>«Le déni du transfert amène à transférer l’autorité soignante sur celle de la justice»

 

 

 

Les médias se déchainent : le conseil constitutionnel déclare une partie de la loi 1990 contraire à la constitution et ordonnent l’intervention des juges qui devra décider si un patient admis depuis plus de 15 jours en HDT doit le demeurer ou non
deux petits rappels :

 

– La constitution de la 5ème république est une des plus antidémocratique que notre pays ait connue, qu’elle fût dénommée « le coup d ‘état permanent » par d’illustres hommes de gauche et que tout programme un tant soit peu progressiste devrait inscrire au centre de ses propositions la constitution d’une nouvelle république . C’est dire combien nos sages ( ?) du conseil constitutionnel sont prescrits par une armature juridique bien souvent anti démocratique

 

– Ce n‘est pas la loi de 1990 qui empêche de soigner, ni cette loi qui autorise  des arbitraires insupportables, ni cette loi qui favoriserait des internements arbitraires, ni cette loi qui porterait attaque aux libertés fondamentales

 

Je soutiens que les principales attaques contre les libertés fondamentales en psychiatrie se situent dans un délitement grave d’un des principes républicains et démocratiques majeurs, issus de la grande guerre et de la création de la sécurité sociale : l’accès à des soins de qualité pour tous.

 

C’est cette dégradation gravissime qui entraine tous les abus, les inconséquences, les arbitraires.

 

Le collectif des 39 contre la nuit sécuritaire n’ a de cesse de l e répéter : la percée dans l’opinion et les médias du discours sécuritaire est la conséquence de l’abandon progressif de l’engagement des équipes soignantes dans des soins de qualité ; que cela soit  à cause du manque de moyens, à une formation misérable ou à une conception de la folie qui tenterait de lui dénier son caractère inhérent à tout fonctionnement humain.

 

Nous sommes en face d’une catastrophe sanitaire sans égal : les équipes soignantes sont écrasées et maltraitées par la bêtise et l’incompétence d’un système qui ne met plus le patient au cœur du processus de soins .

 

La Réforme de la loi de 1990 annoncée depuis deux ans  a été combattue par notre collectif : demande de moratoire dans un premier temps, dénonciation du projet Bachelot dans un second temps. Et tout cela pour des raisons très simples : seule une grande réforme de la psychiatrie  et non pas uniquement une réforme des soins sous contraintes pouvait éviter le pire.

 

Hélas nous ne pensons pas que ce gouvernement pouvait nous proposer une réforme progressiste…

 

Et voilà que le conseil constitutionnel s’en mêle, obligeant notre gouvernement à changer certains aspects de la loi de 1990 avant juin 2011

 

Et pour l’instant pour les patients en HDT : ainsi le juge déciderait pour les HDT et les préfets Pour les HO !!

 

Certains crient victoire : le pouvoir du psychiatre est ainsi « transféré »  aux juges. Qui peut ainsi crier victoire ? Les patients ? Les familles ? Les psychiatres ?

 

Que fera de ce pouvoir le juge ? Que sera cette nouvelle alliance juge psychiatre ? Mariage forcé, mariage arrangé ? Attelage de raison, de passion ? Quel intérêt pour les soins ?

 

Que vont devenir des soins régularisés par un juge ? que vont ressentir, penser ou vivre les patients qui seront à l’hôpital sur décision du juge ? 

 

J’avoue que j’aime bien savoir quand je fais un certificat d’HDT, que c’est avec l’équipe de soins et son engagement que vont se décider les soins, se vivre leur évolution, leur arrêt, leur poursuite : dans le transfert avec une équipe soignante

 

Or   le déni de ce  transfert  devient radical. Ce déni du transfert soignant amène à transférer l’autorité soignante sur celle de la justice.

 

Mais je dois être de ceux qui sont contre les libertés fondamentales puisque le cc en a décidé autrement…

 

Certains disent qu’il y a des scandales à l’HP ; exact sans doute. Mais croyez vous sincèrement que les juges vont stopper cela ? Pire encore quand une décision judiciaire entérinera une hospitalisation que certains trouveront injustifiée, ne croyez vous pas que le couvercle se refermera presque définitivement sur l’injustice ou la maltraitance ?

 

Ainsi, à mon sens, cette décision du cc en apparence favorable aux droits des malades mentaux risque d’être utilisée une fois de plus contre eux : la destruction des hôpitaux ira en s’accroissant, la place des équipes soignantes sera de plus en plus prescrite par une loi de la cité qui se trouvera de plus en plus en contradiction avec la loi de l’engagement dans les soins.

 

Nous n’avons pas besoin de juges mais de moyens, de formation, d’équipements, de discours valorisant et encourageant: telle est l’urgence en psychiatrie !

Toute autre loi serait faite pour amuser la galerie et pour éviter les vraies questions ; toute autre loi participerait , peu ou prou, à l‘organisation de cette catastrophe sanitaire

Ainsi  Le projet des soins sous contrainte en ambulatoire (enfermé chez soi, malgré soi), liberticide s’il en est,  risque de se trouver conforté par cette décision du conseil constitutionnel ! Paradoxe pour certains,  cruelle évidence pour d’autres dont je suis..

 

petit billet d’humeur…

 

Hervé BOKOBZA

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>Les sages placent l’internement sous contrôle judiciaire

http://www.conseil-constitutionnel.fr/conseil-constitutionnel/francais/actualites/qpc-decisions-du-26-novembre-2010.50738.html

 

http://www.liberation.fr/societe/01012304791-les-sages-placent-l-internement-sous-controle-judiciaire

 

Deux parmi de nombreux articles (voir ci dessus) reprennent la décision du conseil constitutionnel. Si nous en débattions ? Voici quelques propos récent pour ce qui est de M. B et plus ancien de Bonnafé, car cette question ne date pas d’aujourd’hui. A vos claviers .

Quelques réactions rapides en première lecture de la QPC : 

"En mettant la constitution (article 66) comme contradictrice à l’article 3212-7 de la santé publique, le conseil constitutionnel nous  rappelle que toute privation de liberté n’est pas chose normale, et a fortiori en psychiatrie.

Le premier intérêt de ce texte est de rappeler aux équipes de psychiatrie qu’elles ne sont pas au dessus des lois, malgré le fait qu’il y ait une spécificité légale de la contrainte dans cette discipline.

Cette QPC ouvre, à la demande de la requérante et de l’association de patients (GIA) la question de la judiciarisation qui n’est pas un débat tranché au sein du collectif des 39 puisque la judiciarisation, si elle propose d’introduire la psychiatrie dans le droit commun et de  considérer la privation de liberté psychiatrique comme toute autre privation de liberté, risque concrètement d’être en but à la paupérisation et l’engorgement du système judiciaire ainsi que le risque d’une justice et donc d’une contrainte à deux vitesses. Risque enfin de placer la privation de liberté en psychiatrie sur le registre uniquement du judiciaire plutôt que sur le registre clinique.

Ce qui serait intéressant : envisager la même démarche avec les HO et avec la circulaire donnant ordre aux préfets d’être plus que prudent avec les personnes ayant troublés l’ordre public.

Les perspectives ouvertes par cette décision du conseil constitutionnel :

– La déclaration d’inconstitutionnalité prend acte à partir du 1er août 2011. Dans le même temps, la loi actuelle re-visitée par le conseil constitutionnel montre bien que mis à part cet article qui va dans un sens trop contraignant pour les patients, la loi de 1990 est adaptée et ne nécessite pas de réforme, qui plus est dans un sens sécuritaire.

 – Une application sécuritaire de la psychiatrie (qui serait plus du gardiennage qu’un processus actif de soins) peut être remise en cause par les moyens légaux. Ce qui annonce des perspectives politiques intéressantes si l’hypothétique réforme de la loi de 1990 allait dans le sens sécuritaire annoncée par le projet de loi de mars 2010."

Mathieu Bellahsen

 

Voici un petit texte de rappel de bon sens (article 64 exit à remplacer, sinon le reste tient la route)

Pour mémoire, (n’oubliez pas les oubliettes)

"Il n'y à pas d'internements arbitraires, c'est l'internement qui est arbitraire"

voir l'entretien de Bonnafé en 1989: "Légiférer sur les fous"  http://antonin.blog.lemonde.fr/2006/01/14/2006_01_lgifrer_sur_les/

…L’un est l’aspect pénal, avec la mise en question de l’«Article 64». Il se dit là beaucoup de choses qui ont une très grande valeur, contre l’annulation des actes du «fou». Il est bien heureux que se livrent ces «levées de boucliers» contre les positions sur-aliénantes de dé-responsabilisation en chaîne. Mais le fait que ça renvoie à l’immense problématique globale de responsabilité/punissabilité de tous les citoyens reste (je dirai : «par force») plus enseveli encore que le renvoi aux droits de tous les citoyens pour l’« au-delà de la Loi de 38 ». On ne creusera jamais avec assez d’attention la problématique profonde sur «folie et délinquance», mais il n’est pas de bonne méthode de subordonner le débat sur «Loi et folie» à ce registre. On pose mieux la question de fond, celle du statut anthropologique de la folie, en n’enflant pas les mythes du «fou dangereux» et en mettant au premier plan les droits ordinaires des «déments» ou «aliénés», comme on les nommait, à être traités dans la loi commune. Comme les vieux, etc…

L’autre aspect, sur lequel on ne saurait manquer de fermeté, mais où l’important est dans le contexte, est la question de l’internement arbitraire. Le fait est que, dans son traitement ordinaire, elle est surtout utilisée pour empêcher de comprendre que c’est l’internement qui est arbitraire. Le discours commun est envahi de protestations contre le fait que des gens, dont on dit, par exemple très significatif, qu’«ils n’ont rien à se reprocher», soient placés chez les horribles « fous ». En somme, de quoi entretenir chez les bonnes âmes que traiter les «vrais fous» comme on les traite n’a rien de scandaleux. J’ai là, en mémoire, deux révoltes anti-démagogiques passant dans les plus mal-audibles des combats. Comment lutter contre les aberrations répressives de la psychiatrie dans les « pays socialistes » sans dire, en même temps, que protester contre le fait de mettre des «gens bien» chez les fous est aberrant si l’on en profite pour entretenir l’horreur des «vrais fous». Et aussi, comme le cas Camille Claudel en a fourni une occasion récente dans l'histoire, combien il peut être aberrant de parler du sort et de la mort des internés géniaux pendant la guerre en ignorant et faisant ignorer qu’ils furent des victimes comme les autres, les 40 000 «oubliés ».

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>Doit-on professionnaliser les pairs-aidants ? (article à paraître dans le prochain numéro de Rhizome)

Que de changements dans l’implication des usagers de la santé et plus spécifiquement de la psychiatrie depuis les pionniers du « self help », dans les années trente aux Etats-Unis, avec l’émergence du mouvement des « alcoholics anonymous ». L’apparition du sida, cinquante ans plus tard, a donné un essor considérable à cette notion, et aux USA comme en France, elle a conduit certaines associations à des engagements militants sur le plan social et politique

En psychiatrie, le concept d’usager a été préféré par les intéressés à celui de patient. Deux catégories se positionnent en fait comme usagers, les familles regroupées au sein de l’UNAFAM et les usagers eux-mêmes regroupés au sein de la FNAPSY.

Depuis la loi du 4 mars 2002 sur les droits des usagers, ils siègent dans les conseils d’administration des hôpitaux et dans les commissions de conciliation, devenues ensuite les commissions des relations avec les usagers et de la qualité des soins (CRUQ), ce qui pose immédiatement la question de la formation de ces représentants si l’on ne veut pas qu’ils ne soient qu’un alibi.

Mais à côté des ces fonctions représentatives, la question de l’entraide a été centrale dans le développement tant de l’UNAFAM que de la FNAPSY et très vite s’est posée la question des aidants : aidants-familiaux pour l’UNAFAM, pair-aidants pour la FNAPSY qui avait développé, avant même l’instauration des Groupes d’entraide mutuelle, des formes d’entraide évoquant les pratiques des Club-houses anglo-saxons.

La création des GEM a officialisé ces pratiques et permis de les développer sur une plus grande échelle. Cette innovation a constitué une avancée majeure, par ce qu’elle implique de changement de regard sur les personnes soignées en psychiatrie. Elle a permis de constater une foultitude de situations qui confirme la pertinence de cet outil de solidarité et de facilitateur de lien social qui se démarque de tout objectif thérapeutique.

Il est apparu flagrant, avec ces GEM, que des patients qui vivent des périodes de stabilisation ou de rémission prolongées, peuvent constituer une composante d’appui pour d’autres patients ? On le constate quotidiennement lorsqu’un un adhérent sait suggérer à tel autre adhérent de reprendre contact avec son psychiatre, trouver les mots qu’il faut pour tel autre qui vit un moment difficile, prendre l’initiative avec d’autres usagers d’aller chercher à son domicile celui qui ne donne plus signe de vie depuis quelques jours.

Si l’idée de « pairs-aidants » va ainsi de soi, les choses deviennent plus compliquées lorsqu’il s’agit de vouloir leur donner un statut. Car cette possibilité d’entraide souvent très subtile, se nourrit de l’expérience vécue et de la capacité de la partager et non d’une place définie dans un dispositif aussi pertinent soit-il. Le pair-aidant est avant tout une situation qui se décline au participe-présent : c’est un gérondif, mais ça ne saurait être un statut qui irait sûrement à l’encontre de cette solidarité partagée.

Faut-il pour autant en rester là ? Car en effet, la FNAPSY s’est engagée dans une expérience de formation d’usagers baptisée « formation de médiateurs de santé-pairs », soutenue par le CCOMS et financée par la CNSA. L’idée de former des usagers dont certains ont pris des responsabilités dans les GEM ou sont même devenus animateurs est tout à fait légitime en soi, mais en revanche nous nous interrogeons, lorsque nous lisons dans le projet de cette formation qu’il s’agit d’intégrer « un nouveau type de professionnels dans les équipes soignantes ». Il nous semble que cela va introduire des confusions dont ni les pairs-aidants, ni les professionnels du soin ne tireront bénéfice. C’est justement le fait que ces pairs-aidants ne sont pas des professionnels, mais justement des pairs qui leur donnent cette pertinence dans l’accompagnement de certains des leurs. Les mettre en position de soignant, même s’il s’agit d’un nouveau type, c’est quelque part les invalider en tant que pair. Sans compter le risque des financeurs omniprésents qui trouveront là une opportunité pour réduire le nombre de postes de soignants.

Cela ne veut pas dire qu’il ne faille pas leur proposer des formations, cela ne veut pas dire non plus qu’on leur refuse cette position particulière d’expert dont parle Claude FINKELSTEIN : " Nous devenons experts de notre pathologie et partenaires avec les experts que sont nos thérapeutes, écrit-elle. La mise en synergie de ces deux expertises, dans le respect mutuel, est pour nous la véritable alliance thérapeutique sans laquelle notre vie devient un enfer ». J’irais même plus loin en affirmant qu’ils peuvent être aussi des experts dans la formation des professionnels. Je pense, qu’avec la prudence qui s’impose, il faut absolument leur donner la parole dans les cursus de formation des soignants, y compris celle des psychiatres. Mais toujours en tant qu’usagers, car ceux qui deviennent des soignants, et il y en a, sont alors dans une autre position que pair engagé dans une démarche « d’empowement » comme l’on dit aujourd’hui.

Lorsque l’on prend connaissance d’une étude récente cofinancée par la Fondation de France et soutenue par la FASM Croix Marine [1]sur l’accueil des familles des jeunes adultes hospitalisés en psychiatrie, on voit d’emblée l’intérêt de concevoir des médiateurs de santé, tant pour les patients que pour les familles, mais n’en faisons surtout pas des soignants. Cela ne veut pas dire qu’il ne faille pas les rémunérer, mais ayons un peu d’imagination pour qu’on leur laisse leur place particulière à côté et en synergie avec les soignants dont ils peuvent par ailleurs contribuer à faire évoluer les pratiques.

Il me semble que si cette initiative est intéressante, il faut repenser néanmoins le statut de ces futurs-médiateurs pour leur laisser leur place originale et précieuse de pair et se méfier du risque de récupération de cette démarche dans une logique de soins à l’anglo-saxonne

RHIZOME

[1]Pratiques en santé mentale 2010 n°4

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>Les pairs aidants, peut-on séparer le «cure» du «care» ?

Ce concept vient du Québec et consiste en une participation de personnes en souffrance psychique au rétablissement d’autres personnes également en souffrance psychique. Des expérimentations sont en cours actuellement en France sur trois sites : Paris, Lille, Marseille.

Suite à une formation à Paris 8 niveau master, les patients vont devenir des experts. Ces formations tiennent-elles compte de la singularité des patients ? N’ y a-il pas un risque que les pairs aidants ne soient pas là pour soigner mais pour montrer le bon exemple, driver, coacher, ceux qui ont le mauvais goût d’être en rade, qui sentent mauvais, sont incuriques comme le disent les manuels?

Cela coûte trop cher de fabriquer des lieux de soin. Et en plus, ceux qui existent déjà sont de plus en plus inhumains et inefficaces. La vision purement gestionnaire n’aboutit-elle pas à la décharge sur les patients d’un souci de la société et au renforcement du clivage entre le cure et le care déjà institutionnalisé dans la séparation entre le sanitaire et le médicosocial ?

La vision médico centrée culturelle et idéologique actuelle, soutenue par la santé mentale positive, participe de la division du soin en «cure», art noble prodigué par des professionnels du soin et en «care» relevant des professionnels du médicosocial chargés de l’accompagnement du handicap psychique».

Cette division du travail de soin, en cure et care, dans nos Établissements psychiatriques cloisonne les travailleurs en fonction de leurs statuts professionnels, norment et bornent leurs interrelations avec les patients. Ce client usager en « cure » à l’hôpital, en devenir de handicapé psychique sera bientôt accueilli dans la cité par le secteur médicosocial, totalement séparé du sanitaire.

Le soin est une fonction collective. Prise de position radicale qui insiste sur le fait que le soin n’est pas prodigué seulement par ceux qui ont un statut de « soignant » mais aussi par les patients eux-mêmes, les familles, les amis et tous les employés de l’établissement de soin, du jardinier au Médecin-chef. Chacun participe de l’entreprise thérapeutique quel que soit son statut et son rôle.

Ce travail fait par les patients n’est pas un emploi, il n’est pas salarié, il peut être considéré comme un travail psychothérapique. Ce potentiel soignant, la plupart du temps complètement écrasé, est un opérateur de désaliénation sociale de l’Établissement par la mise en mouvement du rôle, du statut et de la fonction de chacun.

La responsabilisation et la mise au travail des patients par le partage des tâches de la vie quotidienne dans l’Établissement a posé des questions à ses promoteurs qui ont inventé les Comités Hospitaliers Croix Marines en 1953 aux journées nationales de Pau. Structure associative indépendante passant un contrat ou une convention avec l’administration de l’hôpital en ce qui concerne leurs responsabilités dans la vie sociale et le travail thérapeutique dans l’établissement.

Les Comités Hospitaliers sont les opérateurs d’une double articulation Établissement-Comité Hospitalier-Club thérapeutique. Cela ouvre à l’intérieur de l’établissement, pour les patients, des espaces et des activités cogérées avec le personnel au sein du Club thérapeutique.

En 2002, une commission de la fédération Nationale de croix marine s’est d’ailleurs battue avec détermination pour que cette possibilité juridique soit maintenue bien que, pour bon nombre, ce type de structures soient obsolètes.

La disparition des clubs thérapeutiques est renforcée par cette nouvelle vision du sanitaire, totalement clivé du médicosocial. Dans cette nouvelle idéologie, les GEMS sont d’ailleurs une manifestation directe de la disparition des clubs intra-hospitaliers.

La création d’un nouveau statut socioprofessionnel, de pair aidant, participe de l’écrasement de cet outil subtil de responsabilisation des patients : en statufiant certains en expert, on individualise une fonction collective qui se dénature du soin pour devenir normative.

Le traitement des maladies mentales n’est pas une mise aux normes qui participe d’un contrôle social. Un premier niveau d’asepsie consiste à travailler les effets pathoplastiques de l’aliénation sociale qui en surajoute à l’aliénation mentale si nous confondons le rôle, le statut et la fonction. Nous le répétons : le soin est une fonction collective et non pas un statut individualisable.

Prenons un exemple de cette vision médico centrée. Dans un hôpital psychiatrique, selon l’ARS et les protocoles d’accréditation, les médicaments doivent êtres distribués par des infirmiers et seulement des infirmiers : c’est du soin au sens «noble». Mais quand le patient rentre chez lui, qui lui donne ses médicaments ? Et quand il est à l’hôpital, qu’il est réticent et qu’il refuse de les prendre, il faut le contraindre et parfois avec force. S’il a un bon contact avec une personne qui n’est pas infirmier, la division statutaire du soin écarte ce possible recours à une approche en douceur.

Un patient accompagne plusieurs fois par jour son voisin de chambre en chaise roulante jusqu’à la salle à manger ou dans différents ateliers. Une autre apporte tous les jours le plateau-repas d’une patiente âgée qui a du mal à se déplacer. Un autre conduit la navette plusieurs fois par semaine et n’oublie pas de faire les courses d’un copain. Cela n’est-il pas du soin ? Et puis tel autre convainc son copain de chambre de ne pas fuguer, de prendre son traitement, de participer à des activités. Cela n’est-il pas du soin ?

Il est à noter le remarquable travail fait par les chercheurs autour de cette notion de care qui met en visibilité un aspect du soin qui ne se voit pas si l’on n’y fait pas attention. Ce travail invisible est d’ailleurs la plupart du temps bénévole et incombe à ceux « qui ne peuvent pas ne pas », c’est-à-dire aux femmes, aux mères et belles-filles quand il s’agit de l’univers familial.

Il faut aussi se rappeler que la dernière « victoire » des infirmiers psychiatriques a été de pouvoir arrêter de faire le ménage, les toilettes… et se consacrer aux entretiens et aux visites à domicile. Le partage des tâches suivant leur valeur symbolique est un phénomène aliénatoire contre lequel il faut lutter en permanence.

La sollicitude et le souci de l’autre, cela ne peut pas se séparer du cure. Le care n’est pas un état d’esprit, c’est un geste, approcher discrètement un fauteuil de la table pour que le patient soit à l’aise tout en respectant sa dignité. Cela paraît totalement insensé de vouloir séparer le cure et le care dans le travail réel en institutionnalisant cette fonction en statut comme certains de nos politiques en font la promotion.

L’hospitalité pour la folie à l’hôpital psychiatrique souffre de cette destruction du lien social opéré par ces protocoles déshumanisant assignant chacun selon son statut à un rôle figé. Alors que l’on a des outils thérapeutiques qui permettent d’intriquer le cure et le care.

Des pairs qui aident des pairs, c’est la vie quotidienne dans un lieu de soin qui développe les principes de bases des clubs thérapeutiques : La lutte contre les préjugés d’irresponsabilité et de dangerosité des malades mentaux mais, aussi, et surtout, la gestion collective de l’ambiance et de la vie quotidienne.

C’est un travail de soutien, d’accompagnement, qui n’est pas reconnu comme outil primordial de soins dans la plupart des structures où chacun est à la place où son statut le fige, écrasant la polysémie des existants que nous sommes.

Untel se met à parler de ses vécus délirants ou hallucinatoires seulement avec tel autre, parce que c’est un autre, accessible à son vécu intérieur, à qui il se fie. Parfois ce tel autre possible c’est le cuisinier. Mais comment le rencontrer s’il est physiquement isolé dans son laboratoire cuisine, obéissant aux dernières normes hyper sécure du cheminement protocolisé de la chaîne alimentaire. Chaîne parmi les autres qui l’enferment dans son statut et fait disparaître ce possible existant ouvert à la rencontre d’un sujet errant dans le délire et le nulle part.

Le statut de pair aidant risque de continuer l’ écrasement de cette polysémie du travail avec la folie et du travail des fous. En statufiant cette fonction soignante portée, en partie, par les patients, il marque d’une certaine façon le déni de cette possibilisation. Il détourne et instrumentalise la mise en visibilité de ce travail de care fait par des chercheurs engagés dans un travail de désaliénation sociale.

Qui sera choisi pour advenir à un tel statut socioprofessionnel ? Serait-ce la réapparition des « bons malades », les plus obéissants, les plus travailleurs et les plus compliants aux normes, ceux qui touchaient le pécule le plus élevé ?

Un tel projet de statut professionnel sous-payé extirpant du collectif cette fonction soignante qui se devrait d’être généralisé, écrase la hiérarchie subjectale au profit d’une hiérarchie objectale de contrôle et d’assujettissement aux nouvelles normes du bien-être psychosocial.

P. Bichon

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>Documentaire sur Public Sénat : questions sur la place du malade mental

Le Quotidien du Médecin 19 11 2010

La chaîne parlementaire Public Sénat propose lundi soir (22 novembre) la première diffusion d’« Un monde sans fous »*, un documentaire riche et militant, qui explique comment le rêve humaniste de désaliéner la santé mentale a engorgé les hôpitaux, jeté les psychotiques dans la rue et désorienté les familles.

CARRIÈRES-SUR-SEINE, rue de l’Égalité. La caméra suit une femme qui part déposer des fleurs dans un drôle d’endroit. C’est un squat où a vécu pendant 26 ans son frère Sulleman. Diagnostiqué schizophrène depuis son adolescence, il est mort à l’âge de 42 ans dans la rue, après avoir erré de foyer en foyer, « incompris par la société », peste sa sœur. Cette tragédie aurait pu être évitée, affirme-t-elle, « si une aide psychologique avait été apportée à sa famille ainsi que des structures adaptées ».

Quelle place notre société réserve-t-elle donc encore aujourd’hui à la maladie mentale ? C’est la question, vaste et complexe à laquelle ce documentaire riche et ample donne quelques bonnes pistes de réflexion.

50 000 lits fermés.

Il y a 50 ans, raconte la voix off, la psychiatrie publique avait progressivement ouvert la porte des asiles, rêvant d’installer le soin psychique au plus près de la vie des patients, hors de l’hôpital. Preuve par l’image : direction Reims, où l’application de ce (beau) principe a fonctionné. Frédéric témoigne comment, grâce aux appartements thérapeutiques puis aux appartements « protégés », il a pu revenir à la vie. On entre également dans les murs du centre médico-psychologique Antonin Artaud. « Ici, toute la population du secteur peut recevoir des soins psychiatriques, même en urgence », explique Christophe Ponsard, infirmier. Bien conscient des limites du dispositif, le Dr Patrick Chemla, psychiatre, explique que « le côté trop chaleureux du Club thérapeutique peut persécuter (les patients), ils peuvent avoir besoin quelquefois d’aller à l’hôpital, dans un lieu très très cadré ». Trop d’ouverture peut tuer l’ouverture, en quelque sorte. Il est bon d’en faire usage avec tact et mesure.

Depuis les années 1970, 50 000 lits ont été fermés en psychiatrie publique, sans que suffisamment de structures alternatives de prise en charge aient vu le jour, rappelle le documentaire. Les hôpitaux publics en déserrance ne gèrent plus qu’un flux tendu de patients en crise. Le film montre aussi que la maladie mentale repose de plus en plus sur l’associatif et les familles, souvent dépassées. « Il faut savoir jongler », déplore la mère d’un malade, quand son fils, en crise, a besoin d’un lit d’hôpital.

Surgit alors l’équation dramatique « Pas de lits + Pas d’hébergement car pas de revenus = à la rue ». « On espère ne pas voir ce qui s’est passé aux États-Unis, à savoir la mort des psychotiques dans la rue », s’inquiète Roland Raboin, infirmier psychiatrique du réseau Souffrances et précarité. On estime en effet que le tiers des SDF souffrent de maladies mentales.

« On a confondu une réforme fondamentale de l’asile avec la destruction de l’asile », résume le psychiatre Hervé Bokobza.

Qui a les clefs ?

Le micro est aussi tendu aux juristes. « Le parcours du fou est relativement bien balisé, explique Serge Portelli, vice-président du TGI de Paris. C’est une sorte d’allers et retours entre la rue, le foyer, ce qu’il reste de l’hôpital psychiatrique, la prison et nous, juges. Nous jouons un rôle assez bien huilé dans le système. » La présidente du syndicat de la magistrature, Emmanuelle Perreux, dénonce, elle, une « justice automatisée ». « On juge un acte » (pas une personne).

Le reportage évoque aussi les méthodes comportementalistes, avec l’exemple de Créteil, où la priorité est donnée à l’efficacité pragmatique pour atténuer le handicap et donc accélérer la réadaptation des patients au monde du travail. Il montre encore un jardin thérapeutique. « Qui a les clefs du hangar ? », comme il dirait « Qui a les clefs de la psychiatrie ? », demande un interne(-jardinier) en psychiatrie, convaincu par cette méthode douce, au long terme et non exclusivement médicale.

Le journaliste Philippe Borel, traverse l’Atlantique et montre l’alliance entre les neurosciences et la cybernétique. Chapitre sciences et recherche. Retour en France. Le Pr Yves Agid, directeur scientifique du tout nouvel ICM (Institut du cerveau et de la moelle épinière) s’enthousiasme de son côté, casque de sécurité vissé sur la tête à l’occasion d’une visite du chantier (du futur institut), sur « le formidable boum de la prise en charge des malades psychiatriques dans les années à venir. J’envie la jeune génération de chercheurs en psychiatrie ».

On ne sait pas trop s’il y a vraiment à envier quelque chose.

AUDREY BUSSIÈRE

Le documentaire « Un monde sans fous ? » sur Mediapart

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>Le trouble déficitaire de l'attention avec hyperactivité : faits et interprétations politiques.

François Gonon (directeur de recherche CNRS) et Annie Giroux-Gonon (psychologue, psychanalyste)
Contact: francois.gonon@u-bordeaux2.fr

Le trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité (TDAH) est en France un sujet de polémiques. Celles-ci ignorent souvent l’évolution rapide des données et des idées en matière de TDAH dans la littérature internationale. Un article récent(1) fait le point de cette évolution. Notre but ici est de présenter cet article puis d’en tirer quelques conséquences au niveau individuel et social.

TDAH: données récentes des neurosciences et de l’expérience nord-américaine.
En Amérique du Nord, le TDAH représente le trouble psychique le plus fréquemment diagnostiqué chez l’enfant avec une prévalence de 7 à 9 %. La prescription de psychostimulants (amphétamine, ritaline) y touche des populations importantes depuis trois décennies. La neurobiologie est souvent mise en avant pour justifier cette prescription: le TDAH serait dû à un déficit de dopamine (et/ou de noradrénaline) que viendrait corriger ces médicaments. La littérature récente remet en question cette hypothèse déficitaire(2). En l’absence de théorie neurobiologique solide, l’origine biologique du TDAH est souvent affirmée en raison de sa forte héritabilité (75 %). Cette héritabilité est estimée par des études de vrais et faux jumeaux et suggère que des prédispositions génétiques pourraient favoriser l’apparition du TDAH. Cependant, ces études ne font pas la différence entre facteurs génétiques purs et interactions entre gènes et environnement. Selon ce même type d’études, la tuberculose présente aussi une forte héritabilité (80 %). Par conséquent, contrairement à ce que véhicule les médias, « héritable » ne veut pas dire « avoir des causes génétiques ». De nombreux facteurs environnementaux augmentent le risque de TDAH: faible niveau économique et d’éducation des parents, naissance prématurée, mère adolescente, excès de télévision entre 1 et 3 ans. Inversement, si la mère a fait des études supérieures, le risque est diminué. Par conséquent, un renforcement des crèches et des écoles maternelles dans les quartiers les moins favorisés serait sans doute l’une des mesures les plus efficaces pour prévenir le TDAH(1).

Les études récentes confirment que la ritaline (seul médicament autorisé en France) est relativement bien tolérée et améliore l’attention chez les 3/4 des enfants souffrant du TDAH. Cependant, ces enfants présentent à long terme un risque accru de toxicomanie, délinquance et échec scolaire. Les études nord américaines récentes montrent que le traitement par la ritaline n’a aucun effet, en positif comme en négatif, vis-à-vis de ces risques. Par contre les interventions psychologiques et sociales en direction des enfants et de leurs parents diminuent efficacement ces risques ainsi que les troubles souvent associés au TDAH (anxiété, dépression, troubles externalisés). Le ministère de la santé de Grande-Bretagne recommande en première intention un soutien psychologique et éducatif en direction des parents. La prescription de ritaline devrait toujours être associé à ce soutien et être réservée aux enfants les plus en difficulté.

La situation française est très différente des USA puisque les médecins généralistes ne sont pas habilités à poser le diagnostique de TDAH et que le pourcentage d’enfant traité par la ritaline est en moyenne inférieure à 1%. On peut donc supposer que la prescription de ritaline entraîne en France des effets à longs termes plus souvent bénéfiques qu’aux USA, mais cette hypothèse n’a pas encore fait l’objet d’une étude. L’expérience américaine d’un effet nul, en moyenne, du traitement médicamenteux du TDAH vis-à-vis des risques à long terme suggère que si certains enfants ont tiré bénéfice du traitement, d’autres ont vu leur état s’aggraver. Une étude française va dans ce sens(3).
Conséquences face aux difficultés d’un enfant particulier

Les psychanalystes ne s’étonneront pas de deux conclusions issues de l’approche pragmatique anglo-saxonne. Premièrement, les symptômes du TDAH sont plus fréquents dans certaines familles même si cette répétition n’a pas grand-chose à voir avec la génétique. Deuxièmement, le plus efficace pour aider l’enfant en difficulté, c’est de soutenir ses parents. Les méthodes de soutien préconisées aux USA (e.g. méthode Barkley) consistent surtout en conseils éducatifs de bon sens. Un soutien inspiré par la psychanalyse n’est nullement incompatible avec ces conseils, mais il va plus loin car la psychanalyse permet de lever les obstacles inconscients qui empêchent les parents de mettre en pratique ces conseils.

En France, sur le principe, tout le monde est d’accord pour affirmer la nécessité d’associer à la ritaline un soutien aux parents. Malheureusement, en pratique, il est plus facile de prescrire de la ritaline que de mettre en oeuvre ce soutien. La tentation est donc grande de se limiter au médicament. L’expérience américaine montre que, si le soutien aux parents n’est pas possible, le traitement par la ritaline est inefficace et donc, potentiellement nuisible.
Conséquences sociales et politiques

En tant qu’entité diagnostique le TDAH résulte beaucoup plus de l’existence d’un médicament et d’une négociation sociale que des avancées de la psychiatrie biologique. Qu’on y adhère ou non ce diagnostic se généralise en France en même temps que le discours sur l’égalité des chances. La démocratie américaine s’est fondée sur l’égalité des chances à la naissance et la méfiance vis-à-vis du pouvoir de l’état. Comme cette idéologie se heurte à la réalité d’une injustice sociale croissante, la psychiatrie biologique est convoquée pour démontrer que l’échec social des individus résulte de leur handicap neurobiologique. Au nom de l’égalité des chances, la société américaine autorise alors chacun à faire valoir les droits que lui confère son handicap (éducation spécialisée, etc). Le TDAH, conçu comme un désordre neurologique d’origine principalement génétique, est donc une réponse sociale, adaptée à l’idéologie américaine, face aux questions réelles posées par l’injustice sociale vis-à- vis de l’échec scolaire et de la délinquance. Elle conduit logiquement à proposer un traitement précoce et un soutien renforcé en direction des seuls enfants diagnostiqués comme handicapés par le TDAH.

Face à l’échec scolaire et la délinquance, le Danemark et la Suède ont fait des choix radicalement différents(4). Pour eux l’état doit s’efforcer de compenser dès la petite enfance les conséquences de l’inégalité économique et éducative des familles. En conséquence les congés de maternité rémunérés sont longs (alors qu’ils n’existent pas aux USA) et l’accueil de tous les enfants de 1 à 6 ans dans des structures collectives est garanti par l’état quel que soit le niveau de revenu de la famille. La qualité des structures accueillant les enfants de 1 à 3 ans est particulièrement renforcée (un adulte pour 3 enfants). Ce système coûte cher, mais il représente un investissement très profitable à long terme pour la collectivité car il diminue l’échec scolaire (pourcentage d’enfants en dessous du niveau scolaire minimum: Danemark 5 %, France 7 %, USA 18 %)4.

Alors même que les preuves de l’inefficacité de la politique américaine commencent à apparaître dans la littérature spécialisée, le discours sur les causes biologiques du TDAH et sur l’égalité des chances envahit le champ médiatique français. Nous le regrettons et espérons que ces quelques réflexions permettront de clarifier les polémiques françaises autour du TDAH.

1. Gonon, F., Guilé, J. M. & Cohen, D. Le trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité: données récentes des neurosciences et de l’expérience nord américaine. Neuropsychiatrie de l’enfance et de l’adolescence sous presse (2010). Cet article peut être demandé à francois.gonon@u-bordeaux2.fr
2. Gonon, F. The dopaminergic hypothesis of attention-deficit/hyperactivity disorder needs re-examining. Trends in Neuroscience 32(1), 2-8 (2009).
3. Combret, R. Les effets de la ritaline sur les plans du comportement et du fonctonnement mental chez l’enfant hyperactif. Neuropsychiatrie de l’enfance et de l’adolescence in press (2010).
4. Esping-Andersen, G. Trois leçons sur l’état providence (Seuil, Paris, 2008).

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>Habiter poétiquement le monde : exposition à Lille du 30/09/10 au 30/10/11

Lille Métropole Musée d’art moderne d’art contemporain et d’art brut

À travers plus de 350 œuvres, l’exposition Habiter poétiquement le monde met en avant la façon dont des artistes, mais aussi des écrivains et des cinéastes, décrivent et interprètent leur présence au monde.
« Telle est la mesure de l’homme. Riche en mérites mais poétiquement toujours, sur terre habite l’homme », écrit le poète Friedrich Hölder lin. Création et quotidien ne sont pas séparés, mais se confondent ; déambulation, errance, disparition, accumulation, performance sont à l’origine de la constitution d’espaces réels et imaginaires ayant la capacité, selon les nécessités qui président à leur création, de s’ouvrir ou de se refermer sur l’extérieur.
Transversale (art contemporain et art brut), constituée de multiples échos et associations entre des œuvres et des documents d’archives issus de contextes très divers sur plus d’un siècle, l’exposition est conçue « en constellation », comme une promenade à travers les différents espaces du musée (salles d’exposition, auditorium, parc, site Internet).

L’exposition rassemble des œuvres qui, pour certaines d’entre elles, sont familières des salles de musée, quoiqu’elles y soient parfois entrées par des portes dérobées, ou qu’elles continuent d’y résister ; d’autres y entrent pour la première fois, et leur rencontre inattendue per met d’interroger les définitions mêmes de l’acte artistique, du geste esthétique, de l’expérience poétique.
Elles relatent des gestes d’archives de soi et du monde, des cartographies et des traces d’expérience, documentent des relations, parfois erratiques voire douloureuses, entre l’individu et son environnement. Elles constituent enfin des formes de performance de la vie même, des dispositifs d’expression, de transmission et de communication, à la fois ouverts vers l’autre et néanmoins constitués en systèmes propres parfois complexes à déchiffrer.

Parcours dans les villes, longue traversée des paysages, marches sans but apparent, nomadisme voulu ou subi : l’artiste comme l’écrivain voyageur prend la mesure du monde, de l’étendue, établit les rapports entre le mot et le dessin, entre le geste et le tracé. L’artiste « essaie le monde », comme écrit Thomas Hirschhorn, et le poème devient un espace où se joue la possibilité de sa propre disparition ou dissolution. Il est tantôt, ou simultanément, construction qui prend forme dans l’espace réel, et trajectoire cursive, sismographie éphémère.

Cette ouverture du réel peut conduire l’artiste à se trouver dans un espace de type interstitiel : être physiquement ici et maintenant, mais traversé et pris dans un temps où passé et futur se confondent. Que le voyage soit physique ou intérieur, la mise en tension ou quelquefois « mise en perte » du réel est transmise ou relatée, comme un journal de voyage. Le quotidien ne se sépare plus de l’œuvre ni du regard. Les frontières entre intime et commun se brouillent dans une mise en doute de ce qui semble communément partagé. « L’habité poétiquement » détourne les gestes quotidiens en apparence les plus évidents, les théâtralise ou révèle leur étrangeté et leur normativité. Il fait appel, comme le dit Pierre Dhainaut, à l’esprit d’enfance, qui permet, sans confort, de vivre le monde comme poème.

Au croisement de l’exposition Habiter poétiquement le monde et des collections permanentes, les visiteurs pourront également découvrir les premières expositions Théma art moderne et art brut : Portraits d’artistes et Les Bâtisseurs de l’imaginaire.

http://www.musee-lam.fr/wp-content/uploads/2010/09/Dossier_habiter-poetiquement-le-monde_web.pdf

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>Mais où est le DoudouSM ?

La réaction au discours du 2 décembre 2008 de Nicolas Sarkozy qui promettait une dimension répressive et ségrégative aux «soins» psychiatriques est le corollaire de l’ambition des «39 contre la nuit sécuritaire» à ce que soit maintenu et transmis un essor psychiatrique issu de deux siècles d’élaborations.

L’état de la psychiatrie ne cesse de se détériorer en France depuis 25 ans et la dimension « sécuritaire » du projet de réforme de la loi de 90 régissant les soins sous contraintes n’est que l’aboutissement d’un abandon, qui se veut définitif, d’une conception humaine du soin. Le point de bascule a été atteint au bout d’un parcours que nous sommes nombreux à dénoncer depuis maintenant des années.

Nous y voilà !

Un scientisme réducteur, soutenue par les pouvoirs publics, tente, avec un succès de plus en plus affirmé, de faire table rase d’une discipline, sans doute dérangeante ou pour le moins incongrue, dans le contexte de guerre économique et financière que nous connaissons.

Tout un savoir-faire est dénigré et peut être anéanti. La transmission devient de ce fait un enjeu majeur.

Cela mérite sans doute un détour du côté de ce que recouvre la transmission.
Une idée assez répandue voudrait que l’objet de la transmission soit purement un savoir. Une telle occurrence se limiterait à un transfert de dossiers. Il s’agit de toute autre chose. Le but d’une transmission se rapproche certainement plus de la fabrique d’un sujet, autrement dit d’une naissance à quelque chose.

Au sein de la relation du maître à l’apprenti ou à l’élève, au-delà de la dimension du savoir et de l’ignorance (y compris celle du maître), s’impose l’idée d’initiation. L’initiation est une autre naissance souvent fondue avec le passage à l’état adulte. Le savoir et ses carences ne sont en la matière que prétexte, qu’espace d’une nouvelle nomination, d’une accession à un nouveau statut. Il ne s’agit d’enseigner qu’à celui qui partagera aussi des valeurs.

Le savoir, la technique ne sont que le développement de cette nouvelle appartenance, de cette nouvelle famille.

Dans certains domaines, l’impétrant peut même recevoir un nom nouveau et contracter l’engagement de transmettre à son tour. Il y a donc du maître chez l’apprenti dès l’engagement de celui-ci. La transmission rime alors avec liberté et engagement.

Le candidat à l’initiation se retrouve donc à devoir inventer ce qui lui a été donné…. parfois susurré. Nous retrouvons là l’espace transitionnel que décrit Winnicott.

La transmission concerne bien plus la naissance d’un sujet à un nouvel espace que le transfert ad integrum d’un savoir. Il n’y a qu’à mesurer le degré d’ignorance qui peut être transmis en l’occurrence pour s’en convaincre. Ce qui importe est l’accueil d’un nouveau membre. Bien entendu se dessine dès lors un parcours balisé par le manque. Le manque, ça ouvre des perspectives…. et le style de cette confrontation n’est pas indifférent ; se détacher pour une part des mimiques du maître, faire sienne certaines autres, ce qui signifie qu’un certain tri a été fait dans la transmission, tout cela consomme qu’une transmission se revendique..

Par ailleurs, le « tourisme dans la transmission » n’est pas à écarter. Il s’agit même d’une notion centrale. Afin d’insister sur le nécessaire détachement du maître, d’éviter des identifications stérilisantes et excessives, aller fréquenter d’autres savoir-faire, une fois les bases acquises, peut se révéler précieux. Se libérer du maître auquel on s’est aliéné est une perspective à inscrire dès le début du processus. C’est là une condition de la transmission surtout si ça laisse des traces. Un architecte appellerait ceci des fondations. S’il est difficile voire impossible de jouir de sa liberté, jouir d’une libération du maître auquel on s’est aliéné se révèle non négligeable.

Le transitionnel est l’espace de jeu à travers lequel une séparation s’opère.

Winnicott nous indique qu’à partir d’une première phase quasi fusionnelle, empreinte de subjectivité, va intervenir une objectivation de l’objet qui va faire séparation. Se joue une première distinction de l’objet, en tant que différent du moi de l’enfant. Limiter la subjectivité, en dessiner les contours par une différenciation objectale, la clinique montre combien cela peut être utile. Puis, l’enfant apprendra à être seul en présence de sa mère ce qui signifie que, si tout ne se passe pas trop mal, il ne sera plus jamais seul et portera en lui des constructions lui permettant d’affronter la solitude…

Il n’y a qu’à regarder un objet transitionnel pour observer combien la destructivité, la violence l’agressivité, la détermination participent du processus.

Le doudou est en charpie, puant, perdu et retrouvé contre vents et marées. N’importe quelle caissière de supermarché normalement constituée suspendra toute activité face à ce bout de chiffon perdu et dont elle connaît la valeur. Il s’agit d’un trésor inaliénable dont seul l’enfant peut décider de se séparer un jour sans drame puis l’expédier dans les greniers de la mémoire.

L’enfant invente le Doudou, l’élit, lui confère son statut et le démolit suffisamment pour être inimitable. Un débris singulier. La destruction en la matière est foncièrement créatrice.

De la même façon, la pratique à transmettre doit être assimilée puis détruite avant d’être inventée à nouveau. D’ailleurs, n’est-elle pas incomplète, truffée d’ignorance ? C’est ce qui explique la transe du maître, si j’ose dire, quand il observe ce que son petit protégé ose faire de son savoir, qu’il tient lui-même de son maître vénéré et qu’il chérit comme un enfant. L’apprenti n’en fait qu’à sa tête et ignore toute vénération qui n’est pas encore de son âge et pas follement créatrice non plus. Et puis appuierait-il malgré lui, dès qu’il a un tant soit peu d’expérience, sans trop le savoir, là où ça fait mal, à savoir là où se concentre du refoulé ?

Ce savoir doit être découpé en lambeaux, mâché puis digéré, pimenté à toutes les sauces en présence de coreligionnaires et du maître, afin que l’apprenti puisse enfin se l’approprier sous une forme assimilable. L’apprenti-sorcier doit passer par des catastrophes potentielles et des démesures mais sous un œil protecteur, jusqu’à ce qu’il sache voler de ses propres ailes. Cette transmission nécessite du maître et des alter-ego. «S’autoriser de soi-même et de quelques autres» trouve sans doute là son fondement. On ne pose pas les mêmes questions à tout le monde, on ne choisit pas le moment de comprendre et bien des reconnaissances sont nécessaires. Elles sont de différentes sortes. Encore un point en faveur d’une construction plutôt que d’une livraison d’un savoir clef en main.

Il y a donc nécessité d’un passeur qui soit objectivable, dont on puisse se différencier et se libérer, d’un savoir à parfaire, destructible et digérable, d’une ignorance palpable, d’un « initiant » qui laisse libre cours à son engagement, à sa violence et à ses capacités d’ingestion, si possible en réunion et d’un contexte socio-historique qui ait encore l’utilité de sujets d’un savoir spécifique. C’est là l’espace du politique, de l’amour, de l’adoubement, éventuellement du trauma, de la vérité, même si cela conduit à dire pas mal de bêtises, et de l’inconscient qui n’est pas fait pour rester les bras croisés.

Alors, qu’en est-il de l’aire de jeu psychiatrique au sein de laquelle nos jeunes collègues doivent advenir ? Quelles sont les possibilités de désintégration-réinvention du savoir et des pratiques en vogue ou nouvellement installées ? Le DSM peut-il être subverti en DoudouSM qui puisse lui permettre une réelle efficacité ?

Le moins que l’on puisse dire est que les protocoles sont coriaces, qu’ingérer le « F20.0 de la classification CIM » censé résumer la vie d’un schizophrène, afin de l’insérer dans un processus dialectique réclame beaucoup d’imagination, que passer sa vie à donner la main à un phobique dans l’ascenseur ou devant une photographie de serpent demande beaucoup d’abnégation ( cf les thérapies comportementales des phobiques).

S ‘agit-il d’affiner une théorie ou d’attendre le DSM «up to date» fruit d’une négociation entre lobbies ?

Que penser de l’appropriation d’une pratique qui consiste d’emblée à avoir peur, à neutraliser un patient, l’attacher sur un lit, le boucler dans une chambre d’isolement, vérifier les caméras vidéos de surveillance, monter des clôtures, couper les arbres dans les cours, déclencher l’alarme dès qu’un patient monte le son ou vous effleure ? Qu’attendre de soignants auxquels a été enseigné que le dire du patient est le fruit d’une tare génétique, que mieux vaut commencer le dossier informatique pendant qu’il vous cause ? Que toutes ces paroles sont nulles et non advenues, forcloses ?

Quel sujet soignant tente-t-on de faire advenir ainsi ? Quel personnage pourra-t-il en naître ?

Il reste à témoigner que d’autres «aires de jeu psychiatriques» existent et à subvertir autant qu’il est possible le DoudouSM.

Patrice Charbit

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>Elukubr : Soirée lecture le 13 novembre

Je souhaite aujourd’hui partager avec vous le fruit (encore vert) d’un travail d’artistes, dont certains ont traversé des expériences en hôpital psychiatrique, sont sortis de leur camisole chimique, à la force du mensonge, à la force de la parole, de l’analyse, à la force de l’art.

Eu égard à nos regards.

Souhaitant vous convier à une soirée lecture le samedi 13 novembre,

afin d’établir contacts et échanges, réflexions et partage d’opinions,

dans le cadre de l’exposition « paradigme des alter-réaliste » qui s’achève le 14 novembre,

au 59 rue de Rivoli (Métro Chatelet)

Consciente de la proximité de la date, j’espère que d’aucuns pourront se libérer  pour y assister.

Dans un élan d’appel à manifestation poétique et cognitive,

curieux d’explorer différents regards sur le monde,

le collectif elukubr propose dans le cadre de l’exposition «  Paradigme des alter-réalistes », une soirée  méninges…

Au programme :

18h / Elukubrations d’agitateurs alter-poétiques :

Lecture d’extrait de textes, de Baudelaire à Artaud, de Bataille à de Nerval, d’Eluard à Ginsberg,  en passant par Laborit…

avec : Marie Le Gall, Fani Kanawati, Laure Carrale, Johanna Elalouf,

Guillaume Dumas, Matei Gheorghiu, et Jérôme Roniger.

19h / Cognition: entre connaissance et société.

Conférence/Débat animé par Guillaume Dumas

La cognition questionne. Mieux, elle se questionne elle-même.

Elle se questionne sur son origine, son fonctionnement, ses enjeux…

Et de ses questions surgissent de multiples connaissances et possibles.

Entre ontologie et éthique, dans quelles directions partent les sciences de la cognition?

20h / Guappe Carto
musique expérimentale, violon, contrebasse, percussion, accordéon

Entrée libre

Vous avez la possibilité d’adhérer à l’association pour soutenir nos actions et réflexions (adhésion 10euros, ou de faire un don)

Collectif elukubr – paradigme des alter-réalistes

« (origines étymologiques de paradigme : modèle, exemple, montrer, comparer. Ce mot sous-entend un constat, loin des croyances ou positions politico-esthétiques qu’illustrent habituellement les manifestes.)

Face à un réel fait d’infinies singularités, envisager une vue d’ensemble objective d’un concept nous semble irréaliste. A travers nos elukubrations, nous invitons seulement les curieux à frôler, sentir des interprétations des facettes choisies.

Elukubr c’est un constat d’impuissance théorique au profit de l’action. Débarrassés des enjeux chimériques attendus de l’artiste conceptuel, nous entreprenons des voyages à travers différentes couches du réel, conscients de l’impossibilité d’être justes, mais curieux d’explorer différents regards sur le monde.

C’est le parcours qui nous anime, pas le fait.

L’alter-réalité est la première marche de notre projet. ‘Penser autre’ ainsi que transformer la perception orientent les projecteurs vers le spectateur plutôt que l’artiste. Le but est l’assimilation d’une intention : L’objet ou ses pères ne sont qu’un brouillon de cette expérience. L’art, s’il en est, ne peut se réaliser qu’à travers cette relation fragile.

A l’image de son propos, Elukubr c’est une association de différences. La recherche d’une identité commune s’est faite dans la rencontre des qualités et défauts de chacun. Ce projet n’est pas une utopie mais bien le résultat de désirs humains, contraints de grandir à travers erreurs et conflits.

Le collectif fonctionne comme une purge des vanités. C’est un lieu propice à l’oubli de soi, où s’exprime un objectif commun: s’inviter chez l’autre. »

http://elukubr.org/

Le lieu : 59 rue de Rivoli, ancien squatt d’artistes devenu galerie d’art alternatifs grâce au dialogue artistes/mairie de Paris, nous ouvre ses portes du 27 octobre au 14 novembre du mardi au dimanche, de 13h à 20h.

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>L'hôpital Marchant à Toulouse : tous sous une tente !

« Allez savoir pourquoi ce lundi 18 octobre 20102, nous, soignants, nous sommes rebiffés alors que nous étions traités depuis bien longtemps comme les ouvriers spécialisés d’une usine à « produits de soins » des Temps modernes. Stock de robots blancs multitâches, bardés de clefs et de bips, baladés ici et là en fonction des unités à réapprovisionner, un œil rivé sur les caméras, l’autre sur les écrans d’ordinateur. Du côté patients, même gestion : un stock d’entrants et de sortants, à estampiller du code barre DSM3 en vue de la T2A et à réguler en fonction de l’offre et de la demande… »

Nous, les salariés de de l’hôpital Marchant à Toulouse tenons une permanence sous une tente à l’entrée de l’établissement depuis le 18 octobre.

Il s’agit d’une sorte de piquet de grève symbolique puisqu’il ne bloque rien de l’activité de l’hôpital, mais le soutien massif des salariés, du public et des patients aux organisateurs (une intersyndicale associée à des collègues sans carte), s’ajoutant à une visibilité croissante dans les médias, nous donne bon espoir d’obtenir gain de cause.

De nombreux détails sont archivés sur le blog qui attend d’ores et déjà de nombreux visiteurs, bonne lecture.

http://tinyurl.com/manifestente

http://marchantlatente.canalblog.com

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>Cinéma : "Le Malade, de son imaginaire malade"


Utopsy poursuit sa réflexion sur les praxis en psychiatrie et notamment sur les enjeux du travail collectif dans la psychothérapie des psychoses. Pour sa troisième séance de l’année, Utopsy se délocalise et fait son cinéma ! Cette séance aura lieu :

Le Lundi 15 Novembre 2010

au « Lieu-Dit »,

6 rue Sorbier 75020 Paris, métro Ménilmontant ou Gambetta, à 20h30

Nous vous proposerons la projection du film d’Emmanuelle Avignon intitulé

« Le Malade, de son imaginaire malade »,

sur un projet de Patrick Franquet pour le théâtre du Reflet.

Ce film présente le travail du Théâtre du Reflet à travers l’élaboration d’une pièce de théâtre faisant intervenir un grand nombre de comédiens, metteurs en scène, musiciens, danseurs, simples citoyens… issus tant du monde de la culture que d’une dizaine d’institutions psychiatriques et médico-sociales recevant des adultes et des enfants.

Fous et non fous, les relations et distinctions entre les uns et les autres se déploient, se déplacent et se réaménagent au fur et à mesure de l’émergence et de la concrétisation de cette pièce de théâtre, « Le malade de son imaginaire malade », dont la mise en place aura duré deux ans pour aboutir à plusieurs représentations publiques en 2010.

Pendant ces deux ans, un collectif apparaît, se réunit régulièrement, fait exister et aboutir cette création théâtrale.

Au-delà de la réalisation effective d’une représentation théâtrale, c’est tout ce moment commun d’élaboration, de préparation de la pièce de théâtre dans tous ses détails que nous montre la réalisatrice.

A travers ce quotidien partagé dans la création, c’est un support psychothérapique que nous voyons se constituer au fur et à mesure de l’avancée du projet.

Pratique résistante à l’heure de la gestion et de la rentabilité, cette folle entreprise qui prend du temps (deux ans de préparation) montre tout l’opérant du travail collectif dans la rencontre avec la folie.

Cette projection sera suivie d’un débat avec Emmanuelle Avignon, réalisatrice du film, Patrick Franquet, psychiatre, comédien et directeur du théâtre du Reflet et Claudine Duchêne, éducatrice en pédopsychiatrie à Evry.

L’entrée est libre et sans inscription

UTOPSY

utopsys@yahoo.fr

http://utopsy.over-blog.fr/

Prochaines rencontres:

– Lundi 13 décembre : Paul Brétécher

– Lundi 17 janvier : Pierre Dardot

– Lundi 28 mars : Pierre Delion

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>La psychiatrie mandarine : un lointain passé

En cette fin d’année 2510, nous avons décidé de laisser une place aux travaux d’un anthropologue qui vient de retrouver les traces d’un courant de psychiatrie tombé en désuétude depuis plusieurs centaines d’années.

Ici, une civilisation hexagonale perdue de la psychiatrie refit surface, peuplée de personnages exotiques. La situation actuelle d’hospitalité inconditionnelle pour les personnes en proie à des difficultés existentielles, loin d’avoir toujours été un courant majoritaire, avait failli disparaître quand la psychiatrie mandarine se développa.

A la fin du XXème et dans les débuts du XXIème siècle, une caste fut promue comme experte en problèmes humains. C’était le temps où l’on pensait encore pouvoir transformer l’Homme en Robot. Cette illusion perdura jusqu’à la moitié du XXIème siècle, date du grand « démandarinement ».

A la fin du XXème siècle, les mandarines étaient, à de rares et militantes expressions près, un groupe homogène de psychiatres (GHP) qui s’infiltra dans les instances gouvernementales d’alors. Armés de leurs mandarines, les « maîtres » divaguaient, créant une armée des petites mandarines transgéniques pendant plusieurs années (avec différentes variétés : internes, infirmiers, éducateurs, psychologues etc.)

De nombreuses pathologies infectèrent les petites mandarines transgéniques, en commençant par un état limite. Jusqu’alors spécifique, la psychiatrie devait revenir dans le giron de la neurologie. Clivés entre ce qu’ils voyaient en vrai et ce qu’on leur apprenait, les petites mandarines ne croyaient plus au rapport particulier qu’entretenait la psychiatrie avec le champ du médical et le champ social.

Un délire de revendication se manifesta alors (cf lettre introductive du rapport Milon, 2009(1)) où la psychiatrie, spécialité comme les autres, devait retourner dans le giron de la neurologie. Ce délire, entretenu par la paranoïa confabulante des mandarines, leur souffla l’idée bizarre que, eux, les inventeurs méconnus de la psychiatrie, découvriraient un jour la cause de l’humanité de l’homme, le gène ou l’aire cérébrale de la bonne santé mentale. Un courant, le FondaMentalisme(2), se développa sur ce postulat erroné. Organisant des Mental Thon qui réunissaient toutes les mandarines ISOpathes, ils allèrent jusqu’à localiser sérieusement le siège de la psychopathie (cf un document d’époque).


Note de veille 159 du centre d’analyse stratégique :
Perspectives scientifiques et éthiques de l’utilisation des neurosciences dans le cadre des procédures judiciaires, Décembre 2009(3).

1. http://www.senat.fr/rap/r08-328/r08-328_mono.html#toc1 : « Le mouvement de mai 68, porteur notamment de ces critiques, a tenté d’émanciper la psychiatrie des pratiques chirurgicales inadaptées et d’une vision jugée trop étroite de la maladie3(*). Il a abouti, par l’arrêté du 30 décembre 1968, à la séparation de la psychiatrie et de la neurologie auparavant réunies au sein de la neuropsychiatrie4(*). Cette division en deux spécialités se révèle aujourd’hui regrettable en raison de la révolution qu’ont connue les neurosciences et l’imagerie médicale et des connaissances acquises depuis lors dans ces disciplines. Leurs applications pratiques dans le traitement des maladies mentales commencent déjà à apparaître, notamment dans le cas de l’autisme. »

2. http://www.fondation-fondamental.org/interieur.php?page=10

3. http://www.strategie.gouv.fr/IMG/pdf/NoteVeille159.pdf

Entraînant un déni massif de la psychiatrie et plus largement de l’humain, la psychiatrie se détacha de plus en plus de sa complexité pour s’attaquer à des troubles jusqu’alors inconnus, mentionnés de manière comique dans le DSM 5675 RRW.
La mégalomanie prit le relais et les mandarines se dirent qu’ils pourraient répondre à tout, tout seul. Tout devenait des histoires de « santé mentale », « l’affaire de tous(4) » pendant que les patients les plus graves étaient délaissés car promus incurables par les mandarines.

C’est comme cela que les petites mandarines transgéniques seraient cloisonnées dans les services autoproclamés « de pointe », apprenant une psychiatrie déréalisée, formatée, déprise de toute concrétude.

Dans le même temps, associés à des conduites boulimiques affectant la Recherche, des mandarines FondaMentalistes grossissaient, grossissaient encore et encore(5).
Respectant l’hygiénisme rénové qu’ils tentaient de mettre en place, leur appétit sans limite imposa aux mandarines de faire quelques exercices. Ils allèrent dans des pays lointain s’entraîner et chercher des régimes réputés hypocaloriques pour les finances publiques. Ils ramenèrent des techniques exotiques puis, en 2009, escaladèrent à main nue la pyramide Couty(6) pour arriver à son sommet.

En haut de cette pointe de la psychiatrie, ils tentèrent de convertir les psychistes de base à la psychiatrie made in Outre Atlantique. De nombreux curieux s’approchèrent et essayèrent ces serre-têtes en forme d’oreille de Mickey que l’on avait rapporté de ce périlleux voyage, de tous ces pays dont la déchéance avait quelques longueurs d’avance sur l’Hexagone.
Instantanément lobotomisé par la « Science » des mandarines, le paysage de formation changea. Certains Astérix abandonnèrent la potion clinique magique du secteur pour en faire une entité administrative exclusive.

4. http://www.strategie.gouv.fr/article.php3?id_article=1079

5. http://icm-institute.org/menu/actualites

6 http://www.sante-sports.gouv.fr/IMG/pdf/Rapport_Missions_et_organisation_de_la_sante_mentale_et_de_la_psychiatrie-2.pdf

Progressivement, les oreilles en plastiques Mickey émirent des interférences rendant n’importe quel soignant sourd au fait psychique. Les expériences et inventions de terrain devenues honteuses, la psychopathologie fast food se développa, appuyée par le courant des psychiatres Mickey.

Faisant « fausse route », selon les déclarations des mandarines, beaucoup de soignants de base firent une anorexie mentale qui eut de graves répercussions sur l’état psychique des patients, des familles et des équipes. Le risque d’inanition était grand. Pour y remédier, les mandarines, des psychiatres mickeys en lien avec la Haute Autoritaire du Santé-mentalisme(7) proposèrent un gavage par des recettes thérapeutiques toutes faites qu’ils nommèrent « bonnes pratiques », « RMO », « démarche qualité », « traçabilité » etc. Le principe de précaution aseptisa le champ psychiatrique où « les mauvaises graines » continueraient malgré tout à proliférer.

S’en suivit une épidémie de phobies à traiter, notamment pour les psychistes en formation : phobies de la relation, du temps perdu à dialoguer, de la dédramatisation possible de certaines situations. Les conduites d’évitement entraînèrent une pathologie de l’agir de type psychopatique. A question courte, « solution » provisoire courte. Tout devint plus bref : il s’agissait alors de ne plus traiter que l’urgence, les troubles à l’ordre public, les troubles des conduites, les problèmes scolaires et sociaux(8).

Les soignants « tournicotti tournicottons », tournaient, se remplaçaient, se déléguaient leurs tâches. En devenant interchangeable l’histoire des patients ne se déposait plus à l’intérieur de leurs âmes mais dans des machines étranges appelés « ordinateurs », DIM, RIMPSY etc(9). Ils avaient toutes les informations mais aucun renseignement. La majorité pensait que c’était le progrès. La grande panne d’électricité de la fin du XXIème siècle et la perte de données qu’elle entraîna, remettra les psychistes sur le chemin de leur humanité. Mais de longues années s’écoulèrent.

7. http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_6737/affichage?opSearch=OK&catName=true&replaceFileDoc=false&searchInFiles=false&portlet=c_39085&text=psychiatrie&start=0&cidsfilter=c_64700&cids=c_64700&langs=

8. https://www.collectifpsychiatrie.fr/Texte-integral-du-projet-de-loi.html

9. http://bigbrotherawards.eu.org/article960.html

Des maladies nosocomiales résistantes à ces nouveaux traitements firent leur apparition dans de nombreux services, furent relatés dans de nombreux documentaires télévisés d’alors (« Les infiltrés(10) », « Sainte Anne(11) » …), alors même que des thérapeutiques innovantes, mais il est vrai, complexes, dans le champ de la folie avaient fait leur preuves depuis la seconde moitié du vingtième siècle(12).

Entouré par ce climat d’obscurité récusant la pensée, toute la cité se mit paradoxalement à parler haut et fort de « transparence ». Beaucoup des patients devinrent invisibles, cachés qu’ils étaient dans la rue, dans les prisons ou dans les enceintes de haute sécurité. Les petits enfants n’échappèrent pas à ces disparitions. Des centres fermés pour « mineurs » se construisirent avec des vigiles pour tout encadrement soignant(13).

Certains avaient pourtant inventé des traitements de choc pour ces infections nosocomiales gravissimes mais la plupart des nouveaux soignants n’en entendirent plus parler pendant longtemps : les thérapeutiques institutionnelles et désaliénistes furent mises à l’écart, provoquant des allergies aux mandarines qui voyaient d’un mauvais œil que l’on transforme leur pyramide en route pavée où chacun était à la même hauteur que l’autre.

Progressivement, la névrose obsessionnelle des soignants se manifesta par le développement de compulsions avec des rites de vérification : procédures, protocoles, accréditation, certification, V1, V2, V3, V456789… Une vague de désertion chez les psychiatres se propagea, quittant le terrain ils allaient faire de grosses commissions : CLIN, CLUD etc., le tout assorti d’un masochisme excessif en face d’un surmoi féroce : toujours et encore la Haute Autoritaire du Santé-mentalisme.

Les mandarines firent un lobbying intense auprès des instances gouvernementales. Ce procédé de légitimation de leur croyance s’avéra payant dans un premier temps. Au même moment certains casse-noisettes se réveillèrent pour légitimer la scientificité de pratiques de terrain sur un autre mode que les  « impacts factor » dont se nourrissaient les mandarines.

10. http://www.dailymotion.com/video/xdcuu3_hopital-psychiatrique-les-abandonne_lifestyle

11. http://www.dailymotion.com/video/xdhzux_sainte-anne-hopital-psychiatrique-p_shortfilms

12. http://www.psychiatrie-desalieniste.com/Therapeutiques-institutionnelles.html, http://www.youtube.com/watch?v=Ox9nWVSYvTU

13. http://www.pasde0deconduite.org/

Un réseau de casse-noisettes se développa, ils insistèrent et développèrent une recherche clinique de terrain qui n’était pas prédéterminée par les hAS du contrôle. De même que les mandarines produisaient toujours plus de murs et construisaient toujours plus de cloisons(14), les casses noisettes décloisonnèrent, à partir de la base, la formation des soignants(15).

Les mandarines voyaient d’un mauvais œil les casse-noisettes et pouvaient compter sur l’appui de leur patron Ni-coca Sacropic, banane en chef qui tentait des mutations génétiques avec une grande courge qu’il avait pris pour femme. Il fit un discours devant les mandarines et les psychiatres Mickey à l’hôpital d’Entonnoirs pour dire que les chochophrènes étaient trop dangereux et qu’il fallait leur payer des bracelets GPS pour qu’ils soient télécommandés non plus pas leur voix mais par leurs psychiatres Mickey(16).

Une angoisse envahit 39 casse-noisettes et ainsi que d’autres bizarros alors même que beaucoup de nouveaux psychiatres formatés Mickey avait une peur irraisonnée des chochophrènes ; des conduites réactionnelles se développèrent : contenchions, chambres d’esseulement, vidéo-club surveillance, abandon des activités et groupes de chochocialisation… Ni-coca Sacropic, Dame Rose Bachaline et Brie Hortie Fouille donnèrent plein de sous pour appuyer ce mouvement. Personne ne put leur dire qu’il fallait avant tout des soignants formés plutôt que des murs déformés par les hurlements et les coups des chochophrènes.

Ni-Coca, Rose, Brie, les mandarines et les mickeys n’étaient que l’image du renoncement de beaucoup de psys « bonnes poires » qui n’avaient pas râlé quand on avait voulu les transformer en managers de santé-mentalisme. Progressivement, voyant l’ampleur des renoncements consentis inconsciemment, les soignants se mélancolisèrent. Des idées de ruines se répandirent avec la vitesse de la peste : « tout est foutu », « ce sera plus jamais comme avant » etc.

14. http://www.serpsy.org/actua_09/Circulaire_DHOS02F2200923_du_22_01_09.pdf

15. https://www.collectifpsychiatrie.fr/?p=247

16. http://www.dailymotion.com/video/x7lj27_allocution-de-n-sarkozy-a-antony_news

Les mandarines se repaissaient de cette nourriture monstrueuse pour imposer leur hégémonie et la transformer en soi disant « progrès ». La perte de contact avec la réalité des mandarines et des psychiatres mickey les firent sombrer dans une paraphrénie fantastique où tout devenait gestion, chiffre et « ressources humaines disponibles ». Des moments d’exaltation les faisaient virer maniaques comme ce jour où le centre d’analyse stratéchic avait consacré « la santé mentale positive »(17), ou encore cette fois où l’Union Européenne avait déclaré en 2008 que la santé mentale était un « Droit de l’Homme »(18). La psychiatrie était-elle devenue « un Devoir de l’asticot » ? Nos recherches ne purent confirmer cette hypothèse.

Les casses noisettes et les chochophrènes en vinrent à la conclusion qu’il ne fallait pas laisser les ardeurs toutes puissantes de Ni-Coca l’emporter sur les libertés fondamentales comme ses copains de chambrée tentaient de le faire avec d’autres catégories de la population.

Quelques années plus tard, les mandarines, dépossédées de leur jus toxique, furent renversées par la base de la pyramide : les bonnes poires s’étaient alliées aux casse-noisettes. Ils remirent au centre de leur préoccupation non plus les chiffres et autres HAS mais les chochophrènes, les bambins (qui n’étaient pas chélinquants comme l’avait déclaré l’INSERMination artificielle des cerveaux(19) et leurs familles.

Ils formèrent de nouveau les jeunes soignants à la rencontre avec les patients. La peur se dissipa progressivement. Les vidéo-club surveillances projetèrent des rêves incongrus, les chambres d’esseulement furent transformées en Suites royales(20). Dans le même temps les psychiatres mickey avaient perdu leur repère. Quelques chochophrènes vinrent leur tenir compagnie et les consolèrent. Un nouveau lien social tissé de respect et d’amitié vit le jour et la peur qu’avait augurée cette ère de la transparence se dissipa pour laisser la place aux contrastes de l’existence.

17. http://www.strategie.gouv.fr/IMG/pdf/CP_nv171109.pdf

18. http://ec.europa.eu/health/ph_determinants/life_style/mental/docs/pact_fr.pdf

19. http://www.cairn.info/resume.php?ID_ARTICLE=ERES_COLLE_2006_01_0073

20. http://www.scribd.com/doc/34001797/Les-Cahiers-pour-la-Folie

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> "Les ombres des anges" : Comédie Musicale au Théâtre d'Orléans

« LA PSYCHIATRIE DOIT ETRE FAITE / DEFAITE… » Oui Roger GENTIS avait raison… Nous suivons à notre façon cet objectif : voyez plutôt ! Faites passer très… largement ! Merci de faire suivre notre message et réservez vite vos places !

« Les ombres des anges » – le texte – vient de sortir aux Éditions de L’Harmattan. Une centaine de personne l’a composé. A commander impérativement !


LODA_bulletin-reservation

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>12 ème édition des rencontres video en santé mentale : 09 et 10 Novembre 2010

MARDI 9 NOVEMBRE (accueil à partir de 9h)

Invitée spéciale Paule Muxel, réalisatrice

Auditorium de la Cité des sciences et de l’Industrie, niveau 0

Ouverture par Tù-tâm Nguyên, responsable de la Cité de la santé Universcience, Jean Vuillermoz, Président du Conseil d’administration de l’Hôpital Maison Blanche, adjoint à la Mairoe de Paris, Nicole Pruniaux, directrice de l’Hôpital Maison Blanche, du Dr Marc Habib, médecin directeur de l’Association L’Elan Retrouvé.

– Le voyage dans la chambre (Sandra Sarfati Paris)
– Fragments d’une psychotique (Sandra Sarfati)
– Petite soeur (Paris Bouffadou)
– Non ( Basse-Terre, Guadeloupe)
– Les poètes de l’espoir (Chartres)
– Un étrange rencard ( Paris – La Folie Régnault)
– Le téléfon ( Paris La Roquette)
– Arsène Lupin ( Paris La Roquette)
– J.H. (Paris La Rochefoucault)
– Les béattitudes ( Freschines)
– G.A.O. (L’arbresle- Lyon)
– Mystère au Père Lachiase ( Paris GEM la Maison de la Vague)
– Mélodie sans retour ( Vienne)
– Le cirque des mots détournés (L’arbresle- Lyon)
– Ton regard me raconte ( Paris rue de Douai)
– Les artistes font du ski ( Dijon)
– Andromède, les héros sont fatigués (Malakoff)
– En diamant bleu de nuit (Malakoff)

MERCREDI 10 NOVEMBRE (accueil à partir de 9h)

Auditorium de la Citédes sciences et de l’Industrie, niveau 0

– Le quai des rêves ( Asnières)
– Affaires de coeur ( Montluel)
– Avis de tempête ( Roanne)
– Le tzigane et le diable ( Paris La Comète)
– Y’ a des z…. ( Montluel)
– L’étalon des tagueurs (Paris La Comète)
– Les petites choses ( Dominique Nehl, Nancy)
– Etas d’âmes ( Montrevel en Bresse)
– Etrange, vous avez dit bizarre ( Paris – Parmentier)

– La BIBLIOTHEQUE VIVANTE par la Maison des Usagers de Sainte Anne)
(de 14h à 16h à la Cité de la santé au niveau -1,de la Cité des sciences et de l’Industrie) Présentation par Aude Caria, responsable de la MDU et Céline Loubières, coordinatrice de la MDU;

Les troubles psychiques : parlons-en ensemble, venez participez à la Biliothèque vivante : des usagers et leurs proches viendront témoigner de leur vécu des troubles psychiques.

– CONCERT : MINNIE PICOUX & FLUCK à 14h

(photos : Maysa de Albuquerque, Daniel Simonnet, Jean-Marc Taëb)

– La tête dans les étoiles ( Bruxelles – le Code))
– Venus ( JC Pellaud – Suisse)
– De Toulouse Buenos Aires ( Toulouse – Radio MicroSillons)
– C’est ton tour ( Charleroi)
– Et moi(s) (Epinay sur Seine)
– Croisière à haut risque ( Arras)
– Mon ami, my friend ( Paris – Les Cariatides)
– Sur les pas de Robespierre ( Arras & Les Cariatides Paris)

Clôture avec par Tù-tâm Nguyên, responsable de la Cité de la santé Universcience, et Paule Muxel, réalisatrice, de documentaires.

les formulaires d’inscription sont téléchargeables à partir du lien suivant :
http://cid-e0027f033fdd856a.office.live.com/browse.aspx/RVSM%20public?uc=2

à renvoyer par mail à danielsimonnet@hotmail.com

Hopital Maison Blanche, service communication
Rencontres vidéo en santé mentale
6/10 rue Pierre Bayle 75020 PARIS

SOURCE : BLOG VIDEOPSY

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>Forum Vol au dessus d'un nid de coucou, Actualité du soin psychique

FORUM « Vol au dessus d’un nid de coucou, Actualité du soin psychique » : Salle de conférence Centre Hospitalier Laborit 370 avenue Jacques Cœur Poitiers

La rediffusion récente de « Vol au dessus d’un nid de coucou «  a été l’occasion de souligner l’inquiétante similitude entre une psychiatrie américaine inhumaine évoquée dans cette œuvre de Milos Forman et celle qui en 2010 se répand sur le territoire français.

Les méthodes thérapeutiques évoquées dans ce film, froides, punitives, culpabilisantes, mécaniques, nous apparaissent être en train de recouvrir celles qui font appel à la sollicitude, l’empathie, l’écoute, en un mot à la prise en compte de la singularité humaine.
A la sortie de ce film en 1976 nous pensions qu’il pouvait en être autrement en France.

Qu’en est-il alors en 2010 dans les établissements médicaux et médicaux-sociaux ?

– Le malade, malgré les aléas de ses symptômes,
est-il toujours une personne inscrite dans la société ?

– L’être humain de par sa maladie, ou son handicap est-il placé hors la loi commune ?

– Le soignant peut-il préserver sa capacité à soigner, à accompagner, à l’heure où sa fonction est dénaturée, et son identité professionnelle désavouée par ce que l’on attend et exige de lui ?

Quelles réflexions mettre en œuvre dans nos pratiques pour garantir des soins humains et aidants ?

Le Collège Régional Poitou-Charentes des Psychologues de la Fonction Publique Hospitalière est une association Loi 1901. Il se veut un lieu de débats ouvert aux psychologues ; un lieu d’échanges et de recherche ouvert à tous les domaines utiles à notre réflexion (scientifique, philosophique, sociologique, juridique, éthique, culturel …..).
Il organise régulièrement des conférences, des forums, des colloques.

Vendredi 19 novembre 2010

9h Accueil

9h45 Ouverture de la journée 
Josette Marteau Château

10h00 Quelle hospitalité pour la folie ?
Patrick Chemla

11h00 Pause

11h15 Parents de personnes hospitalisées, quels vécus ?
Catherine Le Grand-Sébille

12h00 Pause repas

14h00 Créer et maintenir des lieux de narration, une résistance nécessaire à la post- modernité.
Simone Molina

15h00 Pause

15h15 Garantir des soins humains et « hospitaliers »: Table ronde.
Patrick Chemla, Simone Molina, Catherine Le Grand- Sébille,
Muriel Ferrier

16h30 Clôture de la journée
Josette Marteau-Château

Patrick Chemla, psychiatre et psychanalyste il anime l’association « La Criée » à Reims, il est membre du collectif des 39. Il est co-auteur de l’ouvrage collectif Asile publié sous sa direction (Erès), auteur de Expériences de la Folie (Erès).

Catherine Le Grand-Sébille, socio-antropologue, elle est co-auteur de l’étude Parents de grands adolescents et jeunes adultes hospitalisés en psychiatrie. Quels vécus? Quels besoins? Quelles violences? Quels soutiens ?

Simone Molina, psychologue clinicienne et psychanalyste à l’hôpital de Montfavet.

Muriel Ferrier psychologue clinicienne au centre hospitalier de Niort.

Josette Marteau-Château psychologue clinicienne au centre hospitalier Henri Laborit, présidente du Collège Régional.

Références filmiques et documentaires:
Vol au dessus d’un nid de coucou de Milos Forman. Sortie en France 1976
Un monde sans fous ? de Philippe Borrel diffusé sur France 5, le 13 avril 2010.
Le livre d’entretiens complément du film Un monde sans fous ? Publié aux éditions du champ social.

Vous pouvez copier-coller le bon ci-dessous et le renvoyer à :

Maryline Auvinet-Gessé
2 Chemin de Regombert
86340 Nouaillé-Maupertuis

Renseignements :
Josette Marteau-Château
CMPEA, 7 Allée Martin Luther King
86000 Poitiers
Tel. : 05 49 01 40 21

Nom :………………………………………
Prénom :……………………………………
Adresse :……………………………………………………………………………..……
……………………………………………..
Code Postal :………………………….……
Ville :………………………………………
Tél. : …………………..……………………
Courriel:……………………..…………..…
Profession :…………………………………

TARIFS

Adhérent du Collège Régional.. 15 €
Non adhérent :………………. . 40 €
Demandeur d’emploi (attestation
ASSEDIC du mois en cours)…..……. 10€
Étudiant < 26 ans……………… 10€ Ci-joint un chèque de… …… ………..€ à l’ordre du Collège Régional Poitou-Charentes des Psychologues de la FPH. Date : Signature :

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>MC2, Grenoble 20 novembre 2010 : "HOME"

Où l’homme trouve-t-il sa maison ?

samedi 20 novembre :

Journée d’étude autour du spectacle Home

– Rencontre et table ronde Théâtre et psychiatrie
– Projection du film La moindre des choses de Nicolas Philibert

Home. Ils parlent par bribes, de tout et de rien ces personnages dont peu à peu les souvenirs, les associations, les allées et venues et les répliques nous amènent à penser qu’ils sont vraiment intelligents mais déboussolés quand même. On ne sait où ils veulent en venir et il serait bien de se laisser guider dans ce dialogue décousu en n’essayant pas de comprendre trop vite. Mais ils sont là, ils ont trouvé un endroit, un asile, où ils se sentent à l’abri. A l’abri de l’extérieur, d’eux-mêmes ? Et ils nous en disent un peu sur leurs petites défaillances, beaucoup sur les choses que nous avons en commun : la folie, permanente virtualité d’une fêlure, d’une fragilité inhérente à notre condition humaine d’êtres parlants.

Le théâtre s’en origine depuis la tragédie grecque. Les artistes, réalisateurs, comédiens, metteurs en scène, nous rendent plus proches de ces déchirements. Et les différents acteurs de la psychiatrie, participent avec chaque patient à la recherche d’une solution particulière qui corresponde à sa logique. Il saura alors un peu plus ce qui l’agite et un peu mieux où il habite.

Intervenants : Claude Léger, psychiatre des Hôpitaux, responsable du secteur de psychiatrie générale de Levallois-Perret (92) et psychanalyste, membre de l’EPFCL-France > Paul Machto, psychiatre et psychanalyste, membre du collectif des 39 contre la nuit sécuritaire > Marie-Philippe Deloche, psychiatre, directrice de l’Hôpital de Jour de la MGEN (Grenoble) > Jean-Claude Exbrayat, psychiatre, responsable du service d’addictologie au Centre Hospitalier Alpes Isère > Anne Meunier, psychanalyste > Marie-Clotilde Aubrier, comédienne, intervenante au Centre Hospitalier Alpes Isère > Nicolas Philibert, cinéaste > Chantal Morel et l’équipe artistique de Home

Programme :
11h-11h30
Introduction : Chantal Morel > Anne Meunier
11h30-13h
Contributions : Claude Léger > Paul Machto > Jean-Claude Exbrayat > Marie-Philippe Deloche
13h-14h Pause
14h-16h30
Projection du film La moindre des choses de Nicolas Philibert, en sa présence

Home

De David Storey
Adaptation française Marguerite Duras
Mise en scène Chantal Morel

Plus d’informations sur les spectacles et les activités de la MC2: sur http://www.mc2grenoble.fr ou au 04 76 00 79 00

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>Appel au monde de l'art et de la culture 

Collectif des 39
contre La Nuit Sécuritaire

« Quelle Hospitalité pour la Folie ? »

« Sans la reconnaissance de la valeur humaine de la folie,
c’est l’homme même qui disparaît. »
François Tosquelles.
 
Nous adressons à la société tout entière la question « quelle hospitalité pour la folie? » quand une future loi, véritable insulte à la culture, s’attaque à l’essence même du lien social, en désignant à la vindicte de tous et en menaçant des personnes plus vulnérables que dangereuses.

Si cet appel s’adresse au monde de l’art et de la culture c’est parce que pour nous la folie, en tant que part indissociable de l’humain, est fait de culture.  
À ce titre, le combat pour une hospitalité pour la folie n’est pas qu’une affaire de spécialiste : elle doit se mener aussi sur le terrain culturel.

Le monde de l’art et de la création culturelle nous semble le mieux placé -n’est-ce pas son rôle?- pour résister à l’attente normative et interroger le monde sur sa part de folie, individuelle ou collective.

Chaque artiste, chaque intellectuel ou acteur culturel, s’engage dans une recherche originale, dans des propositions toujours risquées, des remises en jeu des repères consensuels, à la croisée de l’intime et de l’Histoire. 

Chaque artiste invite l’autre dans cette autre lecture, et en toute liberté.
En tant que soignants, nous pensons devoir toujours avoir en perspective, dans nos pratiques, dans nos institutions, la nécessaire rencontre de la folie et de la culture.

La mise en jeu de l’inventivité, la création, le partage des oeuvres d’art, sont des éléments essentiels dans les accompagnements thérapeutiques auxquelles nous sommes attachés, mettant les traitements médicamenteux à leur juste place et pas comme unique réponse.

Appel  à la culture, comme liant créatif de l’intime et du social… le lieu d’un maillon essentiel, à restaurer dans la réflexion actuelle pour penser l’accueil de l’insensé, pour penser la question de la folie, de la maladie et du sort qu’on lui réserve.

Nous souhaitons avoir votre concours, votre engagement pour préserver cette part énigmatique de l’humain, sa part de folie.

Un projet de loi « sur les modalités de soins psychiatriques » sera discuté cet automne au Parlement : il détourne le terme de « soins » et représente une grave attaque contre les libertés individuelles ; il risque d’altérer profondément la relation entre patients et soignants.

Ce projet de loi instaure des « soins sans consentement », y compris « en ambulatoire », c’est-à-dire en dehors de l’hôpital, au domicile. Il remplace les modalités actuelles d’hospitalisation et d’alternative à l’hospitalisation en promouvant toujours plus de contrôle et de répression.  

Tout un chacun est aujourd’hui concerné par cette réforme. En effet, la notion de « santé mentale » utilisée notamment par les rapports gouvernementaux semble étendre le domaine des troubles psychiques à la simple exacerbation des sentiments, des émotions, aux peurs, à la tristesse, aux énervements, aux angoisses, aux ressentis et vécus douloureux, liés à des situations précises telles que le travail, une rupture, un deuil. De plus, l’évocation du « trouble de l’ordre public », entraînant la mise en place de soins psychiatriques sans consentement, comporte un risque de dérive pour les libertés individuelles. 

Ce texte s’inscrit dans le droit-fil du discours de Nicolas Sarkozy à l’hôpital d’Antony le 2 décembre 2008. Désignées par le Président de la République comme potentiellement criminelles, en tout cas potentiellement dangereuses, toutes les personnes qui présentent des signes peu ordinaires de souffrance psychique, quelle que soit leur intensité, se trouvent en danger de maltraitance. Se saisissant de dramatiques faits-divers, pourtant exceptionnels, le Président a laissé libre cours à son obsession sécuritaire. Cette orientation a déjà donné lieu à plusieurs textes réglementaires qui aggravent les conditions de l’hospitalisation et poussent vers plus d’enfermement, plus d’isolement.

Le projet de loi qui crée les « soins sans consentement » y compris à domicile, est un saut dans l’inconnu. Il représente un risque de dérive particulièrement inquiétante car sont instaurés :
        
– des soins sous la menace d’une hospitalisation forcée en cas d’absence aux consultations ;
        
– des soins réduits à la surveillance d’un traitement médicamenteux, nouvelle camisole chimique 

– des soins où la rencontre, la confiance dans la relation, la patience, la prise en compte de la parole, sont oubliées ou accessoires.

Nous savons bien que c’est la peur qui génère des réactions violentes chez certaines personnes ; or, cette loi va organiser la peur des patients et la peur chez les patients.

Ce texte porte atteinte à  la confiance entre le patient et le soignant : celui-ci représentera en permanence une menace, une surveillance sur la liberté d’aller et venir du patient, car il lui incombera de signaler toute absence aux consultations et aux visites, sous peine de sanctions . Le préfet, saisi par le directeur de l’hôpital, enverra les forces de l’ordre pour contraindre la personne à une hospitalisation. Le malade devenant « un contrevenant », il s’agit donc de nous exclure de notre métier de soignant. 

Cette politique accompagne une dérive, depuis une quinzaine d’années, des pratiques psychiatriques : carence des formations, augmentation des isolements, retour des techniques de contention, primauté des traitements médicamenteux sur l’écoute, la relation, l’accueil des personnes en souffrance psychique. Ce projet de loi, avec la conception des troubles mentaux qu’il implique, va amplifier ces pratiques d’un autre âge.

Un collectif s’est constitué en décembre 2008, en réaction immédiate à ce sinistre discours présidentiel : « Le Collectif des 39 contre La Nuit Sécuritaire ».

Se sont ainsi réunis des professionnels de la psychiatrie qui entendent résister à cette orientation inacceptable, à ces pratiques asilaires et aux nouvelles dérives scientistes.

Dans de nombreuses équipes, dans de nombreux services et secteurs psychiatriques, des artistes, des philosophes apportent leur concours aux professionnels pour mettre en œuvre avec les patients des espaces de création, d’initiatives, d’événements artistiques, joyeux, sérieux, inventifs, troublants, surprenants, en apportant de la vie, du désir là où la vie, le désir ont tendance à s’évanouir.

Des expositions, des créations théâtrales, des événements musicaux, des créations vidéos, des musées d’Art brut, des initiatives radiophoniques et par Internet se sont multipliés, donnant à voir la fécondité des productions originales possibles, enrichissant ainsi des thérapeutiques diversifiées.

Nous devons créer les conditions d’un accueil humain de la douleur morale, du désarroi psychique, des discours énigmatiques et délirants.

La possibilité de penser le soin et la folie est aujourd’hui mise en cause. Nous entendons bien résister à ce glissement vers le pire, et pour cela nous avons besoin de vous.

Nous ne voulons pas d’un tri des êtres humains en fonction de leur valeur utilitaire.
Nous ne voulons pas d’un retour au grand renfermement.
Nous ne voulons pas de l’internement à domicile.

«On juge le degré de civilisation d’une société
 à la manière dont elle traite ses marges, ses fous et ses déviants.»

Lucien Bonnafé
 
Votre signature nous serait d’une aide précieuse. 
SIGNER LA PETITION

LISTE DES ARTISTES SIGNATAIRES

« Qui cache son fou, meurt sans voix.» (Henri Michaux, « L’espace du Dedans »)

Laure Adler, journaliste, écrivain
Agnès B. , styliste, Paris
Jacques Albert-Canque, metteur en scène, Bordeaux
Anne Alvaro, comédienne
Jacques André, réalisateur, metteur en scène, plasticien, Paris
Cécile Andrey, metteur en scène (Vosges), co-fondatrice du festival «La tête ailleurs»
Jan Arons, peintre, Vallabrègues
Nurith Aviv, cinéaste
Claude Attia – comédien, Avignon
Pascal Aubier – cinéaste
Raymond Bellour, directeur de recherche émérite au CNRS
Joseph Beauregard – cinéaste documentariste
Jacqueline Blewanus, peintre, Vallabrègues
Corinne Bondu – formatrice- réalisatrice- productrice
Philippe Borrel, cinéaste – documentariste
Rony Brauman – ancien président de Médecins sans frontière.
Geneviève Brisac, écrivain, éditrice
Françoise Brunel
Claude Buchwald – Metteur en scène
Rodolphe Burger – musicien
Michel Butel, écrivain, journaliste.
Olivier Cadiot – écrivain
Marco Candore, comédien.
Laurent Cantet – cinéaste
Maréva Carassou, comédienne,
Arlette Casas, responsable communication Université Montpellier 2
André Castelli – conseiller général du Vaucluse
Carmen Castillo, cinéaste
Claude Chambard, écrivain, éditeur
Charb, dessinateur, Charlie Hebdo
Guigou Chenevier, Musicien compositeur
Isabelle Chevalier, musicienne
Françoise Clavel, créa- costumes, Paris
Françoise Cloarec – peintre et écrivain
Dominique Conil – écrivain
Michel Contat, chercheur CNRS émérite
Compagnie Les Acidus, comédiens
Patrick Coupechoux, écrivain, journaliste
Christine Dantaux – galériste socialiste – Pernes les Fontaine
Marie Darrieussecq – écrivain
Marcelo De Athayde Lopes, danse thérapeute
Valérie de Saint-Do , Rédactrice en chef de la revue Cassandre/Horschamp
André Debono, peintre (Nîmes)
Christine Deroin – écrivain
Martine Deyres, cinéaste, Besançon
Marcial Di Fonzo Bo, comédien et metteur en scène
Alain Didier-Weill, écrivain, auteur de théâtre
Claire Diterzi, chanteuse et compositrice
Annick Doideau, peintre (Paris)
Catherine Dolto, éditrice
Suzanne Doppelt, écrivain
Patrice Dubosc – cinéaste
Françoise Ducret, Peintre
Jean Pierre Ducret – Président du C.A. du Théâtre de Cavaillon
Denis Dufour, compositeur, Paris
Sophie Ernst, Paris, philosophe
Jean Michel Espitallier, poète
Christine Fabreguettes – artiste plasticienne Vaucluse
Serge Fauchier, peintre (Perpignan)
Stéfano Fogher – musicien, comédien
Patricia Geffroy, Animatrice ateliers d’écriture
Hala Ghosn, comédienne, metteur en scène, Paris
Sylvie Giron – danseuse, chorégraphe
Esther Gonon secrétaire générale de la Scène Nationale de Cavaillon
Jean Michel Gremillet – directeur de la Scène Nationale de Cavaillon
Angele Grimaldi, cinéaste
Jean Louis Guilhaumon – Maire de Marciac- Fondateur du Festival Jazz In Marciac.
Sabina Grüss –sculptrice
Mariette Guéna
Patrick Guivarch, responsable des cinémas UTOPIA d’Avignon
Pierre Helly – metteur en scène
Catherine Herszberg – journaliste, écrivain.
Gérard Haddad écrivain
Charlotte Hess, danseuse, chorégraphe. Animatrice sur Radio libertaire, Paris.
Stéphane Hessel, ambassadeur de France
Olivier Huet
Marie Jaoul de Poncheville, cinéaste, Paris
Jeanne Jourdren, médiatrice culturelle, Auray
Marie José Justamond, directrice artistique, directrice du festival Les Suds, à Arles
Charles Kalt, plasticien (Strasbourg)
Leslie Kaplan – écrivain
Daniel Kupferstein, réalisateur
Danielle Lambert, poète, auteure de proses brèves, Paris
Monique Lauvergnat Maire – adjointe à la Culture 84 Le Thor
Linda Lê – écrivain
Fred Léal, écrivain
Agnès Lévy, peintre
Isabelle Lèvy-Lehmann, photographe, Paris
Jean Pierre Lledo, cinéaste, Paris
Frédéric Loliée, comédienne, metteur en scène
Jean-Daniel Magnin, Secrétaire général du Théâtre du Rond Point
Thibault Maille, compositeur
Clotilde Marceron – musicienne, Cavaillon
Elissa Marchal, artiste peintre
Maud Martin, réalisatrice, Tours
Jacques Martinengo, artiste plasticien, 26- Dieulefit
Ismérie Marzone Lévêque, chanteuse, comédienne, Toulouse
Britta Medus
Daniel Mesguich, comédien, metteur en scène, directeur du Conservatoire d’art dramatique de Paris.
Xavier Moine, artiste plasticien,
Marie José Mondzain, philosophe
Mario Moretti – galériste socialiste – Pernes les Fontaine
Valérie Mréjen, cinéaste
Yves Müller – artiste – photographe
Véronique Nahoum Grappe – anthropologue
Eric Nonn, écrivain
Paul Otchakovski-Laurens, éditeur
Yves Pagés, écrivain et éditeur (Ed. Verticales), Montreuil
Xavier Person, écrivain.
Nicolas Philibert, cinéaste.
Rosie Pinhas-Delpuech, écrivain, directrice de collection, traductrice
Jacques Rancière, philosophe
Claude Régy, metteur en scène
Georgette Revest, artiste peintre écrivain, Marseille
Jean Michel Ribes, auteur, metteur en scène, directeur du Théâtre du Rond-Point,
Christophe Ribet – comédien
Marcel Robelin, peintre (Nîmes)
Daniel Robert, Peintre
Patrice Rollet, co-rédacteur en chef de la revue Trafic
Pierre Rosenstiehl, mathématicien
Dominique Rousseau, auteur illustrateur Bédéiste
Valérie Rouzeau, Poète
Elizabeth Royer, galeriste
Caroline Sagot Duvauroux – peintre et poète
Lydie Salvayre – écrivain
Joshka Schidlow, critique de théâtre
Michèle Sébastia, Comédienne
Christine Seghezzi, réalisatrice
Meriem Serbah – actrice
Nicolas Sers, comédien, Paris
Emmanuele Scorceletti – photographe
Tristan Siegmann, photographe (Paris)
Anne Saussois, peintre (Paris)
Charlotte Szlovak, cinéaste, Paris
Dimitri Tsiapkinis, artiste chorégraphique, Tours
Catherine Vallon, Metteur en scène
Gérard Vallerey, écrivain et traducteur, Toulouse
Didier Vancostenoble, photographe, ancien directeur d’hôpital psychiatrique, 76 Tourvillela chapelle
Agnes Verlet, Ecrivain
Pascal Villaret, auteur, Alés
Elise Vigier, comédienne, metteuse en scène
Vanina Vignal, cinéaste
Véronique Widock, comédienne
Martin Winckler, écrivain
Mâkhi Xénakis, sculpteur
Catherine Zambon – auteure de théâtre et comédienne

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