L’AUSTERITE   NUIT GRAVEMENT A LA SANTE !!

Ou comment les processus des politiques néo libérales sont universels, et produisent les mêmes effets sur la santé publique dans tous les pays.

(Intervention au dispensaire d’Halandri , 19 Mars 2016)

Une des premières mesure des gouvernements néo libéraux est de réduire les  dépenses publiques ; une des premières conséquences est la réduction – ou suppression – des allocations chômages, des cotisations sociales des entreprises (là où elles existent) au nom de la « compétitivité «, des retraites et donc de précariser la protection sociale pour ceux qui en bénéficient.

En matière de santé, le choc de l’austérité est brutal : déremboursement des médicaments, des consultations médicales, majoration du « reste à charge »  (ce qui reste à payer par le patient, qui n’est pas pris en charge par la sécurité sociale) pour les hospitalisations et les soins médicaux.

Des prestations para médicales (kiné, orthophonie ) ne sont parfois plus du tout pris en charge , et certaines spécialités « couteuses »  sont de plus en plus mal remboursées (dentiste, ophtalmologie ).

 Les structures de santé sont aussi directement impactées par les politiques néo libérales, car des hôpitaux ou maternités de proximité ferment aussi, pour cause de « non rentabilité ». Continuer la lecture de L’AUSTERITE   NUIT GRAVEMENT A LA SANTE !!

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En psychiatrie, la déshumanisation à l’œuvre

En psychiatrie, la déshumanisation à l’œuvre

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Les révélations de Madame Adeline Hazan, Contrôleure Générale des Lieux de privation de liberté, à propos des entraves inouïes et systématisées aux libertés élémentaires découvertes à l’hôpital psychiatrique de Bourg en Bresse, provoqueront-elles, sans faire de mauvais jeu de mots, un électrochoc salvateur ?

« Nous n’avions jamais vu cela, détaille Adeline Hazan. Des pratiques centralisées, honteuses, et choquantes».(…)« Sidérée que l’Agence régionale de santé, que la Haute Autorité de santé, que les différentes commissions départementales, toutes ces structures, venues ces dernières années, voire pour certaines ces dernières semaines, n’aient pas observé ce que notre mission a vu. Et qu’elles n’aient, en tout cas, pas réagi. Cela me laisse sans voix», a t elle ajouté.

En clair, ce n’est pas un acte isolé mais, aux dires de la contrôleure, une dérive systématique, organisée. Ainsi, pour chaque patient, se tenait un cadre de soins intégrant les interdits, le tout formalisé au cas par cas par un document standardisé intitulé «prescription de restriction de liberté d’aller et venir». Interdiction de sortir, de fumer (ou alors une demi-heure par jour), interdiction de communiquer aussi. Le tout avec «un recours à l’isolement et à la contention utilisé dans des proportions jamais observées jusqu’alors et non conforme aux règles communément appliquées ».[1]

Aussi les connivences, les compromissions de l’ensemble des personnels sont insupportables et nous font honte, tant elles jettent l’opprobre sur toute une profession.

En tant que psychiatre, en tant que soignant, on ne peut se sentir que salis !

« Porter atteinte à un homme, c’est atteindre toute l’humanité ! ». Continuer la lecture de En psychiatrie, la déshumanisation à l’œuvre

GHT PSYCHIATRIE EN DANGER

GHT PSYCHIATRIE EN DANGER

Le Groupement Hospitalier de Territoire pour la psychiatrie

Quel non-sens !         Le secteur psychiatrique en danger

Le GHT condamne le secteur psychiatrique à une mort certaine. Je ne peux m’y résigner. Il sera englouti, avalé par cette grosse machine hospitalière annulant ainsi tout une période humaniste de la psychiatrie. Rien ne s’est fait sans lutte. Le secteur mis en place dans les années 60-70 est l’œuvre de tout une communauté de soignants militant pour une prise en charge globale du patient, dans un souci de lien entre l’hôpital et la cité. Ainsi un patient qui décompense est hospitalisé puis à sa sortie est suivi au CMP, avec la possibilité d’un accompagnement thérapeutique à l’hôpital de jour, au CATTP voire une mise en place de visites à domicile.

Ce continuum thérapeutique, véritable étayage soutient l’être souffrant en lui offrant des réponses à tout moment de sa vie. Il évite les hospitalisations trop longues, prévient des rechutes, l’enkystement des symptômes, la déshérence…

Le secteur permet de créer une enveloppe contenante entre le dedans et le dehors. C’est un repère, un appui. La circulation entre les différentes unités détermine un espace dans lequel le patient peut exprimer sa souffrance qu’elle soit passagère, réactionnelle ou chronique comme pour la psychose. Continuer la lecture de GHT PSYCHIATRIE EN DANGER

Appel à manifester le 9 avril 2016 pour une psychiatrie à visage humain !

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Appel à manifester le 9 avril pour une psychiatrie à visage humain !

Nous sommes quelques jeunes soignants en psychiatrie, désirant porter haut et fort notre mécontentement en ce qui concerne les GHT, la disparition du secteur, la dégradation des moyens pour accueillir et soigner, les pratiques de contentions et la restriction à une conception neuro-biologique de la pathologie psychique et sa sur-médicalisation majoritaire en psychiatrie.

Nous partageons le constat d’une dérive néo-libérale qui engendre de façon insidieuse, mais massive, la destruction du service public, éloignant du soin les personnes les plus fragiles et participant à un processus toujours plus marqué de leur précarisation, de leur exclusion et de leur enferment.

Les GHT instaurés par la nouvelle loi de santé, énormes machines bureaucratiques, engloutissant la psychiatrie de secteur dans l’hôpital général et les CHU, annulent définitivement la spécificité de la psychiatrie, comme cela a été le cas pour les formations des infirmier-ère-s et des médecins. Continuer la lecture de Appel à manifester le 9 avril 2016 pour une psychiatrie à visage humain !

Il faut en finir avec la psychiatrie fondée sur la contention

TRIBUNE       Publié dans le journal Libé.fr

le — 31 mars 2016 à 17:39

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Il faut en finir avec la psychiatrie fondée sur la contention

Les abus constatés récemment par Adeline Hazan, la Contrôleuse générale des lieux de privation de libertés, à l’hôpital psychiatrique de Bourg-en-Bresse, traduit une destruction générale, lente et progressive des soins en psychiatrie en France, au nom de l’efficacité économique et de la rigueur budgétaire.

Il faut en finir avec la psychiatrie fondée sur la contention
«Nous n’avions jamais vu cela», déclare la contrôleuse générale des lieux de privation de liberté, Madame Adeline Hazan, dénonçant : «Des pratiques centralisées, honteuses, et choquantes.» En France, en 2016, dans un hôpital psychiatrique ordinaire de l’Ain, des patients sont enfermés, sanglés, dépourvus de tout espace de liberté, abandonnés, maltraités. «Je suis sidérée que l’Agence régionale de santé, que la Haute Autorité de santé, que les différentes commissions départementales, toutes ces structures qui sont venues ces dernières années, voire pour certaines ces dernières semaines, n’aient pas observé ce que notre mission a vu. Et qu’elles n’aient en tout cas pas réagi. Cela me laisse sans voix.»

LIRE AUSSI :
Psychiatrie, l’enfer derrière les portes
Les médecins de cet hôpital et les universitaires qui les ont formés, les directeurs de cet hôpital et l’ARS, les experts de l’HAS (Haute Autorité de santé) et le directeur de l’HAS portent une lourde responsabilité dans l’assujettissement massif et systématique des patients de cet hôpital par le corps soignant. Comment a-t-on pu transformer un lieu de soins en lieu de détention voire de tortures, comment les responsables médicaux et administratifs de cet hôpital continuent-ils de minimiser cette enquête ? Hélas, la banalisation d’actes inacceptables, la soumission ou l’indifférence envahissent petit à petit un grand nombre d’équipes de soins. Continuer la lecture de Il faut en finir avec la psychiatrie fondée sur la contention

Communiqué de presse de la Fnapsy

Paris, le 24 mars 2016

Communiqué de presse

La Fnapsy remercie la Contrôleur Générale des Lieux de Privation de Liberté pour son action concernant le Centre Hospitalier Psychothérapique de l’Ain à Bourgen- Bresse. La Fnapsy avait alerté, il y a quelques années, sur les dysfonctionnements au sein de cette institution. Elle va suivre avec attention la suite donnée et le travail qui sera fait pour le respect des patients hospitalisés. La Fnapsy se félicite du démarrage au sein de la HAS d’une réflexion sur la contention en psychiatrie et espère que ces pratiques d’un autre âge n’auront plus cours.

Claude Finkelstein Présidente

Le Collectif des 39 soutient le mouvement de mobilisation à l’EPS de Ville Evrard

Le Collectif des 39 soutient le mouvement de mobilisation à l’EPS de Ville Evrard contre son intégration forcée dans un GHT.

BadgeLes GHT[1] ont pour seul objectif de restructurer l’ensemble des hôpitaux pour dégager les milliards d’économie devant financer le « Pacte de responsabilité ».

Dans ce mouvement les moyens (humains et budgétaires) de la psychiatrie vont dans un premier temps être redéployés vers la MCO.

C’est à terme la remise en cause d’une psychiatrie de Secteur fondée sur les principes de proximité et de continuité des soins.

Il s’agit de passer d’une clinique visant à soigner un sujet en souffrance au traitement de troubles et à la normalisation des comportements et des populations.

Certes, aujourd’hui la manière dont fonctionne le Secteur et dont sont soignés les patients ne nous satisfait pas. C’est pourquoi nous appelons à refonder la psychiatrie de secteur en replaçant le sujet au cœur du soin.

Cela suppose des moyens budgétaires et humains (en nombre et en compétences relationnelles psychothérapiques) accrus, particulièrement à Ville Evrard dont la dotation par habitant est nettement inférieure à la moyenne régionale

Cela suppose de rétablir une formation spécifique pour tous les soignants (psychiatres, infirmiers, psychologues,…) permettant d’appréhender le fait psychopathologique et la complexité des prises en charges.

Le Collectif des 39 s’engage à tout mettre en œuvre pour relayer votre action et mobiliser les professionnels, les patients, les familles, les citoyens pour la défense et la refondation d’une psychiatrie humaniste.

[1] Concernant notre analyse des GHT, voir le communiqué ICI

Des nouvelles du côté de Bourg en Bresse !

Des nouvelles du côté de Bourg en Bresse !

La Contrôleure Générale des Lieux de Privation de Liberté, Madame Adeline Hazan, ancienne maire de Reims, a rendu public le rapport qu’elle avait adressé à la Ministre de la Santé en février. Comme l’écrit le journal « La Croix » dans son édition du 16 mars 2016, il s’agit « dun rapport sidérant. Le récit de violences ordinaires, presque banalisées contre des personnes atteintes de pathologies psychiatriques ». Ces faits ont été constatés au centre psychothérapique (sic !!!) de l’Ain. Un établissement de 412 lits implanté en périphérie de Bourg-en-Bresse.

 Bourg en Bresse 2016 SM

Outre les « très graves » entraves à la « Liberté de circulation » – si chère à Jean Oury dans la perspective d’une dimension thérapeutique dans un cadre institutionnel -, les mises en pyjama systématiques, les contrôleurs ont constaté une banalisation des mises en chambres d’isolement et des contentions. Continuer la lecture de Des nouvelles du côté de Bourg en Bresse !

COMMUNIQUE DES 39 SUR LA MISE EN PLACE DES GHT

NON A LA LIQUIDATION DE LA PSYCHIATRIE DE SECTEUR !

Le Collectif des 39 a pris connaissance des nouvelles dispositions de la loi de Santé votée le 17 Décembre 2015 et en particulier de l’article 69 précisant la mise en place des Groupements Hospitaliers de Territoire. Cet article 69 non spécifique de la psychiatrie, vient pulvériser les illusions que le ministère avait pu semer pour faire croire qu’il préserverait la politique de secteur. Il va de fait restructurer sous prétexte de modernisation l’ensemble du tissu hospitalier (psychiatrie et MCO) dans un but évident de coupes budgétaires drastiques.

Nous rappelons que notre Collectif soutient le projet d’une psychiatrie fondée sur des valeurs d’hospitalité pour la folie. Nous avons tenu avec les CEMEA dans cette intention des Assises de la psychiatrie et du médicosocial en 2013, et nous avons participé à toutes les discussions initiées par le député Denys Robiliard chargé de mission pour la psychiatrie par Marisol Touraine. Nous avions lors d’un meeting réunissant 600 personnes le 1° Novembre 2014 à Montreuil, rappelé que le projet de loi était très loin des attentes exprimées lors des Assises par les professionnels, les patients et les familles. Nous aurions souhaité une loi-cadre en psychiatrie rappelant les spécificités de ce champ qui ne saurait se réduire à une approche biologique, mais suppose une ouverture vers les sciences sociales, la psychanalyse et la psychothérapie institutionnelle. Et plus généralement toute approche qui permette de penser et de prendre soin de la complexité de la vie psychique. Continuer la lecture de COMMUNIQUE DES 39 SUR LA MISE EN PLACE DES GHT

LÉROS, 25 ANS APRÈS

De l’enfermement psychiatrique dépassé vers un  univers concentrationnaire nouveau pour réfugiés et immigrés

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Le samedi 13 février 2016 s’est tenue à Athènes une journée d’échanges sur la base de l’argument suivant:  « 25 années se sont écoulées depuis l’initiative de transformation radicale et de désinsitutionnalisation de l’hôpital psychiatrique de Léros, un lieu inscrit dans la mémoire historique collective comme incarnation visible d’une barbarie inhérente à la psychiatrie dominante qui continue, en synergie diachronique avec des politiques étatiques qui lui correspondent, après même la condamnation sans appel de l’expérience de Léros, de fonctionner comme mécanisme de contrôle social, de forclusion de la subjectivité, de violation des droits et d’asservissement des personnes avec « problèmes de santé mentale ». Continuer la lecture de LÉROS, 25 ANS APRÈS