Archives de catégorie : Culture

> La Criée

La Criée (Collectif de recherche sur l'institutionnel et l'éthique) a été fondée à Reims en 1985 par des professionnels du champ psychiatrique adossés au Centre Antonin Artaud et rejoint par des soignants d'autres équipes, des psychanalystes et des psychiatres libéraux. D'entrée de jeu, il s'agissait de créer un lieu d'échange et de recherche inscrit dans la transmission de la Psychothérapie Institutionnelle, et la volonté de promouvoir une psychiatrie respectueuse du sujet en souffrance.

La  psychiatrie française avait en effet connu une vague de progrès depuis l'après-guerre, avec l'apport de la psychanalyse et d'une volonté politique de construire le Secteur, autrement dit d'offrir des soins de proximité tout en luttant contre l'enfermement et les processus de ségrégation des malades mentaux.

Mais nous constations déjà un reflux avec une tendance qui est allée en s'alourdissant de mesurer les pratiques humaines avec des normes issues de l'industrie. Cette tendance est aujourd'hui dominante qui promet de tout mesurer de la souffrance et du désir humain, alors que toute notre expérience témoigne de l'incommensurable de l'esprit humain.

Tous nos séminaires et colloques qui se tiennent depuis cette époque reprennent ce souci de l'autre en l'articulant avec une analyse des pratiques et des confrontations nécessaires entre des professionnels de toutes disciplines. Très tôt nos colloques rémois ont accueilli des soignants venant de toute la   France, et même d'autres pays francophones et la qualité des échanges nous a permis une publication régulière aux Éditions ERES.

Depuis le discours d'Antony en décembre 2008 où Nicolas Sarkozy traitait les malades comme des criminels potentiels, la Criée s'est mobilisée et a été partie prenante du Collectif des 39 contre la nuit sécuritaire.

Avec le soutien d'Adeline Hazan et de la Mairie de Reims, soignants et patients, rejoints d'ailleurs par plusieurs familles, se sont mis en mouvement pour faire reconnaître une autre psychiatrie fondée sur des valeurs respectueuses de l’humain, et refusant le tournant actuel d'une psychiatrie sécuritaire, refusant en particulier la nouvelle loi honteuse du 5 juillet 2011 qui permet "l'internement à domicile"

A l'inverse, dans nos pratiques, dont les média se sont fait l’écho, comme dans les échanges que nous proposons, nous témoignons d'une possibilité dès maintenant d'une transformation positive des pratiques, en lien avec les patients regroupés maintenant dans l'association rémoise Humapsy et les familles  regroupées dans l'Unafam.

Notre prochain colloque "Politiques de l'hospitalité" s'inscrit dans cette perspective d'un débat entre professionnels, mais aussi d'un forum citoyen ouvert à tous ceux qui se sentent concernés par cet enjeu humain  et politique. Ce forum soutenu par la mairie de Reims donnera la parole à plusieurs intervenants directement concernés et témoignant de la crise actuelle mais aussi de leurs aspirations.

A bien des égards ces aspirations demandent à être entendues par le nouveau pouvoir que la France vient d'élire, et nous préparons des Assises d'une psychiatrie fondée sur l'hospitalité pour construire le mouvement nécessaire. A Reims le samedi 2 Juin, nous donnerons en quelque sorte le coup d'envoi à ces Assises… 

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>Trouble 307.23 : lecture le mardi 22 mai 2012 à 20h30 au lieu dit Le Vent Se Lève !

Lecture / Performance

DURÉE : 2h00

Tout public

Par Joël Kérouanton

Quid de nos enfermements ? Quid de nos présupposés ? Quid de nos divagations ? Quid de notre liberté ?

Lecture-performance de Trouble 307.23, en présence de l'auteur et de l'artiste plasticien Wen Aloë. Nota.Bene : cette soirée ne s'arrêtera pas à une rencontre littéraire. Trouble 307.23 propose un détournement des Critères diagnostics du DSM-III ; Wen Aloë se réappropriera Trouble 307.23 dans un geste pictural en live. Il sera accompagné par l'ambiance du débat, introduit et modéré par Frédérique Debout, psychologue clinicienne, membre du Laboratoire psychanalyse, santé et travail de Christophe Dejour, secrétaire de rédaction de "Champ psy" et membre du Collectif des 39 contre la nuit sécuritaire. 

Trouble 307.23, Joël Kérouanton, éd. champ social, 2011 : Deux drôles déblatèrent dans une roulotte avec la ferme intention de donner chair à une pièce de théâtre. Ils divaguent autour de Sébastien Brant et sa Nef des fous, Michel Foucault et son Histoire de la folie… Nul ne sait pourquoi l’un d’eux dérape tout particulièrement sur le DSM-III (Diagnostic and Statistical Manual – Troisième révision), et poétise les Critères diagnostics de ce célèbre ouvrage de psychiatrie.

« Sur invitation de Philippe Duban, directeur artistique de l’association Turbulences !, je lis le DSM-III en évitant de surligner les formes morbides de la folie et en y prélevant les déformations de la vie morale. Je lis et je prélève et j’isole, de façon à ce que ces Critères diagnostiques, remis à dessein dans leur état brut, puissent constituer le contour d’un individu lambda, un ami ? un voisin ? un politique ? un autoportrait ? Ces critères, devenus poèmes, se liraient comme un jeu, non sans humour. Un jeu glissant, puisque quatre à cinq d’entre eux suffiraient à définir le trouble psychiatrique. Trouble 307.23 est dédié à tous les malades d’hier, d’aujourd’hui et demain. » (J.K.) 

Dossier de presse  – http://www.calameo.com/read/00082383985eadf6c6559

Publications – http://fr.calameo.com/read/00082383983453bcc6f8b

Site de l'éditeur : http://www.champsocial.com/book-trouble_307_23,626.html

 

Le Vent Se Lève ! se situe au 181 avenue Jean Jaurès dans le 19e arrondissement.

Métro Ourcq (ligne 5) 
Ourcq/Jean Jaurès (BUS 60)

Nous sommes un peu cachés, derrière le restaurant El Molino qui est également au 181 avenue Jean Jaurès

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> Un appel du Dr Pierre Sadoul pour le 6 mai 2012

 

Je ne peux rester indifférent aux résultats finaux des élections présidentielles qui précèdent les législatives de juin 2012.

 

J’appelle à voter pour François Hollande contre Nicolas Sarkozy emblème et acteur du dispositif législatif et réglementaire NON NEGOCIE, sécuritaire et NON SANITAIRE, en dérive libérale la plus effrénée.

Le service public de santé et particulièrement la psychiatrie sont karcherisés par ce gouvernement affligé d’une surdité destructrice pour l’Humain !

* Suite au rapport Larcher, la loi HPST, dite Bachelot (hôpital population santé territoire), assigne les équipes et le personnel médical à une obéissance, assortie de menaces, aux impératifs strictement gestionnaires par un contrôle vertical. Rattacher la hiérarchie infirmière aux directeurs d’hôpitaux à qui tout pouvoir est donné sur la carrière des médecins aboutit à un contrôle gestionnaire à la Lénine (mode perversion soviétique), persécuteur, stérilisant, et source de souffrances institutionnelles par réduction des effectifs. Les mesures prises ne visent qu’à l’optimisation du rendement industriel du service public mis en concurrence avec le privé…et en coupe réglée.

* Ce même gouvernement a produit dans la précipitation la loi du 5 juillet 2011 sur les soins psychiatriques sous contrainte, traitant l’usager, le patient, comme individu-objet consommé et consommable. Ainsi les patients « difficiles », considérés comme déviants, doivent-ils être « maîtrisés » par tous moyens y compris coercitifs. Mais le Conseil constitutionnel a exigé la présence d’un juge des libertés pour trancher des éventuelles privations de liberté.

En totale opposition à cette idéologie, je défends l’éthique d’une pratique de l’hospitalité de la folie portée par une psychiatrie humaniste se montrant respectueuse du sujet en souffrance et en grave difficulté. 

A l’heure qu’il est je n’ai aucune garantie qu’un changement de président et de majorité permette d’imaginer être entendu dans les mois prochains. 

Dans cette course de fond je préfère toutefois me battre avec cette nouvelle majorité que nous sommes nombreux à appeler. Charge à moi et à ceux qui sont en accord avec ma position de faire en sorte que nos idées et nos propositions soient diffusées et finissent par être prises en compte. Mettons les décideurs en état de réflexion approfondie sur les conséquences inhumaines des mesures jusqu’ici prises. 

En foi de quoi le mot d’ordre : votez le 6 mai 2012 pour déblayer le terrain et y reconstruire !

Dr Pierre SADOUL,

Psychiatre des hôpitaux, ex-médecin-chef de secteur pédopsychiatrique et membre du collectif des 39 contre la nuit sécuritaire

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> Expérience(s) cinématographique(s)

SEMAINE  CINEMATOGRAPHIQUE

 

 

organisée par CINEFIL (Blois)

 

À la marge…

expérience(s) cinématographique(s)

 

du jeudi 10 au mercredi 16 mai 2012

 

 

Expérience(s) cinématographique(s) : « Des films il y en a beaucoup, les expériences sont rares ». L'association Cinéfil propose une semaine d'aventures filmiques, largement accompagnées, pour témoigner d'expériences collectives avec le cinéma en ligne de mire.

Loin de figer « la marge » dans une représentation du pathos ou une visée stigmatisante consistant à montrer les fous, les pauvres, les exclus de la société, les marginaux – ce qui revient à ériger des frontières entre soi et les autres, à figer un territoire – nous souhaitons non pas séparer mais rassembler ; ajuster la focale, donc le regard, sur un paysage « pathique », à la manière d'un voyageur qui lors d'une traversée s'éprouve et éprouve le monde.

Il ne s'agira pas de projeter une « contre-image » en réaction à l'image souvent désastreuse que l'on donne de la folie ou de ceux qui sont exclus de la norme, mais d'accompagner le spectateur en l'invitant à augmenter ses connaissances en produisant une ouverture du regard.

 

« L'image ne peut être dite historique qu'à condition de rester vivante » (Agamben). Le cycle que propose Cinéfil explorera les liens étroits entre cinéma et histoire, en traversant plusieurs domaines tels que la folie, la lutte, le politique, l'art, « la caméra… outil thérapeutique » et la musique.

 

« Il n'y a de la vie que dans les marges », disait Balzac. Comment cela peut-il se traduire en images ? Nous baignons tous les jours dans un excès d'images. Même les festivals sur « cinéma et psychiatrie » sont à la mode… Chaque « festival » comporte toujours le risque de massifier les choses et de fétichiser ; de trop grands projecteurs ont tendance à écraser ce qu'ils veulent montrer, alors que « ce qui compte, c'est ce qui ne se voit pas ». Travail invisible (Jean Oury).

 

Pour une marge possible et nécessaire. Laisser apparaître dans l'image ce qui est « sans-image ». C'est ce que Walter Benjamin appelait « le refuge de tout image ».

 

Marge, marque, marche. Un certain cinéma; en dehors ou en marge du circuit économique classique (qui fait l'économie de l'économie) sera notre visée. Sortons du formatage, de la narration ficelée… de la « monoforme » (Watkins).

 

UN AVANT-GOÛT DE LA PROGRAMMATION ET DES ÉVÈNEMENTS…

 

La semaine « A la marge… expérience(s) cinématographique(s) » de Cinéfil se tiendra du jeudi 10 mai au mercredi 16 mai 2012 à Blois et ses alentours.

Nous sommes heureux d'accueillir durant cette semaine Patrick Leboutte, critique, essayiste, professeur à l'INSAS en Belgique, éditeur de la collection DVD – Le Geste cinématographique, Éditions Montparnasse (Fernand Deligny, Jean Rouch, Jean Vigo, Jean-Louis Comolli, …).

 

Le cinéma pour lequel milite Leboutte est celui qui « répare là où le marché sépare » : « Le cinéma ne devrait pas être ce qu'il a l'habitude d'être dans une époque de standardisation des images ou même le cinéma d'auteur est formaté ».

 

Patrick Leboutte nous convie à venir « travailler » avec lui du samedi 12 au lundi 14 mai, lors de trois modules autour du thème suivant : « Le cinéma dans son plus simple appareil », à savoir des discussions à partir d'extraits filmiques pour aborder « le geste documentaire : une expérience artistique » et « parole des femmes, mémoire du peuple ».

Dans la matinée du dimanche 13 mai nous partirons en balade-cinéma avec Patrick Leboutte, une marche dans-autour de Blois.

 

La semaine sera rythmée par de multiples occasions de discuter. Ainsi, vendredi 11 mai, en soirée, Sébastien Layerle (professeur de Paris III), invité du « Café Historique » (Rendez-vous de l'Histoire), animera un débat autour du « cinéma militant », la « caméra en lutte ».

 

Tout au long de la semaine, Cinéfil propose plusieurs films au Cinéma Les Lobis, à Blois. Quelques-uns sont déjà réservés :

 

      Le grand' tour ; de Jérôme Le Maire, avec la fanfare « la casserole » des Montils, ouverture du cycle, le jeudi 10 mai

      Les chants de Mandrin. Film de l'auteur, scénariste, acteur et producteur Rabah Ameur Zaimeche.

      Le plein pays ; d'Antoine Boutet.

      Regard sur la folie suivi de La fête prisonnière; de Mario Ruspoli, en séance unique, en présence de Jean Oury

 

PSYCHOTHÉRAPIE INSTITUTIONNELLE…

 

Inter-Club : expérience de la marge dans les ateliers de cinéma en milieu institutionnel

L'après-midi du samedi 12 mai 2012 sera consacrée à une présentation de films réalisés par les ateliers cinéma des cliniques de La Borde, Saumery et La Chesnaie.

 

L'Inter-club des trois cliniques dites de « psychothérapie institutionnelle » a organisé en amont du cycle proposé par Cinéfil plusieurs séances de visionnage d'une dizaine de films, court et moyen métrages, suivies de discussions, échanges et in fine sélection avec les pensionnaires et soignants.

Cette expérience de rassemblement collectif, assidu, donnera un résultat pour le moins inattendu en matière de cinéma et ouvrira un questionnement sur : Où se place la caméra ?, Dans quel contexte se situe-t-elle ?, Qui filme et fait le montage ?, Comment construire un film de façon collective ?, Qu'est-ce que filmer et être filmé ?, autant de questions sur la marge dans la marge pour un partage.

  

Regard sur la folie suivi de La fête prisonnière (1962) ; films de Mario Ruspoli

Ce film sera diffusé le dimanche 13 mai, en fin d'après-midi, en séance unique, en présence de Jean Oury, fondateur et médecin-directeur de la clinique de la borde.

 

Artisan et théoricien du cinéma direct (terme qu'il a proposé en contraste avec cinéma-vérité d'un Jean Rouch ou Joris Ivens) dans les années 60, Mario Ruspoli filme l'hôpital psychiatrique de Saint Alban avec une caméra 16mm Coutant et un magnétophone synchrone (avancées technologiques).

Les séquences filmées dans cet hôpital témoignent du début de la psychothérapie institutionnelle. On y voit François Tosquelles, réfugié du franquisme, à l'écoute du comité de rédaction du journal Le trait d'union, ou encore le psychiatre Roger Gentis à l'écoute au chevet d'un malade.

Parfois les images seront hors synchrone, la liberté du son et de l'image est devenue possible.

Michel Bouquet lit un commentaire en voix off, magnifique ! Extrait d'Antonin Artaud.

 

Le cinéma de Mario Ruspoli, tel qu'il le définit dans son manifeste « le groupe synchrone cinématographique léger », veut être dans un rapport direct qui ne déforme pas ce qui se passe là par la présence de la caméra. Pour cela, les trois personnes de l'équipe de tournage devront se mouvoir comme un seul corps (impossible sans une amitié et une confiance forte) qui doit devenir invisible. Appartenir au paysage, se faire oublier pour laisser apparaître.

 

Mario Ruspoli a su capter ce moment inaugural de la psychothérapie institutionnelle dans ses dimensions politiques et historiques. Tout comme Tosquelles met en cause la psychiatrie, Ruspoli veut expérimenter un nouveau cinéma. Ils partagent une même éthique qui restaure la parole comme lieu de vérité, dans une non-hiérarchie de filmants-filmés, soignants-soignés, dans une présence et une attente réceptive.

Questionnons ce partage.

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>Semaine de la folie ordinaire à Reims

 

 

SEMAINE DE LA FOLIE ORDINAIRE

 

EXPOSITION  

Du 13 au 24 mars 2012 "Semaine de la Folie Ordinaire 2012"   

à la Maison de la Vie Associative,  122 rue du Barbatre à Reims réalisée par le Centre Antonin Artaud, les Clubs Le Grillon, Atout Coeur, MEID et le GEM La Locomotive

Vernissage le mardi 13 mars 2012 à 18h00 

 

LECTURE

Mercredi 14 mars 2012 à 19h Lecture vivante " Du Rififi à Carnégie"

Bibliothèque Carnégie, 2 place Carnégie 

SOIRÉE : "DES MAUX EN DÉBAT … CASSONS LE MOULE"

 

Jeudi 15 mars 2012 de 18h à 22h à la Salle Armonville, 7 bis rue Armonville à Reims  

18h             Accueil à la Salle Armonville

18h15         Fanfare Artos

18h35         Ouverture et mise en perspective de la soirée par Sébastien D., Président et   Clément D., membre du CA, du GEM la Locomotive

18h50         Atelier chant lyrique avec Marie Matherat

                   Deux passages de La Périchole de Jacques Offenbach

19h00         Les après-coups de la loi sur la psychiatrie et l’analyse de l’actualité psychiatrique pour les patients, leur famille et les soignants avec Patrick Chemla. Ouverture d’un débat avec la salle.

                   Présentation d’une association de patients nouvellement créée : HumaPsy

                   Annonces des actions en faveur d’une psychiatrie fondée sur l’hospitalité avec le meeting à Montreuil le samedi 17 mars.

20h             Collation

                   Soupes, pâtisseries, boissons fraîches

20h40        Dégustation de pâte de coing par le club Atout Cœur de Fismes           

20h50         La parole à Corinne Chemin, pour les ateliers du GEM

21h             La parole à Julie de Benoist, pour les sorties équitation

21h10         Intermède musical avec Amélie Barbier

21h15         L’atelier d’écriture d’Artaud

21h25         La Patat’Ose nous invite à l’enregistrement d’une émission de radio ..               

                   Prochains rendez-vous…

21h40         Chants et danses populaires avec Amélie Barbier

22h            Fin de la soirée avec vente du catalogue et de l’affiche de l’exposition

 

Téléchargez le document de présentation de l'événement : Semaine de la folieordinaire

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>La Parisienne Libérée: toc, toc, toc, voilà les médocs ! (Mediapart)


 

 

Chaque jeudi, La Parisienne Libérée chante l'actualité. Cette semaine, l'organisation des soins psychiatriques autour du “médecin-juge-préfet”.

 

Des liens documentaires sont proposés sous l'onglet “Prolonger”, n'hésitez pas à les compléter dans les commentaires. 

 

TOC TOC TOC, VOILÀ LES MEDOCS !

Paroles et musique : La Parisienne Libérée

 

[citation N. Sarkozy]

 

C’est déjà pas très rigolo

D’être schizophrène ou parano

On se dit rarement depuis tout petit

« Moi quand je serai grand je serai suivi ! »

C’est déjà assez compliqué

De trouver quelque part où loger

Sans qu’un agent persécuteur

Puisse se présenter à toute heure

Et vous dire :

 

Toc toc toc, voilà les médocs !

Ça fait comme un électrochoc

Attention, voilà l’injection !

On ne vous demande pas la permission

Le médecin-juge-préfet

Est là pour vous soigner

Il viendra vous chercher

Jusque dans la chambre à coucher

 

Parce qu’un évadé de l’HP

S’est retrouvé médiatisé

Il faudrait murer tous les patients

Sous peine de péril imminent

Les fauteurs de trouble public

Iront en prison psychiatrique

Et si ça coûte cher au Trésor

Il n’y a qu’à les enfermer dehors

Et leur dire :

 

Toc toc toc, voilà les médocs !

Ça fait comme un électrochoc

Attention, voilà l’injection !

On ne vous demande pas la permission

Le médecin-juge-préfet

Est là pour vous soigner

Il viendra vous chercher

Jusque dans la chambre à coucher


Un gestionnaire quand ça vous trace

Ça voit le soignant comme une menace

Tandis qu’il y a bien assez d’argent

Pour faire des chambres d’isolement

Un gestionnaire quand ça bricole

Ça vous fabrique des protocoles

Où le parano passe en audience

Grâce à de la visioconférence

 

Toc toc toc, voilà les médocs !

Ça fait comme un électrochoc

Attention, voilà l’injection !

On ne vous demande pas la permission

Le médecin-juge-préfet

Est là pour vous soigner

Il viendra vous chercher

Jusque dans la chambre à coucher

 

Quand vient la nuit sécuritaire

On économise la lumière

En enlevant la citoyenneté

A ceux qui ont démérité

Résonne alors, au coin de la rue

L’appel à exclure les exclus

L’insupportable ritournelle

Du fou dangereux criminel

 

Toc toc toc, voilà les médocs !

Ça fait comme un électrochoc

Attention, voilà l’injection !

On ne vous demande pas la permission

Le médecin-juge-préfet

Est là pour vous soigner

Il viendra vous chercher

Jusque dans la chambre à coucher

 

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Les précédentes chroniques :

 

Travailleur élastique

A©TA, un monde sous copyright

Y'a pas que les fadettes…

Les investisseurs

La TVA, j'aime ça !

Votez pour moi !

Les bonnes résolutions

PPP

Le subconscient de la gauche (duo avec Emmanuel Todd)

Concert en live à Mediapart

Un président sur deux

Mamie Taxie 

L'usine à bébés

Kayak à Fukushima 

La gabelle du diabolo

Les banques vont bien

Le plan de lutte

«Si je coule, tu coules…»

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>Interdire la psychanalyse ?

Les ténors du système néo-libéral travaillent depuis longtemps à de nombreuses choses qu'ils ont expérimentées au début des années 70 au Chili, puis en Argentine. C'est ainsi que le système financier, gestionnaire, celui des actionnaires tout-puissants à pu prendre le contrôle de la planète, ou quasiment. Le documentaire qui suit est exemplaire. Il suffit alors, dans le contexte actuel à propos de l'autisme par exemple, de remplacer le mot marxisme par psychanalyse. Les méthodes sont les mêmes, le but identique. Mais comme vous le verrez, ce sont des méthodes psychiatriques qui illustrent le propos dès le début du documentaire. Pas n'importe lesquelles.

Prenez le temps de visionner cette heure d'histoire et de réflexions, basée sur l'ouvrage de Naomie Klein "La stratégie du choc" : l'objectif de ceux qui prétendent vouloir obtenir des "résultats" (qui sont désastreux pour les populations) est celui d'arrêter toute forme de réflexion, de contestation : au fond c'est l'arrêt de la pensée qui est inscrit dans cette "philosophie" du monde. Et par ricochet, de notre humanité.

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>Des adieux poétiques : hommage d'hommes et de femmes à Hervé Bokobza

Il est jours qui ont de l'importance. Qui font sens. Des jours où les hommes et les femmes réunis sentent en eux un serrement au cœur particulier. C'était un jour comme celui-ci, ce mardi 17 janvier 2012.

Au centre psychothérapique de Saint Martin de Vignogoul, un après-midi de spectacles avait été organisé ce mardi là. En hommage à un homme qui s'en va, continue sa vie ailleurs, n'offrira plus son écoute et son humanité aux personnes en souffrance, en recherche, en doute, qui viennent dans ce lieu protecteur, cet asile merveilleux qu'est Saint Martin de Vignogoul.

Il avait son fauteuil au premier rang, le bougre !

Et il riait, riait : parce que l'hommage était beau et drôle à la fois. Parce que les artistes, ces fous créateurs, avaient mis le paquet : théâtre, musique, poésie, slam… 

Et oui, Hervé Bokobza : 23 ans à être là tous les matins, en groupe de thérapie, ce n'est pas rien. Le groupe 1. Number one. Un cercle de chaises. Des êtres humains, assis, qui se contemplent. Attendent. Parlent. Se taisent. Ecoutent. Crient. Pleurent. Rient.

Hervé Bokobza a reçu le plus beau des hommages. Celui de ceux qui l'aiment pour son "humanité qui sauve", cette extraordinaire capacité à accompagner par le regard, la parole, l'écoute…

Hervé est un artiste de l'âme, des membres du "groupe un" l'ont ainsi défini. 

C'est si vrai. Si simple. On pourrait en pleurer.

Mais régalons-nous, braves gens ! Osons l'espoir, la création et l'inventivité : Hervé Bokobza est parti de Saint Martin, vive Hervé Bokobza ! (et Saint Martin).

Ecoutez maintenant ce texte déclamé avec la force de l'âme, son auteure se nomme Jehanne.

Prenez le temps d'entendre et vibrer, rire avec ces mots qui cognent, qui secouent et qui trompent aussi : là est toute la substance moelle de nos existences, celle des êtres vivants qui vibrent, cherchent, souffrent, jouissent et jamais ne ferment la porte. Nous sommes des êtres humains.

Vive nous !

 

 


Boulimique-Jehanne by collectif39

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>Fleurs du mal, Le Romantisme à l'ère d'internet

Là tout n'est qu'ordre et beauté, luxe, calme et volupté. (Charles Baudelaire)

 

Gecko, jeune beur, sort difficilement d'une enfance de foyers. Streetdancer, yamakusi, il arpente les rues parisiennes à la recherche de lui même. Anahita, jeune iranienne, fuit à Paris la violence de son pays. 

Etudiante à l'Université de Téhéran, belle et intelligence, elle découvre paris à la recherche d'une liberté inconnue. L'internet habite les vies de nos deux protagonistes. Violent parfois, il pénètre les vies de ces deux jeunes à leur insu et rappelle sans cesse la cruauté du monde et la violence des actes.

Ce film est l'histoire d'une rencontre de deux jeunesses blessées. Mais c'est aussi l'histoire d'un protagoniste technologique qui s'immisce dans une relation amoureuse romantique et passionnelle en plein coeur de la ville des amoureux.

Anahita ne peut pas briser le fil qui la retient à l'Iran et c'est son inséparable ordinateur qui lui rappelle sans cesse le pays qu'elle a fui, la lâcheté qu'elle a amenée avec elle dans ses bagages, l'envie de vivre qui l'a poussée à partir et les amis étudiants qui se battent pour une liberté chimérique au prix le plus fort qui soit, celui de leur vie.

Gecko quant à lui, exprime sa solitude à travers un corps en perpétuel mouvement, il danse, danse et danse encore son ennui, sa honte de n'avoir pas été un bon fils et son envie d'aventure.

Ponctué de vidéos youtube montrant la violence iranienne dans sa réalité la plus crue, parfois à la limite de l'insoutenable, on ne peut pas rester indifférent devant un tel film.

Quand le spectateur s'évade dans le romantisme de cette relation amoureuse, Internet le rappelle sans cesse à son souvenir. Il se retrouve alors auprès d'Anahita et souffre avec elle en portant la honte d'être si impuissant devant de telles images. A d'autres moments, le corps du spectateur s'anime devant les figures complexes de Gecko, il danse et voltige avec lui mais le Web revient encore et encore lui rappeler qu'il est des pays où même danser est un crime.

David Dusa, réalisateur de Fleurs du Mal a su mettre dans cette oeuvre toutes les émotions les plus vives et les plus crues. D'origine hongroise, élevé en Suède et vivant en France, ce cinéaste a collectionné des années durant des vidéos de l'insurrection iranienne ayant suivi l'élection de Mahmud Ahmadinedjad en 2009, sans trop savoir comment il allait les utiliser. C'est sa rencontre avec les deux acteurs principaux de ce film qui lui a permis de construire l'intrigue de ce film sur fond d'Internet.

David Dusa nous entraîne alors dans un tourbillon de sentiments des plus forts et des plus violents. La relation amoureuse tissée entre ces deux jeunes protagonistes est empreinte d'un romantisme rare mais elle est aussi le rappel qu'une rencontre d'individus est tout d'abord la rencontre de deux histoires, de deux souffrances parfois tellement fortes qu'elles en deviennent incompatibles.

Des dialogues ciselés, pertinents, sensibles entraînent le spectateur dans des ressentis très perturbants. C'est ainsi qu'on se laisse entraîner dans le sentiment amoureux, la passion, la violence, l'impuissance, la honte et dans tout ce qui fait qu'on se sent exister au plus profond de soi même.

Internet devient le personnage principal. Il est celui qui nous permet de nous rencontrer, de nous informer mais il est aussi celui qui, par sa violence et sa réalité crue, peut nous séparer, nous hanter et nous faire faire des choix irréversibles. Anahita et Gecko vivront leur passion jusqu'au bout de ce qu'ils peuvent et savent donner, l'iranienne qui rêve de liberté et le danseur qui s'emprisonne dans des clichés sociaux et culturels se donnent l'un à l'autre sans compter, sans espérer et Internet saura les rappeler à leur douloureuse réalité.

Il est difficile d'écrire au sujet d'une telle oeuvre tant l'émotion est fulgurante. Si on devait en résumer l'essence et le sens, un mot suffirait peut-être : celui de Liberté. Les Fleurs du Mal n'ont jamais été d'autant d'actualite quand Charles Baudelaire, en d'autres temps avait dit : 

Les sanglots des martyrs et des suppliciés

Sont une symphonie enivrante sans doute,

Puisque, malgré le sang que leur volupté coûte,

Les cieux ne s’en sont point encore rassasiés.


 

Sortie en salles le 8 février.

Marie L

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>Marcel Storr, bâtisseur visionnaire

Du 16 décembre 2011 au 10 mars 2012, la mairie du 20e arrondissement et la mairie de Paris présentent l’exposition Marcel Storr, bâtisseur visionnaire au pavillon Carré de Baudouin. Entrée libre.

L’oeuvre de Marcel Storr est à la fois intrigante dans le détail, époustouflante dans son ensemble. Elle regroupe une soixantaine de dessins de cathédrales et mégapoles imaginaires réalisés clandestinement par un cantonnier du bois de Boulogne, décédé en 1976 dans le plus complet anonymat. Il s’agit sans doute d’une des plus importantes découvertes d’art brut de ces dernières années en France.


Cette oeuvre magistrale est à découvrir pour la première fois dans son intégralité, du 16 décembre 2011 au 10 mars 2012 au pavillon Carré de Baudouin. L’exposition Marcel Storr, bâtisseur visionnaire est présentée par la mairie du 20e arrondissement et la mairie de Paris, avec la collaboration de Liliane et Bertrand Kempf (les collectionneurs), Laurent Danchin (commissaire de l’exposition) et Géraldine Gauvin (coordination muséographique).
Continuer la lecture de >Marcel Storr, bâtisseur visionnaire

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>J…(Texte paru dans la revue « Une larme du diable », décembre 2011 )

-Tais-toi

-Je n’ai rien dit

-Tu as pensé

-A peine

-Tu as voulu penser

-Mais j’ai échoué

-Alors tais-toi. Tu ne sais pas qui je suis.

-Bien sûr je le sais. Tout le monde sait ici.

-Allons donc, je suis venu incognito.

-Si tu le dis

-N’est-ce pas ? J’ai considérablement adouci ma voix

-Voilà

-Je suis mieux accueilli ainsi

-Mettons

-Quoi ! Tu trouves que je n’ai pas réussi mon entrée ? Continuer la lecture de >J…(Texte paru dans la revue « Une larme du diable », décembre 2011 )

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> "Accueillir la folie" : un réseau social pour tous ceux qui se sentent concernés par la psychiatrie !

CLIQUEZ ICI POUR ACCEDER AU RESEAU SOCIAL "ACCUEILLIR LA FOLIE"

Oui, nous avons créé un réseau social !

Parce que nous pensons qu'il est encore plus important désormais que le plus grand nombre de personnes concernées par la psychiatrie puissent échanger, partager, discuter, offrir, recevoir : patients, ex-patiens, citoyens concernés, militants des droits de l'homme, membres de familles de patients ou d'ex-patients , proches de patients ou d'ex patients, professionnels du secteur psychiatrique du soin ou de l'éducatif…

Ce réseau social permet de nombreuse choses. Chacun peut y créer son blog, des  groupes de discussion, participer à ceux des autres, offrir de la musique (et écouter celle des autres), des photos, des vidéos, en un mot : échanger.

 

 

Parce que la folie est aussi source d'inspiration et de création, parce que la psychiatrie concerne toute la société, parce que nous sommes entrés dans une époque sombre où le sécuritaire et l'enferment ont pris le pas sur l'accueil, l'échange, le partage, l'humain dans tout ce qu'il peut avoir de sensible, nous pensons que le réseau "Accueillir la folie" est un outil indispensable qui nous manquait.

Ce réseau peut permettre de rallier tous ceux qui veulent permettre de réformer la psychiatrie, défendre la psychothérapie institutionnelle, faire reconnaître les personnes en psychiatrie comme des citoyens à part entière, soutenir ou créer des initiatives permettant un véritable accueil de la folie dans la "cité".

 

 

Comme à l'époque de Gutemberg, nombreux sont ceux qui ont alors craint ce qu'allait engendrer la "révolution du livre" : ils avaient raison, le livre a changé l'humanité et continue à le faire, comme les outils numériques, eux aussi, aujourd'hui le font. A tous ceux qui pourraient croire que les outils de l'Internet comme un réseau social sont uniquement chronophages et aliénants, nous disons : le livre à ses débuts a reçu les mêmes critiques, regardez aujourd'hui le nombre d'heures que vous avez passées à les lire et les bénéfices humains que vous en avez retiré…

Rien ne s'oppose, tout se complète, le monde physique peut être investi beaucoup plus facilement aujourd'hui grâce aux rencontres d'hommes et de femmes sur des réseaux sociaux comme celui-ci, réseau qui nous appartient, à tous ceux qui veulent un autre accueil de la folie. Un réseau social est un espace de rencontres et d'échanges, il est aussi et avant tout un moyen d'aller plus facilement vers les autres, de faire connaître ce qu'il se fait, se dit dans le monde physique.

 

Le réseau social "Accueillir la folie" deviendra que ce que nous en ferons et le site  du collectif des 39 (que vous lisez en ce moment) restera bien entendu le point de publication centralisé du collectif des 39, mais qui deviendra peut-être à termes le collectif…des 109, des 1009 entre autres grâce au réseau social : plus nombreux  seront  ceux qui revendiqueront la reconnaissance de la valeur humaine de la folie, moins l'homme aura de chances de disparaître…

CLIQUEZ ICI POUR ACCEDER AU RESEAU SOCIAL "ACCUEILLIR LA FOLIE"

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>Les enseignements de la folie : Un feuilleton «dangereux», Clinique de Dostoïevski : Crime et châtiment, 1/20

Raskolnikov

Wood Allen a écrit quelque part : si Dieu existe il faudra qu’il ait une bonne excuse. Cette phrase a derrière elle plus d’un siècle et demi de travail de pensée dans l’institution de la culture. C’est par cet angle que je commencerai à aborder le roman Crime et châtiment sur lequel nous travaillerons maintenant.

L’homme du sous-sol, terré au fond de sa solitude, lance un défi fou à l’autre. Incapable d’aimer et, pour cela, méchant et malade, il veut prouver – et d’abord à lui-même – qu’il n’a besoin de personne, que sa haine lui suffit pour vivre. L’autre est convoqué sous la forme d’un interlocuteur impossible, pour qu’il lui dise son désintérêt pour son existence, pour qu’il lui raconte son crime, le meurtre de Lisa. La parole de l’homme du sous-sol n’a pas d’adresse. N’empêche que, pour dérouler sa pensée, il a besoin de la présence de l’autre à cette place d’un spectateur impuissant. La tension que cette présence provoque lui est nécessaire ; il en tire l’énergie pour affirmer fébrilement l’inutilité de cette présence. D’où le caractère stérile, ressassant, vertigineux, infini, tragique de sa parole. Ce qui fait de l’homme du sous-solun personnage tragique c’est, comme le dit Leslie Kaplan, qu’il veut se passer de l’autre pour penser, mais comme « c’est l’autre qui est le support de la parole, sans adresse la parole se perd, se dilue, s’effiloche». (cf.L’expérience du meurtre, in Les Outils, POL, Paris, 2003.)

Avec Raskolnikov la tragédie change de configuration. Avec lui Dostoïevski inaugure la série de personnages tragiques qui vont l’occuper jusqu’à la fin de sa vie. Il ne s’agit plus ici de convoquer l’autre pour nier son existence, mais de répondre à une question : si Dieu n’existe pas, comment vivre ? Et aux corolaires de cette question : si Dieu n’existe pas,  quel référent garantit la réalité de la vie et de la pensée ? Si Dieu n’existe pas, que devient la loi ?  Continuer la lecture de >Les enseignements de la folie : Un feuilleton «dangereux», Clinique de Dostoïevski : Crime et châtiment, 1/20

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>Scène nationale, "Un truc de fou": dix jours autour de la folie (la provence)

 

(Article original sur laprovence.com)

Où commence la folie? Quand on dit d'une personne "elle est folle" sait-on vraiment ce que cela veut dire? "Heureux soient les fêlés car ils laissent passer la lumière". Cette phrase de Michel Audiard est reprise par la Scène nationale en préambule de la première édition de son "Exclamation". "Ce n'est pas un festival, mais un regard dans un temps donné autour d'un thème, d'une interrogation artistique. La première va porter sur la folie, débat de société très présent actuellement" souligne le directeur de la Scène Nationale, Jean-Michel Gremillet.

Beaucoup de spectacles (théâtre, danse), des expositions, un colloque, des documentaires, vont être proposés dans divers lieux de la ville. "Un truc de fou" durera du 10 au 19 novembre, avec une programmation très fournie, menée en collaboration avec les "psys" de l'hôpital de Montfavet, et ses ateliers de création très ouverts sur l'extérieur. Humour, théâtre, réflexion Dix jours (voire un mois pour les expositions), d'interrogation, d'immersion dans le monde complexe de la santé mentale.

"Louise, elle est folle" par le théâtre des Lucioles, sur un texte de la psychanalyste Leslie Kaplan, ouvrira le bal jeudi 10 à 20h30. Elle sera suivie par une création très originale, place du Clos, "Les Demeurées", vendredi et samedi après-midi. Pour ce moment de théâtre, il est nécessaire de réserver car chaque spectateur entrera toutes les 3 minutes dans une structure montée tout exprès sur la place et vivra cette histoire, emmené par des comédiens pendant 21 minutes! Psys et paroles de malades Plus professionnel, plus dans la réflexion, mais aussi pour le grand public, vendredi 11 et samedi 12, un colloque sur le rêve et la création, se déroulera au théâtre, organisé par l'association "le point de Capiton", clôturé par un moment plein d'humour avec Catherine Dolto, pédopsychiatre, et Emma la Clown (à 17h samedi 12 au théâtre), échange original, où la psy parle elle-même à la fin comme un clown.

À suivre aussi un forum qui sera sans doute passionnant "L'appel des 39 contre la nuit sécuritaire", mouvement d'alerte de la société, lancé suite au projet de loi sur la psychiatrie, voté au Parlement le 31 mai 2011 qui instaure les soins en ambulatoire, sans consentement, favorisant le remède chimique, en présence d'Hervé Bokobza, fer de lance de cet appel et de nombreux autres psychiatres. Le samedi 19 novembre (à 17h, gratuit sur réservation). Des échanges de "psys", mais aussi des paroles de malades qui seront retransmises dans la salle du Grenier avec les textes d'Arnaud Catherine qui a passé du temps dans un asile psychiatrique de Dijon. Le tout mis en musique au piano et à la guitare ("Il n'y a pas de coeur étanche", samedi 19). Au Grenier aussi, la question très oedipienne du rapport avec la mère sera interprétée par Christian Prigent (le 18). Le théâtre de l'Autre scène, du centre hospitalier de Montfavet – troupe hospitalière mais accueillant tout le monde- jouera un texte d'Eric-Emmanuel Schmitt, "Le Libertin"(le 17). Autres temps forts: la danse avec une chorégraphie d'Odile Duboc, du centre chorégraphique de Belfort (décédée l'an dernier) dimanche 13 novembre, précédant les textes interprétés par Françoise Sliwka sur les correspondances de Camille Claudel, avec sa mère, son frère… internée à Montfavet et qui y termina sa vie. L'Exclamation: achat d'une entrée générale puis le reste à 5€.

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>Emission de radio : Hacker la psychiatrie (avec Philippe Bichon et Joël Kerouanton)

Do You Hack Me ? : hacker la psychiatrie, le 28 octobre à 16h

Do You Hack Me sur Radio Libertaire (89.4 FM sur Paris) a toujours prétendu parler du hacking au sens large et cette quatrième émission est là pour démontrer que beaucoup de hacks sont possibles, même dans un domaine comme celui de la psychiatrie.

Nos deux invités, Philippe Bichon et Joël Kerouanton sont respectivement psychiatre et écrivain. Mais pas seulement, et au delà de leur “titre”, ce sont des professionnels qui n’abordent pas les personnes en souffrance psychique avec le “logiciel” officiel. Ils vont nous aider à comprendre comment et pourquoi il est important de hacker la psychiatrie qui, avec les lois sur les soins sans consentement et les approches cognitivo-comportementalistes est devenue une machine froide qui prétend guérir les individus au “cerveau défaillant”, génétiquement prédisposés aux maladies mentales…

 

Ecrire en turbulence (la maison des écrivains)

Trouble 307.23 (Editions Champ Social)

 

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>La Parole errante, Montreuil : Les lieux et ceux qui portent le projet (28 et 29 octobre)

Vendredi 28 et samedi 29 octobre 2011
à La Parole errante, Montreuil

Quatrième rencontre autour de La Traversée des langages

Les lieux et ceux qui portent le projet

Tables rondes publiques et radiophoniques

La Traversée des langages, cycle d'une quinzaine de pièces écrit par Armand Gatti depuis 1994, a comme fil conducteur la résistance menée par Jean Cavaillès, à la croisée des langages de la science, de la philosophie, de la poésie.
Comment aborder ce théâtre qui se crée lors d'expériences créatives de quelques mois, avec des publics toujours renouvelés et dans des lieux à l'identité très marquée qui entrent en interaction avec l'écriture de Gatti ?

Sept expériences autour de La Traversée des langages se sont tenues de 1994 à 2010 dans différents lieux :

• une friche artistique à Strasbourg,

• un foyer de jeunes travailleurs à Sarcelles,

• les locaux du Conseil Européen pour la Recherche Nucléaire (CERN) à Genève,

• le théâtre universitaire à Besançon,

• l'hôpital psychiatrique à Ville-Evrard,

• une maison de quartier à Montpellier,

• un lycée agricole à Neuvic (région des maquis limousins de Gatti).

En présence d'Armand Gatti, nous recevons ce mois-ci celles et ceux qui ont suscité et concouru à la mise en œuvre et au déroulement de ces 7 expériences :

Jean Hurstel, alors directeur de la friche artistique La Laiterie à Strasbourg,

Olivier Derousseau, réalisateur, alors stagiaire à l'expérience de Sarcelles,

Philippe Macasdar, directeur du théâtre Saint-Gervais à Genève,

Lucile Garbagnati, alors professeur à l'Université de Franche-Comté à Besançon,

Fatima Kaci-Doukhan, médecin psychiatre à l'Hôpital de Ville-Evrard,

Camille Chevallier-Sudres, assistante de l'adjoint à la jeunesse de Montpellier,

Francis Juchereau, membre du Cercle Antonio Gramsci dans le Limousin.

Les membres de l'équipe d'Armand Gatti à la Parole errante seront eux aussi présents pour apporter leur témoignage :

Hélène Châtelain, réalisatrice et traductrice,

Gilles Durupt, coordinateur des projets,

Matthieu Aubert, assistant à la mise en scène.

Les entretiens et les débats seront tous disponibles à l'écoute sur www.radio-gatti.org

Vendredi 28 octobre 2011

14h : Entretien avec Gilles Durupt
Gilles Durupt est un compagnon de route d'Armand Gatti à Saint-Nazaire dans les années 70. C'est lui qui invite Gatti dans la MJC dont il est responsable pour une expérience théâtrale et militante autour de la dissidence soviétique : Les Canards sauvages qui volent contre le vent (1976-1977). Après un parcours de dirigeant culturel à Carcassonne, en Tunisie, etc., Gilles Durupt revient vers la Parole errante et assure la coordination de la plupart des projets artistiques de Gatti depuis vingt ans : Avignon (Nos empereurs aux ombrelles trouées en 1990), Marseille (Le Cinécadre de l'esplanade Loretto en 1991,Adam quoi ? en 1992-93), puis pour La Traversée des langages : Strasbourg, Sarcelles, Ville-Evrard et Neuvic. Il a suivi de l'intérieur, en interaction quotidienne avec les stagiaires, le travail que Gatti a mené avec les loulous (publics en réinsertion ou en formation), puis avec les étudiants.

15h30 : Entretien avec Lucile Garbagnati
Lucile Garbagnati est professeur de littérature à l'Université de Franche-Comté à Besançon. Son implication dans le théâtre universitaire l'amène à créer des ateliers et des colloques autour du dialogue entre théâtres et sciences, à interroger la représentation théâtrale au prisme de la crise de la représentation des mathématiques et de la physique modernes. En 2003, elle convainc Gatti d'animer une Université européenne d'été sous la forme d'une résidence-création de deux mois avec une quarantaine d'étudiants de quinze nationalités, une première pour Gatti. La pièce prendra pour nom : Le Couteau d'Evariste Galois avec lequel Dedekind invente la droite en mathématiques, ce soir trait d'hexagramme du Livre des mutations.

17h : Entretien avec Francis Juchereau
Membre et fondateur du "Cercle Antonio Gramsci" à Limoges, Francis Juchereau a participé à la création de plusieurs ouvrages avec Georges Guingouin, le chef du maquis limousin dès 1941. A l'initiative de Francis Juchereau et d'Hélène Châtelain, une rencontre entre Gatti et Guingouin est souhaitée. Mais Guingouin décède… Gatti lui consacre alors un long poème, Les Cinq noms de résistance de Georges Guingouin – Poème rendu impossible par les mots du langage politique qui le hantent, mais dont les arbres de la forêt de la Berbeyrolle maintiennent le combat. Par son toujours maquisard Don qui ?, qu'il lira en 2006 à Tarnac, Corrèze. C'est lors de cette lecture que naît l'évidence d'une expérience de Gatti sur le Plateau de Millevaches. En 2010, elle se concrétise à Neuvic en Corrèze et prend fortement appui sur l'histoire du territoire : Science et Résistance battant des ailes pour donner aux femmes en noir de Tarnac un destin d'oiseau des altitudes.

18h30 : Pause

20h : Projection de Le Couteau d'Evariste Galois avec lequel Dedekind invente la droite en mathématiques, ce soir trait d'hexagramme du Livre des mutations .
Captation filmique des représentations de l'expérience menée avec 37 étudiants à Besançon. Durée : 1h20'.
Précédé d'un entretien (30') réalisé avec Jacques Lautman, sociologue au CNRS, le fils d'Albert Lautman (philosophe et mathématicien, compagnon de résistance de Jean Cavaillès dans le réseau Cohors).
Propos de la pièce : Avec le colloque de l'université d'Erlangen en Bavière (1872), la droite devient courbe en mathématiques, mais continue dans tous les autres langages d’imposer sa ligne, sa rectitude. Jusqu’à mener Cavaillès, le fusillé du pentagone d’Arras au poteau d’exécution. Mais les traits pleins et brisés du livre des mutations chinois feront définitivement imploser la droite et lui offriront un « langage d'univers », celui du yin et du yang.

Samedi 29 octobre 2011

14h : Entretien avec Olivier Derousseau
Olivier Derousseau rejoint l'expérience de Sarcelles en 1997.

15h30 : Entretien avec Jean Hurstel
En 1968, Jean Hurstel alors responsable du théâtre de Strasbourg monte La Cigogne de Armand Gatti. En 1975, Jean Hurstel invite Gatti à réaliser une expérience d'écriture avec les ouvriers immigrés de Montbéliard Peugeot qui deviendront sept films vidéo : Le Lion, sa cage et ses ailes. Dans les années 90, il dirige la Laiterie Centre européen de la jeune création à Strasbourg, où il accueille Gatti et son équipe pour une nouvelle expérience avec les loulous strasbourgeois. Strasbourg sera le lieu de genèse de La Traversée des langages avec Kepler, le langage nécessaire, devenu le jour de la représentation : Nous avons l'art pour ne pas mourir de la vérité – Frédéric Nietzsche.

17h : Entretien avec Philippe Macasdar
Philippe Macasdar dirige le théâtre Saint-Gervais à Genève. Il a mis, en prenant ses fonctions, Gatti sur sa feuille de route. Il invite Gatti qui écrit Les Incertitudes de Werner Heisenberg. Feuilles de brouillon pour recueillir les larmes des cathédrales dans la tempête et dire Jean Cavaillès sur une aire de jeu.

18h30 : pause casse-croûte

20h : Débat avec l'ensemble des intervenants sur le thème :
La part du désir dans les expériences de Armand Gatti

RADIO GATTI – Les Chroniques de l'arbre

Un cycle de six rencontres publiques et radiophoniques à la Parole errante accompagne la publication en 2012 de La Traversée des langages aux éditions Verdier. Toutes les tables rondes seront disponibles à l'écoute. Vous pouvez, d'ores et déjà, y écouter les émissions réalisées lors des trois premières rencontres sur La Traversée des langages qui se sont tenues à la Parole errante.
Deux entretiens supplémentaires autour des « Lieux et ceux qui portent le projet » seront disponibles sur
www.radio-gatti.org
dans la rubrique « Les Archives » :

Entretien avec Fatima Kaci-Doukhan.
Fatima Kaci-Doukhan est médecin psychiatre à l'Etablissement Public de Santé de Ville-Evrard, en Seine-Saint-Denis. Persuadée que la thérapie ne peut exister sans la parole poétique, rejoignant en cela le courant humaniste et résistant de Lucien Bonnafé, elle fonde la Compagnie de théâtre des Diseurs à Ville-Evrard, lieu d'échange et de recherche entre personnel hospitalier et artistes. En 1992, sa compagnie participe au Chant d'amour des alphabets d'Auschwitz, texte d'Armand Gatti pris en charge par un collectif de metteurs en scène réuni par Stéphane Gatti et présenté dans différents lieux de Seine-Saint-Denis. Quand la Parole errante recherche en 2006 un lieu en Seine-Saint-Denis pour une nouvelle expérience de Gatti avec des étudiants, Les Oscillations de Pythagore en quête du masque de Dionysos, elle appuie ce projet auprès de la direction de l'hôpital.

Entretien avec Camille Chevallier-Sudres.
Camille Chevallier-Sudres est étudiante quand elle prend part à l'expérience de Ville-Evrard et réalise son mémoire d'Arts du Spectacle à l'université Paul Valéry de Montpellier sur les contextes socio-culturelles des publics touchés lors des expériences théâtrales d'Armand Gatti depuis les années 80. A son arrivée au secrétariat de l'adjoint à la jeunesse du maire de Montpellier, elle fait appel à Matthieu Aubert et Frédérick Darcy – assistants d'Armand Gatti qui se sont installés dans la région et qu'elle a rencontré à Ville-Evrard – à mettre en œuvre un atelier autour du théâtre de Gatti dans le quartier de la Mosson à Montpellier.

L'exposition

Depuis avril jusqu'à la fin de l'année 2011, une exposition réalisée par Stéphane Gatti dans les locaux de la Parole errante.
− Affiches en sérigraphie des expériences de La Traversée des langages, de Strasbourg (1994) à Neuvic (2010)
− Entretiens vidéo de Hourya Benis Sinaceur, Bruno Huisman, Gabrielle Ferrières, Lucie Aubrac, Jean-Toussaint Desanti, Henri Cartan, Pierre-Yves Canu.

L'exposition évolue, au fil des rencontres, jusqu'à la fin de l'année.

Prochains rendez-vous

− NOVEMBRE 2011 : rencontres avec les physiciens du CERN (en lien avec l'expérience d'A.Gatti à Genève en 1999).
− JANVIER 2012 : fête de la parution du livre d'Armand Gatti La Traversée des langages aux éditions Verdier ; exposition des photographies de Paolo Gasparini autour de Révolution culturelle, nous voilà ! introduction de La Traversée des langages.

La Parole errante – 9 rue François Debergue – 93100 Montreuil (M° Croix de chavaux – ligne 9

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>Pour la psychanalyse et une culture humaniste Contre le scientisme et le chosisme nord-américains

Pour la psychanalyse et une culture humaniste

Contre le scientisme et le chosisme nord-américains

Parution de trois livres :

Six Manifestes contre le DSM. Ravenne, Paris, Barcelone, Buenos Aires, São João Del Rei. Présentation et commentaires d’Émile Jalley. Tome 1.

La rédaction, en la période resserrée de tout juste un an (2010-2011), de six Manifestes contre le DSM représente l’un des événements les plus importants dans les sciences de la vie mentale, depuis la disparition de Jacques Lacan et de Jean Piaget en 1980-1981. Le DSM, ou Manuel Diagnostique et Statistique des Troubles Mentaux, de source essentiellement nord-américaine n’en prétend pas moins à une hégémonie croissante mais de plus en plus discutée aussi sur l’ensemble de l’espace mondial. Or la rédaction et la publication communes des Six Manifestes de Ravenne-Italie (2), Paris-France, Barcelone-Espagne, Buenos Aires-Argentine et São João Del Rei-Brésil, organise  le fait sans précédent de la première émergence réelle d’un front unique des cultures latines contre l’impérialisme idéologico-scientifique nord-américain en matière de soins psychiques.

Continuer la lecture de >Pour la psychanalyse et une culture humaniste Contre le scientisme et le chosisme nord-américains

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>Schizophrénie : Comment j’ai enfermé mon frère – Récit d’une hospitalisation sous contrainte (France Culture)

 

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>Dieu gît dans les détails, La Borde, un asile

Photographie : Fred PARISON

 

La compagnie La Mâchoire 36, crée le spectacle : Dieu gît dans les détails, La Borde, un asile, adapté du roman de Marie Depussé.

Ce spectacle raconte la chronique sensible des jours ordinaires à la clinique psychiatrique de La Borde.

Loin des à priori que nous avons sur la folie, cette création est un hymne à la beauté toute enfantine, fragile, traversée par des sensations intérieures, des sentiments impossibles à décrire, sous peine de les voir disparaitre à la lumière du jour.

Le spectacle sera créé les 4 et 5 novembre au TGP scène conventionnée de Frouard (Marie Depussé sera présente le 5/11 à 18h pour une rencontre avec le public). Puis il sera joué le 25 novembre au théâtre La Méridienne à Lunéville (54), le 29 novembre à Transversales Verdun (55) et du 24 au 28 janvier 2012 au CCAM, Scène Nationale de Vandoeuvre.

Renseignements au 06 79 70 72 76 ou lamachoire36@yahoo.fr

www.lamachoire36.blogspot.com

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>On l'appelait Tom (mardi 18 octobre à 19h30)

 

 

le 18 octobre prochain à 19H30 salle Jean dame 17, rue Léopold Bellan 75002 Paris

 

Le débat, qui suivra la projection, sera animé par Patricia Chalon (rédactrice en chef de la revue Enfance Majuscule)

 

Avec :

Michel Manciaux (Professeur en pédiatrie sociale)

Michelle Anker (collaboratrice de Tom à l'INSERM)

Marcel-Francis Kahn (Professeur de médecine)

Gilles Roland-Manuel (Psychiatre)

Frédéric Signoret (ancien éducateur au foyer de Vitry)

 

Stanislaw Tomkiewicz (dit Tom) est un survivant du ghetto de Varsovie (Pologne) et du camp de concentration de Bergen-Belsen. Arrivé en France en 1945. Il y est soigné du typhus puis de la tuberculose. Il devient médecin pédiatre et psychiatre des Hôpitaux de Paris et passe sa vie à soigner et à défendre les enfants maltraités, les adolescents délinquants et les polyhandicapés. Devenu directeur de recherche de l’Inserm, il oriente son travail contre les violences institutionnelles. Militant engagé au PCF jusqu’en 1970, il va soutenir le combat des algériens du FLN puis de tous les « damnés de la terre ».

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>Film "un monde sans fous" et débat à Montpellier le 3 octobre

Le lundi 3 octobre, 20 heures, au cinéma Diagonal Capitole, rue de Verdun à Montpellier

Un monde sans fous



Réalisé par Philippe Borrel



France, 2009, 1 h. 07



Le film sera suivi d’un débat organisé par la Ligue des Droits de l’Homme (LDH) de Montpellier.



Intervenants : Gislhaine Rivet, Membre du Bureau National et responsable du Groupe de Travail Santé-Bioéthique, de la LDH et Membre du Collectif Mais c’est un Homme



Le Dr Hervé Bokobza, psychiatre, représentant le Collectif des 39 contre la nuit sécuritaire



Le Dr Robert Brès, psychiatre, représentant le collectif Mais c’est un Homme



Ce film nous emmène dans le monde peu connu de la psychiatrie. Nous en découvrons les différents courants : 



– le courant humaniste, né en France durant la seconde guerre mondiale et lié à la Résistance. Ce courant privilégie la relation de confiance avec les patients et les rapports humains.



– le courant comportementaliste, qui a de l’être humain une vision beaucoup plus « mécanique », vise la réinsertion rapide du patient dans la vie sociale. L’accent est plus mis sur la médication, et parfois sur la recherche de profit. Certains acteurs de ce courant élargissent le champ de leur action et s’intéressent à nous tous : malades déclarés ou pouvant le devenir, dépressifs occasionnels ou pas, adultes ou enfants.



Puis, au cours du débat, les docteurs Brès et Bokobza – tenants de l’approche humaniste – répondront à nos questions et nous expliqueront pourquoi eux et les membres de leurs collectifs sont « entrés en résistance » contre la toute nouvelle loi sur la psychiatrie, en vigueur depuis le 1er août 2011. Ils nous parleront des nouvelles relations médecin-patients, ainsi que des nouveaux rapports avec les pouvoirs publics, que cette loi impose.



Gislhaine Rivet nous parlera quant à elle des conséquences de cette loi et de ses dérives liberticides possibles, en ce qui concerne les droits des patients, ainsi que de tous les citoyens de façon générale. Elle évoquera également le rôle et les actions de la Ligue des Droits de l’Homme en termes de vigilance et de défense de nos Libertés.

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>Entre rêve et création, le fil rouge de l’infantile ?

 

LE POINT de CAPITON, l’ECRPF, La Scène Nationale de Cavaillon

et Les Ateliers de Création de Montfavet

Entre Rêve et Création,
le Fil Rouge de l’Infantile ?

 

 

COLLOQUE

Vendredi et Samedi

11 et 12 Novembre 2011

9h-12h30 et 14h-18h30

Théâtre de Cavaillon (84)

Rue du Languedoc

04 90 78 64 64


  • Danse et chorale : Émouvance et Il était une voix
  • Expositions : Atelier Peau d’âme, Atelier Marie Laurencin et artistes invités
  • Expo de Poche : Joëlle Molina
  • Musique : Jean Yves Abecassis
  • Slam : Tolten
  • Textes : Atelier Papier de Soi, poètes et écrivains invités
  • Voix : Danièle Ors-Hagen, Corine Zibetti
  • Librairie : Papier de Soi, Point de Capiton, Champs Social, Mémoire du Monde, D. Limon, H. Ludo…


Participation aux frais : voir au dos de la plaquette

Renseignements : lepointdecapiton@hotmail.fr

Répondeur -fax : 04 90 86 55 25

 

Chèques à adresser à :

Point de Capiton

1632 Hameau de la Parisienne, 84740 Velleron

(Inscription à réception du paiement uniquement)

www.le-point-de-capiton.net

www.inter-s-tisse.org

http://www.theatredecavaillon.com/Un-truc-de-fou

« Les rêves et les créations nous pensent parfois bien avant que nous ne les pensions nous-mêmes ».

Sylvie Le Poulichet, Les chimères du corps


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>Il n'y a pas de coeur étanche : rencontre entre artistes et patients au CHS de la Chartreuse à Dijon

Pendant un an, Arnaud Cathrine et Julie Rey se sont rendus au centre hospitalier "La Chartreuse de Dijon".


C'est dans ce centre psychiatrique qu'ils ont rencontré douze patients volontaires. Au fil des mois les liens se créent, la frontière qui sépare patients et artistes se fait alors plus trouble : "Chaque fois que nous venons ici, nous nous posons la même question : pourquoi vous et pas quelqu'un d'autre…vous, eux…pourquoi pas nous ?"

 

Il y a ceux qui sont supposés aller bien, et ceux qui sont supposés aller mal.

Les uns se débrouillent (vaille que vaille) avec la vie ; ils arrivent à travailler, à aimer, à se tenir debout.

 

Les autres désespèrent de la vie ; ils n'arrivent plus à rien. Voilà ce qu'on dit ou pense le plus souvent des gens "normaux" et des autres : ceux qu'un accident de parcours, plus ou moins violent, a conduit à l'hopital psychatrique.

 

Au final ce sont ces histoires simples, ces histoires humaines que les deux artistes retranscrivent sur scène dans un spectacle musical. Dans un décor délibérement minimaliste, Arnaud Cathrine (auteur, chanteur) et Julie Rey (auteur et auteur compositeur) jouent tour à tour tous les rôles : le leur et celui des patients.

 

Un spectacle touchant retracant la magie de ces rencontres 

http://petitspapiersproductions.blogspot.com/

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>Fête de l'Huma : un projet politique pour une psychiatrie humaniste

 

 

Samedi 17 septembre 2011 de 11h à 12h30

fête de l’Humanité 

stand de la fédération du 91 

 

Contre la loi sécuritaire construisons un projet politique pour une psychiatrie humaniste !

 

débat animé par Serge Klopp, cadre de santé

 

Marjolaine Rauze, maire de Morsang s/Orge, vice-présidente du Conseil général de l’Essonne, chargée de la Santé

 

Hélène Franco, juge, représentante du Parti de Gauche au collectif "Mais c’est un homme"

 

Mathieu Bellahsen, psychiatre, membre du collectif des 39 contre la nuit sécuritaire  et de l’association Utopsy


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>Folle fin d'été sur France inter

Fol été, par Hélène Delye – France Inter

Le plus important : c’est l’ambiance. C’est vrai à la clinique de La Borde fondée par Jean Oury, c’est vrai aussi au Centre de Jour Antonin Artaud de Reims… c’est vrai partout, en fait. Parce que c’est l’ambiance qui fait que ça circule, que la folie circule, c’est l’ambiance qui donne envie de « faire avec », mieux de faire ensemble. A Reims, avec les patients et les soignants du centre Artaud, on s’est senti bien, on a fêté l’été, on a discuté, on a débattu, on s’est débattu (avec soi-même, le plus souvent), on a fait des projets de barbecue, de jardinage, de  voyages… on n’était rarement tous d’accord, mais on a eu envie de faire ensemble. C’était bien.

Pour cette dernière émission, nous sommes avec Gérard Rodriguez et Frédéric, du centre Artaud de Reims. Comment ont-ils passé l’été en compagnie de France Inter ? Qu’est-ce qui les préoccupe tous les deux à l’approche de la rentrée ? On s’est dit que le mieux, c’était encore de les inviter, en direct, pour en parler, de vive voix.

(ré)écouter cette émission

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>Invitation le 7 juillet à 19h : lancement de la revue Etats d'Arts sur le thème de la faille

 
Le GEM "Les Amis de l'Atelier du Non-Faire", en collaboration avec l'Association "Etat d'Art – Art et Psyché", vous invitent au lancement de la revue Etats d'Arts sur le thème de la faille.
 
Musique, danse et improvisation seront au rendez-vous!
 
Vous trouverez l'invitation officielle, ainsi que l'adresse en pièce jointe.
 
Amicalement,

GEM « Les Amis de l’Atelier du Non-Faire »
91 bis rue Truffaut, 75017 Paris (M° Brochant)

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>Les 39 en Avignon

 

Festival d’Avignon.

1/ Chapiteau du Théâtre Fou, Centre de Loisirs, La Barthelasse, Avignon.

Chapiteau( ~ 170 places), allée Antoine Pinay – Centre de Loisirs de la Barthelasse, 84000   Avignon

http://chapiteautheatrefou.over-blog.com/categorie-11970372.html   

Carte de 5 places pour 30 euros auprès du Chapiteau Théâtre Fou, pour venir à plusieurs, ou pour voir plusieurs spectacles… 

Places à tarif réduit en réservant rapidement sur le site de billetreduc: 

http://www.billetreduc.com/lieu/avignon/le-chapiteau-theatre-fou/    

 

Débats : entrée gratuite. 

Débats après spectacle de Marc Buléon :  entrée au spectacle. 

 

Spectacles : 

les 8, 9 et 10 Juillet à 20h

"L'Indien au-delà des miroirs" de Simone Molina et Jean-Yves Abécassis, mise en espace,  Pierre Helly – , Spectacle poétique et musical.

Avec des invités : le 8 : Dominique Sorrente ; Le 9, Caroline Sagot-Duvaurroux et le 10 : Tolten , et Jean Palomba, qui diront leurs poèmes et celui de Marc Gérard Rap : « Clairières »

Ballade poétique au pays d’un Indien …qui, comme celui du roman de Ken Kesey « Vol au dessus d’un nid de coucou », nous laisse entendre qu’ « il y a tant de choses qui sont vraies même si elles n’arrivent pas réellement ! ».  Alors les mots et la musique vibrante de la contrebasse accompagneront l’Indien au-delà des miroirs

http://www.billetreduc.com/53449/evt.htm   

www.inter-s-tisse.org  et  contact : ecrpf84@gmail.com    tel-répondeur et fax : 04 90 86 55 25

 

TLJ à 15h30 sauf le 28 Juillet

– "La Géométrie des silences" de Marc Buléon (histoire de 6 personnes autistes) – 

 

Les 20, 21 et 22 Juillet à 10h

– "Emouvance" et "Il était une voix", Ateliers de création de  l'Hôpital de Montfavet – 

 

les jours impairs à 14h

– "Les recluses" de Koffi Kwahulé –  

 

 

 

 

Lieu de Rencontres journalier: ( entrée gratuite) 

 Tous les jours 14h à 18h : Petite Maison Folle, animée par des étudiantes en psychologie clinique : Marie Peyrat, Sarah Fernandez et Aïssatou Ka, à partir du 12 juillet. 

Lieu de rencontres, de discussion, et de ressources (informations sur les lieux qui, dans le Service Public, travaillent dans un soin humanisant, livres, mini expositions, débats spontanés, films, ateliers d’écriture etc…) 

14h : un film par jour : (durant les trois semaines) 

1.Radio la colifata , de Chloé Ouvrard. 

2. On n'est pas des chiens ( le film de Agathe Lanté – FR3 sur le théâtre de l'Autre Scène) possible présence de Pierre Helly

3. Un monde sans fou ? ( Philippe Borrel) avec  Patrick Coupechoux ( sous réserve)  

4. Chacun son rôle ( sur Hôpital de Montfermeil , théâtre) de Dominique Coeur , le Dr Paul Machto sera là pour le débat du 11, et le 12 .

5. Jéjé ( filmé par Manon Broszteck)  20 ans de la prise en charge d'un enfant devenu adulte, avec l'inventivité déployée par ses parents et un groupe d'amis, puis de bénévoles touchés par le handicap. Film très juste et émouvant .. La mère de Jérémy, Annick Estival sera présente le 22 juillet. Elle est éducatrice de formation. 

6. " looking for mary barnes" ( Sonia Medina) , film sur les expériences du centre Artaud à Reims, de la Chesnay, et d'autres lieux encore. un petit bijou d'humanité, avec l’interview de patients..

7. Dans l'aventure du non, la parole — film réalisé en 1991 par Catherine Scheuchzer ( Le Chiffre de la parole/ Lausanne ) Eveline Sautaux pourra être présente avec des "accueillis" + autre film plus long ( on pourrait voir des extraits) les vagues et les plis de notre vie ( Bernard Romy) 2011. 

15h : Débats sur le film, et/ou atelier d’écriture. ( entrée gratuite) 

Possible intervention / animation par le Transfo d’Uzes, par l’association «  Autour de Jérémie », etc… (et d’autres lieux qui souhaiteraient parler de leur travail.)

(Il est possible que le 12, le 20, 22, ou le 28 juillet un débat ait lieu avec l’association Teddaï 84, afin de parler du travail auprès des parents et de leurs difficultés .) 

16h45 : Débats avec les spectateurs de «  La Géométrie des Silences » de Marc Buléon, et des professionnels (pédopsychiatrie et psychiatrie / adultes) : Anne Rivet, psychologue clinicienne les 18, 20, 22, Mme Castelli, infirmière, Docteur Hervé Rouveyrollis, etc…

 

Débats généraux avec un  public élargi : les lundi 11 et 18 juillet. 17h.

Entrée libre

le 11 : "Place de la Folie dans la Société (et inversement)", animé par S. Molina
René Pandelon : Montfavet
Paul Machto ( Hôpital de Montfermeil) collectif des 39
Eveline Sautaux ( Lausanne)
Hervé Bokobza ( St Martin de Vignogoul) Collectif des 39

Patrice Charbit, ( St Martin de Vignogoul) Collectif des 39
lecture d'un texte de Armelle, de Radio-Citron
Patricia Janody : Nouveaux Cahiers pour la Folie , collectif des 39 lira quelques textes brefs des cahiers. 


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>Les z’arts et l’écoute ? Les z’arts malgré les gouttes ?

En ce samedi 9 avril, d’abord il y a le soleil !

 

Le soleil le vrai, l’éclatant, qui rend joyeux et fait chaud au cœur.

 

Pas le noir, pas le soleil noir de la mélancolie qui assombrissait nombre de rencontres de professionnels, de congrès de psychiatrie au cours de ces dernières années. 

 

Pas ce soleil noir qui amplifiait, renforçait ce discours de la plainte qui nous prenait le corps, ce discours de la nostalgie de ce qui aurait été, « avant », une époque merveilleuse pour la psychiatrie de secteur… 

 

Pas ce soleil noir qui nous envahit avec cette psychiatrie bureaucratique et maltraitante qui sévit dans les hôpitaux depuis une quinzaine d’années, et qui nous fait honte.

 

Oui voilà, le soleil de ce printemps balbutiant est là avec nous aujourd’hui. 

 

Ce soleil, il inonde cette place et cette statue de Philippe Pinel que Lucien Bonnafé en son temps, voulait déboulonner. Car si Pinel a accepté d’enlever leurs chaînes aux aliénés, il a contribué à générer une psychiatrie asilaire, pensant à l’époque que ce serait un progrès, et pour cette époque, ce fut un progrès.

 

Nous, le Collectif des 39 contre La Nuit Sécuritaire, en cette année 2011, nous avons choisi d’y faire une sorte de fête. 

 

Avec la bêtise, la déraison et la violence de ce gouvernement, nous en sommes arrivés à venir sur cette place. 

 

Mais il faut d’emblée rappeler que ce fut un homme d’abord, seul, Jean Baptiste Pussin qui s’était élevé contre les chaînes qui entravaient les aliénés, les fous. C’est d’abord lui qui le premier a écouté et parlé avec les fous. Puis Marguerite, Marguerite Pussin, sa femme qui a participé à redonner leur humanité à ceux-là. C’est ce couple qui a accueilli Philippe Pinel pour son poste de Médecin de l’Hôpital de Bicêtre. Et c’est ce couple qui lui a enseigné, appris, montré que les fous pouvaient être libérés de leurs fers. Alors, il a donné officiellement en 1793 cet ordre là, enlever leurs chaînes à ces hommes de Bicêtre. Car c’était avant tout des hommes. 

 

Cette geste, est en fait exemplaire, de ce qui est pour un grand nombre d’entre nous, de ce qui a été, tout à fait similaire : découvrir l’humanité grâce à ces personnes folles, par celles et ceux qui sont en souffrance psychique, et grâce à elles, avec l’aide et le savoir-faire des infirmières et des infirmiers, avec eux, apprendre ce métier. 

 

Alors pourquoi ce rassemblement ici, avec des artistes ? 

 

Ce meeting, je l’avais appelé en plaisantant « meeting du troisième type » pour en souligner cet espoir d’un mouvement du futur, de l’avenir pour la psychiatrie. Au collectif des 39 nous avons choisi de le nommer « Meeting Politique et Poétique ». 

 

Mais qu’est ce qu’un meeting ? C’est d’abord une « rencontre », « to meet » ça veut dire rencontrer. 

 

Alors voilà, une rencontre, car c’est de la rencontre que peut naître, surgir le désir ! la Rencontre si chère à Jean Oury, qui a dit la valeur essentielle d’un sourire, la valeur inestimable d’un sourire. « A combien vous évaluer un sourire ? » 

 

Le sourire comme résistance à l’évaluation comptable et deshumanisante des managers des hôpitaux mais aussi de toutes les administrations. Vous savez tous certainement que maintenant, pour les photos des cartes d’identité, des passeports, des cartes vitales, IL EST INTERDIT DE SOURIRE ! 

 

Mais ça ils n’y arriveront pas ! Ils ne nous empêcheront pas de sourire. 

 

Comme l’a proposé Jean Michel Ribes, signataire de notre appel aux acteurs de monde de la culture, imposons le Rire de Résistance !

 

Et voilà  l’artiste. Pourquoi les artistes ici aujourd’hui ?

 

Car le monde de l'art et de la création culturelle nous semble le mieux placé – et n'est-ce pas son rôle ? – pour résister aux volontés normatives et interroger le monde sur sa part de folie, individuelle ou collective. Et la folie en tant que part indissociable de l'humain, est fait de culture.  

 

Pour nombre d’entre nous au sein du collectif des 39, ce fut une évidence, un « ça va de soi » – Jean Oury encore.

 

Une évidence de rencontrer, de solliciter des artistes, des comédiens, des plasticiens, des musiciens. C’est aussi à partir de cette évidence qui nous a fait solliciter depuis de nombreuses années, des artistes dans nos pratiques, dans nos institutions, nous les artisans des pratiques autour de la folie. 

 

Dès le premier meeting des 39 à Montreuil le 7 février 2009, ce fut un comédien Christophe Ribet qui nous donna à entendre des textes d’Artaud, de la Folle de Chaillot, de René Char, d’Henri Michaux, d’Edmond Jabés. Cette première grande mobilisation, après le sinistre discours de Nicolas Sarkozy à Antony, dans l’hôpital Erasme, qui, depuis cette souillure, devrait être débaptisé. Le nom de l’auteur de l’Eloge de la Folie, ne doit pas être entaché par ce discours indigne d’un Président de la République. Il y promettait de mettre des bracelets électroniques aux malades, les nouvelles chaînes, ramenant ainsi les malades à leur condition d’avant la Révolution.

 

Puis pour le deuxième meeting en novembre 2009, ce fut un slameur, Tolten, venu de Montpellier qui nous a su nous enchanter. 

 

Mais aujourd’hui, nous sommes passés à un autre niveau dans cette rencontre entre les artisans de la folie et les créateurs. 

 

Déjà le festival des Evadés du bocal, que certains des 39 ont su inventer avec des artistes, s’est tenu tout ce mois de mars au Lieu-Dit , le bien nommé, dans le 20ème de Paris. Il a réuni des associations de patients, des psys, des comédiens, des plasticiens, des patients créateurs, ou des créateurs patients, je ne sais comment dire, la Radio Citron, des cinéastes, des écrivains.

 

A l’occasion de cette bataille contre ce projet de loi honteux, insensé, inapplicable, bataille que les 39 ont contribué à porter sur la place publique, à susciter le débat sur la place de la folie dans la société, à rendre actuelle la question  « quelle hospitalité pour la folie ? », quels soins, quel accueil pour les personnes en souffrance psychique, plusieurs collectifs d’artistes  nous ont rejoint, de nombreux créateurs, célèbres ou pas, comédiens, plasticiens, écrivains, musiciens, chanteurs ont signé l’appel contre la loi. 

 

Les citer ? tous ? Ce serait trop long et je risque « donner » dans la peopolisation ! dans le peopolisme ! 

 

Mais je ne peux résister de vous dire le plaisir d’avoir lu tous ces noms, inconnus, célèbres, illustres, Stéphane Hessel, Edgar Morin, Jack Ralite, s’inscrire au fil des jours et venir grossir la liste des 25.000 signataires. 

 

Alors ces collectifs, la Blanchisserie, le Githec, Pounch’d mais aussi ces artistes, 

sont là avec nous, et se sont engagés, et de quelle façon !,  dans la préparation de cet événement culturel et politique. 

 

Ils sont là aussi parce qu’ils sont attaqués, menacés eux-mêmes, fragilisés par la destruction d’une politique de la Culture que l’on veut remplacer par une consommation addictive d’une télévision qui vend du coca-cola. 

 

Il y a avec nous, Le Collectif La Blanchisserie qui réunit des compagnies en résidence à l’hôpital Charles Foix d’Ivry, menacé d’expulsion par l’administration de l’Assistance Publique du Groupe Pitié-Salpétrière.

 

Il y a le GITHEC, le Groupe d’Intervention Théâtrale et Cinématographique, de Pantin, attaqué, fragilisé par les réductions des subventions des budgets affectés à la Culture. 

 

Il faut dire, dénoncer l’indignité des budgets dans les hôpitaux attribués aux artistes, nommés administrativement « Intervenants extérieurs ». Budgets qui témoignent du mépris, de la méconnaissance des directions hospitalières pour ces activités de création qui pourtant sont un élément essentiel du dispositif de soins, un outil thérapeutique ignoré, ravalé au rang d’activité occupationnelle, de distraction tant par les gestionnaires que même il faut le dire aussi, par nombre de psychiatres et de soignants

 

Je vous épargnerai les chiffres mais je vous laisse imaginer la comparaison entre le budget affecté aux médicaments et celui attribué aux artistes et aux ateliers de création. Pourtant faire un tableau, préparer une pièce de théâtre, jouer de la musique, travailler une chorégraphie, ça tisse du lien, ça fait du bien, ça fait penser aussi, ça soulage les angoisses, et ça fait rire. Il paraît même, mais moi, je vous l’affirme, que c’est … thérapeutique par surcroît. 

 

Alors la secrétaire d’Etat à la santé peut déclarer pompeusement, dans cette langue de la culture du boniment qui nous est servi depuis trop longtemps : « avec ce projet de loi, pour la première fois, nous proposons, en ce début du 21ème siècle, une nouvelle offre de soins avec une alternative à l’hospitalisation ! ». Le détournement du sens des mots est là à l’œuvre une nouvelle fois. Depuis une vingtaine d’années, c’est devenu la langue de l’époque, le boniment, le détournement des mots, des expressions, l’attaque de la langue. 

 

Mais ignorent-ils ce que disait Albert Camus en son temps : « Mal nommer les choses, c’est amplifier, aggraver le malheur du monde » !

 

Alors pour finir, la perspective d’une note de musique, d’un écho de jazz, cette musique qui nous est venue de la misère et de la révolte contre la soumission et l’esclavage, cet été les 39 sont invités et vous invite au Festival de Jazz in Marciac, par Jean Louis Guilhaumon, Maire de cette petite ville du Gers et un des fondateurs du festival, signataire lui aussi de l’appel.

 

Et je terminerai avec Francis Scott Fitzgerald : « On devrait, on pourrait être convaincu que les choses sont sans espoir mais qu’il faut sans cesse TOUT FAIRE pour les changer ».  

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