’accompagne de « recommandations » de bonnes pratiques avec des conduites à tenir stéréotypées matérialisées par la multiplication de protocoles standardisés.

Utilisé dans la gestion du risque médico légal, ce type de protocole ignore la question de la rencontre avec l’autre. La déshumanisation du soin qui en résulte est un facteur de la dramatique augmentation de l’utilisation des chambres d’isolement et des liens de contention dans les unités de soin.

Et si l’objet de la psychiatrie n’était pas le cerveau mais la relation à l’autre ? Et donc l’outil de soin fondamental, la rencontre ? Être avec la personne malade, être à ses côtés, valoriser cette co-présence même sans rien « faire »….

Tel est l’objet de la psychiatrie, des soins psychiatriques.

Mais comment se forme-t-on à la rencontre ?

Le goût de l’autre, la curiosité, l’engagement ça s’apprend ? Et l’inattendu là-dedans ?

Le partage d’expériences participant de cet « apprentissage », rendez-vous aux journées de l’AMPI pour trouver ensemble le chemin de la rencontre…

 Participants à l’organisation de l’AMPI  :  Alain Abrieu – Evelyne De Fabrègues – Christiane Jacob- Hélène Moreau – Marie France Negrel – Henri Sadaoui – Marie-Claude Taliana- Jacques Tosquellas – Antoine Viader – Christine Steinmetz.                                                              Avec des membres des CEMÉA

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LA RHÉTORIQUE DU VIDE

Qu’advient-il quand la folie n’est plus considérée donc accueillie comme une souffrance à part entière, mais devient une menace à cadenasser illico ? 

Sandrine Deloche médecin pédopsychiatre                                              Pratiques, cahiers de la médecine utopique. Avril 18. N°81. « Souffrir »

Sur son visage, il y a la démesure de l’effroi. Vacillante, la voix raconte un état de faits cuisant.

« Ils étaient douze autour de moi, douze personnes pour m’attacher » dit-elle. « En deux minutes, plus de montre, plus rien, ça c’était très violent». Le regard reste effaré de cette affaire-là. L’art et la manière de l’hospitalité sont restés lettre morte. Quelque soit son expression, la crise déclenche un plan d’action qui agit au centuple l’effraction et la violence du malaise « incriminé ». Une scène de peurs intime et collective, inavouable pourrait-on dire, arme la contention dès le point d’entrée, les urgences, jusqu’aux services d’hospitalisation.

Le visage cherche en l’autre la reconnaissance de cet insensé. « Il faut parfois beaucoup de personnes pour imposer la contention » lui répond, en face, le juge des libertés et de la détention !! Il est là pour lui dire ses droits, et vérifier la procédure, malgré la sauvagerie qu’on lui raconte. Depuis 2011, ça doit avoir lieu dans les 12 jours de l’enfermement d’une personne en hôpital psychiatrique.

Le documentaire de Raymond Depardon, « 12 jours », nous rend témoins d’une dérive qui ronge les institutions soignantes : la déliaison aboutissant à la perte de sens, et vice et versa, au profit de l’implacable mécanisation de la procédure. Continuer la lecture de LA RHÉTORIQUE DU VIDE

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